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 Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]

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Tarek Ngaresh
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MessageSujet: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Ven 29 Juil - 14:54

Remémorons un peu le passé... L'Omicron Despranon, Tarek Ngaresh, avait abandonné les champs de bataille lors de la bataille contre l'armée d'Oozora. Pourquoi ? Parce qu'il n'avait pas envie de se retrouver pris entre deux feux. Certes, il était membre à part entière du Gouvernement depuis plus d'une décennie. Mais... Il n'était pas que ça. Il savait que quelque part, si une personne décidait de fouiller dans son passé, elle trouverait un jour ou l'autre des documents compromettants. Par exemple, l'acte de naissance d'un certain Marzaak Khaled, criminel ayant séjourné pas mal d'années à Epic Jail. Une enquête plus poussée, et on remontait jusqu'à Tarek. On pouvait aussi enquêter sur la mort de Nemrod Khaled et Nazaris Khaled, les parents de Marzaak, morts mystérieusement, sans que leurs corps n'aient jamais été retrouvés.
Bref... pourquoi avait-il laissé tomber la bataille ? Lui qui aimait tant le défi, c'était pourtant une occasion rêvée de se tester une fois de plus lors de raids aériens. Mais là, il s'agissait de sa survie, et du maintien de son intégrité. Il ne pouvait pas se battre. Ce fut la première fois de sa vie où il se retrouvait coincé par les évènements, et il devait bien avouer que ce n'était pas agréable du tout. Les 6 pilotes d'élite, formés par Tarek lui même, qui apparemment lui vouaient une admiration sans bornes, acceptèrent l'étrange demande de leur patron. Oui, ils l'aideraient à sauver sa peau. A quel prix ? Leur mort. Chose que Tarek se garda bien de leur dire.

De façon assez grossière il se fit passer pour mort. Le but n'étant pas qu'ils le pensent réellement, mais plutôt que le Gouvernement pensent que sans son vaisseau, soit il était réellement porté disparu, soit mort. Le principal étant qu'ils ne le cherchent pas trop. Donc après avoir mis hors service son vaisseau, et l'avoir laissé s'écraser au sol, il versa quelques gouttes (quelques étant ici un euphémisme) de son propre sang, et y laissa des vestiges de ses habits. Il partit ensuite loin de la civilisation en général, pour se planquer pendant quelques mois, le temps que la houle soulevée par l'éveil d'Oozora se calme, et que la vie reprenne un cours normal. Il ne doutait pas de la victoire des forces alliées contre ce robot ancestral. Les pertes seraient sûrement énormes, et tout ne pourrait fonctionner que si les gens mettaient de côté leurs différents. Cette pensée n'effleura que brièvement le sombre esprit de Tarek. C'était vraiment le cadet de ses soucis. Si le Gouvernement gagnait, il reprendrait ses magouilles, comme avant. S'il perdait et que l'armée d'Oozora prenait le pouvoir, aucun intérêt de rentrer si c'était pour se faire massacrer. Cependant après tout ce temps... il fallait au moins qu'il vérifie. Par deux trois fois, il avait envoyé plusieurs signaux un peu hasardeux vers Sérégon et Modula, sans jamais avoir la moindre réponse. Il s'agissait surtout de SOS un peu foireux, qui risquaient de ne pas être pris au sérieux. Ç'avait été le cas, visiblement. Dernier moyen de vérification, retourner à la vie normale physiquement et réellement. Mais pas trop d'un coup. Surgir de l'ombre comme ça, la bouche en coeur en saluant tout le monde gaiement... était une très mauvaise idée.

L'itinéraire se traça dans sa tête. Il n'était pas si loin que ça, il devait rester assez d'énergie dans son vaisseau pour arriver jusqu'à Modula. Il resterait un peu en ville là bas, histoire de se renseigner un peu sur les différents évènements survenus pendant son absence, puis rentrerait à Sérégon, ou très certainement une justification l'attendrait. Ce qui en soi n'était pas un gros souci pour lui. Il savait très bien mentir, et pouvait se montrer aussi convaincant que lorsqu'il était sincère. En admettant qu'il le fut une seule fois dans sa vie. Dans tous les cas, il verrait une fois sur place.

Levant la tête vers le ciel, d'un noir abyssal, il esquissa un des sourires malsains dont il a le secret, et retourna tranquillement au cockpit de son chasseur, rajustant ses petites lunettes d'un geste mécanique de la main. Il les portait en permanence, comme si elles faisaient partie intégrante de son propre corps.
Une fois rentré dans l'habitacle, sans se presser, il brancha toutes les commandes, et traça l'itinéraire jusqu'à Modula. Rien de compliqué, la ville n'était pas si loin que ça. En revanche il ne pourrait pas aller plus loin, une fois la cité atteinte. Le reste se ferait soit à pieds, soit dans un autre moyen de transport. Il fit décoller doucement l'appareil, et fusa vers Modula, suivant avec précision l'itinéraire calculé par l'ordinateur de bord. Tous ces instruments n'avaient pas le moindre secret pour lui.

Le vol dura quelques heures. Deux, trois maximum. Il se posa en douceur dans un petit spatio port. La circulation étant heureusement libre, il n'eut pas besoin de laisser de papiers ou quoi que ce soit. Vu l'état du chasseur, il risquait surtout d'être envoyé à la casse...

Le premier endroit où il voulut aller... CET endroit. Le lieu ou pour la première fois, Umbrae avait servi à massacrer des gens. Là où il avait laissé son bras. Par chance il n'était pas très loin, et il ne lui fallut qu'une dizaine de minutes de marche pour y accéder. Il savait qu'il n'était pas en sécurité ici. En pleine zone Est, les choses pouvaient se corser et dégénérer à tout moment. Mais allez savoir pourquoi, il en crevait d'envie. Il avait tout le temps devant lui avant de rentrer à Sérégon, alors... Autant profiter de ce temps, justement. Il s'arrêta à l'angle de la rue. Il n'y avait plus de trace de ce désastre, depuis le temps. Forcément. Mais il reconnaissait parfaitement la rue, les murs, les angles, le sol... tout comme si les 23 ans qui le séparaient de ce funeste événement ne s'étaient jamais écoulés. Un sourire mutin éclaira brièvement son visage. C'était affreusement ironique. Tant de mort brutales et si peu de souvenirs. Combien passaient ici sans même se douter de ce qui avait pu se passer ? Combien s'asseyaient au sol en ne pensant même pas que des années plus tôt, ce furent des débris de Jack et des cadavres dévastés par de violentes explosions qui jonchaient ce sol ?

"Omnino oblitem..."

Complètement oubliés. Il avança de quelques pas, aux aguets, continuant ses observations. Quand on regardait plus haut, vers les autres toits et cimes métalliques de la cités, on voyait clairement que la bataille contre Oozora et son armée avait fait de gros dégâts. Les réparations devaient être en cours depuis un bon moment, car c'était sacrément avancé, mais cela ne cachait pas la vérité. La ville en avait pris un sacré coup. Pendant quelques secondes, il se demanda si les dégâts étaient aussi important à Sérégon... débarquer dans une ville en ruines pouvait être amusant. Mais pour l'heure, il était temps de flâner tranquillement. Ceci étant dit... il se sentait désagréablement observé. Il savait pertinamment que c'était le cas, et que personne ne zonait ici sans être sous l'oeil d'une ou deux personnes, mais là ça devenait clairement dérangeant. Il ne montra cependant aucun trait qui pourrait trahir son malaise, et continua d'arpenter la route, attendant qu'on se manifeste.

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Machi Kuragi

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Ven 29 Juil - 20:47


Un son lourd, le cliquetis de son arme se pliant avant de rejoindre son fourreau résonna dans l’impasse de laquelle elle s’empressa de sortir, sans un regard en arrière. Les informations désirées obtenues, il ne lui restait plus qu'à rejoindre rapidement le lieu de ce rendez-vous plutôt inhabituel. Vérifiant une dernière fois l’heure, la figure s’engouffra dans une seconde rue puis une troisième, nettement plus peuplées que la précédente en ce milieu de nuit. Tout est question de mesure. Machi n’avait pas vraiment l’habitude d’utiliser ce genre de méthode, mais… jamais l’échec ne lui serait pardonné. Ou plutôt… Jamais elle ne se le pardonnerait. Les sombres ruelles troquées contre ces immenses boulevards grisonnants aveuglèrent quelques secondes ses yeux longtemps plongés dans la pénombre, qui se plissèrent le temps de s’habituer à ce brusque changement. Cliquetis métalliques, brouhaha et lumière artificielle presque aveuglante une fois reflétée sur les parois de la mégalopole technologique. Voilà ce qui, en cette nuit, faisait office de bref brainstorming pour la célèbre cité de Modula.

Esquivant quelques corps affalés à même le sol puis quelques passants arrêtés pour bavasser, son allure se pressa encore un peu plus, le bruit isolé mais discret de ses pas déterminés se dirigeant vers la zone Est sans détours. Pourquoi une telle zone ? La véritable question serait peut-être de savoir pourquoi diable une jeune femme sortait-elle seule au beau milieu de la nuit. Mais soit. La Zone Est… Machi n’en savait pas grand-chose hormis qu’elle se révélait la plus proche de ce fameux Marché Noir. D’après les informations et les diverses rumeurs qui circulaient, ce n’était pas zone à visiter en tant que touriste, à moins de vouloir y laisser la bourse ou quelques pièces anatomiques détachées. Machi n’étant plus touriste dans cette ville déjà visitée, cela tombait plutôt à point nommé. Son regard se détachant de l’avenue pour se plonger sur un petit cadran holographique, elle calcula de manière approximative le temps de son voyage, commençant à préparer la suite des évènements. Si elle voulait grappiller les bonnes informations au bon moment, mieux valait posséder une bonne longueur d’avance sur le Gouvernement. Ce qui ne changeait pas énormément des bonnes habitudes qu’ils essayaient de prendre en tant que bons rebelles. Pourquoi le gouvernement s’était-il rabaissé à échanger ce genre de données dans un milieu aussi sombre ? Les bas-fonds de Modula n’étaient pas réputés pour leurs enfants de cœur… Même cet idiot qu’elle avait du assommer pour partir discrètement n’avait pas été capable de lui en apprendre plus sur le sujet. Le gouvernement se dégradait-il à ce point pour se reconstituer avec des incapables ? Certes, il fallait bien avouer qu’Oozora avait mis à sang plusieurs zones du globe et donc, plusieurs factions. Eux-mêmes en étaient ressortis assez sévèrement touchés. Mais de là à descendre aussi bas, le gouvernement venait de dévaler encore un peu plus la pente abrupte qui symbolisait sa mince estime…

Se remémorant brièvement les renseignements extorqués plus ou moins pacifiquement à ce pauvre soldat manquant grandement de discrétion dans ses transmissions d’informations, elle repéra l’endroit sur le bracelet holographique qu’elle venait de ressortir de sa poche. S’interrompant un court instant, elle dessina du bout du doigt une ligne rouge, délimitant un périmètre dans lequel elle devrait se trouver pour obtenir ce qu’elle voulait. Et comme cette zone semblait être un amas de rues étroites et sombres, elle ne pouvait pas demander mieux. Plongeant sa main droite dans l’une de ses nombreuses poches afin d’y ranger l’objet précédemment utilisé, elle reprit un rythme de marche plus soutenu, prenant soin d’éviter les rues encore trop peuplée. S’il y avait une chose surprenante à Modula, c’est qu’à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, les rues se voyaient piétinées. Les personnes affluant le soir ne marchaient sans doute pas de manière aussi droite, ni aussi fréquemment que les personnes vivant le jour, mais à ce détail près, l’affluence nocturne restait particulièrement notable. Laissant dans un coin de son esprit éveillé ce genre de détail inutile, elle traversa plusieurs rues, bifurquant à droite, à gauche, jamais ne s’arrêtant. Le plan virtuel encore ancré fermement dans sa tête, elle le suivait comme elle aurait aussi pu suivre sa bonne étoile. Malheureusement, Machi ne croyait pas à ce genre de facéties tintées d’une petite pincée de Destin. Notion bien trop fataliste qui ne laissait pas la moindre parcelle d’espoir pour celui qui s’évertuait à y croire. Croire au Destin... N’était-ce pas là accepter sans rechigner ? A quoi bon être rebelle dans ce cas ? Briser cette monotonie et ce gouvernement corrompu. Voilà ce à quoi Machi aspirait. Et pour se faire, quelques informations sur l’état actuel du gouvernement ou ses déplacements ne seraient pas de trop. Ce qu’elle allait obtenir comme données, la jeune femme ne le savait pas vraiment, mais le sujet prédominant du gouvernement était on ne peut plus clair. Voilà pourquoi elle ne voulait en aucun cas manquer cet échange entre ces deux informateurs dans cet endroit si lugubre.

Se glissant dans une ruelle transverse, suffisamment près pour entendre, suffisamment loin pour ne pas se faire prendre, elle opta pour une position plus confortable que celle de la verticalité, sachant pertinemment que le temps s’écoulerait lentement avec l’entretien. Les minutes passèrent, l’échéance arrivant lentement mais sûrement. Et nul homme à l’horizon. Pas un son ne vint déranger la tranquillité des lieux, si ce n’était la fraiche brise nocturne sifflant entre les enceintes de la ville métallique. L'attente longuette, elle se félicita de ne pas avoir laissé son Koara l’accompagner. Le froid commençant à devenir trop mordant sur sa peau nue, sa patience diminuant à chaque seconde, elle attendit encore un peu avant de finalement sortir et d’inspecter la rue avoisinante. Ils avaient changé l’heure ou le lieu du rendez-vous ? Ou alors… On avait osé lui donner de fausses informations ?! Maugréant contre ces soldats incapables de fournir des données correctes et tangibles, elle soupira avant d’écouter le silence aux alentours, soucieuse du moindre son semblable à une voix, mais rien. Abandonnant définitivement l’idée d’obtenir un quelconque renseignement sur le gouvernement, elle fit volte-face, empruntant le même chemin qu’à l’aller. Les ruelles se ressemblant toutes les unes les autres, Machi ne remarqua pas tout de suite son erreur. Ce n’est qu’en arrivant à un énième croisement qu’elle soupira, s’interrompant. Perdue ? Au beau milieu de la nuit, il était vrai que ses capacités spatiales n’étaient plus vraiment les mêmes que de plein jour, surtout après une attente aussi infructueuse. Virevoltant pour mieux rebrousser chemin dans un autre soupir, son regard dévia vers la rue adjacente, comme attiré, un peu plus large que les précédentes. Au beau milieu, un homme. Ou du moins, ce qui y ressemblait fortement. A une ou deux rues de l’endroit donné par le soldat, la possibilité que ce gus soit l’un des gouvernementaux qu’elle attendait depuis maintenant près d’une heure dans le froid, restait assez élevée. Machi n’étant plus très patiente, elle ne perdit pas plus de temps, s’engouffrant dans la même rue que l’inconnue dans une foulée déterminée. Néanmoins pas assez franche et idiote pour ne pas garder une certaine distance avec le mystérieux bonhomme. Sa voix légèrement agacée de par cette soirée gâchée, elle s’adressa à l’homme avec un seul et unique mot, lâché dans un soupir.

Gouvernement ?

Pour traîner à heure pareille dans les bas quartiers, il était fort peu probable que ce soit un civil. Un soldat ? Pourquoi pas. Bien que rien ne laissait présager un tel cas de figure. Au final, mieux valait ne pas chercher bien loin l’explication à une telle situation. De la frustration. Ni plus, ni moins. Attendant patiemment sa réponse – qui, si elle était négative, ne conduirait qu’à une frustration plus grande encore – elle l’observa de plus près, son regard azur balayant l’entité plus grande qu’il formait. Un style très… décalé. S’interrompant dans sa très brève analyse alors que la réponse se faisait attendre, elle jeta un vague regard à l’environnement étroit et désert qui s’offrait à eux. L’un de ces nombreux tableaux nocturnes peu appréciés lorsque l’on est seul et que l'on croise un homme aussi mystérieux…

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Tarek Ngaresh
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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Sam 30 Juil - 10:45

Depuis combien de temps n'était-il pas venu ici ? Des années ? Des décennies ? C'était à la fois amusant et cocasse. La sensation qu'il ressentait depuis son arrivée dans cette rue ne le lâchait pas, mais il n'y faisait plus trop attention. Il saurait réagir quand il le faudrait, et comme il le faudrait. Ca n'était pas un problème. Normalement.

