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 [Environs de Modula]Silent ambush

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Asch Raizer
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MessageSujet: [Environs de Modula]Silent ambush   Jeu 9 Juin - 12:57

L'Opale Maudite l'avait jouée fine, en choisissant une place neutre comme lieu de rendez-vous avec les émissaires du gouvernement. A Shangyu, ils auraient été en position de force: une grande partie de leurs troupes étaient là-bas. Ils connaissaient bien les lieux, et possédaient une partie de la ville, sans même parler du fait que dans un lieu ou la magie était nécessairement éteinte, le rapport de force aurait pu être considéré comme inégal. Choisir Sérégon aurait eu l'effet inverse: c'était après tout le point de ralliement des despranon et des membres du gouvernement les plus importants. C'était aussi le QG principal de l'armée, du fait de l'existence du Panthéon. Pour une organisation mafieuse souhaitant réussir à négocier sans heurts, cela aurait été comme de plonger dans la gueule du loup que d'organiser quoi que ce soit dans - ou autour - de cette ville.

Pour cette raison, Rachel Raizer avait elle-même sélectionné Vermas: une petite bourgade pauvre, quelque peu excentrée de l'agglomération de Modula. Il s'agissait d'un endroit paisible, voire extrêmement modeste. Difficile de cacher des troupes lourdes dans un endroit pareil: les maisons étaient clairsemées dans un paysage d'asphalte qui rappelait que cet endroit avait été construit sur les ruines d'anciennes usines, abandonnées lorsque le marché qu'elles recouvraient avait sombré face à l'innovation, l'évolution perpétuelle du monde de l'industrie. La végétation était rare et tout aussi clairsemée que les habitations. Bonne nouvelle pour les troupes d'Antarès qui n'allaient pas avoir à chercher longtemps pour trouver les dispositifs de secours cachés à l'extérieur du bâtiment choisi pour abriter la rencontre. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, il faisait très beau ce jour-ci. Il faisait même chaud. Le ciel était d'une étrange couleur bleu métallique, tirant sur le gris acier: la pollution venue de Modula était transportée par le vent et tombait directement sur Vermas, empêchant cette ville d'être exposée directement aux rayons d'un soleil éclatant. La luminosité était riche, et très contrastée. Un peu comme si un orage avait été sur le point d'éclater. Pourtant, les nuages étaient loin.

La bâtisse du rendez-vous était dorénavant sous leurs yeux. Il s'agissait d'un entrepôt désaffecté, divisé en deux étages. Ses parois de métal ondulé étaient crasseuses, et on aurait presque dit que tout allait s'effondrer dans les deux secondes. Eh oui... En 4500, la négligence et la détérioration des bâtiments publics était encore à l'ordre du jour. Contrairement à ce que tentent de nous faire croire certaines scènes de paysages futuristes, c'était sans doute quelque chose qui ne cesserait jamais tant qu'existait le Temps, pour faire vieillir les choses. La porte était grande ouverte, face à eux. Deux gardes de l'ordre du gorille étaient dressés de chaque côté de l'entrée, armés juste suffisamment pour inciter à la prudence. Pas super discret, non... Mais ces hommes étaient aussi là pour que les troupes gouvernementales parviennent à localiser leur destination: il y avait d'autres bâtiments désaffectés du même type dans le coin, et tous les faire aurait sans doute été relativement long et agaçant.

Asch arrêta brièvement d'avancer. Ils venaient d'entrer dans le champ anti-magie, et pourtant, ils étaient à vingt mètres de l'entrée. Ils avaient eu raison de croire qu'il existerait des dispositifs extérieurs. Qu'Antarès se réjouisse: il allait avoir du boulot. Asch inspira puis expira le temps que passe le bref malaise qu'avait provoqué le brusque changement de sa température corporelle, qui tomba de 40°C à 37.5°C en l'espace de vingt à trente secondes. Ça n'était jamais très agréable, même si du coup, il cessait d'avoir froid.

"Ça, c'est fait... Jusqu'à là, rien d'étonnant."

Il jeta un bref coup d'œil à ses compagnons - dont l'un ne devait sans doute plus voir grand chose. Puis il passa de Mugen à Sayuri... En constatant avec une sensation bizarre l'évidence: son petit ami et l'une des seules connaissances qu'il avait au Panthéon - même si il n'était pas sûr de savoir comment la qualifier - allaient rencontrer sa mère pour la première fois, et constater par eux-même... Sa personnalité... Quelle était l'ampleur de la catastrophe que représentait leur rapport parent-enfant... Tout ça. Asch avait l'impression d'y aller à poil, en quelque sorte. Sans compter toutes les raisons qui faisaient qu'il avait la trouille au ventre, et qu'il n'arrivait presque plus à bouffer depuis quelques jours. Il avala sa salive. Une boule d'angoisse s'était formée dans sa gorge, et il commençait à se demander ce qu'il foutait là. Mais il décida d'ignorer ce trouble: ils n'avaient pas besoin de ça. Il se concentra de nouveau sur la bâtisse. Les deux hommes qui gardaient la porte semblaient un peu agités, maintenant. Juste parce qu'ils venaient de voir que leurs visiteurs arrivaient, ou bien alors parce qu'ils avaient reconnu la tignasse rouge qui n'était pas censée faire partie du paysage aujourd'hui..? Difficile à dire.

Il allait être temps d'y aller. En théorie, toutes les troupes gouvernementales étaient en place, prêtes à tendre une embuscade à l'Opale Maudite en cas de problème. Les éclaireurs du sixième escadron devaient avoir en théorie cherché les terrains en pente, remplis d'obstacles dignes de servir de couvert, histoire de débusquer les véhicules de l'organisation densetsu, dont le fameux hélicoptère dont Asch leur avait parlé, et dont sa mère se servait pour fuir les pépins lorsque les choses se corsaient. Si par chance ils trouvaient la planque et parvenaient à mettre hors d'état de nuire les gardes qui la protégeaient, ils devraient avoir en théorie percé les conteneurs d'essence. Mais il était possible que l'hélicoptère soit gardé par une Ombre ou un membre de la branche spéciale - c'était même très probable - alors il ne fallait pas trop compter là-dessus. Les snipers qui les suivaient devaient être postés - ou bien devaient être en train de se poster - autour de cette zone de fuite calculée, prêts à intercepter l'ennemi en cas de souci. Les troupes lourdes du sixième étaient habillées en civil. On avait localisé les auberges de la bourgade, les marchés... Bref. Tous les lieux ou des troupes peuvent être planquées sans ressembler à des troupes, quoi. Les soldats avaient été dépêchés plusieurs jours à l'avance. On avait fait en sorte qu'ils arrivent dans la ville au compte goutte. On pouvait compter sur l'Opale pour avoir l'œil partout, et ils ne toléreraient pas ce large groupe armé si ils apprenaient son existence. Il fallait espérer que personne ne se serait inquiété de voir autant d'étrangers débarquer dans le coin en si peu de temps. En théorie, les risques étaient moindres. L'homme avec qui Asch avait parlé pour élaborer "l'embuscade potentielle" connaissait bien le coin, et Vermas était connue pour être une zone de forts trafics commerciaux reliant Modula au reste du monde, si bien qu'on y voyait passer pas mal de marchands et de coursiers en tout genre.

Mugen avait eu l'idée d'utiliser un brouilleur de fréquences pour empêcher les membres de l'Opale Maudite de communiquer normalement. Le souci était bien sûr que l'armée gouvernementale serait elle aussi incapable d'utiliser les comlink. Asch avait trouvé le moyen d'utiliser cet handicap à leur avantage - c'est fou ce qu'on devenait capable de faire à force de fréquenter un aveugle que la cécité rendait plus fort... Non, blague à part: Le brouilleur pouvait aussi être utilisé comme un signal. Asch le porterait sur lui tout du long des négociations. Si quelque chose se passait mal, ou bien si il remarquait que le comportement de l'Opale changeait subtilement, d'une manière qu'il était peut-être le seul à savoir reconnaître, alors il appuierait sur le bouton d'arrêt du brouilleur. Les communications pourraient reprendre, ce que les troupes externes comprendraient rapidement, comme elles étaient équipées de modules de test de fréquences ambiantes. Ce serait le début de l'offensive. Les troupes lourdes débarqueraient en force pour démolir les dispositifs anti-magie intra-muros, et les ombres qui les protégeaient. Les snipers se prépareraient à l'action. Asch avait obtenu du sixième que Rachel Raizer doive absolument être capturée vive. Au début, il avait eu du mal à se faire respecter de ses interlocuteurs, mais au fur et à mesure qu'il parlait, les soldats avaient changé un peu d'avis sur lui, en remarquant qu'il était sincère, et qu'il s'était vraiment tué à la tâche lorsqu'il avait réfléchi à la stratégie à adopter - tout le monde ou presque au Panthéon savait que Asch n'aimait pas spécialement se prendre la tête ni réfléchir, du moins pour ceux qui avaient entendu parler de lui. Le rouquin avait donc réussi à obtenir cette promesse. Il n'était pas prêt à assumer la responsabilité de la mort de sa mère, même si il avait trouvé d'autres arguments pour justifier la nécessité de la garder en vie.

Ils portaient tous trois des masques à gaz ultra-plats, dont la durée de vie était relativement limitée, mais qui au moins étaient suffisamment discrets pour ne pas être remarqués tout de suite si cachés sous les vêtements: il fallait jouer sur le fait qu'en théorie, Asch n'était qu'un idiot incapable de se souvenir des méthodes de sa propre organisation, et qu'en plus de ça, il était en théorie encore fidèle à cette dernière. Rachel était loin de savoir qu'elle avait été percée à jour, et que son fils avait retourné sa veste aux trois quarts.

Tout avait été méticuleusement préparé. Il était maintenant temps de passer à la pratique.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Lun 13 Juin - 8:41

Mugen n’avait pas demandé à Asch comment s’était passée la rencontre avec le Sixième Escadron. Il avait toute confiance en lui, et du coup, ne se sentait pas le besoin d’en apprendre plus que ce qu’il percevait. Cela pouvait paraître pour de l’indifférence, mais c’était un sentiment bien plus noble que ça. La confiance. Une confiance qui au fur et à mesure des semaines et des mois, devenait de plus en plus forte, complètement aveugle. Normal pour quelqu’un comme Mugen, me direz-vous…

Cependant, le Despranon Alpha ne pouvait s’empêcher d’avoir un pincement au cœur pour Asch. Lui se foutait royalement de ce qui pouvait lui arriver pendant l’intervention, ou de ce qui pouvait arriver à sa pétasse de mère si elle l’ouvrait un peu trop grand. Mais il ne pouvait s’empêcher de se mettre à la place du rouquin, et de se remémorer de douloureux souvenirs de ce qu’on pourrait appeler une ‘trahison familiale’. Nozomi… Pourquoi l’as-tu donc tué ? Sans ça, tu serais encore vivante…
Avoir tué sa sœur dans un accès de rage était le seul regret que portait le cœur de Mugen. Hélas, n’en avoir qu’un ne signifie pas qu’il est moins lourd, loin de là.

Ils étaient dans la banlieue de Modula, un endroit neutre. Rachel aurait refusé de mettre un pied à Séregon, et l’Alpha aurait rechigné à venir jusqu’à Shangyu. Tandis que là, c’était assez clair : il n’y aurait pas d’avantages liés au terrain ou à la population locale. Au loin, Mugen voyait le dôme sombre créé par les dispositifs nihilistes. Un trou dans sa vision, comme s’il s’agissait d’un puits de matière noire. Mais le Despranon savait qu’il ne s’agissait là que du fantôme de sa cécité. Au moins, il était sûr de ne pas se tromper d’endroit.

A la main, il balançait distraitement une canne blanche, où était camouflée une épée. Pour Mugen, habitué au sabre et au zanbatô, cette rapière ressemblait plutôt à un cure-dent, mais il l’avait aiguisée avant de prendre la route, et savait qu’elle pouvait percer un homme aussi aisément que du beurre. N’empêche qu’on pouvait voir sur son expression que la canne le gênait, qu’il la trouvait pour l’instant du moins, passablement inutile. Pire même, elle était embarrassante pour lui, qui même s’il était aveugle, avait pris l’habitude de ne dépendre d’aucune personne ni d’aucun objet. Pour cette fois, il avait du mettre sa fierté de côté.

Ils arrivèrent près du dôme, et y pénétrèrent. Avant que sa vue ne se brouille pour finalement mourir, Mugen s’assura que tout le monde était en place. C’était nickel. Asch avait bien fait son boulot, et ils avaient des hommes du Sixième en renforts. Antarès quant à lui, s’infiltrait pour aller examiner les dispositifs secondaires et les caméras, dont l’Alpha savait que certains n’étaient pas ou peu surveillés. Puis, tout s’éteignit. L’obscurité tomba sur le regard de Mugen, qui à partir de ce moment, n’usa pas de sa canne comme d’un jouet encombrant, mais comme d’un véritable moyen de savoir où il mettait les pieds.

« Je suppose qu’on doit entrer quelque part non… ? Avec cette foutue anti-magie j’ai aucune idée de la gueule du truc… »

Forcément, car pris dans le dôme où sa vision ne pouvait aller - ou plutôt d’où les particules magiques nécessaires à la vision de Mugen ne pouvaient revenir - il ne pouvait pas se faire une idée du plan des lieux. C’était un handicap qu’il avait déjà eu, mais là ça l’emmerdait d’autant plus qu’Asch et Sayuri étaient parfaitement capables de prévoir un itinéraire de retraite ou d’attaque. Cette sensation de dépendance était étrangère à l’Alpha, qui s’en sentait du coup encore plus vulnérable. Au point qu’il en venait même à regretter d’avoir accepté l’invitation, en fait.
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Sayuri Sunadokei

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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Lun 13 Juin - 13:30


Si elle était nerveuse, Sayuri n'en montrait rien. Derrière ses lunettes noires, son regard allait et venait, fouillant les environs pour essayer d'en mémoriser chaque relief, et chaque particularité. Il fallait qu'elle sache qu'elle serait la meilleurs issue en cas de problème, le chemin le plus rapide, le moins escarpé... Inconsciemment, elle était en train de calculer et d'anticiper. De raisonner. L'instinct de protection pouvait faire des miracles.
Sur la face interne des verres de ses lunettes, c'était le silence radio. D'ordinaire elle voyait clignoter de minuscules points rouges signalant la présence de chacun des soldats présents, mais l'Alpha avait décidé de brouiller toutes les communications. Rien ne lui parvenait, impossible de savoir où se trouvaient les autres, et dans quel état...
À côté de la jeune femme, l'attitude du Despranon changea imperceptiblement. Un léger ralentissement peut-être, une certaine hésitation dans sa démarche. Sayuri sut alors qu'ils avaient pénétré dans la zone couverte par les dispositifs anti-magie. Glissant alors un regard vers la tignasse rousse d'Asch, elle ralentit pour à nouveau caler son pas sur celui de Mugen, se plaçant légèrement en retrait pour ne pas le gêner. Elle n'avait rien sentit. Pas le moindre changement perceptible dans son organisme. Peut être qu'elle n'était pas affectée... peut être que son don n'était pas seulement de la magie, mais simplement un organisme développé pour la survie. Oui, ça devait être ça.
Les mains moites, la commandante esquissa un sourire alors qu'elle tâchait de se convaincre qu'elle n'était pas plus vulnérable qu'avant. Il ne fallait pas qu'elle hésite à mettre sa vie en danger. Elle devait se sentir invincible.

-L'entrée et juste en face, Monsieur. Nous sommes attendus.

La voix de Sayuri n'avait pas eu exactement l'intonation qu'elle avait espéré. Un peu trop tendue, voilée par la curiosité et l'appréhension. Alors qu'elle avançait toujours vers les gardes, elle effleura le bras de l'Alpha pour lui indiquer la bonne direction. Elle avait songer à le lui tenir pour servir de guide, mais la situation aurait été sans doute trop humiliante pour un homme de son rang. Et Sayuri se refusait de lui donner l'air diminué à cause de ces putains de dispositifs anti-magie.
Nouveau regard vers Asch. Discrètement. Pour maintenir le contact visuel. La commandante n'était pas en terrain connu, ici. Cet endroit, cette mission, ces gens, ne faisaient pas parti de ceux qu'elle avait l'habitude de fréquenter. Elle avait beau avoir écouté le discours de Mugen, Sayuri ne s'en sentait pas moins étrangère à cette histoire. C'est pourquoi elle devait se contenter de suivre les deux hommes à ses côtés, patiemment, comment un gentil chien de garde.

Côté chiens de garde, la famille Raizer semblait être bien équipée aussi. Les deux molosses postés de part et d'autre de ce qui devait être l'entrée posaient sur la petite troupe un regard patibulaire qui donnait à Sayuri l'envie irrépressible de coller son poing dans leurs figures. Ses doigts se crispèrent, et son regard invisible se durcit, pourtant elle ne fit rien. Penser sécurité, sécurité, sécurité. Elle ne pouvait pas laisser Mugen en plan pour tabasser les deux crétins d'en face.
Tout aussi sages, les mastodontes – qui devaient bien dépasser Sayuri d'une tête et demie chacun – invitèrent les trois nouveaux venus à pénétrer dans le bâtiment visiblement abandonné depuis un bon bout de temps. Ils les escortèrent de manière presque solennelle dans les dédales où leurs pas résonnaient de manière presque lugubre, laissant l'occasion aux visiteurs de profiter du paysage. Ça puait le rat crevé, et des courants d'air glacés venus de nulle part firent frissonner la commandante qui se rapprocha un peu plus du Despranon. De là où elle était, elle pouvait voir ce qui se trouvait à l'autre bout du couloir (enfin presque, compte tenu du peu de luminosité), tout en le protégeant des éventuelles attaques venues de l'arrière.

Ils s'arrêtèrent. Un peu brusquement, trop même, et Sayuri faillit dégainer le pistolet caché sous sa veste noire. À droite s'ouvrit une porte, laissant place à un comité d'accueil digne de leurs attentes. Les sourcils de la commandante se haussèrent, ça faisait quand même pas mal de monde à contrer en cas d'attaque.
Une goutte de sueur tiède coula le long de la colonne vertébrale de la jeune femme, freinée par lanière d'un des holsters fixés sur son buste. Ils avaient l'air bien armés, mais elle l'était aussi.
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Lun 13 Juin - 16:38

Le silence allait rendre Asch fou. Ça lui offrait un peu trop de temps pour réfléchir. Et c'était exactement le genre de moments au cours desquels mieux vaut faire en sorte de ne pas réfléchir si on veut éviter de péter un câble. D'une part, il avait peur que quelque chose foire dans la stratégie qu'il avait préparé presque tout seul: après tout, il n'était pas censé être stratège, ni même capable de réfléchir correctement... Alors de là à avoir tous ses gens sous ses ordres..? C'était l'enfer de penser que tout pourrait foirer par sa faute... . D'autre part, il n'avait aucune envie de rencontrer sa mère. Il ne savait pas comment il allait réagir en la voyant, et avait peur de mal supporter ses reproches et sa froideur, maintenant qu'il savait ce qu'il avait toujours représenté pour elle. Il avait trahi l'Opale en révélant pas mal de ses secrets, et pourtant, il s'en sentait toujours trop proche... ses origines l'appelaient, alors qu'il savait pertinemment qu'il n'avait plus sa place dans l'organisation, et qu'il n'était même plus d'accord avec leurs façons de procéder et leurs buts finaux.

La question de Mugen lui permit de décrocher un peu de ses pensées pour revenir à la réalité concrète. C'était pas plus mal. Il se fit une joie de répondre, pour compléter les informations fournies par la commandante, dont la voix claire lui avait permis de se réveiller encore un peu plus.

"Y a juste un vieux bâtiment pourri, et une unique porte de ce côté-ci. Je connais pas les gorilles, mais ils font vraisemblablement partie de la branche d'action vu leur allure et le matos qu'ils transportent."

Rien de transcendant comme info supplémentaire donc... Mais Mugen serait sans doute content d'avoir une idée plus riche de la situation, que ses yeux étaient incapables de lui transmettre, et Asch avait l'occasion de parler pour ne rien dire... Bref. Ça arrangeait tout le monde. Sauf Sayuri éventuellement si elle y voyait là la volonté de Asch de se mettre en avant, ce qu'il était loin d'essayer de faire: il était déjà bien trop en avant à son goût.

Les gorilles jetèrent un sale regard à Asch - évidemment - puis indiquèrent à l'ensemble des visiteurs de suivre en silence. Ainsi, au bout d'un chemin sombre humide et tout aussi tordu que lugubre et crasseux, les trois gouvernementaux et leurs accompagnateurs débarquèrent dans une pièce qui était toujours aussi sale et humide, mais qui était plus lumineuse et surtout, plus grande. Les tuyauteries nombreuses prouvaient que ce bâtiment avait anciennement abrité une usine, et qu'ils étaient dans une salle de travail. Sur le sol, des auréoles jaunes, noirâtres, indiquait l'emplacement des machines qui avaient été retirées depuis belle lurette. Les vitres étaient hautes, inaccessibles. Elles étaient aussi sacrément sales, et pétées pour certaines. C'était un endroit charmant. Le fond de la pièce était plongé dans la pénombre car les vitres étaient dans un tel état dans cette zone qu'elles avaient été recouvertes de planches de bois. On n'y voyait pas grand chose, mais si on se concentrait suffisamment pour adapter sa vision à l'environnement, on était peut-être capable de distinguer ce qu'il y avait au fond. La pièce était suffisamment grande pour recouvrir deux étages: un "balcon" faisait tout le tour de la dite pièce, formant un couloir en hauteur, où plusieurs portes étaient sans doute accessibles pour rejoindre les autres parties de l'étage supérieur du bâtiment. Restait à voir comment on pouvait monter sur ces plateformes, et si personne ne s'y trouvait déjà... Restait aussi à voir si cette grande pièce d'allure vide ne cachait pas quelques secrets intéressants: qui sait ce qu'on pourrait trouver aux quatre coins de cette dernière, voire sur son plafond. Bien sûr, ce n'était pas Mugen qui allait pouvoir décortiquer du regard les lieux, mais ce n'était pas bien grave: il allait déjà être suffisamment occupé.

Quasiment à l'entrée, un peu sur leur droite, se trouvait un vieux plan de travail qui avait été reconverti en table par les actuels squatteurs. C'était vieux, et rouillé. Comme certains des "soldats" qui entouraient la table, en fait. Pas comme la femme rousse qui, assise à cette dernière, faisait très jeune malgré son âge présumé.