Tous les souvenirs concernant Joakhim et ses amis remontaient doucement à la surface, étirant eux mêmes les lèvres de Tarek en un sourire vicieux. Comment ces... gosses avaient-ils pu croire une seule seconde que leur amitié pouvait être sincère et partant d'un sentiment d'affection mutuel ? Tarek n'avait jamais apprécié que la compagnie des gens qui lui ressemblaient, et encore de façon modérée. La solitude lui allait très bien. Il pouvait passer des heures avec une personne si celle ci était suffisamment intéressante, mais éveiller la curiosité ou l'intérêt de l'Omicron n'était pas chose aisée. Pire encore, même s'il était curieux ou enclin à poursuivre une discussion ou un moment de compagnie, il s'acharnait presque systématiquement à feindre l'indifférence, l'ennui ou que sais-je d'autre, pour le simple plaisir de faire bisquer son interlocuteur. Il en devenait parfois même invivable. Les seuls qui n'avaient pas droit à ce genre de traitement étaient soit ceux qui figuraient dans son carnet de dettes, soient ses "relations", personnes avec qui il s'entretenait régulièrement lors de dîners tardifs pour se mettre au parfum de la situation de telle ou telle ville, des affaires, bref, un peu de tout. Là du coup, même s'il s'ennuyait à mourir, il était bien forcé de montrer un minimum d'intérêt afin de pouvoir entretenir ces relations lucratives mutuelles.

~ Gouvernement ?

Cette question provoqua un semblant de surprise en lui, qui eut pour effet de l'immobiliser, brutalement. Il lui tournait le dos, mais pouvait affirmer vu la voix qu'il s'agissait d'une femme. Plutôt jeune d'ailleurs. Un membre du gouvernement ? Impossible, elle lui aurait demandé son escadron. Ou son lieu d'habitation. Là elle lui demandait quel camp il avait choisi. Il ne savait pas ce qu'il attendait s'il répondait de travers. Cela pouvait vite dégénérer. D'un autre côté, s'il se retournait trop brutalement, pour lui faire face et passer à l'attaque en premier, elle aurait l'avantage d'être déjà prête et pourrait facilement éliminer la menace qu'il pouvait potentiellement représenter pour elle. Non, en un seul mot, en le trouvant avant qu'il ne la remarque, elle venait presque de le coincer et de l'obliger à lui dire ce qu'elle voulait entendre. Oui, presque.

Il ne se retourna pas, et se contenta d'esquisser un large sourire, malsain ou dément, voire les deux, à vous de voir. Il se redressa légèrement, ses yeux rubis fixant le mur face à lui. S'il était aussi confiant, c'est parce qu'il faisait nuit, et que l'ombre était omniprésente. Il avait donc, pour une fois, l'avantage du terrain. Et il n'hésita pas à s'en servir. Toujours sans bouger, l'ombre qui comblait l'espace entre ses vêtements se mit à mouvoir, stimulé par son flux magique, et s'enroula comme de fins tentacules autour de ses deux armes, rangées dans les poches intérieures de sa veste. Elles les extirpèrent, et les soulevèrent lentement par dessus son épaule, les braquant derrière lui, sur celle qui venait de l'interpeller. Et il resta de dos. Il ne la voyait pas, les armes étaient juste braquées dans la direction de la voix, mais s'il se mettait à tirer comme un barge, une balle finirait forcément par toucher sa cible. Bien que ça ne soit pas son but actuellement. Levant donc les mains en l'air, comme si c'était lui qui était menacé, il se retourna lentement, sans se départir de son sourire mauvais, étirant volontiers ses lèvres. Canines acérées à l'air, ses yeux écarlates étaient fixés sur cette jeune fille, par dessus ses lunettes jaunes reflétant à peine les quelques lueurs brillant dans la nuit.

"M'aurait-on déjà envoyé un comité d'accueil...? On ne peut décidément rien faire sans qu'ils en soient avertis, c'est dingue... Puis-je au moins savoir qui vous êtes ?"

Une politesse dissimulant une perfidie sans nom, voilà ce que c'était. Calme et serein, il était cependant prêt à bondir, tirer, se barrer loin d'ici, bref. Beaucoup d'éventualités qu'il anticipait au fur et à mesure des secondes, puis minutes qui passait. Il se doutait bien que le gouvernement ne pouvait pas déjà être au courant de son arrivée. C'était trop improbable et trop rapide pour une telle administration. Elle serait venue quelques heures plus tard, là il aurait pu avoir des doutes quant au camp auquel elle appartenait. Mais pas là.
Ceci dit, maintenant que son flux était activé et prêt à l'emploi, il pouvait répondre. Il aviserait ensuite.

"Et pour vous répondre, je suis effectivement un "membre" du Gouvernement."

Il insista bien sur "membre", un mot qui même chez lui avait du mal à passer. Il se considérait plus comme un électron libre que comme un des nombreux chiens soumis qui formaient cette gigantesque et omniprésente organisation gouvernementale. En revanche il n'était pas fou au point de lui dire de but en blanc qu'il était l'Omicron Despranòn. S'il n'avait pas de chance ça pouvait se retourner rapidement contre lui. Et elle lui avait juste demandé s'il faisait partie du gouvernement. De toute façon... Les chances pour qu'on se souvienne de l'Omicron ailleurs qu'à Sérégon étaient infimes. Vraiment, vraiment infimes. Il n'avait pas laissé énormément d'empreintes et ne pensait pas avoir marqué les mémoires à ce point. Comme le dit le proverbe, qui vivra verra. Wait and see.

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Machi Kuragi

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Sam 30 Juil - 20:34


Le calme des bas quartiers ayant fait main basse sur les alentours, tout autour n’était que léger bruissement sur fond de silence. Noyé dans la pénombre, un corps interrompu dans sa course par une brève interjection. La lumière artificielle devenait denrée rare, n’inspirant à avancer encore un peu plus loin dans ces rues déjà peu attrayantes. Elle-même stoppée à quelques bons mètres de son interlocuteur, elle eut tout le temps d’observer, de cogiter. Oui, même les rebelles réfléchissaient un minimum s’ils ne voulaient pas y laisser leur peau. Une variante non négligeable ne lui inspirait que peu de confiance : malgré le fait qu’elle ne voyait encore que son dos vêtu d’une large veste aux couleurs sanglantes, l’impression qu’il dégageait n’en restait pas moins forte. Pour ne pas dire menaçante. L’une des raisons, si ce n’était pas la raison, pour laquelle elle avait laissé autant de distance entre eux…

Un seul mot avait suffit à interrompre le rythme régulier mais déterminé de ces pas inconnus. Un mot qui entrainerait une réponse attendue de pied ferme. En espérant qu’elle ne soit pas négative. Auquel cas… Il ne lui resterait plus qu’à rebrousser chemin en canalisant sa frustration. Autant de variables dérangées en une seule soirée, ça commençait à faire beaucoup. Son regard azur perdu dans le tableau de ténèbres qui s’offrait à ses yeux, certaines bribes de mémoire ressurgirent, lui rappelant de vieux souvenirs. Un combat bref, néanmoins enrichissant. Mais joué d’avance. La rue, ses formes et ses murs, tout y ressemblait. Seul l’astre nocturne masqué sous quelques voiles de nébulosité grisonnants variait dans ce tableau aux éléments pourtant semblables. Ce vague souvenir s’évaporant aussi soudainement qu’il lui était apparu, elle ne tarda pas à reporter son attention sur le seul élément variable à l’heure actuelle, nul autre que ce mystérieux homme. Sa veste pourpre se révélait être à elle seule un contraste intrigant… Un vêtement qui semblait pourtant soigné sur la partie haute, mais complètement délaissé si le regard prenait la peine de descendre dans la longueur du tissu sanglant. Dévasté. Il n’y avait pas d’autres mots capables de décrire ce seul élément antagoniste qui attirait ses yeux. Déchiré, troué, calciné, arraché… Milles misères semblaient avoir torturé ces fibres de tissu.

Alors que Machi attendait encore et toujours la réponse à son unique interrogation, un élément plus troublant lui fit lever les yeux, troquant le rouge pourpre pour deux objets moins tape à l’œil, mais pas moins dangereux. Dangereux pour d’autres cependant. Mais ça, il ne le savait pas encore. A moins, qu’avec la plus grande des déveines, ce énigmatique homme avait chargé ses armes de balles particulières, suite à quoi, elle ne pourrait peut-être pas se défendre aussi simplement qu’elle l’espérait. Si ce n’était que ça, cela n’aurait pas interrogé la jeune rebelle. Ce n’était ni la première, ni la dernière fois où elle se sentait mise en joue par l’une de ces armes à distance qu’elle n’appréciait guère. Sauf si son heure était venue bien sûr. Chose dont elle n’avait absolument aucune envie après brève réflexion. Sa main gauche plongeant subrepticement dans l’une des poches arrière de sa tenue, elle en ressorti l’un des nombreux petits objets qui y étaient précieusement gardés. Quand bien même son interlocuteur se retournerait, celui-ci resterait dissimulé dans le creux de sa main fermée, prête à agir au moindre faux pas. Oubliant ce cas de figure et prêtant plus attention à ces guns dirigés sur sa personne, un détail frappant interpella son esprit qui tenta d’analyser quelques secondes la situation. Les mains antagonistes vides et ouvertes venaient de s’écarter du reste du corps, s’élevant lentement mais sûrement dans un même mouvement. L’attitude typique du mec se sentant menacé par une quelconque arme. Mais… Qui était la pauvre victime sans défense menacée par deux armes à feu là ?! C’était le monde à l’envers… En revenant plus sérieusement à la situation, ce n’est pas réellement l’interrogation interloquée qui traversa l’esprit refroidi de la jeune femme. La véritable question était plutôt du genre : « Deux armes braquées. Deux mains vides parfaitement visibles. … Comment ?! » Décidément, elle était sûrement la plus chanceuse pour tomber continuellement sur des hurluberlus aux pouvoirs totalement insolites. Un bon lit, de la chaleur et du repos, ce n’était vraiment pas un programme envisageable ? Malgré tout, un point positif demeurait dans toute cette histoire à tenir debout. La veste pourpre venait de laisser place au visage de son possesseur, qu’elle pouvait donc regarder selon son bon plaisir. Ou pas. D'aussi long qu'elle cherchait, aucun souvenir utile ne fit remonter un tel visage à la surface de sa mémoire. Malheureusement. Un sourire habitant le visage dirigé dans sa direction, des dents pointues, un regard perçant. Presque… Amusé. Autant de faits et gestes qui donnèrent naissance à une sensation gênante, grandissante. Cette situation l’amusait-il vraiment ? Ou était-il tellement sûr de lui qu’il pouvait se permettre de rire face à un inconnu ? La réponse, Machi ne la possédait pas, mais lorsque la voix antagoniste résonna pour la première fois, elle fut surprise de le voir aussi bavard. Un comité d’accueil… Honnêtement, la jeune Datenshi n’était certaine d’avoir compris l’entièreté de son discours. Mais l’essentiel étant tout de même là, elle se permit d’y répondre après quelques secondes de silence.

Qui je suis ? Un comité d’accueil comme vous l’avez si bien dit. Ou alors… Une simple femme qui, ne trouvant pas le sommeil, déambule à la recherche de quelques gouvernementaux histoire de faire passer le temps plus vite. Comme vous voudrez.

Campant sur ses positions, elle ne lâcha pas son interlocuteur du regard. Chose particulièrement troublante qu’était son charisme. D’ordinaire, Machi parvenait sans grand mal à déterminer si oui, ou non, le duel serait d’une grande probabilité. Mais chez un tel personnage, nulles informations ne semblaient vouloir émaner. Une carence qui se voulait sûrement volontaire. Cet homme n’était pas n’importe qui. Sa façon de marcher, sa voix assurée, son regard, son sourire amusé, presque moqueur… Rien de tout cela ne transpirait la franchise ou la modestie. Un homme comme elle ne les aimait guère. Sa dernière révélation eut néanmoins l’honneur de faire se dessiner un léger mais franc sourire sur le visage de la jeune femme. Enfin… Il avait finalement fallu près de deux heures pour qu’elle tombe enfin sur l’un de ces corrompus du gouvernement. Bien que cette révélation venait de la libérer momentanément de sa frustration invalidante, une autre question chamboula la première, dès lors devenue inutile. Et son grade ? S’il n’était que simple soldat – ce dont elle doutait fortement – il lui serait facile d’obtenir quelques renseignements et de l’envoyer quelques heures voir Morphée. S’il était commandant, la situation se corsait quelque peu, mais restait néanmoins jouable, les informations devant être bien plus conséquentes. Restait un dernier cas de figure à envisager… Si ce gus était Desprànon… Machi n’avait malheureusement pas la réponse à cette question. Seul l’avenir pourrait encore nous montrer de quoi demain sera fait. Pour l’un, comme pour l’autre. Plusieurs issues restaient envisageables suite à cette rencontre pour le moins originale. Mais en apprendre plus sur l’autre se révélait être le meilleur des plans à entrevoir. Chose que Machi appliqua derechef, ne laissant plus de place à l’hésitation. Tout cela avait déjà été bien trop loin pour espérer pouvoir tout interrompre maintenant. Advienne que pourra.

Et que peut donc bien faire un « membre » du gouvernement, à cette heure tardive, dans un quartier aussi peu réputé pour les enfants de cœur ?

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Jeu 4 Aoû - 1:13

Que venait-il faire ici ? Se remémorer de délicieux souvenirs. Des réminiscences perverses certes, meutrières et auréolées d'un halo sanglant, mais ô combien revigorantes pour cet homme tout juste rentré de sa cavale et de son repli salvateyr. Tellement grisantes, qu'elles provoquaient une excitation grandissante et des frissons continus. Comment ne pas être excité à cet endroit précis, le lieu originel de l'utilisation dévastatrice de l'Umbraesthésie pour la première fois ? Comment ne pas frissonner en sentant encore les vibrations d'une explosion meurtrière, qui lui avait coûté un bras, et suite à ça dix ans de sa précieuse vie, pour voir se déchiqueter corps et machines dans un formidable enfer de métal et de feu ? Et dans tous les cas, la raison véritable de sa venue en ce lieu ne la regardait pas. Il la cachait à ses contacts les plus intimes, ce n'était pas pour la révéler à une totale inconnue qui "cherchait des gouvernementaux" pour passer le temps, ce qui en disait long sur ses potentielles intentions. Du moins suffisamment long pour que Tarek se sente automatiquement menacé et joue sur la défensive plutôt que sur l'attaque préventive. Elle était peut être plus à l'aise que lui en combat, ou dans ces rues, si elle avait le courage ou le culot de s'aventurer ici seule. Et c'est d'ailleurs ce qu'il fit. Les ombres qu'il contrôlait actuellement vinrent ranger les armes dans sa veste, mais ne disparurent pas pour autant. Elles se contentèrent de se poser au sol, épaississant un peu plus l'obscurité autour de Tarek, le rendant ainsi moins visible, hormis ses lunettes qui reflétaient toujours aussi violemment la pâle lumière des lampadaires dispersés un peu partout dans la ruelle. Ses yeux écarlates, quant à eux, restaient fixés sur la jeune fille, et il refusait complètement de se défaire de son horrible sourire, qui au contraire s'élargit quand les paroles résonnèrent sans douceur contre les murs de la ruelle.

"Le Gouvernement n'a jamais été réputé pour posséder à sa tête des enfants de coeur. N'importe qui sait ça sans pour autant en faire partie, et je pense que vous en êtes conscientes. Ainsi, ma présence ici n'a rien de non naturel, je me trompe ?"