"Entrez, et installez-vous. Comme vous pouvez le voir, nous avons pris nos précautions, et nous n'en attendons pas moins de votre part."

Une invitation à sortir les armes? Non... Mais une invitation à les garder bien en évidence tout du moins. Ça n'avait rien de nouveau pour les trois gouvernementaux car Asch avait déjà prévenu tout le monde quant aux façons de faire de l'Opale à ce niveau. Jusqu'à présent, il avait fait un sans faute. Pas mal, pour un supposé raté de service...

Mugen ne pouvait pas le remarquer, mais Sayuri, si. Lorsqu'on voyait Rachel Raizer, on pouvait comprendre pourquoi elle était à la fois aussi crainte et respectée par l'organisation densetsu qu'elle avait formé. Elle avait un caractère d'acier et une âme de leader, malheureusement gâchés par des instincts connards, psychopathes et castrateurs. Elle avait un charisme indéniable: droite et sévère, elle avait l'air forte, déterminée, même alors qu'elle était assise au milieu d'un groupe de cinq sbires qui eux étaient restés debout. Elle avait la signature "Raizer" gravée sur le front, en réalité. Seulement Asch manquait tellement de confiance en lui que cette force et cette prestance qu'il possédait lui aussi étaient à l'heure actuelle à l'état de larves, cachées sous une montagne de complexes.

Les longues ondulations cuivrées roulaient le long du dos de Rachel, coulaient sur ses épaules, rejoignant la veste beige stricte qu'elle portait aujourd'hui. Une poitrine opulente était fermement cloîtrée sous cette gangue de tissu, qui n'était pas suffisante pour cacher l'information suivante: Le leader de l'Opale Maudite n'était pas seulement une criminelle, mais aussi une criminelle sacrément sexy, même alors qu'elle devait approcher de la cinquantaine. Rajoutons à celle un visage ovale délicat, des lèvres fines mais attirantes, et surtout, une paire d'yeux d'un vert captivant, aussi perçant et caractériel que celui d'Asch pouvait l'être. Effectivement... Il avait hérité du regard de sa mère, ainsi que de pas mal de traits qui en faisaient presque une version masculine et plus jeune de Rachel Raizer. Ça pouvait sembler troublant. Surtout quand on connaissait tout ce qui les séparait. A la différence de Asch par contre, Rachel avait quelque chose de froid, cruel et métallique, qui enlevait à ses yeux cette chaleur qu'on pouvait trouver dans ceux de son fils.

Sa voix avait une inflexion sûre qui ne laissait place à aucune objection. En règle générale, on ne s'amusait pas à la contredire. Elle avait un timbre grave pour une femme: alto, à la limite du contralto. Du coup, sa voix semblait d'autant plus posée. Les fusils verts remarquèrent la présence d'une tête rouge, qu'ils tentèrent d'exploser dans la seconde où elle apparut dans l'encadrement de la porte. Asch arrivait à peine à respirer, et crut qu'il allait faire une crise d'apoplexie quand il tomba sous le jugement froid et hautain de sa mère, qui le regardait nettement... comme si un nuisible venait de faire son entrée. Pour les raisons précédemment citées, Rachel avait toujours été un modèle pour Asch. Même maintenant, c'était dur pour lui de supporter tout le mépris qu'elle lui vouait... Le silence dura quelques secondes durant lesquelles la tension monta. Asch soutint le regard de sa génitrice, quoiqu'il ne parvint sans doute pas à garder l'air tout à fait neutre: son indifférence le blessait. Ça faisait des mois qu'elle ne l'avait pas vu, et elle n'était capable de lui offrir que son dégoût... C'était désespérant.

"Tiens... Asch. Comme ça fait longtemps. J'espère que tu ne viens pas chouiner pour qu'on te récupère, j'ai clairement précisé que je ne voulais pas que tu sois de la partie, et j'ai en effet d'autres priorités que de m'occuper de ton cas."

Asch vit rouge et serra les poings, les dents... Bordel. Ça commençait mal.

"Arrête de me raconter des salades... Si tu avais pu te débarrasser de moi avant, tu l'aurais fait. Je suis pas là pour te parler, alors dis nous ce que t'as à dire et lâche moi les basques..."

Asch n'était capable de parler comme ça à sa mère que parce qu'il avait fait en sorte de se préparer mentalement pour la rencontre. Même si son ton avait pu paraître agressif et déterminé, même si il avait l'air aussi patibulaire qu'il en était capable, intérieurement, il n'en menait pas large. Et il ne croyait sans doute pas si bien dire, lorsqu'il affirmait que sa mère avait trouvé la première occasion de se débarrasser de lui... Seul Mugen savait que Rachel l'avait effectivement utilisé comme un appât, au sein d'une opération suicide où elle avait espéré qu'il foute le bordel avec ses pouvoirs non révélés, histoire de semer la zizanie et de noyer le poisson. Bref. Rachel sembla étonnée du ton qu'avait adopté Asch pour lui parler. Il avait sans doute un peu trop dévoilé son jeu... Mais vraiment, il n'avait pas pu se retenir. Bon, et les négociations, ça arrivait?

Au fond, un peu derrière Rachel, un homme semblait particulièrement... éveillé. Il avait la main crispée sur la crosse de son arme, qu'il semblait être sur le point de dégainer. Ses yeux, haineux, fixaient la commandante Sunadokei. Il avait un air entendu que cette dernière comprendrait sûrement, étant donné qu'il avait été son sous-commandant avant qu'elle ne l'humilie et ne le fiche dehors d'une manière des plus spectaculaires. La vengeance amène souvent les gens à se tourner vers des forces antagonistes... et l'Opale avait visiblement su l'appâter.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Mar 14 Juin - 22:07

Les indications sûrement triviales de Sayuri et Asch rassurèrent quand même Mugen, quand bien même ce dernier ignorait tout de son besoin d’être rassuré. Depuis quand un Despranon expérimenté avait-il besoin qu’on lui tienne la main ? Même s’il allait à un rendez-vous aux conditions fixées par la cheftaine d’une organisation ennemie, et qu’en plus, il n’y voyait strictement rien ? Evidemment, dans cette boule noire d’obscurité, Mugen avait remis ses autres sens en mode ‘aveugle’. Son ouïe était aussi développée que celle d’un véritable aveugle, et l’art du sabre lui avait permis de pouvoir reconnaître certaines vibrations. Il n’était jamais complètement désarmé… Mais là, il ne pouvait s’empêcher de stresser un minimum.

Evidemment, il n’en montrait rien. Ce serait inutile d’inquiéter Asch plus que de raison, surtout quand il allait voir sa mère alors qu’elle avait clairement stipulé qu’elle ne voulait pas de lui pour ce rendez-vous. Ah, l’esprit de contradiction est vraiment une merveille ! Au rythme d’un handicapé avec sa canne, Sayuri, Asch et Mugen entrèrent dans l’entrepôt, un grand bâtiment lugubre, désaffecté depuis longtemps. L’odeur de renfermé et de poussière prit Mugen au nez, qui fit une légère grimace. Ils continuèrent ensuite à marcher, jusqu’à finalement se stopper. Vraiment, heureusement que ses chers petits étaient avec lui.

A ce moment-là, une voix fit résonner l’entrepôt. Rha, Mugen la détestait déjà, cette fois grave et hautaine. Elle lui enjoignait de s’installer, chose que l’Alpha fit non sans ressentir déjà, une pointe de révulsion. Il détestait qu’on lui donne des ordres si on n’avait pas de justification pour ça. Néanmoins, il garda son calme, et son flegme habituel. Il croisa les jambes et les bras, et planta le verre de ses lunettes dans le regard de Rachel, qu’il imaginait froid et perçant.

Elle ne tarda pas à rouvrir la benne à ordures qui lui servait de bouche, pour remarquer la présence non-désirée de son cher fils. La façon dont elle s’adressa à lui fit s’hérisser les cheveux de la nuque de Mugen, qui dut sévèrement se retenir pour ne pas foutre la mission en l’air. Il avait juste envie de l’étrangler, cette mégère, cette mère indigne. Sa voix glaciale lui donnait la nausée… Et la réponse d’Asch ne rassura qu’à moitié un Mugen déjà prêt à bondir.

« Ouais, j’vais pas m’étendre en politesses. Qu’est-ce que tu veux ? »

L’Alpha avait craché ces morceaux comme un noyau de cerise à la tête de Rachel. C’était elle qui avait sollicité ce rendez-vous, alors, que voulait-elle ? Mugen lui, n’avait rien à demander à personne, et c’était d’ailleurs un avantage, au cas où d’hypothétiques négociations auraient lieu. Cela dit, une question lui brûlait les lèvres, et malgré tout le self control dont il était capable, il ne put s’en empêcher :

« Tu croyais vraiment qu’Asch était venu aujourd’hui pour ‘chouiner’ ? Ton deuxième prénom c’est Espérance… »

Irrévérencieux, ça, Mugen l’était toujours. Mais là, c’était juste bête et méchant, et ça finirait sûrement par tout foutre en l’air. Rha mais voilà, il ne pouvait pas s’en empêcher. Rachel était tellement tout ce qu’il détestait, ce qu’il haïssait. Elle lui rappelait son père, son cousin, tout ceux qui n’avaient jamais cru en lui jusqu’à ce qu’il ait un quelconque intérêt financier à leurs yeux.

* Tous les mêmes… *

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Sayuri Sunadokei

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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Jeu 16 Juin - 16:38


Bien sûr, Rachel Raizer était celle que la Commandante regardait le plus. D'une part parce qu'il était impossible de ne pas remarquer cette femme dont l'aura et l'importance semblaient saturer l'atmosphère de la pièce, dont on oubliait l'humidité et l'obscurité grâce à sa chevelure flamboyante. Mais surtout parce que tout comme Asch, elle avait vu son regard, et s'était crispé au son de sa voix. Elle était arrogante. Trop sûre d'elle. Sa posture, sa tenue de manière générale, tout était prétexte à mettre les nerfs de Sayuri à vif. Pourtant elle ne devait pas craquer. Elle ne craquerait pas.
Ce fut Asch qui céda le premier. Bien obligé de répondre aux remarques désobligeantes qu'elle venait de faire, sans doute. Après tout c'était sa mère, là, au milieu d'une masse de muscles et de haine. La situation devait être particulièrement compliquée pour le rejeton de la famille qui venait d'afficher clairement à quel camp il appartenait désormais. Sayuri s'en félicita intérieurement : au moins cette mission aura eu le mérite d'achever l'intégration d'Asch au sein du Gouvernement. Plus personne, désormais, n'avait le droit de douter de lui.
Puis vint le tour de Mugen. Quand sa voix s'éleva dans la pièce, Sayuri lui jeta un regard rapide et discret comme pour s'assurer qu'il savait ce qu'il était en train de faire. Autant Asch avait des raisons de tutoyer celle qui était sa génitrice, mais entendre l'Alpha s'adresser de manière aussi grossière à son ennemie... ça devait être encore une histoire de stratégie. Un truc que Sayuri n'était pas capable de comprendre.