Un raisonnement de base, tout à fait logique, derrière lequel une partie de son identité était à peine dissimulée. Si elle avait un soupçon de jugeote, faire le lien entre ses paroles et lui ne serait pas une affaire trop difficile. Ne venait-il pas d'attaquer, même verbalement, alors qu'il préférait rester en défense ? Non. Nous dirons juste qu'en fervent amateur d'échecs, il déplaçait le premier pion en tant que sacrifice pur et simple. Un appât bête comme le monde qui servirait à la déduction soit d'une identité partielle ou totale, soit d'une information sur les intentions de cette jeune femme. Et les informations, Tarek en était très friand. C'était un de ses commerces principaux, et il trouvait cela des plus amusant, d'autant plus que c'était parfois effroyablement risqué. Et donc excitant. Mais qui d'autre que lui ou un être à la folie au moins aussi démesurée que la sienne pouvait comprendre cela ? Encore que... le terme de folie était discutable. C'en était pour beaucoup, mais il s'agissait simplement pour Tarek d'un moyen comme un autre pour rendre les rapides secondes composant sa vie plus piquantes et moins ennuyeuse. Depuis son enfance ça marchait, et même aujourd'hui, cela n'avait pas perdu son goût épicé et acide en même temps. Alors oui, il continuait, et augmentait toujours les doses, comme un pauvre drogué qui augmente les doses d'héroïne à chaque piqûre pour que la défonce et le trip durent toujours plus longtemps. Jusqu'à l'overdose. Et il était certain que c'est ce qui causerait la perte de Tarek... Lui même en était conscient, et cela procurait encore plus d'excitation de voir jusqu'à quel point il pouvait augmenter le risque. Il savait que le danger augmentait à chaque fois. Le risque, la difficulté, tout grimpait de façon exponentielle. Et pourtant, malgré le fait qu'il eut conscience de tout ça, il continuait. Alors effectivement on pouvait comprendre qu'il passe souvent pour un fou. Que d'autres considèrent ça comme de la folie pure et furieuse était parfaitement normal. C'était Tarek, qui était anormal.

Il détaillait sans réel respect ou gêne la jeune fille en face de lui. Sa relation symbiotique avec l'ombre rendait sa vision nocturne légèrement plus développée que la moyenne. Il était loin de la nyctalopie, mais avait le mérite de percevoir les choses assez fines là où les gens normaux sans relation avec l'Ombre ne voyaient qu'une sombre masse dénuée de détails. Elle paraissait relativement habituée aux exercices physiques, et bien que la présence de Tarek ne semblât pas la rassurer plus que ça, elle gardait une assurance et un sang froid respectable. Serait-ce toujoursl le cas une fois qu'il aurait lâché sa bombe ? On ne le saurait qu'une fois que ça serait fait. C'est pour cela qu'il ne se priva pas pour le faire.

"Ceci étant dit... si vous cherchez des gouvernementaux pour passer le temps, je vous conseille de regarder du côté du Premier Escadron, ils sont pires que des moustiques. Vous allez vous amuser à les traquer. Personnellement, je serais bien resté, mais m'étant assez ressourcé pour ce soir, je vais rentrer. Le Panthéon m'attend et je ne voudrais pas le faire attendre, voyez vous."

Encore une chose de notoriété publique. Encore un pion-sacrifice lancé à l'arrache sur le dammier, attendant qu'il se face écraser par une réaction attendue par Tarek. Non pas qu'elle soit prévue, mais plutôt qu'il avait hâte de la voir. Tout le monde, même les plus ignares, savaient que le Panthéon était exclusivement réservé aux Despranòn. Ils étaient les seuls à pouvoir décider des droits d'entrée et de sortie au sein de ce bâtiment qui leur était réservé. Si là elle ne comprenait pas, alors il ne pourrait vraiment rien faire pour elle.
Une fois qu'il eut parlé, il se mit donc à bouger, avançant dos à la jeune fille vers la sortie de la ruelle. Les ombres étaient toujours présentes et semblaient le suivre lentement, comme des animaux de compagnie hypnotisés par sa présence. C'était un peu ce qu'il était. Charmeur des ombre ou marionnettiste des abysses, il les domptait et en faisait ce qu'il voulait. Et accessoirement, il venait de lâcher sans ménagements la balle dans le camp de la femme qu'il venait de rencontrer, mais qui actuellement ne lui procurait ni plaisir ni amusement. Et pourtant, son abominable sourire était toujours accroché à ses lèvres, comme un masque permanent qui déformait atrocement son visage en un rictus sadique d'ironie et de raillerie.

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Jeu 25 Aoû - 11:38


Le calme apparent des rues n’avait rien à envier à celui froid, et visiblement manipulateur de l’unique être sur lequel son regard n’avait de cesse de se poser. Loin d’être craintif ou apeuré à la simple idée de se trouver seule en compagnie d’un homme aussi lugubre, il n’en restait pas moins méfiant. Balayer le corps à demi-plongé dans les ténèbres devenait futile. Hormis quelques indices dispersés ici et là au gré du vent, la sombre figure ne semblait pas vouloir droit au but, préférant de loin jeter quelques morceaux du puzzle qu’elle devait s’affairer à reconstituer. Dans un progressif et grandissant halo de pâleur, l’astre nocturne venait de s’échapper des quelques voiles cotonneux lui collant encore à la peau. Peut-être pour quelques minutes seulement. Les éléments devenant un peu plus clairs à ses yeux, la hauteur de son regard ne changea en rien, peu désireux de quitter trop longtemps un homme sur lequel elle n’avait que trop peu de données concrètes. Ou plutôt… Un mystérieux personnage pour lequel elle était affairée à analyser les diverses bribes lancées au gré du vent, remontant peu à peu le courant jusqu’à parvenir à la source originelle. Une fois qu’elle y serait parvenue, il resterait à savoir comment réagir. Machi n’avait pas encore décidé de la conduite qu’elle adopterait, mais elle présentait aisément qu’un dernier détail de taille galvaudait le plus gros du tableau. Détail qu’il lui faudrait arracher de gré ou de force, à moins que dans un élan de sympathie, son interlocuteur ne se décide à l’offrir…

L’obscurité toujours graduelle aux abords de l’homme, son regard se déplaça de quelques infimes centimètres lorsqu’elle sentit les armes pointées dans sa direction se mouvoir, imprimant un mouvement descendant, disparaissant bien rapidement dans les méandres pourpres de cette veste usée. Ses armes, restaient pour le moment, un mystère de taille qu’il lui faudrait éclaircir. Télékinésie ? Contrôle de métal ? Armes plus simplement empreintes de son flux magique qu’il pouvait ordonner selon ses envies ? Trop nombreuses étaient encore les possibilités, et Machi devait bien avouer que sa connaissance des différents pouvoirs pouvant exister se trouvait assez rapidement réduite. Apprendre à contrôler et à comprendre ses propres capacités lui avait donné suffisamment de mal à retordre comme ça. Et chaque jour elle en découvrait un peu plus long. Si en plus elle devait jouer avec la chance et miser sur une hypothèse hasardeuse pour discerner le vrai du faux dans les capacités adverses, elle n’était pas prête d’en voir un jour la fin. Le plus « pratique » restait sûrement la confrontation. Bien que dangereuse et fortement déconseillée quand l’occasion d’y éviter se présentait, elle n’en restait pas moins la méthode la plus sûre pour trouver la faille et comprendre les capacités d’autrui. C’était par la voix du combat que l’on apprenait à connaître son adversaire. Ses forces, ses faiblesses, mais aussi ses peurs. S’il en avait…

Le temps suivant inlassablement son cours, lent et régulier, les secondes s’échappant sans que personne ne puisse les retenir, la voix sourde de l’homme nouvellement rencontré remplacèrent le silence, alors qu’elle sentait son regard masqué par ses deux petits ronds orangés la détailler. Un sentiment insécure qui n’avait rien de positif pour la rassurer. N’y répondant rien, elle se contenta d’enregistrer chaque mot énoncé, ancrant dans sa mémoire chacun de ses rictus satisfaits. Impression plus que détestable qu’était celle de passer pour la plus parfaite des ignorantes. Tout pendant qu’il étalait ses pensées avant que le silence ne reprenne ses droits, elle glissa lentement mais de manière sûre sa main gauche au fin fond de la poche longeant le haut de sa cuisse. Elle n’avait pas réellement envie d’arriver à un terme si violent, mais si jamais il se décidait brutalement de changer la donne en y ajoutant quelques douceurs piquantes, elle devait au moins connaître ses ressources. Les nuages décorant ici et là le ciel sombre n’étaient pas vraiment propices à sa condition. Qu’à cela ne tienne… Elle avait d’autres tours dans sa manche pour y pallier. Ressortant la main dans un geste aussi lent et mesuré que précédemment, elle la laissa pendre vainement le long de son corps alors que son interlocuteur reprenait de nouveau la parole. Mais cette fois-ci, ce fut différent. Les mots se bousculant à ses tympans ne tombèrent pas dans l’oreille d’une source. La dernière lueur manquante au tableau qu’elle assemblait petit à petit venait de s’allumer, éclairant ce qui semblait être un simple et unique mot. Un indice de taille qu’il n’avait pas laissé choir au plus pur des hasards, Machi en mettrait sa main à couper. Lui tournant le dos afin de se diriger plus aisément vers la fin de la ruelle et d’en sortir, il commença son lent voyage, le bruit de ses pas résonnant étrangement dans le silence qu’imposait la nuit. Même les plus idiots savaient à quel genre d’individu était réservé ce lieu dont la notoriété n’était plus à faire. Elle-même le connaissait pour l’avoir observé de loin. Elle avait également eu le privilège de combattre l’un d’entre eux. Qui n’était plus de ce monde, mais ce n’était qu’un détail. Le regardant s’éloigner encore un peu plus, elle ne chercha plus à jouer au chat et à la souris. Il lui en avait déjà trop dit. Peut-être qu’une petite compensation pour ses utiles renseignements l’intéresserait ?

Rentrer au bercail en manquant à ses devoirs… Voilà une étrange façon de faire pour quelqu’un de votre stature.

Marquant un temps d’arrêt, elle continua à se diriger vers l’une des nombreuses caisses métallique longeant les hauts murs de la ruelle. Sa main droite allant trouver la garde de son arme de prédilection, elle extirpa celui-ci du fourreau, la gardant bien en main alors qu’elle s’asseyait sur l’une des caisses froides. Réprimant un frisson lorsque le métal austère rencontra sa peau nue, elle plongea la main dans sa poche, enserrant l’un des petits objets de forme cubique s’y trouvant. Le sortant, elle le glissa le long de la caisse, là où il ne pourrait voir ses gestes. A moins que son regard orangé ne puisse traverser la matière organique et le métal… [AC] Il y a quelques mois de cela, à peine le mot « Panthéon » entendu, sans nul doute aurait-elle déjà dégainé sa lame favorite et attaqué. Aujourd’hui, elle ne risquait plus sa vie aussi bêtement. Du moins essayait-elle de changer cet aspect tête brulée de son caractère. Certes, elle ne se refuserait jamais à un combat, même contre plus fort qu’elle. Mais ici, il était clair que trop de paramètres essentiels demeuraient en zone d’ombre. Son rang exact - bien que cela ne change pas grand-chose - ses aptitudes, l’environnement qui lui restait inconnu… Elle refusait d’attaquer la première. A ce tour tout du moins. Tourner le dos à un potentiel adversaire n’était pas une chose que tout être pouvait se permettre de faire. Encore fallait-il être particulièrement sûr de ses capacités. Et… La façon dont cet homme posait ses mots, laissait s’échapper un rictus… Il attendait. Tout était méticuleusement calculé dans l’attente d’une unique réaction, à laquelle il se tenait déjà fin prêt. La phrase qu’elle venait de prononcer n’avait d’autres buts que de garder son attention captive quelques secondes, suffisamment pour qu’il interrompe sa course.

En bon Desprànon que vous êtes, vous laisseriez s’échapper un rebelle sous simple prétexte que vous désirez rentrer vous reposer ? Je ne pense pas que vous soyez pressé à ce point…

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Ven 16 Sep - 5:49

Doh. Elle avait quand même percuté. Chose qui se serait avéré malheureuse le cas échéant, avec autant d'indices laissés aux quatre vents. Et il savait ce qu'il voulait au passage. Une rebelle donc. En avait-il sérieusement quelque chose à faire ? Pas vraiment. Il n'en était pas encore là. Il rentrait à peine de son exil, et ce n'était pas pour faire mumuse avec des rebelles. Il y en avait des centaines et "manquer à son devoir" ne l'émouvait pas plus que ça. Il avait encore beaucoup de trajet à faire avant de rentrer à Sérégon. Pas le temps de s'occuper d'anti-gouvernementaux. Si eux voulaient tenter de s'occuper de lui qu'ils le fassent, il répondrait avec une joie non dissimulée à leurs provocations.
Depuis combien de temps n'avait-il pas mené de véritable combat ? Plusieurs semaines ? Plusieurs mois ? Au fond, la jeune femme tombait plutôt bien. S'il restait sans se battre trop longtemps il finirait par rouiller. Or cela commençait peut être à être le cas. Il possédait toujours son instinct de combattant et d'exceptionnels réflexes de pilotes, mais en terme de combat brut il était finalement temps qu'il se refasse la main. La "rebelle" pouvait croire ce qu'elle voulait, que ses paroles avaient fait mouche, ou n'importe quoi d'autre. La réelle motivation de son mouvement de volte face, c'était l'envie de se battre pour en connaître à nouveau les sensations, et rien d'autre. Lorsqu'il se retourna, un sourire bien plus large et malsain que les précédents ornait son visage marqué par les années, et son regard de braise pétillait derrière ses lunettes orangées. Si c'était de la baston qu'elle voulait, elle en aurait. Les quelques pas qu'il avait fait quand il partait, il les fit à nouveau dans l'autre sens, gardant bien la rebelle à portée de vue. Il ne savait ni qu'est-ce qu'elle possédait comme arme, comme magie, ou comme artifice qui lui permettait d'être si confiante en elle. La prudence était de mise, comme à chaque fois que l'on tombait sur un adversaire dont on ne connaissait rien outre le physique. En terme de force brute, outre si elle possédait des articulations ou des membres mécaniques, vu la différence d'âge, de sexe et de taille, Tarek lui était largement supérieur. Ou du moins suffisamment pour la dominer sans avoir à faire d'efforts surhumains. Mais restait le problème des capacités. Il n'avait aucun moyen de les deviner, et elles pouvaient très bien être ridicules comme dépasser les siennes de très loin. Ainsi, quelle que soit la tournure que prendrait le combat qui se profilait peu à peu à l'horizon, il devait tout faire pour conserver quelques atouts dans sa manche afin d'éviter les surprises.

Être un manipulateur-né avait ce genre d'avantage. Outre l'effet de provoquer la paranoïa absolue chez les plus faibles d'esprit, le profil manipulateur induisait chez ceux qui en étaient dotés de bonnes capacités d'analyse ainsi qu'une certaine manie d'anticiper les choses afin de toujours garder une marge d'action en cas de coup dur. C'était le cas de Tarek, qui de tous les pétrins était sorti relativement indemne. Peut être pas quand il était jeune puisqu'il avait cédé à l'asphalte qu'il foulait actuellement un de ses précieux bras. Cependant, il ne regrettait pas de l'avoir perdu, car celui qu'il possédait maintenant et depuis plus de trente ans était bien plus performant Il demandait de l'entretien, des vérifications, des mises à jour, mais au fond, la force qu'il possédait dans ce seul bras égalait celle de tous ses muscles réunis. Quand il marchait correctement en tout cas. Ce qui ne serait certainement pas le cas aujourd'hui, var même si Tarek avait de très bonnes capacités en mécanique, notamment sur les jets de l'aviation, il était nul en nano-technologie, et n'y comprenait strictement rien. Bien trop de choses à calculer, de paramètres qui à son sens étaient inutiles... rien à voir avec un bon moteur ou quelques bonnes armes à installer sur des jets. Il s'agissait de quelque chose qui n'avait rien à voir avec les centres d'intérêts de l'Omicron, et forcément, il n'avait jamais fait le moindre effort. Ca marchait, c'était cool, ça marchait pas, on allait le faire réparer chez le garagiste des prothèses. Et quand ça se réparait pas, tant pis. And nothing else.