Et pourtant, de son côté, elle dressait déjà sa propre stratégie. S'il y avait bien une chose d'honorable chez la jeune commandante, c'était sa parfait conscience de son corps. En d'autres termes, elle savait très bien ce dont elle était capable, et ce qu'elle pourrait éventuellement rater. Par exemple, lorsque son regard d'encre, bien planqué derrière ses lunettes noires (dont la fonction infrarouge était particulièrement pratique à cet instant), se posa sur les quelques tuyaux appuyés contre le mur du fond, elle sût qu'elle serait capable de s'en servir d'arme. Voire d'échelle pour tenter de rejoindre l'étage supérieur. Continuant à lever le regard, Sayuri remarqua d'ailleurs la présence, sur le plafond à moitié écroulé, une série de câbles qui longeaient les quelques fissures, discrètement, presque cachés... Câbles morts, d'ailleurs, si l'on en croyait les extrémités qui pendaient sur quelques centimètres à peine en dévoilant tout un réseau de fils entremêlés et tordus. Ils ne devaient plus servir à grand chose depuis longtemps.
Pendant qu'elle observait ainsi la pièce, reportant de temps à autres son attention sur les grosses baraques et la rouquine de service afin de s'assurer que la tension ne montait pas trop et qu'aucun danger n'était en vue, les deux camps semblaient enfin entamer le dialogue. C'était du moins ce que Sayuri en déduisit compte tenu du taux de blabla croissant, puisque de toute évidence elle n'écoutait absolument pas ce qui se disait. Ça ne la concernait pas tant que ça, et il ne fallait pas qu'une provocation de la part de Rachel Raizer vienne mettre à mal le self-control actuel de la jeune commandante. Pas sûr qu'elle pourrait se retenir de lui balancer un truc à la gueule si cette grognasse osait insulter l'Alpha sous son nez. Avoir une poitrine plus imposante ne donnait pas le droit à cette terrible matriarche de défier ainsi la protectrice officielle de Mugen.

Et puis, balayant du regard la foule présente autour d'elle, sans presque tourner la tête, la Commandante sentit que quelque chose clochait. Elle croisa une flopée de regards emplis d'animosité, qui ne devaient sans doute pas être capable de voir ses yeux compte tenu des lunettes (que de services celles-ci pouvaient lui rendre...!), mais elle n'arrivait pas à trouver ce qui lui hérissait les cheveux sur la nuque. Ah si. L'immobilité d'un des chienchiens de Rachel. Un type à moitié dans l'ombre, dont le visage resté braqué en direction de Sayuri sans prêter attention au reste. Pour la regarder ainsi, ce type devait la connaître. Mais pas moyen, pour la jeune femme, de remettre un nom sur ce visage de marbre au regard assassin. Évidemment. Comment aurait-elle pu le reconnaître, hors de son contexte ?

D'un geste lent, afin de n'affoler personne dans la pièce, elle retira ses lunettes. Elle les retira totalement afin de pouvoir mieux observer l'homme, dont la tête blonde lui rappelait désormais vaguement quelque chose. Il lui sourit alors, d'un grand sourire chevalin qui s'ouvrit sur une bouche vide, dépourvue de langue.


Ah oui, Clovis.


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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Ven 17 Juin - 14:39

>> Plan actuel de la salle <<


Pendant un bref instant, Rachel Raizer sembla sincèrement surprise. Enfin... Bien sûr elle avait plus d'expérience que Asch, et était définitivement moins émotive. Elle n'eut pas l'air clairement estomaquée, elle n'alla pas même jusqu'à ciller. Cela dit elle marqua un silence un peu trop longuet pour qu'il soit innocent. Cela indiquait clairement qu'elle ne s'était pas attendue d'une part, à ce que son fils la prenne de haut voire la provoque - aux dernières nouvelles il l'admirait et lui léchait presque les bottes pour qu'elle daigne lui accorder ne serait-ce qu'un peu d'importance - et d'autre part, à ce que l'Alpha prenne sa défense avec tant de véhémence. Que s'était-il passé pour que Asch retourne sa veste ainsi..? Alors que l'Opale avait jusqu'à présent été toute sa vie? Comment se faisait-il qu'elle ait l'impression que lui et l'ennemi - le despranon Alpha, celui à cause de qui il avait été capturé - étaient en bons termes? Elle avait manqué de sérieux épisodes, visiblement... Il allait falloir qu'elle se montre plus prudente, malgré l'envie qu'elle avait de noyer son abruti de fils d'insultes et de remarques désobligeantes. Ce n'était pas une grande perte: elle n'avait jamais imaginé récupérer Asch par l'avenir. Mais elle était déçue de voir que son influence avait été si aisément détruite par quelques mois d'absence. Comme si il avait découvert des choses qu'il n'aurait pas dû savoir... En réalité, cette éventualité était loin d'être impossible. Surtout vu le ton pris par le chef ennemi. Certes, il ne devait pas beaucoup l'aimer, elle qui était son antagoniste à l'échelle d'une organisation déjà joliment développée. Mais de là à ce qu'elle sente un tel mépris dans sa voix..? Qu'est-ce que Asch lui avait dit? Qu'est-ce que Elye avait avoué? Qu'avaient-ils découverts, tous les deux?

Une grimace de désagrément déforma brièvement son joli visage, un peu comme si on lui avait mis une crotte de chien sous le nez. Elle n'aimait pas, mais alors PAS DU TOUT, qu'on se permette de la prendre de haut. Elle planta un regard dur et électrique dans celui, inexistant, du despranon.

"J'y viens. Mais puisque vous avez amené mon fils alors que je vous avais précisé de ne pas l'impliquer, ne vous étonnez pas si les négociations sont plus laborieuses qu'elles auraient dû l'être."

Elle ne releva pas la provocation, sans doute soucieuse d'éviter de provoquer une catastrophe avant même d'avoir eu le temps d'essayer d'entamer les négociations. Cela dit elle se concentra une dernière fois sur Asch, pour lui jeter un regard méprisant au possible, qui fit froid dans le dos au rouquin. Rachel n'essayait même plus de faire semblant. Fini, le temps de l'indifférence stratégique... Elle s'affichait telle qu'elle était réellement.

"Ainsi tu es avec eux, Asch... Alors qu'ils tiennent Elye? C'est incroyable. Tu es encore plus faible et influençable que je l'imaginais. C'est décevant."

... Et merde. La colère n'était pas suffisante pour protéger Asch des autres émotions. Déjà, il avait eu envie de disparaître quand sa mère avait commencé à comprendre à quel point la donne avait changé. Il avait honte... Et tout à la fois, il avait envie de l'étrangler, tant il lui en voulait de l'avoir fait espérer dans le vent pendant toutes ces années, et de l'avoir utilisé... Et de prendre encore plaisir à le rabaisser, même maintenant... Il accusa le coup et serra les dents. Ses épaules s'affaissèrent légèrement. Il baissa les yeux. Les réflexes qu'avait ancré Rachel en lui avaient la vie dure... Et pourtant, pour la toute première fois de sa vie, malgré l'affliction que lui provoquait l'idée de l'avoir une fois de plus déçue... Il releva la tête, et lui lança un regard noir, à peu près aussi tueur et haineux que celui qu'elle était elle-même en train de lui lancer. Évidemment, il la provoquait. Il avait toujours été un peu provocateur sur les bords... Mais il n'avait jamais tourné ses tendances à la contradiction et au conflit contre ses parents, qu'il avait toujours bien trop admiré pour ça. Continuant sur sa lancée, il se rapprocha de quelques pas pour se poster derrière l'Alpha, tel le garde du corps qu'il était censé être. Elle ne voulait pas le voir? Tant mieux. Elle aurait droit à un gros plan sur lui. Il lui lança un sourire glacial, métallique, qui ne lui ressemblait pas, et qui évidemment ne lui montait pas jusqu'aux yeux.

"Tu sais quoi? Elye va sortir de taule. Et c'est pas grâce à toi."

Bon... Il en disait certainement trop, mais il n'avait pas pu se retenir. Si Mugen était attentif au ton de sa voix, il remarquerait sans doute que quelque chose était en train de naître, et d'enfler... Une rage, une haine qui n'étaient pas là avant, et que le fait de rencontrer sa mère après tout ce temps était en train de créer... Un peu comme si il n'avait pas été capable de la détester vraiment juste sur la base du souvenir, et de ce qu'il avait découvert sur elle récemment. Là... Tout était en train de se concrétiser. Ça élaguait pas mal de ses doutes. Ça faisait du bien... Même si ces sentiments négatifs pouvaient vite devenir sacrément dangereux, en fait. Le meurtre passionnel, personne n'y est jamais parfaitement immunisé. Ahem. Sayuri était bien entendu capable de remarquer que le self-control de Asch était mis à rude épreuve, cela dit elle ne pouvait pas savoir que cette façon de parler de sa mère -et à sa mère - était toute neuve pour lui.

Rachel était sans doute en colère, mais elle préféra se taire, histoire d'éviter que cela dégénère plus avant. Asch était capable de tout faire foirer. Il fallait qu'elle se calme et se retienne de lui dire tout le mal qu'elle pensait de lui... Même si il n'avait pas tort. Elle n'avait pas eu le temps de s'occuper de négocier la libération d'Elye, même si elle l'aurait souhaité. Elle avait envisagé de le faire à la fin de cette discussion si jamais les choses se passaient bien... Mais son fils racontait-il la vérité? Sa sœur allait-elle réellement être relâchée..? Elle s'éclaircit la gorge puis décida de changer de sujet.

"Cessons. Il y a plus important à dire. Vous avez sans doute remarqué que la criminalité dans les principales villes - Sérégon, Islantis, Modula, entre autre - a fortement augmenté récemment? Les attentats terroristes font légions. L'armée, les morgues et les hôpitaux finissent par être débordés. Je suppose que ça vous arrangerait si cela cessait, n'est-ce pas..?"

Une lueur d'intelligence - si si - passa dans le regard de Asch. Il venait de comprendre où sa mère voulait en venir, pour avoir été récemment impliqué dans la capture de l'auteur d'un de ces attentats. L'opération, effectuée avec l'aide du soldat Drathir Linath, avait été musclée. Asch avait eu l'occasion d'apprendre que des terroristes s'amusaient à se faire passer pour l'Opale afin de discréditer cette dernière. Ça devait effectivement beaucoup contrarier sa mère.

Pendant ce temps-là, la commandante Sunadokei avait de quoi faire, entre son ex-sous-commandant qui semblait attendre la première occasion pour pouvoir lui tirer dessus, et l'inspection de la pièce qu'elle était seule à pouvoir faire à l'heure actuelle: Mugen était occupé et n'avait pas les yeux pour ça. Quant à Asch, il devait rester concentré sur les réactions de sa mère et des sbires qui l'entouraient. Outre le fait qu'il dût supporter les piques de sa génitrice, il devait aussi être prêt à tout moment à envoyer le signal d'attaque au 6ème escadron. Sayuri était seule à pouvoir détecter les éventuels pièges que leur avait réservé l'Opale, pour pouvoir mieux les déjouer. Chacun possédait un rôle bien précis, outre d'assurer la protection rapprochée du despranon. Sur la gauche, elle avait put remarquer un entassement particulièrement noueux de tuyaux, qui montaient en effet jusqu'au plafond. On aurait dit une sorte de circuit... d'eau? De gaz? Utilisé ou pas? Mystère. Des câbles électriques déchirés pendouillaient à côté, et derrière, à l'orée de sa vision, elle remarquerait sans aucun doute ce qui ressemblait à la forme de plusieurs gros containers. Restait à voir ce qu'ils étaient exactement.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Lun 20 Juin - 22:30

Mugen se calmait à mesure qu’Asch se mettait hors de lui. S’il était capable de tenir tête à sa génitrice, ça ferait une chose de moins à penser pour l’Alpha. En effet, ce dernier devait absolument se concentrer pour ‘visualiser’ les lieux. L’acoustique l’aidait beaucoup, mais il regrettait de n’avoir pas poussé plus loin son apprentissage en véritable aveugle. Oh, il se débrouillait déjà mieux que la plupart des aveugles, mais pour lui, ce n’était pas assez. Pas quand on était face à la cheftaine d’une mafia relativement puissante.