"Je pense être le mieux placé pour savoir quand je dois et quand je ne dois pas manquer à mes devoirs, mademoiselle. Quand bien même ce que je fais de mon statut ne serait pas correct, je vous demanderai, avec tout le respect dû à un anti-gouvernemental... Ce que ça peut vous foutre."

La voix de Tarek avait perdu cette intonation mielleuse qui la caractérisait tant et qui mettait souvent les autres mal à l'aise. Elle suintait une ironie mordante, et avait maintenant des tons clairement glaciaux et cinglants. La façon dont il avait insisté sur le "mademoiselle" et les sarcasmes à peine dissimulés sur les anti-gouvernementaux laissaient déjà un avant goût de ce qu'il pouvait penser d'eux. Ou d'elle en particulier. Qui sait.
Cette fois il ne perdit pas de temps, et activa ses pouvoirs en començant à préparer tout l'arsenal de techniques qu'il avait créé. Il souhaitait en utiliser le moins possible, d'une parce qu'il n'aimait pas qu'on les voie, et ensuite parce qu'il risquait gros lui aussi en utilisant ce genre de choses. [AC] Il avança à nouveau de quelques pas, et comme lorsqu'elle l'avait interpelé la toute première fois, les deux guns d'argent sortirent de sa veste sans y être invités, et se placèrent à une trentaine de centimètres au dessus des épaules de Tarek, braqués sur la rebelle. Lui même l'observait sans ciller, dans une posture pourtant... détendue. Comme il ne savait pas à quoi s'attendre, il était pour lui inutile de se mettre en position défensive. Si quelque chose lui arrivait sur la tronche, ses réflexes feraient tout le travail ou il dégusterait. C'était on ne peut plus simple.

"Honneur aux... femmes."

Il esquissa un sourire mauvais en prononçant cette phrase. Sa langue pointue vint humecter avec une lenteur calculée tout le pourtour de ses lèvres, avant de retourner dans son antre, luisante comme les écailles d'un serpent. Tarek était un type sacrément travaillé du cibouleau. De là à dire qu'il était complètement malade pas forcément, mais bien entamé, ça c'était indéniable, même s'il se refusait à le croire. Et mis dans une situation de danger, d'excitation ou de risque -ce soir-là rassemblait les trois conditions- il était encore pire. Son retour à la civilisation promettait d'être bien plus détonnant que ce qu'il avait prévu. Disons que pour la discrétion et le secret... pour le coup c'était .

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Lun 26 Sep - 18:02

La ville métallique à ses heures nocturnes baignait dans de silencieuses ténèbres, l’ombrageux tableau parsemé de discrètes particules étincelantes n’éclairant pas le moins du monde les ruelles exigües. Le métal froid collé à sa peau ne la dérangeant plus après quelques secondes de contact, la masse filiforme s’adossa au mur rugueux, peu soucieuse de laisser partir sa proie. Les brèves paroles prononcées à l’intention de celle-ci se chargeraient de la retenir encore un peu. Ou pas. C’est du moins la réaction qu’elle attendait face à une telle affirmation. Mais elle n’avait visiblement pas de chance ce soir. Tomber sur un Desprànon aussi peu belliqueux… Ses manières, loin d’être conventionnelles à celles des autres membres du groupe rencontrés, semblaient mi-narquoises, mi-ignorantes. Avec certains de ses comparses, elle aurait déjà pu s’amuser comme bon lui semblait, que ce soit verbalement ou physiquement. Mais avec lui, tout semblait différent, comme décalé dans un univers auquel elle n’appartenait pas. Et il lui apparaissait désormais comme évident que conserver son attention ici-bas pour jouxter rien qu’un infime moment de cette nuit serait ardu. Les yeux antagonistes toujours masqués derrière les deux cercles orangés ne l’aidaient pas à se sentir à l’aise. Non pas qu’ils l’effrayaient, mais l’ambiance malsaine qui s’en dégageait ne lui inspirait rien de très sain. Toujours était-il, qu’assise sur ce banal cube froid, notre jeune sabreuse faisait jouer ses doigts libres sur le fil de sa lame, s’occupant le temps que son interlocuteur se décide. Cette attitude qui se voulait détachée et qui tentait tant bien que mal de se vouloir assurée n’était que pur montage. Certes, cet homme, aussi mystérieux et glauque était-il, ne l’effrayait pas au point de trembler ou d’en perdre ses moyens verbaux. Ses capacités l’interpellaient bien plus. Ce n’était pas la première fois qu’elle combattait un presque inconnu. Mais ce soir, malgré ce désir ardent de se mesurer à lui, un doute dérangeant persistait.

Un subtil bruissement attirant irrémédiablement son regard, un demi-sourire se dessina sur ses lèvres alors que la haute silhouette drapée d’un voile écarlate rebroussait chemin. Chose on ne peut plus satisfaisante pour le moment. Si ses mains étaient toujours occupées à courir sur son arme de prédilection, ses yeux azur eux, ne se leurraient pas quand à leur prochaine cible : plantée à quelques mètres au beau milieu de la ruelle, la masse sombre se mêlait aux ténèbres environnantes, sa voix cinglante résonnant au cœur de la nuit. Machi ne préféra pas noter l’appui exagéré sur un mot banal qui pourtant avait le malheureux don de la blaser. La suite de ce cours discourt ne l’intéressait pas outre mesure, le Desprànon lui renvoyant la balle d’une manière particulièrement sèche, baignée dans une pointe de raillerie bien mal dissimulée. Ce que ça pouvait lui foutre ? Pas grand chose à dire vrai. N’y répondant rien alors que ses yeux tentaient brièvement de délimiter l’espace entre leurs deux corps, un coin de ses lèvres s’étira, ne cachant nullement sa satisfaction. Bien que légèrement railleurs, ces trois derniers mots sonnaient comme une invitation. Une large porte qui s’ouvrait en cette fraiche nuit. Puisqu’il l’invitait si clairement, pourquoi se priver d’un tête-à-tête avec l’une des mystérieuses figures dominatrice de ce monde ? Son corps quittant le mur rugueux pour retrouver la verticalité sans effort, la lame froide se posa le long de la peau nue de sa jambe, dans une parfaite continuité de l’allongement peu engageant de son bras. La posture nullement agressive, elle s’avança vers l’homme, son visage concentré ne trahissant pas la moindre expression. Le pas décidé mais toutefois mesuré, elle s’en allait répondre à son désir. Quel gentleman de la laisser attaquer en premier. Ou quel fou. La configuration du terrain ne permettant que peu le combat à distance, elle ne prendrait pas le risque de s’essayer à deviner les capacités de son interlocuteur. Elle le forçait à se trahir lui-même. Malgré sa réticence à user de ses compétences dès le premier tour de ce duel, Machi ne voyait pas d’autres échappatoires. Hormis celui de se lancer tête baissée, lame en avant sur l’adversaire. Geste désespéré et suicidaire qui ne la conduirait qu’à trouver la douleur ou peut-être même la mort. Continuant d’avancer sur son adversaire désormais à quelques mètres d’elle, elle s’interrompit, ses yeux se rivant sur le canon du duo armé pointé en sa direction. Si les balles qu’ils contenaient restaient banales, cela ne lui poserait guère de problèmes. Mais s’ils possédaient une capacité particulière, ça serait une autre paire de manches… Chaque Desprànon se devant de contrôler la magie de manière naturelle, et non à travers différents éléments matériels, Machi se rassura quelque peu. Ses armes ne pouvaient pas constituer le gros de ses capacités. Elle pourrait donc, dans une moindre mesure, se défendre, voire s’en débarrasser avec un petit peu de chance. Regardant les deux cercles orangés, sa voix se teinta d’une parure cynique, nulle autre partie de son corps n’esquissant un geste que ces deux lignes rosées.

Très aimable de votre part.

Chance ou malchance, Machi s’en fichait désormais. Peut-être serait-il un obstacle bien trop haut et imprenable, qu’elle ne parviendrait jamais à surmonter malgré tous ses efforts. Cela ne ferait que confirmer sa faiblesse physique, tout comme celle de son esprit. L’attitude peu engageante, le rictus planté sur un faciès imprégné de sadisme, mêlé à une petite pointe d’esprit torturé. Voilà le tableau ô combien subjectif d’un homme qui venait de croiser son chemin. La route abrupte d’un homme qu’elle n’aurait peut-être pas du interrompre. Dommage. Il était déjà trop tard pour regretter quoi que ce soit, d’autant plus que ce verbe ne figurait pas parmi le vocabulaire de notre sabreuse. Ses yeux se rivant sur la lame se dressant en direction de son adversaire, elle affirma sa prise, sa main gauche se crispant un peu plus sur le pommeau. Il était temps. Faire attendre un homme aussi prestigieux n’était sûrement pas une coutume des plus appréciées.
Ses pas reprenant la danse qu’ils avaient entrepris un peu plus tôt pour rejoindre le mystérieux Desprànon, elle couvrit plus rapidement le peu de mètres les séparant. Malgré le doute l’assaillant au plus profond d’elle-même quant à ce personnage excentrique, la lueur logée dans son regard restait identique : un désir qu’il était impossible d’effacer. Le bruit des armes s’entrechoquant, la satisfaction de voir ses techniques agir impeccablement, les respirations saccadées s’entrecroisant. L’appel du combat. Ce sentiment de puissance, d’insécurité, mais également de plaisir. Tant de sensations en une fraction de seconde, cette même seconde pouvant s’avérer fatale. Ou salvatrice. Parvenant à s’approcher suffisamment près de sa cible, elle arma son arme au niveau de son coude droit, dessinant un bref arc de cercle sur l’abdomen de son adversaire. Un tel coup aurait pu toucher ou effleurer sa cible, mais c’était sans compter sur sa mauvaise habitude : jamais Machi n’attaquait directement sur sa première attaque. Une vieille manie qu’elle avait gardé, envers et contre tout, et ce, malgré le nombre de fois où celle-ci avait pu se révéler invalidante.
Sa lame s’apprêtant à toucher le corps adverse pour y découper sèchement l’abdomen en une ligne horizontale, elle se retrouva subitement dirigée vers l’épaule droite du Desprànon esquissant une large diagonale ascendante. Dans son élan, Machi avait lâché le pommeau de son arme un quart de seconde afin de l’empoigner de sa main de prédilection, tentant de surprendre la cible qui aurait pu esquiver un premier coup aussi simple. Le plus "drôle" dans tout ça, c’est que les ténèbres de la ruelle masquaient à la perfection l’eau qui courait le long des pavés lézardés, formant une légère flaque sous les pieds du Desprànon. Cette eau, petite parcelle prélevée du cube brisé, avait pris place juste avant que Machi ne lance sa feinte sur l’abdomen de sa cible. Bien qu’en infime quantité, elle était plus que suffisante pour visser sur place son adversaire durant quelques courtes secondes. En tout et pour tout, celle-ci avait été « programmée » pour n’agir que cinq petites secondes, avant de se disperser dans les ténèbres environnantes. Est-ce qu’un stratagème de la sorte serait suffisant pour retenir et réussir à attaquer un tel personnage ? Machi n'avait pas la réponse à une telle question... Mais bienheureusement, elle ne s’arrêta pas là. Les questionnements étant jugés inutiles dans un combat aussi rapide, elle préféra de loin continuer à garder une proximité, propice à cet art qui avait guidé son enfance. A peine le mouvement ascendant de la lame se terminait que déjà, son pied tentait de se frayer un chemin vers le sternum du Desprànon sur lequel elle comptait pour effectuer une rotation arrière. La pirouette en elle-même n’avait rien de fantastique. Le but était clairement ailleurs. N’aimant guère être mis en joue avec ce genre d’armes à feu, elle espérait bien déséquilibrer son adversaire, suffisamment du moins pour que son arme puisse tenter de trancher l’un des deux canons métalliques. Ne s’occupant pas réellement de vérifier si tous ses coups avaient touchés ou non leurs cibles respectives, elle se réceptionna rapidement sur ses deux jambes, adoptant une position défensive pour parer à toute éventualité. L’eau utilisée précédemment n’était plus visible, les cinq secondes s’étant clairement écoulées. Alors que ses yeux couraient le long des formes adverses pour y déceler un quelconque détail, sa voix posée résonna dans l’espace clos, interrompant un court instant la danse meurtrière dans laquelle ils s’étaient lancés.

Puis-je au moins connaître le nom de l’homme que j’affronte ?

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Mer 26 Oct - 1:38

Elle ne perdait pas de temps, c'était le moins qu'on puisse dire. Et ce n'était pas une simple jeune fille, comme toutes ces mijaurées que l'on croise à chaque coin de rue dans une ville aussi vaste que Modula. Non, elle respirait l'expérience. Elle n'en était sûrement pas à son premier combat, et certainement pas le premier contre un adversaire a priori aussi doué que Tarek. D'autres étaient sûrement bien plus doués, et elle en avait peut-être affronté. Ceci étant dit, il était totalement inutile pour le Despranòn de se poser la question de savoir si oui ou non il ferait le poids face à elle. Il n'en avait ni le temps, ni l'envie. Adviendrait ce qu'il devait advenir. Mais qu'elle n'espère pas trop gagner. Il n'était pas près à se faire renvoyer en enfer après y avoir passé tant de temps en exil. Non, il était revenu prendre sa place au sein de ce gouvernement, bien que pourri jusqu'à la moelle, et tant que cela ne serait pas fait, il serait intraitable, et ne perdrait pas. Voilà dans quel état d'esprit inconscient était Tarek. Pourquoi inconscient ? Parce que la majorité du temps, les pensées de l'Omicron étaient broyées par un vortex noir de l'ombre la plus dense, qui empêchait toute pensée saine de voir le jour. Seul son machiavélisme, sa fourberie et l'aura antipathique qui émanait de lui arrivaient à se frayer un chemin dans ces méandres obscurs. Donc pour résumer, elle voulait combattre ? Soit. Il l'attendait de pied ferme. Et de toute façon, comment aurait-il pu l'attendre autrement, fixés qu'étaient ses pieds au sol par l'effet d'une quelconque technique ou magie ?

*Sacrifiable. Il est sacrifiable. Je ne peux pas bouger, mais je peux le sacrifier. Je ne peux pas bouger. Je ne peux pas bouger. Il est sacrifiable. Sacrifiable. Sacrifiable.*

Dans un combat on voit bien des techniques de parades, ou d'esquive. Quand bien même cette dernière serait difficile, on voit quelques fois d'exceptionnels miracles, qui retournent parfois la situation à l'avantage de celui qui semblait complètement englué dans une toile d'araignée qui avait tissé une toile solide et inébranlable. Mais ce qui arriva en une fraction de seconde, on le voyait rarement. Déjà parce qu'il était rare de voir quelqu'un utiliser ses techniques de combat ou sa magie à des fins auto-destructrices. Ensuite parce que dans ce genre de situation, instinct et raison ne font qu'un, dans un seul but commun : se sauver la peau, à n'importe quel prix. N'entrent ici pas en jeu les facteurs de protection d'autrui ou de combat pour un idéal. On est seul, dans une nuit plus noire que l'obscurité elle-même, et la seule personne pour qui l'on se bat, c'est soi-même. Alors instinct et réflexion, comme chez Tarek à ce moment là, divergent complètement. L'instinct veut survivre pendant que la réflexion, à la vitesse de l'éclair, calcule, analyse, anticipe, prévoit et déduit qu'il veut peut-être mieux se sacrifier. Pourquoi de tels conflits en un seul être ? On ne le saura jamais.

Quoi qu'il en soit, Tarek vainquit son instinct pour cette fois là, mais opéra de façon suffisamment habile pour qu'en plus de passer quasiment inaperçue, cette technique le laisse indemne, ou presque. Ici, c'était lui l'araignée. La nuit était sa toile, l'ombre son venin. La lumière était l'antidote, mais à cette heure ci... Les chances pour qu'une lueur suffisamment puissante déchire la nuit étaient trop minces, voire nulles.
Les épaules du Despranòn frémirent, puis tout son être sembla se déchirer, comme distordu par une force inconnu. Il semblait s'entortiller, se mouvoir à la même manière que les serpents, pendant que derrière leurs barrières orangées, ses iris sanglants calculaient précisément le mouvement de lame de la jeune fille, qui effectivement était très douée. Il avait cru un moment que c'était son torse qu'elle visait, alors qu'en fait, c'était son épaule droite. Il n'avait eu que peu de temps pour s'en rendre compte, et encore moins pour agir. Ne pouvant pas bouger à cause de cette satanée technique, certainement d'origine magique, il se diffracta légèrment dans l'obscurité, assez pour qu'un point précis de son épaule se trouve dans la ligne de mire du sabre de la jeune femme. Il aurait pu pousser sa technique plus loin et esquiver entièrement le coup. Mais cela n'était pas nécessaire. C'était lui l'araignée. Et le second fil de sa toile... venait d'être tissé au moment même ou un crissement métallique, doublé d'une gerbe d'étincelles, résonna dans la nuit, arrachant au Despranòn un grognement de douleur. [AC]

Il n'essaya pas non plus d'esquiver le pied qu'il avait bien vu arriver. Alors qu'il savait très bien les risques encourus par ce genre de coups, il se laissa aller, constatant par là même que l'eau qui le retenait prisonnier n'était plus. De nouveau, imperceptiblement, il frémit, agençant un très léger déplacement, presque invisible dans les ténèbres environnantes et les mouvements incessants de sa longue veste, et laissa le pied le frapper. Blêmissant légèrement sous la douleur, il partit en arrière, projeté par la force du coup, et tomba mollement sur le dos. Il gardait les yeux fixés vers le ciel nuageux sans aucune étoile. La question qu'elle lui posa résonna parfaitement entre ses deux oreilles. Est-ce que cela voulait dire qu'il avait envie d'y répondre ? Sûrement pas.

Dès que son corps était parti en arrière, il avait rapidement rangé ses armes, comprenant que pour le moment, elles étaient parfaitement inutiles. Il trouverait bien un moyen de les utiliser plus tard, mais pour l'heure il voulait s'amuser un peu. Oui, s'amuser. Aussi étrange que cela pouvait paraître, Tarek s'amusait. La douleur l'avait rendu blafard, l'avait fait grogner, et pourtant un sourire de plus en plus dément semblait s'étaler sur son visage. Il n'était pas rare de voir l'Omicron sourire. Tout le temps même, il souriait. Un sourire étrange, malsain, qui mettait mal à l'aise. Mais un sourire aussi large, aussi dénué de raison et de bon sens que celui-ci, c'était carrément une rareté. Cela signifiait surtout qu'il perdait peu à peu la maîtrise sur son comportement de gentleman, et qu'en conséquence de ça, plutôt que de la jouer élégant et posé, il allait la jouer crade et salopard. Sauvage aussi.

"Trouvez vous-même la réponse à cette question, je n'ai pas la moindre envie d'y répondre, femme."

Il restait allongé, sans bouger. Cela ne dura pas. Sous l'impulsion de l'ombre qu'il faisait sur le sol, il se releva, sans prendre appui à terre. Cette façon de se relever était presque plus glauque que le personnage excentrique de Tarek en lui même. On aurait dit une marionnette zombifiée qui se relèverait après un coup mortel porté en pleine poitrine. Il restait droit comme un piquet, et pourtant, son corps se redressait tout entier à la verticale, légèrement voûté, comme àa son habitude. Ses lunettes avaient légèrement bougé, révélant ses iris singuliers, mais il eut tôt fait de les remettre en place et de s'épousseter, comme s'il venait de trébucher ou de piquer un roupillon au milieu de la ruelle. Cependant, sa manche droite était entaillée sévèrement, même si aucune goutte de sang ne perlait. Il l'arracha d'un geste sec, observant les dégâts. Sa prothèse, qu'il portait depuis des années, avait été salement entamée par l'arme de son adversaire. A tel point qu'elle en devenait inutilisable. Ce qui n'était pas fait pour surprendre Tarek, puisqu'il avait lui même décidé de la sacrifier, au lieu de l'esquiver. Il soupira d'un air presque contrit, et en profita pour l'arracher elle aussi, la balançant sans ménagement au sol.

"Bien. J'en profiterai pour la changer, elle commence à se faire un peu vieille. Tu n'hésites pas à maltraiter tes aînés, hein ? Pauvre homme ayant passé la quarantaine que je suis, tu ne montres cependant aucune pitié. Ces deux coups auraient pu me tuer, s'ils n'avaient été aussi... maladroits."

Son sourire s'élargit une ultime fois, pendant que son buste penchait avec lenteur en avant. Il remuait les tréfonds des énergies magiques sommeillant en lui, afin de leur montrer leur nouvel ennemi. Une jeune et impétueuse femme, qui malgré son expérience redoutable, manquait d'un facteur essentiel. Le temps. Cette simple variable était pourtant une clé non négligeable de toutes les équations régissant les lois universelles, de la plus basique à la plus complexe.

"J'aime."

L'énergie accumulée étant suffisante, il se releva brusquement, fixant avec un grand sourire le corps et le visage de la jeune femme. Une de ses techniques de combat préférées venait d'être activée. Permoveo per Tenebris, le déplacement nébuleux. Il entre dans une ombre, ressort, rentre dans une ombre à nouveau, se déplace, ressort. Un jeu infernal auquel ses victimes, quelles que furent leurs efforts, eurent du mal à se prêter. Pour illustrer le début de la vraie bataille, et sans oublier de maintenir actif les deux fils de sa toile soigneusement tissés, il s'enfonça brutalement dans le sol, comme si celui-ci n'avait aucune consistance. Le fait d'être en pleine nuit, et sans lumière, l'avantageait énormément. Il pouvait se déplacer beaucoup plus rapidement en économisant un maximum d'énergie. Un bref calcul, et il ressortit environ un mètre derrière l'inconnue, avant de replonger, sans plus de bruit qu'un simple bruissement de tissu. Il ressortit à sa gauche, à environ deux mètres, puis à sa droite, encore à sa gauche, puis devant elle, puis derrière, encore à gauche, droite, gauche, derrière, gauche... Tout en restant à hors de portée de son arme.

"Je t'attends, femme."

Il venait de reparaître juste devant elle, lançant un regard railleur dans sa direction. Il repartit à l'assaut, donnant cette fois des coups, peu importe qu'ils atteignent ou non leur cible. Il rentrait dans le sol et en ressortait presque aussitôt à un endroit différent, donnant un coup en direction de la jeune fille, puis replongeait, ressortait parfois d'un mur, ou même d'une poubelle. Le jeu commençait à peine.

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Machi Kuragi

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Sam 5 Nov - 15:40

Plus sombre que jamais, le ciel dénué de sa parure scintillante habituelle s’étendait au dessus de Modula. Les nuages impérieux dissimulant la moindre lueur d’espoir, le vent frais caressant la peau des plus insomniaques, cette nuit promettait son lot de surprises et d’adrénaline. Les combats, Machi connaissait. Tout comme les conditions actuelles dans lesquelles elle s’était lancée. Ce n’était pas la première fois. Et sûrement pas la dernière pour peu qu’elle survive une journée de plus. Les yeux rivés sur ce personnage, elle ne le lâchait pas du regard, suivant le moindre de ses mouvements. Dangereux. Macabre. C’étaient les premiers mots qui lui venaient à l’esprit en regardant un tel phénomène de foire. Rares étaient les fois où son chemin avait eu le malheur de croiser ce genre d’énergumène. Des pervers, des mégalomanes, des boites de conserve soucieuse d’être recyclées, des frustrés, oui. Mais lui… Un simple coup d’œil suffisait à comprendre, un simple rictus suffisait presque à glacer le sang en cette soirée déjà plus que froide. Peut-être… Peut-être que si Machi s’était décidée à être plus « féminine » aux premiers mots échangés, peut-être aurait-il accepté en bon gentleman de lui prêter son manteau, la protégeant ainsi du froid… Peut-être… Le rêve est toujours permis, non ?

L’heure n’étant plus aux divagations mais à la provocation, il était plus que temps pour la femme d’agir. A force d’immobilisation, ses muscles perdaient en tonicité, le froid s’agrippant à sa peau pour mieux la mordre et l’endormir. Mieux valait ne plus trop tarder. Un second argument de taille s’imposait de lui-même, faisant naître une ardente envie, réchauffant ses cellules au plus profond de leur être : malgré une apparence sinistre, ce Desprànon savait visiblement agacer prématurément ses interlocuteurs. Sarcasmes, défi, vocables justement choisis. Tout y était pour capter l’attention de notre jeune sabreuse qui ne manquait pas de réagir. Se décidant enfin à attaquer le gros morceau que semblait être cet adversaire, elle ne lésina pas sur les moyens employés, ne cachant nullement son jeu. Ou peut-être juste un chouïa de quoi tenter de le surprendre. Chose qui fonctionna plutôt bien, étonnant presque la rebelle. Malgré l’emploi de deux techniques simultanées, elle n’arrivait pas à toucher autre chose qu’un morceau d’épaule ? S’en était presque décevant. Certes, faire mouche dès le premier coup n’était pas tâche aisée, mais ce n’était pas ce qui la dérangeait le plus. Vide de toute expression, le faciès de son adversaire ne lui laissait pas le moindre indice quant à un éventuel, même bref, étonnement ou tout autre changement d’expression. Détail qui la laissait quelque peu perplexe, mais ne l’interrompant nullement dans son action. Elle devait agir et ne pas s'éparpiller. La réflexion viendrait lorsqu’un moment de répit s’imposerait et pas avant. Contre ce type, Machi était persuadée qu’une infime seconde de réflexion inadéquate pourrait lui valoir bien plus que l’issue de ce qui s’apparentait à un simple combat de rue. C’était leurs vies qu’ils mettaient en jeu, leur existence qui menaçait de s’effriter si leurs gestes rataient.

Malgré l’appréhension qui s’emparait de la jeune femme, elle enchaîna sans le moindre mal afin de ne laisser peu voire nul temps de répit à son adversaire imperturbable, qui ne semblait pas daigner trop se fouler. Pas la moindre esquisse d’esquive. Un coup de pied n’était quand même pas si ardu à esquiver ou contrer au début d’un duel, alors que les forces plafonnaient encore à un seuil proche du 100%. Une fois retombée sur ses pieds en une garde plus ou moins solide et équilibrée, son adversaire échoué au sol, Machi prit soin d‘observer la scène, surprise de ne pas avoir été contrée. Jamais l’inconnu n’avait daigné montrer un quelconque signe de surprise, ni même une envie salvatrice pour ménager son corps. N’avait-il pas d’estime à ce point pour lui-même ? Ou pensait-il simplement qu’un corps se réparait une fois abîmé, que la douleur s’oubliait et disparaissait avec le temps ? Tout cela n’était que raisonnement utopique. Son esprit s’attachant à un détail particulier de son assaut, une question jaillit presque naturellement, découlant de ce que ses sens avaient cru percevoir : était-ce réellement un homme « humain » qu’elle affrontait ? Si ses sens ne l’avaient leurrée, sa froide lame d’acier n’avait pas rencontré un morceau tendre de chair humaine, qu’elle aurait découpé brièvement d’une manière un peu plus sanglante. Mais ici… Nuls effluves d’hémoglobine, nulle barrière cutanée incisée, seulement un léger grognement douloureux, premier signe expressif. C’est ce qu’elle avait pu constater durant la brève seconde où son regard accompagnait la danse que dessinait sa lame en atteignant sa cible. Du moins en partie. En y repensant, sa technique aurait du trouver pour point d’impact bien plus qu’une simple pointe de scapula. Et surtout ne pas être un membre fait de métal, faisant jaillir gerbes d’étincelles et crissements. Cela ne lui plaisait guère de l’avouer, mais Machi ne parvenait pas à emboîter les pièces de ce puzzle comme à son accoutumée. Si seulement son antagoniste avait opté pour un contre, elle aurait pu y voir un échantillon de ses capacités de mage. Maîtriser la magie étant l’un des pré-requis nécessaire pour prétendre obtenir une place chez l’élite, c’était une chose dont elle pouvait être sûre. Ce gars contrôlait la magie tout comme elle et ne devait sûrement pas l’utiliser de manière bienfaitrice. Mais laquelle ? Chacun ayant une magie lui étant propre, tenter de deviner ses compétences au travers d’hypothèses retournait d’une envie suicidaire. Finalement, elle revenait sur sa première conjecture : elle devait le forcer à dévoiler au grand jour son pouvoir. Mais c’était sans compter sur la personnalité dérangée d’un tel personnage…

Son coup de pied ayant projeté à terre son adversaire, celui-ci ne se pressait nullement pour retrouver une verticalité plus adaptée pour le combat qu’il menait. Malgré la rapidité excessive du temps qui filait, les secondes passées à regarder l’individu anonyme se redresser en un mouvement rectiligne uniforme semblèrent durer une éternité pour Machi. Comme tiré par les fils d’un marionnettiste masqué par les ténèbres environnantes, la silhouette sombre retomba graduellement sur ses deux pieds, et ce, sans s’être aidé du moindre appui. Chose qui avait de quoi laisser pantoise notre jeune femme qui pour le coup, n’y comprenait vraiment plus rien. Une fois de nouveau sur ses pieds, le Desprànon ne prit pas la peine de dresser un rapide bilan de son état ou quoi que ce soit d’autre : après avoir déchiré son haut déjà amoché, c’est dans un bruit sec mêlé à des couinements stridents de ferraille qu’il prit soin d’arracher lui-même ce qui lui servait de membre supérieur droit, l’envoyant valser au sol à quelques mètres de là. Dans cet accès, il ne faisait que répondre à l’hypothèse précédemment posée par notre agoniste rebelle : tout n’était que bien matériel qu’il était plus aisé de sacrifier et de réparer que de protéger. Du moins pour sa prothèse. Si celle-ci se révélait mécano-magique, elle aurait facilement pu lui poser des problèmes supplémentaires alors qu’ici, c’est ce Desprànon qui se mettait lui-même dans l’handicap en se privant de l’un de ses membres. Oubliant désormais cette prothèse et ce qui aurait pu se passer s’il ne l’avait pas sacrifiée, Machi se concentra sur le seul et unique point noir de cette soirée : cet individu drapé d’un écarlate manteau auquel elle répondit.

Je n'ai pas de pitié pour quelqu'un appartenant à un gouvernement corrompu, aussi vieux et aigri soit-il. Tout comme vous n'en avez pas pour une femme faible et seule.