L’Opale l’était, c’est vrai. Il s’agissait d’une organisation puissante, même si selon les dernières informations, elle commençait à partir en steak. Des attentats tout sauf discrets, et loin de la ligne de pensée première de l’Opale. Mugen avait trouvé ça louche, sans pourtant y accorder une véritable importance. En attendant, Rachel soulignait le fait que la présence d’Asch pouvait entraver la bonne marche du rendez-vous. Mon cul, oui.

« Considères-le comme un de mes gardes du corps, et pas comme ton fils. Ca ne devrait pas te fouler le cerveau, je me trompe ? »

Mugen afficha un sourire narquois, clairement méprisant. Oh oui, il méprisait cette femme, cette harpie jusqu’au plus profond de son être, et malgré le fait qu’elle était bien entourée et qu’elle avait les moyens de l’atteindre, il n’avait pas peur d’elle. Il n’avait pas peur des insectes et de la fange, et des gens qui avaient assez peu d’honneur et de respect pour y ramper. Hautain, il laissa tout de même Asch et sa génitrice échanger quelques mots pour l’occasion. Rien de bien courtois, évidemment. Mugen sentait la rage poindre dans la voix du rouquin, et fut soulagé que la magie ait été annihilée dans le secteur. Sinon, il aurait sûrement commencé à faire fondre le décor.

Néanmoins, la teneur des propos le fit de nouveau sourire. En effet, il avait dans l’idée de sortir Elye du trou à rats où elle était, et ce n’était en aucun cas parce qu’on avait traité avec lui ou qu’on l’avait menacé. Il lui avait suffit de plonger dans la détresse d’Asch pour comprendre qu’il avait besoin de sa sœur, et que cette dernière était injustement enfermée. Il lui avait suffit simplement d’essayer de comprendre Asch pour ça. Quelque chose de bien plus efficace et sincère que des menaces ou du marchandage.

L’Alpha n’avait rien à rajouter aux paroles d’Asch. Elles parlaient d’elles-mêmes. Rachel n’était pas assez stupide pour ne pas comprendre que désormais, l’homme qu’elle avait bien du mal à considérer comme son fils n’était plus exactement dans le même camp. Et elle revint alors sur le sujet même du rendez-vous. Enfin, si elle cessait de tourner autour du pot.

« Question rhétorique, mais je connais assez bien l’Opale - la vraie - pour penser que ce n’est pas ton œuvre. Viens-en au fait. Mal géré, le suspens devient lassant. »

Mugen fit mine de bailler, non sans garder ensuite un port de tête qui trahissait - volontairement - sa nonchalance et son insolence. Il se foutait ouvertement de la gueule de Rachel, et ne voyait pas pourquoi il ne le ferait pas. C’était elle qui l’avait appelé. C’était elle qui avait besoin de lui, et non l’inverse. On ne chercherait pas à lui faire de mal tant qu’elle ne lui avait pas dit ce pourquoi elle l’avait amené ici. C’était un pari risqué, néanmoins, mais ça, Mugen avait l’habitude. Il comptait aussi sur les compétences de Sayuri, et la dévotion d’Asch pour lui garder les fesses hors du feu. Ils ne les avaient pas amené ici sans raison non plus.
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Sayuri Sunadokei

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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Jeu 23 Juin - 9:36


Dans l'assemblée, on appréciait moyennement les manières irrespectueuses du Despranon. Occupée à dévisager ces brutes sans cervelles, du moins pour la plupart, qui accompagnaient Rachel Raizer, Sayuri se rendit bien compte que la tension avait monté d'un cran. Les poings se serraient, ainsi que les mâchoires, et chaque regard semblait braqué sur l'aveugle qui n'avait pas à souffrir de tous ces yeux haineux posés sur lui. Tant mieux. Ça n'aurait fait que l'ennuyer.
Pendant qu'Asch et Mugen s'occupaient de leur petit meeting avec la belle et dangereuse rousse, la Commandante avait ses propres problèmes à régler. Elle n'aurait jamais imaginé que les choses prennent cette tournure, et s'en trouvait un peu embêtée. Clovis tendait à accaparer toute son attention alors qu'elle se devait de fouiller la pièce... Certaines zones d'ombres ne lui inspiraient pas confiance, mais chaque fois que son regard tentait de percevoir quelque chose, elle sentait une quantité inimaginable de mauvaises intentions flotter dans sa direction.

Sayuri soupira et tourna les yeux vers Asch. Des trois c'était sans doute lui qui était dans la situation la plus merdique. Pourtant il semblait presque plus à l'aise qu'elle, un peu comme si il avait une longueur d'avance. C'était bien, ça, les longueurs d'avance. Et Sayuri en avait cruellement besoin. Pour un peu elle serait venue lui demander discrètement comment il faisait pour rester aussi calme. Elle s'était attendue à un pétage de plomb qui ferait dégénérer la rencontre, ou même à le voir exploser littéralement de rage. Elle oubliait que si de telles choses n'arrivaient pas, c'était uniquement grâce, ou à cause, des dispositifs anti-magie. Sayuri avait du mal à garder en mémoire trop d'informations, et celle là avait été classée dans un recoin de son cerveau pour une raison inconnue.
Du coin de l'oeil elle perçut un léger mouvement. Chaque geste de Rachel provoquait la même réaction chez la Commandante, qui dévisagea une énième fois leur hôte. En se forçant à ne pas regarder celui qui, à côté, ne lâchait pas la brune des yeux. Clovis, toujours, semblait vouloir faire de cette rencontre une bataille silencieuse où tous deux se dévisageraient... Et Sayuri n'avait pas le temps pour ça. En plus, connaissant Clovis, la baston de regard aurait tôt fait de tourner en corps à corps. Ça provoquerait un beau merdier. Mugen ne serait pas content.
Cela dit... une idée germa dans l'esprit limité de la jeune femme. Ce meeting manquait de mouvement. Chacun restait campé sur ses positions en attendant que l'autre camp fasse un faux pas. Et Sayuri n'aimait pas vraiment attendre, d'autant plus que le destin lui avait fourni de quoi mettre un peu d'action. Elle jouerait avec Clovis, finalement. Elle savait qu'il aimait ça. Ils avaient travaillé assez longtemps ensemble pour connaître les défauts de l'autre. Juste les défauts, pas les qualités. Clovis était un crétin sexiste qui ne voyait en Sayuri qu'une catin opportuniste et vénale. Elle n'avait donc pas de quoi lui trouver des qualités.

Accrochant ses lunettes à son col dans un mouvement souple et discret, histoire d'avoir les mains libres, la jeune femme braqua finalement une seconde fois son regard sur son ancien sous-commandant. Il s'en réjouit et esquissa un sourire narquois qui contrastait avec son attitude crispée. Il suait la haine par chacune de ses pores. Visiblement il considérait Sayuri comme la cause de tous ses ennuis. C'était sans doute pour ça qu'il avait rejoint les rangs de l'Opale Maudite, d'ailleurs. Pour se venger. Est-ce qu'il s'attendait à ce que Mugen vienne accompagné de son ancienne commandante ? Probablement pas. Clovis n'était pas aussi intelligent. Dans une dimension parallèle, les deux ennemis auraient même pu s'apprécier tant ils avaient de points communs.
Maintenant que le contact visuel était établi, le jeu pouvait commencer. Il fallait le faire craquer et sortir de ses gonds. Sayuri entrouvrit les lèvres, dans un demi-sourire gourmand, et les humecta en glissant sa langue dessus. Et son sourire s'élargit en voyant la réaction immédiate du grand blond qui se crispa de haine. Lors de leur affrontement, il avait lui même fourré sa langue dans la bouche de sa commandante. Sayuri se souvenait encore du goût infect du sang qui avait emplit sa bouche lorsqu'elle avait refermé les mâchoires sur ce muscle répugnant. Elle n'était pas une femme qu'un baiser pouvait faire taire, bien au contraire.
Poursuivant alors ses provocations, car elle était désormais en position de le faire, Sayuri retroussa les lèvres pour dévoiler sa dentition parfaite, celle-là même qui avait mutilé Clovis. Et faisant mine de grogner à la manière d'un fauve en colère, elle se campa sur ses jambes sans lâcher son adversaire du regard. Déjà, la tête blonde fusait entre les autres gardes du corps pour se jeter sur elle. C'était probablement sa seule chance, il ne fallait pas la rater.

-Je m'en occupe, susurra t-elle Asch quelques secondes avant que le corps massif ne s'abatte sur elle. Les hommes étaient tellement prévisibles.


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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Jeu 23 Juin - 18:32

>> Plan actuel de la salle: pas de changement <<


Asch décida de garder le silence. Quelque part, malgré la haine qu'il se prenait à ressentir pour cette mère qui l'avait abandonné après s'être foutu de lui pendant plus de vingt ans, une pointe de gêne, de douleur... D'un sentiment néfaste qu'il ressentait contre lui-même et à cause d'elle, restait. Ça signifiait que, même si il parvenait pour le moment à lui tenir tête, il ne savait pas si il y parviendrait jusqu'au bout, ni si elle n'était pas capable de lui envoyer à la figure des arguments qui briseraient toutes ses bonnes résolutions, tout le calme et le self-control dont il parvenait à faire preuve à l'heure actuelle, au grand étonnement de la commandante Sunadokei. Asch s'était préparé mentalement. De plus, récemment, il en avait vu d'autres, et des pires. Il lui en fallait plus pour s'effondrer. Il était plus solide que ça, quand bien même il était encore fragilisé, plus qu'il ne l'avait jamais été avant que le destin l'oblige à changer de camp.

Il était important que Asch garde son calme - que tout le monde garde son calme en fait - et que les négociations se passent bien. Envoyer des vannes dans la figure de ses parents, c'était facile. Être responsable de leur déchéance - voire de leur mort - c'était déjà plus difficile à assumer, même quand elle était méritée. Si en plus de cela il devait mettre en danger Mugen... Non. Hors de question. Il avait tant de raisons de faire en sorte que les choses se passent bien que, même si la magie n'avait pas été annulée, sa colère et sa hargne n'auraient pas suffi à invoquer son pouvoir destructeur. Il fallait aussi dire qu'il avait fait quelques progrès et le maîtrisait maintenant mieux qu'avant, même si l'apprentissage était lent, proportionnel à la qualité énergétique du pouvoir que Asch devait apprendre à maîtriser.