Scellant son regard sur cette masse pourpre faisant presque tâche dans le décor ténébreux le contenant, elle ne put s’empêcher de remarquer la lenteur de ses gestes, ajoutant une impression presque dérangeante à la scène. Allait-il attaquer ? Se contenter de la rabaisser par quelques mots justement choisis ? Rien n’était moins sûr. Se redressant brusquement, un sourire malsain inondant son visage, le Desprànon venait de retrouver un semblant de tonus et de vitalité. Peut-être trop même. Ne sachant pas vraiment à quoi s’en tenir, sa prise se raffermit sur le pommeau de son arme tout pendant que ses dents ses dents se refermaient instinctivement sur sa lèvre inférieure. Son adversaire semblait maitriser beaucoup de domaines dans lesquelles Machi n’était pas encore parfaite. Pour ne parler que de force brute, elle doutait légèrement prendre le dessus. Pour le prendre de court en réactivité, peut-être avait-elle ses chances. Advienne que pourra. Silencieusement, le sourire éclatant de sadisme, les ronds orangés si particuliers de son adversaire venaient de disparaître, laissant notre agoniste seule et pantoise. Téléportation instantanée ? C’était pour l’instant la seule hypothèse à laquelle son esprit semblait s’accrocher. Mais si tel était le cas, la situation devenait bien plus préoccupante. Faisant volte-face en entendant un léger bruit dans son dos, Machi se retrouva face aux ténèbres environnantes, vide de toute présence humaine comme elle avait pu le pressentir. Un nouveau bruissement sur sa gauche la fit de nouveau se retourner, pour ne constater que du vide. Par simple logique, son regard se tourna sur son côté opposé, parvenant juste à apercevoir une masse rouge être happée. Et ainsi continua la danse dans laquelle son antagoniste venait de se lancer, toujours plus rapide, toujours aussi imprévisible quant à ses réapparitions soudaines. Ce petit jeu semblait pouvoir durer des lustres, le Desprànon conservant une distance de sécurité entre leurs deux corps malgré l’assurance qu’il affichait. Ici, lui seul menait la partie. Tant qu’il ne s’approcherait pas du moins. Répondant aux attentes de la rebelle, celui-ci continua son petit stratagème, s’approchant toutefois suffisamment pour lui porter quelques coups. Habituée à ce jeu de chat et souris à distance, Machi ne parvint pas à esquiver complètement le premier coup porté sur son thorax, surprise de le voir attaquer d’une manière aussi frontale. La respiration saccadée sous l’effet du choc, elle continua de le voir apparaître et disparaître de maints endroits, chacune de ses apparitions accompagnée de coups qu’elle esquivait tant bien que mal au dernier moment. Ce jeu ne pouvait pas durer plus longtemps. Pour ses nerfs, pour son intégrité physique, pour le peu de respect qu’il semblait avoir de la gente féminine, il fallait que tout cela cesse.

L’attente d’une solution n'amenant rien, elle devait tenter quelque chose, même si le résultat ne donnerait rien de probant. Ne serait-ce que pour obtenir une seconde de répit, un interlude pour récupérer. L’eau déjà présente sur le terrain ne lui permettait guère d’user de ses plus puissantes techniques, bien plus dévoreuse en énergie et en quantité aqueuse. Les attaques répétées ne faiblissant pas en intensité dans ce jeu lui tapant sérieusement sur le système, elle plongea la main dans sa poche, y attrapant deux cubes de petite taille qu'elle éclata dans sa main. Ces mentare cube, bien qu’avec une capacité d’accueil relativement réduite, venaient de déverser quelques dizaines de litres de fluide au sol, s’ajoutant à ceux déjà présents qui s’éparpillaient aux alentours. Ce serait bien plus que suffisant pour le moment. Ne restait plus qu’à attirer son adversaire sur elle pour activer la capacité qu’elle jugeait la plus apte à l’arrêter dans sa folle danse. Un léger sourire quasi imperceptible se glissa sur ses lèvres. Durant la seconde où il restait à sa portée, elle pouvait agir. L’attendant de pied ferme, elle laissa volontairement le coup la toucher partiellement, tentant d’attraper de sa main non armée le membre l’attaquant. Alors que leurs corps entraient en contact, une grande quantité d’eau s’échappa de la main tendue de la jeune femme, s’alliant au fluide stagnant dans la ruelle pour mieux enfermer le Desprànon dans une bulle aqueuse, stoppant ainsi son petit jeu. Le sourire fondant rapidement sur ses lèvres, elle n’attendit pas de voir une éventuelle réaction : sa lame scinda la sphère tout juste créée en deux parties égales, tentant d’atteindre sa cible initiale. La quantité d’eau présente ne lui permettait pas d’espérer le garder emprisonné quelques secondes, le globe n’ayant pas un diamètre assez conséquent. Il fallait espérer que l’apnée soudaine l’ait surpris. Traversant le rideau d’eau retombant au sol, elle retrouva sa cible pour mieux lui asséner quelques coups frontaux, alternant entre mouvements ascendants et descendants, attaques piquées et courbes. Chacun de ses pas faisait écho par un léger clapotis, une mince couche aqueuse recouvrant le sol. Peu importait que son antagoniste réagisse vite, esquive tous ses coups ou qu’il ne possède bien plus d’expérience en la matière. Elle ne le laisserait pas attendre, aussi longtemps qu’elle serait debout et assez femme pour continuer ce jeu auquel ils s’adonnaient.

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Tarek Ngaresh
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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Lun 12 Mar - 18:54


Tarek Ngaresh, champion des tours de passe passe. Non pas que le combat ne l'amusait pas, mais il avait énormément de choses à faire après un aussi long exil. Il était hors de question de perdre du temps avec un adversaire, aussi doué soit-il. Il pourrait toujours rendre sa visite rituelle à cette rue du Souvenir, comme il l'appelait. Elle l'attendrait sûrement. Elle n'était pas du genre à lâcher la grappe facilement, et attendrait sûrement autant que lui un nouvel affrontement, une revanche méritée. Aujourd'hui, ce soir, dans cette rue du Souvenir, il ne pouvait pas perdre. Il ne devait pas. Pas après avoir passé tant de temps à attendre, à faire des efforts insensés de remise à niveau dans tous les domaines qu'il appréciait. Aussi devrait-il utiliser chacun des artifices nébuleux en sa possession pour quitter ce combat... non sans laisser volontairement un amer souvenir de sa présence à cette jeune effrontée. Sa toile de l'effroi n'était pas complète. Deux branches sur trois étaient tissées mais... il s'agissait de quitter le combat définitivement sans se faire trop amocher, cette fois-ci, pas de le gagner. Sans quoi le dernier fil aurait été nécessaire contre un adversaire de cette envergure.

La jeune femme venait d'ailleurs de forcer l'activation du second fil, laissant ainsi le premier intact. Ce fil réclamait une énergie colossale, et il en sortirait blessé et affaibli. Pas assez pour en mourir, heureusement, mais tout de même suffisamment pour lui concéder l'avantage de la bataille s'il faisait le moindre faux pas. Il était très doué dans un aspect de combat qui en avait laissé plus d'un bouche bée, et incapable de comprendre ce qui leur arrivait. Quand on veut neutraliser un adversaire, il faut une force suffisante -magique ou physique- pour empêcher son ennemi d'utiliser ses armes et capacités. Cela revient généralement à utiliser beaucoup de sa force, et conduit quelques fois à une impasse ou les deux antagonistes sont vides de force, et incapables de poursuivre le combat avec une intensité suffisante. Intensité veut dire ici que le combat n'est plus intéressant. Il ne se joue qu'à l'endurance, à la ténacité et à la puissance, en gros, qui a le zizi le plus gros. Un style méprisé sous toutes ses formes par Tarek. La manipulation et le calcul étant bien plus drôles à effectuer (l'observation des conséquences de ce genre de choses étant un des hobbies favoris de Tarek), il s'arrangeait toujours pour que le combat prenne ce genre de tournure. Un concours de qui a le plus gros pouvoir ne l'intéressait pas outre mesure. Un vainqueur n'était selon lui pas jugé selon ce genre de critères.
Tout ça pour dire que Tarek avait enfin l'occasion de s'adonner à son jeu fétiche en matière de combat. Pour les plus faibles d'esprit, cette manifestation aussi étrange qu'improbable de magie était terrifiante. Pour les plus superstitieux, elle avait engendré le suicide. Une fois. Et même pour les plus aguerris, le voir sous cette forme magique n'était pas rassurant. Il brisait les défenses et s'en servait comme arme. Mais avant de pouvoir s'y mettre, il devait contrer le sort lancé par la jeune mage aquatique, qui venait de lui faire boire une tasse assez conséquente.

Sa vue se troubla l'espace d'un instant, sa mobilité était radicalement réduite, et surtout, il ne pouvait pas respirer, sous peine de mourir de noyade. Mort stupide certes, mais cruellement inexorable. La mort par ingestion d'eau dans les poumons ne pouvait être évitée que dans de très rares cas. Un chirurgien hors pair, ou alors, la faculté de se faire pousser des branchies pendant un combat. Autrement dit, dans cette rue sombre et dénuée de chaleur, c'était pas près d'arriver. Il eut le réflexe d'activer le Symbiosis, sa fusion partielle avec l'ombre, avec un léger temps de retard. Il sentit une chose froide entailler son gilet écarlate, sous son manteau, puis une vive douleur se fit quasi immédiatement ressentir le long de son flanc, signe qu'elle venait de lui taillader une bonne section de chair. Juste après le Symbiosis entra en action, et les quelques coups suivants s'enfoncèrent en lui sans rencontrer le moindre obstacle, ni os ni organes, comme s'il était un fantôme.

Pas le temps de réfléchir, ni à sa blessure ni à comment respirer. Il atteignait déjà sa limite en apnée, et l'utilisation du symbiosis par ombre à distance, brûlait une magie effarante. Par dépit plus que par volonté de mettre son adversaire au tapis, il activa immédiatement un second symbiosis, qui lui, faisait partie de sa toile méticuleusement tissée. Pendant un instant son corps de figea, vibrant de façon étrange, puis parut être absorbé dans son ensemble par la lame même qui venait de lui couper le flanc dans toute la longueur. Cette technique lui coûtait encore plus cher que de changer son corps lui même en ombre. En même temps qu'il se dissolvait pour intégrer physiquement l'arme de son adversaire, il sentit immédiatement les contrecoups d'un sort pareil. Pour comprendre ce qu'il se passe... une petite explication est nécessaire.

Quand l'épée de la jeune fille avait entamé le corps métallique de Tarek, il avait profité de ce sacrifice a priori idiot d'un de ses membres pour tisser un filament d'ombre reliant sa nuque aux zones d'ombres présentes sur l'arme, sous la main qui la tenait, sous les différents relief. Cette technique ne coûtait absolument rien en magie, mais était nécessaire pour la mise en application d'un sort bien plus puissant. Tarek ne peut utiliser que l'ombre à disposition pour se battre. Ainsi, en plein jour, il est plus vulnérable, à moins de se retrouver dans une zone à forts reliefs. Ici, dans cette ruelle déjà sombre, et en pleine nuit, sa force est considérablement augmentée. Tout du moins ses réserves d'ombres, et donc ses possibilités. La mise en place du sort, coûteuse, a permis à l'Omicron d'injecter son propre corps sous forme d'ombre dans l'épée même. Ou de façon plus exacte, dans toutes les ombres qui marquaient la lame. Condenser son corps puis l'injecter, et en garder le contrôle -sans compter la blessure devenue bien plus douloureuse suite à l'incantation du sort- demande un niveau de maîtrise de l'Umbraekinésie considérable, et de grandes ressources magiques. Un Despranòn peut y arriver à un prix élevé, il est impensable pour quiconque de rang inférieur de s'y essayer. Cela reviendrait à se suicider.

La présence de Tarek n'avait pas pour autant disparue. On le ressentait toujours dans l'air, et l'atmosphère vibrait encore d'une énergie foncièrement néfaste. La lame semblait saigner. Elle portait encore le sang arraché par la taillade au flanc de Tarek, mais la blessure saignait, et le sang, non changé en ombre, gouttait de la pointe de la lame. Lentement mais sûrement, il redirigea son nouveau corps -la lame de l'épée, remember- vers la gorge de la jeune fille, et s'arrêta à quelques millimètres de sa carotide. Il pouvait sans peine ressentir les vibrations du sang allant jusqu'à son cerveau, bouillant et palpitant, et du réprimer son envie de la tailler en pièce et de provoquer une effusion de sang. Laissant la majeure partie de son corps au coeur de la lame pour ne pas en perdre le contrôle, il s'extirpa jusqu'au torse hors de celle ci, s'élevant devant la jeune fille, son visage à quelques centimètres du sien.

"Désolé, je dois mettre un terme à ce jeu. Nous en profiterons une prochaine fois, quand j'aurai récupéré mes quartiers et rencontré la plupart de mes adjuvants. Tu ne mourras pas ce soir, j'espère que nous serons tous deux dans de meilleures dispositions pour notre prochaine bataille. Maintenant que tes propres armes se retournent contre toi, tu ferais mieux de me laisser partir..."

Il esquissa un sourire mauvais, et activa son premier fil de toile. Celui-ci avait été activé avant même le début du combat. Il signifiait pour lui son échappatoire en cas de défaite, ou comme dans cette situation, le moyen de quitter le combat sans être poursuivi. Il puisa encore dans ses ressources magiques et activa son sort. Le contrecoup, comme précédemment, fut immédiat. Ses yeux, masqués par ses lunettes orangées, laissèrent perler quelques gouttes de sang, transformant son visage déjà peu rassurant en celui d'un homme ravagé, dégoulinant d'hémoglobine. Le contraste entre son visage blafard et la substance vitale écarlate qui le parcourait était saisissant.

Des filins d'ombre épais et solides comme l'acier virent s'enrouler rapidement tout autour de son adversaire, sans le blesser, mais limitant de façon maximale ses possibilités de mouvement. Ils restaient fixés aux endroits desquels ils venaient. Murs, sol, même de l'espace réduit entre une toiture et un mur porteur. Ils formaient une gigantesque toile qui prenait toute la largeur de la ruelle, et leur proie était cette jeune fille, qui malgré sa force évidente, aurait du mal à s'extirper de là sans resserrer encore plus les liens qui la maintenaient prisonnière, sa propre lame toujours placée près de son artère.

"Tiens-toi tranquille maintenant. Tu n'es pas vraiment une ennemie pour moi -du moins pas dans la conception sémantique que j'ai de ce terme- et je n'aurais aucun plaisir à te tuer. As-tu des objections ou des volontés avant que je m'en aille ? Nous ne nous reverrons pas avant un bon moment, et cela fait un bon bout de temps que je n'ai pas rencontré pareille adversaire. C'est... excitant."

Chose rare, son sourire l'avait quitté. Son visage était devenu sérieux, pour une fois, et ce qu'on y voyait -un aperçu du véritable Tarek- était un visage fermé à tout, inexpressif, toujours masqué par ses lunettes brillant comme des phares dans l'obscurité. Ses lèvres fines ne s'étiraient plus. Elles étaient pâles, presque dénuées de toute chaleur, et ses sourcils légèrement froncés. Il faisait presque plus jeune avec ce visage là, contrairement à l'autre qui accentuait légèrement les rides inévitables avec la quarantaine d'années qu'il se trimballait. Et désormais, la balle était dans le camp de son adversaire prisonnière.

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Machi Kuragi

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Mar 13 Mar - 21:40

La fraicheur apportée par la nuit n’avait rien à envier à la sensation froide de l’eau glissant sur sa peau. Son arme fermement maintenue par sa main droite, elle ne laissa pas la moindre seconde lui échapper. Dessinant un geste en direction de sa cible, elle sentit aisément la percée de la poche aqueuse, avant de sentir un peu plus de résistance : elle avait visé juste. Un mélange d’eau et d’hémoglobine. Quelques dizaines de litres d’eau qui retombaient non sans bruit sur les pavés d’une ville qui restait silencieuse, éternelle spectatrice. Les altercations n’étaient pas une chose qui manquait dans une ville comme Sérégon. Bien au contraire. C’était habituel, presque normal finalement. Aussi courant que de voir des soldats surveiller la cité ou d’entendre le grondement sourd de l’eau des cascades en arrière fond. Mais dans la situation présente, rien de tout ça n’importait.

Le liquide pourpre s’égouttant le long de sa lame, elle se figea sur place. C’était bizarre. Machi n’était pas du genre à s’inquiéter de sa situation, malgré la tournure parfois tragique des évènements. Alors pourquoi ? Pourquoi cet arrière goût amer lui restait-il en travers de la bouche ? Une amertume qui laissait bien vite sa place à une toute autre sensation. Trop vite même. Pourtant, le combat était loin d’être terminé. Alors pourquoi une telle impression ? Sa lame fétiche avait bel et bien entaillé l’enveloppe corporelle adverse. Ca aurait du être satisfaisant. Réjouissant même de pouvoir répliquer face à ce genre d’opposant. Mais rien. A dire vrai, Machi n’avait aucune idée de la façon dont allait bien pouvoir se finir ce duel. Et les derniers évènements n’allaient pas en sa faveur. Malgré la volonté et la force qu’elle avait pu y mettre, ses tentatives d’attaques s’étaient révélées totalement inefficaces. La danse de sa lame n’avait qu’effleuré le néant. Un vide complètement déroutant quand on s’attendait de nouveau à toucher ou au moins, à approcher un corps organique palpable. Durant plusieurs secondes son esprit tenta de traiter les informations qui lui parvenaient en masse, la laissant quelque peu immobile. Reprenant subitement conscience, sa situation actuelle s’imposa tel un réflexe, son regard se posant instinctivement sur son adversaire. Adversaire bel et bien touché au vu de la quantité importante de sang qui coulait de sa lame. Mais le Desprànon s’était envolé.

Un mouvement panique s’imposa à son corps, son cœur frôlant la tachycardie, son souffle se faisant silencieux malgré son essoufflement, comme bloqué, ses muscles se tendant comme pour mieux réagir. Comment avait-elle été assez idiote pour quitter son antagoniste une seule seconde des yeux ?! Chose qu’elle n’avait pourtant pas l’impression d’avoir fait. Mais les faits s’imposaient d’eux-mêmes : personne ne se tenait plus devant elle, plus un bruit ne dérangeait la nuit, silencieuse comme la mort. N’osant pas se retourner, elle resta quelques secondes inerte, cherchant par tous les moyens à se rassurer. S’il avait réellement voulu la tuer, il aurait déjà profité de l’occasion et elle ne serait plus là. C’était une certitude. Voulait-il jouer ? Faire durer la tension pour son petit plaisir ? Machi ne le saurait sans doute jamais. C’est dans ce moment d’interrogations et de doutes que le combat reprit de plus belle, prenant une tournure inattendue. Se mouvant de manière presque naturelle, sa main armée s’ébranla, dirigeant la pointe de la lame vers sa gorge, et plus précisément l’artère la plus affectionnée dans cette zone. A dire vrai, notre jeune rebelle prise de court, n’essaya même pas d’empêcher le katana d’approcher de cette zone fatidique, ne comprenant absolument pas ce qui se passait. En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, sa propre arme venait de se retourner contre elle, à son insu. Le regard fixé sur sa lame, son corps n’eut aucune réaction de retrait ou d’esquive, muet. C’était tellement irréel ! Jamais l’idée d’une telle possibilité ne lui aurait traversé l’esprit… Mais maintenant elle savait. C’était donc ce qu’on ressentait lorsque la dame de fer vous mettait en joug et menaçait de vous enlever la vie sans sommation. Tant de sensations se mélangeaient en vous que s’en devenait presque difficile de ne pas oublier de respirer. L’insécurité, l’angoisse, la surprise, le froid, l’adrénaline parcourant chaque parcelle de son corps, l’endorphine n’ayant pas le moindre effet sur la douleur que son corps lui indiquait. Mais une seule retenait tout son être : la peur. Mourir aussi simplement, alors qu’il lui restait tant de choses à connaître et à découvrir ? C’était impensable ! Elle ne pouvait pas quitter ce monde dans cette ruelle froide et excentrée, dans la solitude la plus totale… Ce n’était pas concevable…

Le sang battait sourdement dans ses tempes commençant à lui donner la migraine, elle crut presque tomber folle lorsque le buste de Tarek s’éleva devant ses yeux, sortant de sa propre arme. C’était quoi ça encore ?! Baissant les yeux sur son arme, elle s’aperçu rapidement des toutes les zones d’ombres qui la couvraient. Pouvait-il fusionner son corps avec toutes les zones ténébreuses de la sorte ? Si tel était le cas, c’était la fin. Hormis si la finalité du Desprànon n’était pas la mort de son adversaire, auquel cas elle gardait un espoir. Et elle s’y accrocherait ! Les mots énoncés traversant son esprit, il éclaira lui-même les chemins assombris : il ne la tuerait pas. Restait à savoir s’il tiendrait ses dires ou non. Mais visiblement, il n’était pas en si bon état que ça non plus. Machi n’eut pas le temps de répliquer ou de réfléchir à la suite du programme que déjà des câbles ébène venaient de l’immobiliser. Malgré la lame toujours accolée à son cou, son corps et son esprit avaient repris quelques vitalités grâce aux dires de son adversaire. Elle avait fait la bêtise de se laisser aller et de penser à la fin… Perdre l’espoir n’était vraiment pas la meilleure des choses à faire. Se tortillant comme elle pouvait, Machi tenta ne serait que de dévier la lame de quelques centimètres, suffisamment pour pouvoir respirer sans être constamment sous le joug, sous pression. Mais rien n’y faisait. Ni ses efforts pour tenter de faire bouger son arme, ni ceux d’échapper aux liens qui la maintenaient immobile et l’empêchait de tenter toute riposte physique. Répondant au visage ensanglanté qui lui faisait face, elle ne manqua pas d’être saisie par le contraste entre le fluide pourpre coulant sur ses joues, et son facies impassible, ses yeux éternellement masqués sous de petits cercles orangés.

Ça ne va pas bien là-haut ? Pourquoi arrêterions-nous si c’est excitant ? La fuite n’est qu’un moyen passif et lâche de défense pour un homme, d’autant plus confronté à une femme. Avez-vous si peur d’atteindre vos limites ou serait-ce plutôt que je ne vous intéresse pas suffisamment avec mes capacités actuelles ?

Malgré l’assurance qui traversait sa voix, Machi n’oubliait nullement la lame dirigée sur sa personne, ni l’endroit désavantageux dans lequel elle se trouvait. L’eau répandue dans la rue était tout ce dont elle avait à disposition. Un bien pauvre élément comparé aux capacités adverses : la ruelle sombre, la nuit noire… Des ténèbres à disposition qui n’en finiraient pas jusqu’au lever du jour. Qui n’était malheureusement pas près d’arriver ! Une position bien désagréable qui ne permettait pas à Machi de proposer quantité d’offenses efficaces… Penser à son plus gros coup était totalement inutile, la quantité aqueuse présente ne lui permettant même pas de créer l’une des cinq colonnes. Se défendre de sa propre lame restait tout à fait envisageable maintenant que la peur n’encombrait plus autant ses capacités intellectuelles, mais cette défense se ferait aux dépends d’une attaque… Ou inversement. Le peu d’eau présente ne lui permettrait pas de continuer éternellement.

Je dois également avouer que je n’avais plus rencontré d’adversaires de ce niveau depuis quelques temps. Je pense que les civilités seraient de rigueur, que je sache au moins qui je dois poursuivre jusqu’à notre prochaine rencontre. Kuragi Machi. Modeste voyageuse, Datenshi à ses temps perdus. Et vous êtes, Monsieur le Desprànon… ?

A ce stade du combat, ça n’avait sans doute plus grande importance. Mais peu importait… Ca l’occupait. Et peut-être même qu’il lui laisserait juste de quoi lui répliquer. Là, Machi ne voyait pas d’issues salvatrices, ni même d’options litigieuses, quitte à prendre un revers de médaille sanglant pour s’extirper de là. Le Desprànon avait toutes cartes en mains pour mener la suite des opérations. Qu’à cela ne tienne, un seul faux pas de l’un des deux camps conduirait à la victoire. Celle de la bataille. Celle de la guerre ne faisait que de commencer…

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Tarek Ngaresh
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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Mer 14 Mar - 19:48

Ce combat n'était ni victoire ni défaite. Comme souvent quand le Despranon se retrouvait dans une altercation imprévue et surtout non désirée, il y mettait fin en rendant l'offensive et la défensive des deux camps impossible. En tant qu'ombre partiellement matérialisée, bien que son adversaire ne soit pas au courant, il ne pouvait pas attaquer. Quand toute à l'heure il avait utilisé son déplacement au travers des ombres pour pouvoir la frapper, il avait du nécessairement sauter légèrement au dessus de l'ombre, se re-matérialiser de façon totale, et l'attaquer, avant d'opérer le processus inverse. Une technique amusante certes, mais qui demande de la célérité et un excellent timing, sans quoi la faiblesse de cette technique peut être révélée, et son utilité peut devenir quasiment, voire totalement nulle. Ceci dit, cela ne faisait pas partie des choses qu'il allait dire à la jeune femme en face de lui. Tout comme il n'allait pas lui dire qu'une simple lampe torche appliquée sur les zones sombres de l'épée aurait mis fin à ses jours d'une manière plutôt efficace et propre. C'était un peu comme de se planter soi-même une épée en travers de la gorge. Et Tarek était tout sauf un suicidaire.

Mais maintenant que le combat était -tout du moins pour lui- terminé, il pouvait quitter cette épée fort désagréable. Premièrement il s'agissait de celle qui l'avait sérieusement blessé, et de plus, elle était relativement lisse, ce qui rendait la formation d'ombres plus compliquée que sur une épée dentelée. Ainsi, il était obligé de maintenir un Symbiosis parfait et une condensation corporelle monstrueuse pour pouvoir tenir dedans. Et sa magie s'amenuisait vite.
Aussi, il quitta rapidement, et atterrit lourdement à quelques mètres de son adversaire. Un geste de la main, et les ombres sous la main de la jeune femme s'étirèrent sans douceur, arrachant la lame acérée des mains de sa propriétaire. Il ne comptait pas mettre fin au sort la maintenant prisonnière dans l'immédiat, même si ça lui coûtait cher. On voyait déjà les séquelles de l'utilisation abusive de l'Umbraesthésie. Des plaies étaient nées un peu partout sur son corps, tâches foncées sur son manteau et ses vêtements écarlates. Superficielles, mais en trop grand nombre, comme sur n'importe qui, cela pouvait vite devenir dangereux. Il se déplaça lentement jusqu'à l'épée, qu'il ramassa. Si elle avait des propriétés magiques, cela pouvait se révéler être un danger supplémentaire pour lui. Mais jusqu'à présent il n'avait vu et senti d'elle que son pouvoir tranchant, et rien d'autre. Ce qui faisait qu'à moins d'avoir un arsenal portable sur elle, pour l'instant elle était désarmée. Et ce n'est qu'après qu'il désactiva le sort immobilisant. Il ne cherchait pas à s'attirer sa sympathie. Il voyait bien dans ses yeux que l'envie de se battre et de le mettre à terre une bonne fois pour toutes dominait tout le reste. Ce qui en soi ne le dérangeait pas, au contraire. Un adversaire plein de vigueur et d'envie rendait un combat bien plus riche qu'un combattant hésitant, terrifié par son attitude ou doutant de ses capacités par rapport à son rang, qui signifiait déjà pas mal en termes de capacités. Mais aujourd'hui, ou du moins ce soir, ça n'était pas le bon moment. Il avait volé une grande partie de la journée, et de la soirée, avant d'atterrir à Modula. Il lui restait un long trajet jusqu'à Sérégon. Il ne s'était pas battu depuis des lustres. Il sentait presque la rouille faire craquer ses articulations quand il se déplaçait. Il n'était pas au top de sa forme, ça c'était clair. Si elle voulait combattre, pas de soucis, mais quand lui même serait à 100% de ses capacités.

"Non, je ne fuis pas. Enfin, à mon sens, je me mets surtout en sécurité. Cela fait un petit moment que je me suis retiré du monde civilisé et de toutes les choses que cela implique. N'étant même pas à cent pour cent de ma forme, j'aimerais au moins retrouver mes quartiers au Panthéon avant de commencer à me battre à nouveau. Je ne pense pas que tu comprennes, mais ça ne fait pas partie de mes centres d'intérêt. Donc pour répondre à ta question, ce n'est pas parce que tu n'as pas les capacités... "requises" pour me combattre que je nous force à cesser les hostilités, mais parce que moi même serai incapable de mener un combat de grande envergure contre toi sans en tirer satisfaction. L'épuisement étire déjà mes muscles, et mes nerfs me font savoir que pour un premier combat depuis plusieurs mois, j'y suis allé un peu trop vite en besogne sur ce coup. Toi-même, si tu as un tant soi peu de satisfaction à combattre des adversaires puissants, tu ne tireras aucune satisfaction à poursuivre le combat. Tes réserves magiques sont sûrement encore pleines, les miennes presque vides."

Il émit un léger soupir, et s'assit sur une des caisses métalliques sur le bord de la ruelle, les mêmes sur lesquelles son adversaire avait posé ses fesses avant d'entamer la bataille. Il posa l'épée à côté de lui, négligemment, et fouilla dans la poche intérieure de sa veste. Il en sortit un petit objet courbe, fait d'une matière synthétique noire. De près, on pouvait voir que c'était tout simplement une pipe, déjà bourrée de tabac. Car Tarek était un fumeur averti, non pas au sens "addict" du terme, mais en tant que dégustateur accompli. Les différentes saveurs du tabac ainsi que leurs propriétés selon les compositions était une source d'intérêt infini pour lui. Il avait même, dans son bureau, un grand râtelier où étaient entreposées de nombreuses pipes, toutes différentes, et qu'il utilisait selon les besoins. Certains artisans lui en avaient même fourni en bois, chose rarissime dans un monde où la production via la robotique et les matières synthétique était présente partout. Le bois augmentait et nuançait la saveur du tabac, déjà fort en saveur. On pouvait ainsi ressentir de nouveaux arômes avec un même tabac, en le fumant avec différentes pipes. Certaines étaient plus adaptées à l'extérieur, avec un bourrage facile et une capacité réduite, d'autres étaient faites pour les fin de soirées, en train de lire un ouvrage, avec une grande capacité, et une taille qui la rendait non transportable en toutes circonstances. Quant au tabac, il le trouvait chez divers fabricants et contrebandiers. D'autres le faisaient pousser et sécher chez eux. Toutes ces personnes faisaient partie du petit consortium organisé et fédéré par Tarek au sein de Modula, qui rassemblait divers trafiquants mineurs, commerçants plus ou moins douteux. Leur but commun était la rémunération rapide et efficace, évidemment, mais aussi l'information, une denrée qui valait très cher. Cela n'avait rien d'une mafia ou d'une organisation criminel, plutôt un accord tacite. Tous savaient qu'au dessus de leur tête se trouvait l'ombre d'un Despranon, qui n'exigeait rien d'eux en retour de son financement régulier que des tuyaux ou des informations pouvant servir "au Gouvernement", ou plus exactement, à lui.

"Machi Kuragi, hein ? Je m'efforcerai de retenir ce nom pour notre prochaine rencontre. Quant à moi, puisque tu as fait l'effort de te présenter... Tarek Maarzak Ngaresh, Omicron Despranòn, Chef de l'Escadron Tactique, et pilote de voltige à ses heures perdues. Inutile de te servir de ce prétexte pour mettre en avant tes idéaux Datenshi et me sauter dessus, je suis peut être fatigué mais il me reste assez d'énergie pour créer une nouvelle impasse à ce combat, comme je l'ai fait toute à l'heure. Et c'est moi qui ai ton épée, ne l'oublie pas. Sache que je n'aime pas plus le gouvernement et ses sbires que toi. Quoi qu'assez pour travailler pour eux et participer à l'organisation du monde. Mon statut fait de moi ton ennemi, c'est un fait. Mais comme je te l'ai demandé précédemment, j'aimerais attendre avant de pouvoir me mesurer à toi. Actuellement, c'est plus frustrant qu'autre chose."