Pour toutes ces raisons, Asch fut plutôt content que sa mère décide de se remettre à l'ignorer, comme elle en avait l'habitude, en fait. Il était habitué à ce comportement de sa part. C'était mieux qu'une ouverte inimitié, et que son mépris acide. Malgré tout il la poignardait d'un regard froid et distant, incapable de détourner les yeux d'elle. Mugen avait raison. Il était là en tant que garde du corps, et pas en tant que fils de la patrone... Et pourtant, il avait autant de mal que Rachel à prendre de la distance vis-à-vis de cette relation mère-fils orageuse. Nan en fait il devait avoir plus de mal qu'elle à le faire... Elle s'était permis de l'invectiver, parce qu'elle avait senti qu'elle pouvait le faire. Mais Asch savait qu'elle était tout à fait capable de faire preuve d'un pragmatisme monstre: si elle l'avait voulu, elle aurait pu faire semblant de ne pas le voir, et aurait pu ne pas lui accorder un seul regard, et ce, jusqu'à ce qu'ils quittent tous le bâtiment. Ce qui sembla lui faire perdre son calme par contre - il suffisait de voir la manière dont elle fronça le nez à nouveau, et dont ses yeux se mirent à lancer des éclairs noirs - ce fut le ton adopté par Mugen, une fois qu'elle eut fini d'introduire le sujet des négociations. Elle n'aimait décidément pas qu'on se fiche d'elle. Surtout quand elle venait avec des arguments de valeur sous le bras. Asch cligna des yeux, et tourna la tête pour observer Mugen en coin. Il espérait que le despranon n'irait pas trop loin: pour des raisons qui n'étaient évidentes que pour eux deux - qu'il croyait - Mugen détestait sa mère tout particulièrement. Mais il ne fallait pas que cela entache son jugement. Asch avait eu l'occasion de constater les dégâts engendrés par l'un des attentats dont sa mère venait juste de parler... Ça valait bien ce que Asch avait réussi à faire tout seul comme un grand, lorsqu'il avait tenté d'enlever Mugen. Si l'Opale pouvait leur fournir des informations, pour arrêter plus vite et plus efficacement ces fous dangereux... ça serait quand même pas mal. On touchait là au pragmatisme de Asch. Celui qu'on ne voyait pas beaucoup en ce moment, car il avait été enfoui profondément sous plein de problèmes que le rouquin avait accumulé. La fin justifiait les moyens. Se mettre d'accord avec une organisation mafieuse pour sauver plusieurs centaines de vie, ça lui semblait être un bon deal, quand même.

Rachel jura vaguement entre ses dents, avant de reprendre, sur un ton calme mais quelque peu exaspéré. On aurait presque cru entendre Asch lorsqu'on venait de faire une mauvaise blague à ce dernier.

"J'explique les choses dans l'ordre, alors ouvrez vos oreilles plutôt que votre grande bouche, et prouvez donc que vous n'êtes pas AUSSI sourd. Voilà ce qui vous intéresse: l'arrestation de ces terroristes. Il se trouve que c'est aussi ce que nous souhaitons. Un traître s'est immicé dans notre Conclave ou notre Toile, mais nous n'avons pas encore pu l'identifier. Cet homme est à l'origine d'un soulèvement interne à l'Opale. Il convertit nos hommes et les transforme en kamikazes et en fous dangereux. Nous souhaitons coopérer avec le gouvernement pour arrêter ces terroristes qui nuisent à notre réputation, et mettent à mal vos autorités."

Jusqu'à là, Asch n'apprenait pas grand chose de plus que ce que Lenosh - le dealer de drogue - lui avait appris. La seule nouveauté, c'est que l'Opale souhaitait faire copain copain avec le gouvernement le temps d'abattre les traitres. Sa mère avait-elle d'autres informations au sujet de ces terroristes? Eh bien, ils n'eurent pas le temps de le savoir. Un homme s'était avancé, et avait quitté son poste pour foncer sur la commandante, à la surprise générale. Les soldats de l'Opale manquèrent de sortir leurs armes, mais Rachel leur intima d'un geste vif et précipité d'arrêter. Elle avait vu que l'erreur venait de son camp, et pas de l'autre. Elle ne tenait vraiment pas à se battre. Asch avait lui-même porté la main à son holster de ceinture, prêt à dégainer, mais Sayuri l'avait arrêté en précisant qu'elle comptait s'en occuper seule. Il souleva les sourcils et la regarda intensément pendant un quart de secondes, l'air de lui demander si elle était certaine de vouloir faire de ce combat un duel. Puis comme elle n'avait pas l'air de vouloir changer d'avis, Asch décida de ne pas la froisser. Il savait qu'elle était bien plus capable de se défendre qu'elle pouvait en avoir l'air. Alors il recula tout en observant la scène... Puis se retourna pour se pencher par dessus l'épaule de Mugen, non sans une arrière-pensée à destination de sa mère, qui devait rager de le voir faire des messes basses avec l'ennemi. Bien fait pour elle. Il murmura pour n'être entendu que de Mugen. Il n'avait pas envie d'une discussion formelle à la con, puis si ça faisait chier Rachel, c'était parfait.

"... T'as réussi à suivre ou bien je t'explique? Bon, en fait j'ai pas tout compris..."

Comme Mugen n'avait eu droit qu'au son du spectacle, Asch n'était pas sûr qu'il ait pu tout analyser, malgré ses capacités étonnantes à se débrouiller sans aucune perception visuelle.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Mer 6 Juil - 8:27

Rachel devait bien ronchonner face à l’insolence typique de Mugen. Il n’était pas venu faire des politesses, et ça se voyait. Pour l’instant, tout ce que lui avait dit la rouquine n’était pas nouveau pour lui, et ça avait tendance à l’agacer : voilà pourquoi il lui avait ordonné d’arrêter de tourner autour du pot. Elle s’exécuta, non sans quelques noms d’oiseaux lancés à Mugen, qui avait bien envie de répondre qu’il n’était pas sourd non, et que sa grande bouche plaisait à celui à qui elle devait plaire - et que c’était là le principal. Heureusement, il se retint. Asch n’aurait sûrement pas voulu entendre l’Alpha étaler leurs exploits sexuels devant sa génitrice, et Sayuri n’avait pas envie d’entendre ça non plus. N’empêche, ç’aurait été drôle.

Enfin, Rachel expliqua que le traître au sein de l’Opale discréditait le groupe via des attaques terroristes vouées à l’échec, et que leur image de marque - si tant est qu’ils en aient une - en avait gravement pris sur la figure. En gros, jusque là, Rachel demandait à Mugen de faire son travail en enquêtant sur l’animal qui semait la zizanie au sein de l’Opale. Elle n’avait pas fait d’offres concernant la coopération à laquelle elle faisait allusion, chose qui laissait l’Alpha perplexe. Oh non, il n’était pas sourd… Pas sourd du tout.

La preuve, il entendit le bruit d’une arme qu’on secoue légèrement. Quelqu’un braquait un flingue sur quelqu’un d’autre. Le pire c’était que ce bruit venait de derrière et non d’en face : ça voulait dire que c’était soit Asch, soit Sayuri qui avait fait ça… Instantanément, Mugen bascula en mode alerte rouge. Ca n’allait pas tarder à dégénérer, à ce train là. Il sentit qu’on se jeta sur Sayuri, et il fit un pas sur le côté, laissant Asch l’approcher pour lui parler à voix basse.

« Laisse, tu m’expliqueras plus tard. »

Lui répondit-il sur le même ton, prenant garde à ce que Rachel ne puisse rien entendre. Il pensait exactement comme Asch : ce qu’ils disaient n’avait aucune espèce d’importance, mais si ça pouvait faire chier Rachel… Mugen s’éclaircit la gorge, et se tourna vers le bureau, ignorant royalement le combat en duel non loin.

« Laissons-les régler ça. Je n’en ai pas fini avec toi : qu’on enquête sur des actes terroristes, c’est notre boulot. En échange, je veux des infos, des noms, et pas de petits secrets. J’enverrais quelqu’un pour m’assurer de la véracité des infos transmises. Tu pourras faire de même, évidemment. Donnant donnant. »

A l’heure actuelle, Mugen n’avait aucune idée de qui il allait envoyer : ses soldats il en avait besoin au Panthéon, et il fallait envoyer quelqu’un de confiance, qui n’allait pas être corrompu par Rachel. Une idée germa alors quant à l’identité de ce fameux ‘otage’. Mugen esquissa un sourire. Les membres de l’Opale allaient être surpris.

Du côté de Sayuri, ça se battait toujours. Les choses allaient sûrement dégénérer vitesse grand V, malgré tout ce que l’Alpha pourrait faire. Ce dernier se pencha sur Asch, comme pour l’embrasser - de quoi déclencher des BSOD dans le camp d’en face - mais il se contenta de lui murmurer à l’oreille :

« J’espère que ta génitrice sait tenir ses hommes, sinon on va devoir sortir le grand jeu. Comment s'en sort Sayu ? »

Et en fait, Mugen n’en avait pas spécialement envie. Pas qu’il ne sache pas se battre en aveugle, mais s’il pouvait éviter de le faire… Il ne s’en porterait que mieux.
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Sayuri Sunadokei

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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Lun 11 Juil - 12:36


Sayuri avait l'impression d'être hors du temps. Plongeant tête baissée dans le passé, elle en oubliait la raison de sa présence, et tout ce qui l'entourait. Les minutes ressemblaient aux secondes, les secondes aux minutes. Elle avait l'impression que l'affrontement durait depuis longtemps, mais il n'en était rien. Et elle voyageait.
Elle se trouvait à nouveau dans son bureau, appuyée contre l'accoudoir de son canapé en essuyant les critiques de son sous-commandant. Clovis ne se gênait jamais pour souligner les défauts de sa supérieure. Ce jour là, pourtant, il avait dépassé les limites et le ton était monté plus rapidement qu'à l'ordinaire. Sayuri, l'égo souillé par la véhémence de cet homme qui la méprisait, s'était alors jetée sur lui en laissant parler sa rage, et lui même plongea volontiers dans le corps à corps brutal, violent. Clovis aimait se battre, mais n'avait que rarement l'occasion de le faire. C'était sans doute une des raisons pour laquelle il s'opposait aussi souvent à la Commandante.
Et puis il avait eu le dessus. Physiquement, il était supérieur à Sayuri. Là où elle était vive et brutale, il était violent et lourd. Entravée par le poids de cet homme, elle s'était retrouvée acculée à un mur. Il en avait profité pour l'humilier un peu plus, et avait fourré sa langue dans sa bouche... C'était ça qui avait permis à Sayuri de reprendre le contrôle de la situation. Quand Clovis fut privé de sa langue la douleur était telle qu'il devint incapable de retenir la jeune femme. Elle avait alors frappé, sans retenue, touchant chaque point sensible sans la moindre hésitation, et l'avait fait passer par la fenêtre en profitant de l'élan de ce bourrin sans cervelle.

Le contact froid d'une lame perçant sa joue fit revenir Sayuri dans le présent. Ce qui s'était passé quelques mois plus tôt s'évapora de ses souvenirs en une fraction de seconde, laissant place au visage grimaçant de Clovis. Son regard sombre était emplis d'une haine désormais légitime. Et Sayuri en souriait.
Elle fit un pas en arrière, la moitié gauche du visage balafrée. Elle ne cherchait pas seulement à se battre contre lui. Elle ne cherchait pas à l'écraser une nouvelle fois pour montrer sa supériorité : elle n'en avait pas besoin. Rien à prouver à cet homme. En revanche, la danse des deux individus les faisait plonger de plus en plus loin dans la pièce, permettant à Sayuri d'en observer le contenu. Elle pouvait désormais lire ce qui était presque hors de portée avant. Elle pouvait déjà voir la silhouette de ce qui se dressait dans l'ombre. Grâce à Clovis. Au moins, il aura servit à quelque chose une fois dans sa vie.
Comme la Commandante ne pouvait pas à la fois dresser un schéma mental de la pièce, surveiller le Despranòn, et battre son adversaire, elle devait attendre de bien avoir mémoriser ce qui l'entourait avant de pouvoir riposter. De loin, elle semblait juste fuir et éviter certains coups, encaissant les autres sans broncher. Elle avait l'habitude, l'endurance était son point fort. Elle n'était pas la Commandante du Troisième Escadron pour rien.
Sayuri oubliait toujours que son pouvoir était bloqué, trop habituée à agir sans en tenir compte. Comme le sang coulait toujours de sa blessure à la joue, elle en prit brusquement conscience et se figea. Clovis ne devait pas l'épuiser ni la mettre hors d'état de protéger Mugen. Sa prise sur le manche de son propre poignard cranté changea alors même qu'elle décidait de mettre fin à cette longue bataille à sens unique, et la jeune femme se jeta enfin sur le grand blond. Surpris, il regarda la lame se planter dans son épaule gauche, rendant son bras désormais inutilisable. Au moment même où son propre couteau tombait au sol, son poing droit s'écrasa sur la joue de Sayuri. Massif, et lourd. Les deux bagues cuivrées glissées à son index et à son annulaire écorchèrent de plus belle la joue déjà meurtrie de la Commandante, dont le corps bougea à peine sous l'assaut. Sa lame se glissait déjà pour sectionner les muscles de la dernière épaule valide de Clovis. Crachant alors le sang qui emplissait sa bouche, la jeune femme le toisa, le fit choir et lui abattit la tête contre le sol. À deux reprises. Pour être sûre qu'il ne se relève pas.

La moitié du visage barbouillé de sang, Sayuri revint se poster près de l'Alpha. Elle prenait son temps, regardant autour d'elle de l'oeil expert de celle qui sait où regarder et pourquoi. Sécuriser les lieux faisait partie de son entrainement, de son quotidien. Elle servait à ça et était prête à faire son job quel que soit le prix. Elle pouvait bien encaisser quelques coups de poings, tant qu'elle était encore en état de transmettre les informations et de protéger l'Alpha. Elle s'en remettrait.
Droite à côté de la chaise de Mugen, la jeune femme adressa un large sourire conquérant à toute la troupe de Rachel Raizer. Son regard étincelant de violence, et ses dents rougies par le sang, sauraient bien calmer les ardeurs de ceux qui voudraient venger Clovis. Du moins ce qui restait de lui.
Du bout des doigts la Commandante décolla les mèches brunes plaquées contre sa joue poisseuse, et essuya ses lèvres. Et du coin de l'oeil, elle regarda Asch : si elle continuait à sourire, son regard lui devint plus sérieux. Parce qu'elle avait vu.
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Jeu 14 Juil - 15:55

>> Plan actuel de la salle <<


En fait, c'était pas mal, de se foutre de la gueule de sa mère. Vraiment pas mal. Ça lui faisait oublier qu'en théorie, c'était elle qui se foutait de sa gueule la plupart du temps. Puis ça lui permettait de dédramatiser... Ce dont il avait bien besoin à l'heure actuelle. Il ne put empêcher le coin de sa lèvre de se soulever subrepticement lorsque Mugen s'approcha de lui pour lui répondre une banalité monstre, sur le ton du secret. Rachel avait tiqué. Ça avait été à peine perceptible... Mais Asch la connaissait suffisamment pour le savoir. Elle se fichait de Asch comme d'une guigne, mais ça la vexait dans son amour propre de savoir qu'elle avait perdu l'emprise qu'elle avait sur son fils sans s'en rendre compte, et qu'il avait si facilement glissé dans le camp adverse. Bien fait pour sa poire.

Ignorant cette inconvenance, la rousse observait l'Alpha d'un air calme et posé, réfléchi. Sa proposition n'avait pas l'air de la déranger plus que ça... Et c'était peut-être parce qu'elle même n'avait pas terminé de parler. Elle avait exposé leurs intérêts communs: l'arrestation des terroristes. Elle n'avait pas encore expliqué comment, exactement, l'Opale et le gouvernement sauraient s'entraider. Elle demandait une trêve mais il était évident que ça ne serait pas tout. Elle voulait que les efforts des deux factions soient concentrés pour stopper la rébellion, ce qui arrangerait tout le monde. L'échange d'informations semblait donc être... dans le cours naturel des choses. Rachel n'avait pas imaginé qu'on lui proposerait un échange d'otages pour concrétiser l'arrangement qu'elle avait en tête mais... Elle n'allait très certainement pas se mettre en position de faiblesse en le faisant remarquer. D'autant qu'en fait, ça ne la dérangeait pas. Elle enverrait l'ombre d'un membre de son Conclave, qui ronchonnerait certainement un peu... Mais qu'importe. Une ombre infiltrée dans le gouvernement... Ça ne se refusait pas. Rachel eut donc l'un de ses sourires de requin professionnel, froid et factice.

"L'échange d'informations est à la base même de la trêve que nous souhaitons instaurer. Nous vous disons ce que nous savons, vous nous laissez tranquille, et nous luttons tous contre la criminalité impliquée par cette faction traître... Il n'y a pas d'embrouille. Nous accepterons votre émissaire et enverrons le notre le temps de défaire cette branche ennemie. Jusqu'à là nous sommes d'accord, semble t-il?"

Ça allait peut-être être plus rapide que prévu, malgré le combat qui continuait plus loin de faire rage. Comme il était le fait d'une personnalité unique, et pas du groupe entier... En fait, tout le monde avait un peu tendance à s'en moquer. Rachel avait demandé à ses hommes de rester calmes... Donc, ils restaient calmes, visiblement plus professionnels que celui qui avait perdu son sang-froid pour se jeter sur Sayuri. Asch aurait menti, si il avait dit n'être pas soulagé par la manière dont les choses se profilaient... Pour plusieurs raisons, d'ailleurs.

Il tourna la tête alors que Mugen semblait s'approcher pour lui parler... Et peut-être s'était-il lui-même trop avancé. Il manqua de toucher ses lèvres sans faire exprès, et dut vivement reculer la tête pour éviter le contact. Il tourna vivement les yeux en direction de sa mère, l'air gêné... Côté Opale, tout le monde était soit concentré sur le combat, soit sur Asch et Mugen avec un air troublé. Rachel en serait presque restée bouché bée en fait... Mais d'aucun pensait avoir mal vu, ou bien alors pensait à un véritable accident. L'Alpha et le fils Raizer ensemble... Ce n'était pas exactement la première idée qui venait à l'esprit des gens. Le rouquin prit sur lui et fit son possible pour éviter de rougir. Comment dire... Emmerder sa mère, c'était une chose. Faire son coming-out familial devant les hommes de main de sa génitrice et en pleine réunion politique... Bof, quoi. Surtout qu'en plus, la proximité du brun était en train de réveiller des instincts qui auraient mieux fait de la boucler dans un moment pareil... Sérieux, il était en rut en ce moment ou quoi? Vu le week-end à Shangyu qui avait précédé on pouvait se poser des questions. Il s'éclaircit la gorge, avant de répondre dans l'oreille de Mugen:

"T'inquiète elle a vraiment pas l'air de vouloir la merde... Puis je sais pas qui est ce type, mais c'est vraiment un gros boulet. Il a agi pour des raisons personnelles a priori. Personne l'aidera. Au mieux, il va se faire virer..."

Il marqua un temps d'arrêt, historie de voir où Sayuri en était... de son côté, ça avait l'air.. Sanglant. Le combat était brutal. Elle avait l'avantage. En fait... elle était même en train d'éclater purement et simplement son adversaire sur le sol, ce qui fit soulever les sourcils à Asch, plus que cela ne le choqua vraiment... Oui, certes, il dramatisait dès qu'il brûlait quelqu'un ne serait-ce qu'un peu avec sa magie... Mais Asch n'était pas non plus un enfant de cœur. Il n'allait très certainement pas pleurer parce qu'un imbécile qui le méritait s'était fait démonter la gueule. Même si il n'était pas sûr que l'abruti en question soit encore vivant, en fait.

"Oh... Elle a l'air en pleine forme. Elle vient de le finir."

Asch, amusé, l'air entendu, ne put s'empêcher de jeter un bref sourire à la commandante, laquelle l'observait dorénavant avec un regard qui prouvait bien qu'on était là pour rester sérieux mais... Bon. Elle avait l'air de sortir d'un film d'horreur, là, comme ça. Et dans le rôle de la méchante plutôt que de la victime. Asch restait sérieux, mais ça méritait quand même bien des félicitations silencieuses, ou un truc qui y ressemblait vaguement.

"Bien. Maintenant que cet incident est réglé..."

Asch se désintéressa de Sayuri, pour observer devant lui à nouveau, feignant l'indifférence.

Du point de vue de l'architecture... Sayuri avait eu l'occasion de photographier tout l'étage du bas, ainsi que le plafond de la pièce. L'étage du dessus demandait à ce qu'on se torde le cou pour voir quoique ce soit - comprendre, à ce qu'on soit un minimum immobile et concentré exclusivement là dessus. Six gardes les surveillaient, à l'arrière de la pièce - trois de chaque côté. Près des tuyaux que Sayuri avait précédemment détecté, on voyait plusieurs grands fûts de gaz, qui avaient sans doute dû servir pour alimenter les machines du temps où l'usine était encore en fonction. Tout au fond... Une porte, à peine visible. Sans doute un point de fuite, que surveillaient deux gardes. A droite au fond, une échelle qui menait à l'étage du dessus, qu'un autre garde encore surveillait. Une vanne de gaz était à côté du soldat - restait encore à voir quelle était son utilité. Enfin au plafond, un énorme container - de gaz lui aussi - semblait être relié à la tuyauterie. C'était un détail relativement singulier en fait... Ce truc n'avait rien d'un dispositif d'usine. Ça ressemblait à une sorte d'énorme machine fumigène qu'on avait clipé tout là-haut pour une raison ou pour une autre. Bon après... Ce n'était peut-être pas utile de paniquer. Peut-être pouvait-on remarquer d'autres détails en regardant tout ça de plus près...

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Mar 16 Aoû - 20:36

« On est d’accord ouais. »

Les informations transmises devraient être vraiment intéressantes, sinon Mugen allait vraiment se foutre en rogne. Il était bon pour ce qui était d’enquêter et de se renseigner - merci l’Officier Lee Loktar, 1er Escadron - et il savait que quand on se fiait trop aux paroles de quelqu’un, on risquait gros. Le 1er Escadron allait vérifier chaque info, avant de donner un quelconque change. Il ne s’agissait pas pour le Gouvernement de devenir la police privée de Mme Rachel Raizer…

Finalement, l’entrevue aura été plus rapide et moins sanglante que Mugen ne l’avait prévu. Oui, il s’était attendu à ne pas pouvoir s’empêcher de péter les plombs et de décalquer la tête de Rachel dans un mur, mais heureusement pour tout le monde il s’était maîtrisé. Il avait suivi les conseils avisés d’Asch - en même temps il connaissait très bien l’Opale lui - et avait même réussi à ne pas dénigrer l’offre de sa génitrice. Cela dit, Sayuri avait eu du mal à se contenir face à un ancien de son Escadron. Au premier abord inquiet, Mugen avait laissé filer. Asch lui avait dit que ce n’était pas important, ou tout du moins, que ça ne risquait pas d’entraîner un quelconque incident diplomatique.

Mugen ne voyait rien, merci à cette protection anti-magie, et les bruits ne l’informaient que trop partiellement, mais Sayuri avait du le sentir passer quand même, ce combat. Même si selon les derniers sons entendus, fort peu ragoûtants, elle lui avait quand même bien explosé la gueule à cet enfoiré. Une fois près Sayuri près de lui, Mugen se tourna légèrement vers elle, comme pour lui donner une quelconque approbation. En réalité, c’était qu’il s’était inquiété pour elle, et que l’entendre respirer à ses côtés le rassurait. Il pouvait passer pour un connard de Despranon sans cœur, barbare, insolent et blasé, mais Mugen connaissait la valeur d’une vie au sein d’une armée. Sayuri n’était pas Commandante pour rien. La perdre aurait été une tragédie.

Puis, Mugen se tourna de nouveau vers Asch, et Rachel. Il se leva, solennellement, pour s’avancer un peu vers la mère de son amant. Il ne pouvait pas la voir, mais il sentait d’ici son parfum… une odeur qui malgré son raffinement et sa douceur première ne faisait que pourrir les environs, envahissante. Il fronça le nez, avant de reprendre la parole :

« Je pense que nous en avons fini. On te filera les infos pour l’échange d’otages. »

Il hésita un moment, comme si les mots avaient du mal à former des phrases derrière ses lèvres. Comme s’il se demandait si ce qu’il avait sur le cœur méritait d’être dit. Oh, ça oui, ça ne faisait pas de doute, mais dans une telle situation ? Etait-ce vraiment sage ? Et puis merde ! Mugen n’était définitivement PAS sage. Il se pencha, baissa d’un ton, et ajouta :

« Je sais ce que t’as fait subir à ton fils. Si ça ne tenait qu’à moi, je te massacrerais et je m’arrangerais pour que ton agonie soit longue. Cet accord ne signifie pas qu’on est potes, belle-mère. Que ça soit clair. »

Sa voix avait été chuintante comme du tissu que l'on frotte, doucereuse sans jamais perdre son accent éraillé ou son ton menaçant. Au moins ça, c’était dit. Mugen se redressa, tourna les talons sans plus accorder aucune importance à Rachel, mis à part un petit ‘connasse’ craché entre ses dents. Il récupéra rapidement le bras d’Asch, alors qu’il tâtonnait avec sa canne - foutue canne ! - et l’emporta vers la sortie… Ils étaient restés ici plus longtemps que de raison déjà.

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Sayuri Sunadokei

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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Mer 17 Aoû - 12:55


Accepter un rendez-vous avec Rachel Raizer revenait à accepter de se faire avoir en beauté. Asch n'avait pas manqué de prévenir qu'elle et sa troupe avaient toujours une solution de rechange, un plan B caché quelque part. Le contraire aurait été surprenant, et stupide. D'ailleurs, les invités avaient eux-même un atout planqué un peu partout non loin de là.
Cependant, Sayuri s'était attendu à quelque chose d'un peu plus sophistiqué qu'une simple explosion. Suite à son tango endiablé avec Clovis (qui ne bougeait toujours pas d'ailleurs), la jeune femme avait remarqué les bonbonnes de gaz reliées à un machin accroché pile au dessus de l'Alpha. Et à en croire le type placé près du mur, qui ne lâchait pas Rachel des yeux, il suffisait que la rousse sulfureuse en donne l'ordre pour que le machin pète. Du moins c'est ce que Sayuri déduisait. La réflexion, c'était pas trop son truc, on ne le dira jamais assez, il était donc probable qu'elle se trompe.

Mais sa curiosité était piquée à vif. Inclinant la tête en arrière, l'air de rien, la garde du corps des Despranòns essuya un filet de sang qui tâchait son cou. Elle pouvait ainsi observer plus attentivement le plafond, mais rien de ce qu'elle vit ne l'intéressa. Ce n'était qu'un fût de gaz prêt à leur péter à la tronche. Mais pourquoi se casser la tête à mettre en place un tel dispositif alors qu'il existait des bombes bien plus discrètes sur le marché noir ?
Sayuri fronça légèrement les sourcils et s'essuya le nez du revers de la main en balayant rapidement du regard la partie éclairée de la pièce. Six hommes derrière, deux au fond, un près de la vanne, et quatre gardes aux côtés de Rachel. Bien trop nombreux, ils auraient facilement le dessus avec l'aide du dispositif anti-magie.
A nouveau la jeune femme fronça les sourcils et jeta un coup d'œil en direction d'Asch. Quelque chose la dérangeait dans cette histoire sans qu'elle puisse mettre le doigt dessus. Mais l'entretient entre l'Alpha et Rachel Raizer semblait se dérouler plutôt bien, ils semblaient même être parvenus à un genre d'accord. Conclusion... Il n'y avait peut être pas de quoi s'affoler.
Du regard, Sayuri indiqua au rouquin de regarder au dessus de leurs têtes, espérant lui faire comprendre qu'il fallait se méfier de ce gros truc plein de gaz. Lui ne comprendrait peut être pas ce qu'il contenait, puisqu'il n'avait pas pu batifoler à droite et à gauche pour explorer l'endroit, mais le regard insistant de la Commandante saurait sans doute lui intimer de s'en méfier.

Et soudain, Sayuri se raidit. Quittant Asch du regard elle braqua deux orbes couleur d'encre sur Mugen qui se rapprochait de son ennemie. Instinctivement les muscles de la jeune femme se tendirent, et prête à bondir pour s'interposer elle suivit l'ultime déclaration de son supérieur à Rachel Raizer. Le discours qu'il tenait aurait pu faire sourire si l'atmosphère n'avait pas été si tendue, et du côté de l'Opale il était évident qu'on se retenait à grand peine de foutre un coup de poing dans le nez de l'insolent. De toutes évidences, ces chiens là étaient bien dressés. Sayuri soupira légèrement quand le Despranòn fit marche arrière pour rejoindre Asch, et resta immobile quelques instants pour surveiller leurs arrières pendant qu'ils s'éloignaient. Elle guettait la réaction de la big-boss, ainsi que celle de cet homme seul là bas près de l'échelle et de la vieille vanne. Enfin, quand les deux hommes franchirent la porte, à son tour elle recula vers la sortie, lentement, sans rien perdre de sa méfiance. Elle avait hâte de partir à présent, l'atmosphère était bien trop lourde pour qu'elle garde ce self-control inhabituel. Et elle était d'autant plus impatiente de récupérer toutes ses capacités, sa joue l'élançait un peu plus à chaque seconde qui s'écoulait.
Un dernier regard dans la salle, et Sayuri tourna le dos à tout ce beau monde, l'échine frémissante sous le poids de tous ces yeux braqués vers eux.

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MessageSujet: Re: [Environs de Modula]Silent ambush   Mer 17 Aoû - 17:29

C'était... fini? Vraiment? Asch avait du mal à croire que tout s'était passé sans anicroche... Avec Mugen, lui et Sayuri, ça tenait presque du miracle en fait. Il fallait aussi dire que Rachel devait vraiment être désespérée pour chercher l'aide du gouvernement. Autant dire qu'elle avait tout intérêt à faire son maximum pour que les négociations réussissent et évitent d'être musclées. Il soupira - mentalement, parce qu'il n'allait quand même pas se permettre de le faire dans ce contexte - d'un soulagement certain. Malgré ce que Sayuri lui avait fait remarquer en silence. Cette chose au plafond, qu'il n'avait que brièvement détaillé. C'était énorme, pas bien caché, et vraiment pas discret. Autant dire que, connaissant l'Opale, il n'y croyait pas trop, même si il n'en montra rien. Pas besoin, a priori, puisque Mugen en avait presque terminé.

"Parfait. Nous garderons quelques hommes postés ici pour l'échange. Nos coordonnées vous seront transmises au plus tôt, par le même moyen que celui utilisé pour vous contacter."

On aurait pu croire que c'était terminé... Mais non. Mugen se rapprocha de la mère de Asch, lequel eut tendance à réagir comme la commandante: soudain alerté, tendu, il en oubliait presque de respirer. Qu'allait faire Mugen..? Ce n'était pas vraiment le moment de foutre la merde. Même si il détestait cordialement Rachel, et qu'il avait dû faire des efforts pour se retenir de lui exploser la tronche jusqu'à présent.

Même si il ne pouvait pas l'entendre, Asch n'eut aucun mal à comprendre que l'aveugle venait de dire un truc qui avait... spécialement du mal à passer. Une lueur inquiète filtra dans son regard, quand bien même il essayait de rester silencieux, immobile, et indifférent. Le visage de Rachel venait de se décomposer. En réalité, le mot "belle-mère" lui avait fait un drôle d'effet.

Elle avait cillé, pour la première fois depuis qu'elle affrontait l'Alpha du regard. Tout comme Asch, Rachel avait tendance à le faire quand bien même elle était au courant pour sa cécité et se doutait que ça ne servait à rien. Ce n'était pas fait pour impressionner quiconque... C'était juste naturel. N'empêche que là, elle ne faisait plus autant la maligne. Elle résista à l'envie de sortir un "Quoi?" tout à fait inapproprié. Quelques (trop) longues secondes plus tard, elle avait réussi à retrouver un sourire plus digne, aussi artificiel que les précédents, et dont la signification se résumait clairement à deux mots: "fuck you".

"Ah mais c'est très clair. Et c'est réciproque. Quant aux détails peu ragoutants, je ne veux même pas savoir, merci bien."

Homophobe, Rachel, en plus de tout le reste? Ça n'était pas impossible. Ça pourrait même expliquer, en partie, pourquoi Asch avait tant de mal à s'assumer. En attendant ce dernier ouvrit des yeux un peu plus ronds lorsque Mugen lui prit le bras et le traîna à l'extérieur. Il tourna un dernier regard, légèrement hagard, sur sa mère, laquelle l'observait avec une mine dégoûtée qui montrait tout le bien qu'elle pensait de lui, et qu'il n'eut heureusement pas le temps d'analyser.

"Espèce de petite pute..."

Elle l'avait murmuré entre ses dents. Difficile de dire de qui elle parlait exactement, en tous les cas, elle parlait trop bas pour être entendue. C'était Asch qu'elle incendiait du regard en attendant, et ce, jusqu'à ce que le groupe gouvernemental soit sorti de son champ de vision. Une fois dehors, Asch se tourna vers l'Alpha, et lui murmura, inquiet:

"... Tu lui as dit quoi?"

... Mais le plus important restait de prévenir les troupes qu'elles pouvaient commencer à remballer, même si il fallait faire attention à ne pas aller trop vite. Il sortit de sa poche le brouilleur radio, et appuya trois fois de suite sur le bouton. Le signe pour prévenir les autres que c'était terminé, et que tout c'était bien passé. Un seul appui aurait signifié l'offensive. Il devait aussi confirmer, via comlink:

"... Passage en phase de repli. Restez prudents, juste au cas où...

- Bien reçu."

L'officier semblait avoir envie d'en dire plus... Mais il ne pouvait pas se le permettre, malgré son audible excitation. La ligne aurait pu être écoutée... Restait que Asch se demandait bien ce qui pouvait provoquer une telle euphorie chez son collègue. Bah... Ils auraient les rapports du sixième escadron bien assez tôt. Pour aujourd'hui, c'était terminé.

[Closed! En théorie]

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