Son visage, comme lorsqu'il était sorti de son épée, restait inexpressif, sans sourire. Il n'en avait plus du tout l'humeur. C'était en soi assez rare pour cet homme qui aimait par dessous tout jouer avec la vie et les émotions de ses pairs, mais là, c'en était assez. Il venait d'autant plus de se rendre compte que ses limites avaient régressé de façon drastique pendant les mois sabbatiques qu'il avait pris, loin d'à peu près tout. Il avait travaillé dur, mais ça n'était pas assez, c'était aussi simple que ça. Sa force mentale et son intellect étaient restés intacts, mais le manque cruel d'adversaires hors du monde civilisé pendant tant de jours avaient fait son effet. Malgré sa force, pour quelqu'un de son âge, passé la quarantaine, l'entraînement était nécessaire. Régulier et intensif, il était même obligatoire. Or, il n'avait pas pu entraîner grand chose, seul. L'Omicron était -pour une fois- déçu de lui même, et malgré son calme apparent, dans une colère noire. Pas contre Kuragi et ses vraies-fausses vannes quand à sa lâcheté qui rebondissaient sur lui comme sur un trampoline, mais contre lui-même. D'un autre côté, en réfléchissant, il se dit que cette colère pourrait le motiver suffisamment pour redoubler d'efforts. Parmi les Despranòn, il était loin d'être le plus puissant. Il avait un pouvoir certes destructeur, mais qui impliquait de sévères complications physiques. Il était bon stratège, ça ne faisait aucun doute, mais sans forces à mettre en application -comme ce fut le cas aujourd'hui- son utilité et son talent s'en retrouvaient diminués. Il ferma les yeux et essuya ses lunettes embuées, avant de les remettre et de rouvrir les yeux. Il jeta un regard froid à la Datenshi non loin de lui, et balança sans ménagement son épée à ses pieds. Plusieurs sens. Celui à saisir ici était "je ne compte ni t'arrêter ni faire quoi que ce soit, si tu veux te battre viens, tu sais ce qui t'attend".

"Vu que je doute pouvoir te faire entrer au panthéon en tant que Datenshi, il va me falloir un endroit , une adresse, où tu vas régulièrement, pour pouvoir te rencontrer et me battre contre toi à nouveau, même si ça n'est pas pour tout de suite. Ou... Non. A ta place je ne ferai pas ça. Donne moi un moyen simple de te contacter, pour te dire que je suis prêt. Cette rue fera l'affaire, elle compte beaucoup pour moi, ce n'est pas la première fois qu'elle me voit."

Il esquissa un sourire amusé tout en disant ça, repensant à la boucherie explosive qui avait eu lieu ici trois décennies plus tôt. Bien sûr personne ne connaissait réellement le coupable, et se doutaient encore moins qu'il était désormais membre des hautes sphères du Gouvernement. Il lui avait donné son nom exact, même s'il se doutait bien que pour elle ça n'aurait aucun sens. Quoi qu'avec un peu de recherches sur lui, elle pourrait trouver la vérité... coincée dans des vieux rapports informatique de police, ou du gouvernement.

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Sam 17 Mar - 20:13


D’ordinaire peu rassurante, la nuit paraissait encore plus incommode une fois ligotée comme un vulgaire saucisson. De toute sa -jeune- vie, c’était bien la prochaine fois que Machi se retrouvait dans cette position aussi inconfortable. S’il n’y avait que ces filins accrochés dont on ne sait trop où, elle aurait peut-être pu tenter de les trancher. Mais avec sa propre lame toujours pointée sur son artère, l’histoire était toute autre. Elle avait beau retourner la situation comme elle le voulait, tirant des plans sur la comète, jamais elle n’aurait pu penser ce qui allait suivre. Dans un bruit sourd, le Desprànon venait d’atterrir à quelques mètres de là. C’était un réel soulagement que de le savoir suffisamment loin mais aussi dans son champ de vision. Donc sa lame était de nouveau libre. Théoriquement. Machi n’eut pas le temps de tester sa résistance que déjà, elle lui échappait des mains, rencontrant le sol aux pieds du Desprànon dans un cliquetis métallique. Arrachée à sa propriétaire pour éviter toute contre-attaque visiblement. Dans la situation où elle était, elle ne pouvait, de toute façon, pas faire grand-chose si ce n’était de défendre. Vu la petite quantité d’eau, même attaquer deviendrait vite inefficace. Et puis… A quoi bon attaquer une ombre ? Elle l’avait déjà vu, ses coups n’avaient frappé que le néant. Inutile.

Son corps commençant à s’engourdir sous l’effet constricteur de l’immobilisation du Desprànon, elle le regarda, posté devant elle, se demandant ce qu’il comptait faire de la situation. Elle n’avait pas de moyen de riposter. Mais il ne le savait pas. Il semblait bien mal en point, de nombreuses tâches sombres disséminées colorant son manteau déjà pourpre. Sans geste aucun de sa part, les liens relâchèrent leur prise, libérant son corps qui attiré par l’attraction de la Terre, retrouva une position plus confortable. L’écoutant blablater tout en massant son poignet pris de crampes, elle le trouva bien bavard, mais aussi particulièrement raisonné. Maintenant assis là où elle-même l’avait provoqué quelques minutes plus tôt, l’homme sorti de sa poche ce qui ressemblait étrangement à une pipe, sous les yeux interrogateurs de la jeune femme. Etait-ce réellement le moment de satisfaire son manque ?! Surtout que fumer la pipe était chose très rare en 4500. Et en plus, il se disait rouillé et fatigué. Quel vieux débris… Patiemment silencieusement alors qu’il semblait réfléchir, elle s’affaira à faire disparaître les fourmillements douloureux envahissant ses jambes, signes d’insuffisance veineuse. Nouveau cliquetis métallique. Levant les yeux sur le dénommé Tarek, elle se mordit la langue, retenant ses dires acerbes. Ramassant sa lame, elle la débarrassa de son sang avec un coup sec, la gardant à la main pour mieux la nettoyer une fois tout ce blabla terminé. Mieux valait ne pas la remettre au fourreau, le sang risquait de coaguler dessus et de tâcher la lame. Et garder un souvenir de ce Desprànon rouillé ne lui donnait pas spécialement envie.

Dans tout ce blabla, il fallait tout de même noter l’intérêt qu’elle avait développé lorsqu’il avait parlé de se revoir. Pour un nouvel affrontement bien évidemment. Pour quelles autres raisons viables un Desprànon et un Datenshi pourraient-ils se voir ?

Ca me va. Mais c’est un peu trop facile. Je n’ai nullement l’envie de vous donner des informations personnelles que vous pourriez ensuite utiliser à votre avantage une fois notre rencontre passée. Une adresse mail, un numéro… Trop facile à tracer ou retrouver. Qui me prouve que vous êtes digne de confiance ? C’est moi qui vous contacterai. Ou… Pourquoi ne pas tout simplement se donner rendez-vous ici d’ici quelques mois ? Je ne vous donne aucune info, vous ne me donnez rien non plus. Votre date sera la mienne. Si ça doit vous demander six mois ou un an, j’attendrais. Mais peut-être que le Destin nous fera nous revoir avant cela.

L’ironie du sort. Combien de fois était-elle tombée sur des personnages loufoques ou certains qu’elle ne pensait pas revoir de si tôt ? Surtout que la probabilité qu’en 6 mois, les Datenshis s’attaquent au Gouvernement de près ou de loin était importante. Et bien évidemment, elle s’arrangerait pour vérifier si les capacités du Desprànon étaient enfin à leur meilleur jour ou non.

Vous avez éveillé ma curiosité… Pourquoi est-ce que vous travailleriez pour un groupe que vous n’aimez pas tant que ça finalement ? La gloire ? Les privilèges d’un si haut poste ? Pour diriger ? J’avoue ne pas comprendre.

Si seulement il n’y avait que cette histoire qu’elle ne comprenait pas avec ce personnage glauque… Mais c’était malheureusement loin d’être le cas. En fonction de sa réponse, quelques éclaircissements lui parviendraient. Du moins elle l’espérait. Il avait l’air d’être le genre de personne à embrouiller plus qu’à éclairer. Pourquoi avait-il un nom si compliqué et moche ? Quel était cet épisode passé loin du reste du monde ? Est-ce tout cela avait un lien avec sa volonté de retour au Panthéon et ses capacités amoindries ? Et surtout… Pourquoi venait-il souvent ici ? Autant de questions qui resteraient sûrement sans réponses. Jusqu’au prochain épisode peut-être…

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Lun 19 Mar - 5:29

Bien, Miss Kuragi semblait pour le moment avoir abandonné ses intentions vindicatives. Pas qu'il fanfaronnait, mais il aurait énormément de mal à reproduire cette situation d'impasse qui justement, avait puisé dans ses réserves magiques au delà de ce qu'il avait prévu. Il le ferait certes, mais il ne rentrerait pas en un seul morceau chez lui, en admettant qu'il puisse rentrer. Les utilisateurs de magie pouvaient fort bien s'en passer, comme le prouvait le dispositif de Shangyu neutralisant toute magie chez leurs détenteurs, mais quand elle était utilisée, elle semblait d'un coup plus précieuse, et on la sentait d'autant plus s'échapper à chaque sortilège et chaque technique employée. C'était désagréable, douloureux, et ça entraînait de dures conséquences. Tarek venait d'en faire l'expérience. Son corps tout entier le brûlait, brûlures à peine apaisées par l'air frais qui s'introduisait insidieusement entre ses vêtements. Non décidément, il devait faire beaucoup plus attention à son utilisation de la magie désormais, du moins jusqu'à avoir retrouvé l'habitude de l'utiliser quotidiennement. Comparé aux presque deux ans passés hors de la civilisation sans l'utiliser, c'était aussi dur à supporter qu'un choc thermique. Et comme presque tout le monde, souffrir ne l'amusait pas plus que ça.

Il esquissa un sourire amusé à l'intention de Machi. Elle se trompait en pensant qu'il utiliserait des informations si poliment demandé à son avantage. S'il les voulait de base, c'était juste pour... marquer son calendrier, par exemple. En tant que chef des stratèges du gouvernement, il connaissait la valeur de l'information, et savait qu'il ne fallait pas abuser d'elle. Et ce genre de choses, qui contribuaient à un divertissement et à un défi personnel, n'avait pas d'autre but que de le conduire au jour J. Ceci étant dit, il comprenait sa position, et aurait sûrement réagi pareil à sa place. Ils ne se reverraient probablement pas avant un petit moment en revanche. Entre la masse énorme de travail qui l'attendait, et le fait qu'il passait aussi énormément de temps dans les airs à perfectionner son art de la voltige acrobatique, il ne passait que peu de temps hors du panthéon. Quand il bossait, c'était dans son bureau, volet fermés, et toute personne entrant dans son antre sans autorisation expresse se voyait chassée vertement d'un bon coup de pieds aux fesses. Il n'aimait pas le Gouvernement, certes. Mais quand il travaillait, il se surpassait, peu importe les conséquences. Quitte à dormir trois jours complets, il pouvait passer une semaine à peaufiner son travail pour qu'il atteigne le degré de perfection voulu. Une fois que tout était terminé, et absolument tout, il prenait du repos.

"Très bien. Je comprends vos craintes et votre méfiance. Le jour où nous nous recroiserons, peu importe l'heure et le lieu, ça sera le jour de notre combat, en face à face, peu importe qui nous accompagne. Je tiens cependant à poser une limite. Un mois. Pendant le mois qui vient, si nous nous croisons, que ce soit par hasard ou non, je ne vous combattrai pas. Si vous souhaitez vous jeter sur moi et m'égorger, faites le. Mais je refuse de vous toucher. Ce mois sera dédié au rattrapage du temps perdu, et au début d'un entraînement régulier, pour remonter une pente trop vite descendue. Passé ce mois, je ne serai plus aussi courtois si j'aperçois votre chevelure au coin de la rue. Et que vous ayez envie de vous battre ou non, je me jetterai sur vous. Sauf si évidemment vous êtes infirmes. Passé ce mois, je reviendrai ici régulièrement. Vous ne me raterez pas, j'en suis sûr."

Il sourit à nouveau. Etait-il vraiment sérieux en disant qu'il la laisserait faire s'il lui prenait l'envie de se défouler sur lui avant le délai d'un mois ? Avait-il conscience qu'il lui offrait l'opportunité de massacrer un Despranòn qui ne se défendrait pas ? Evidemment. Avait-elle conscience qu'elle était testée et qu'une fois de plus, Tarek s'amusait avec le psyché humain ? Qui sait. En tout cas c'était une proposition plus que généreuse, et il doutait fort qu'elle refuse. Quoi qu'il ne lui laissait pas vraiment le choix. Ce mois serait autant un test pour elle qu'une remise à niveau pour lui, qui en avait plus que largement besoin. Différentes personnes à rencontrer, de l'entraînement, du boulot, de la haute voltige... Malgré ce qu'il avait dit, il n'y avait qu'une chance infime pour qu'ils se croisent. Il ne préférait même pas imaginer à quel point ce mois allait être chargé.

Il écouta en outre chacune des questions qu'elle lui posa. Bien qu'elles vinssent toutes d'un coup, et qu'il ne comptait pas répondre à toutes, il était suffisamment éduqué pour ne pas l'interrompre. C'était qu'elle était friande d'énigmes la jeunette ! Lui qui adorait les poser sans jamais y répondre, il allait pouvoir s'amuser. Pourquoi ne voulait-il pas quitter le Gouvernement, s'il le détestait tant ? C'est parce qu'il pouvait s'amuser sans restrictons là où il était. Son intellect et ses capacités globales étaient mises à rude épreuve chaque jour, à chaque fois qu'un dossier estampillé "Urgent" tombait sur son bureau. De même, nombre d'ennemis très puissants existaient dans le monde, et tous hors du gouvernement. En faire partie lui assurait presque à coup sûr de se retrouver confronté à l'un d'entre eux. Et cette soirée, ce combat ce soir l'avait une fois de plus prouvé. Et une autre volonté, beaucoup plus enfouie dans l'esprit ténébreux et malsain de Tarek, le motivait à rester là bas. Ses salopards de carriéristes qu'avaient été ses parents. Jamais ils n'avaient été si haut. Eux qui cherchaient gloire et reconnaissance, pouvoir et qualifications professionnelles, ils étaient morts en simples employés, alors que lui avait atteint le rang de Commandant puis Despranòn. La gloire il la méprisait. De même que le pouvoir, ou l'argent... il s'en fichait. Il voulait juste... jouer. Le monde était un gigantesque damier, il voulait juste jouer jusqu'à subir l'échec et mat, qui viendrait à coup sûr. Et jour, il l'attendait de pied ferme, car ça serait pour lui l'apothéose du jeu, et le paroxysme de sa malsaine jubilation.

"Il y a sûrement énormément de choses que vous ne comprenez pas, vu votre jeun âge apparent. Sachez cepenant que certains entament une carrière par vocation. D'autres travaillent quelque part car ils ont besoin d'argent, même s'ils n'aiment pas leur métier. Ou pour s'occuper. Et d'autres ont des buts peut-être bien moins louable, mais qui nécessitent un emploi tel que le mien. Je ne vous donnerai pas plus de détail, il est plus amusant de vous voir cogiter. Et vous aurez beau chercher, à moins de tomber sur le seul endroit qui pourrait éventuellement vous donner des semblants de réponse, vous ne trouverez pas. Il faudra savoir lire entre les lignes, et il doit y avoir autant de lignes que dans les registres des prisonniers d'Epic Jail."


Une métaphore choisi avec un soin particulier. Tout à fait compréhensible, vu qu'il y avait effectivement tellement de prisonniers qui étaient entrés à Epic Jail -et sortis pour certains- que les listes devaient faire plusieurs kilomètres. Mais Tarek y avait fait un tour, et pas pour un méfait de petit garçon, mais plus pour un crime ayant provoqué la mort de nombreuses personnes. Ca pouvait être une bonne piste d'enquête, si elle saisissait le sens exact de ses mots...

[Bon j'aurais bien continué à bosser, ais 6h30, j'vais dormir hein xD]

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Machi Kuragi

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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Dim 1 Avr - 9:29

Maintenant que la montée du taux d’adrénaline était passée, le froid nocturne commençait à la faire frissonner. Réflexe de production de chaleur pas désagréable, mais qui n’allait pas tarder à le devenir si elle tardait trop longtemps ici. Le combat laissant place aux bavardages, son corps allait se mettre en mode veille, économisant tout ce qu’il pouvait pour pallier l’état de survie activé tantôt, pour ne pas se mettre hors service lui-même. C’était tout de même bien fait un corps humain. Le sien en tout cas. Celui du Desprànon ne récupérerait sans doute pas aussi facilement. Et pourtant, elle n’avait pas pu donner tout ce qu’elle avait. Ce qui n’était sûrement pas plus mal, pour elle comme pour lui. Leur prochaine rencontre promettait de belles perspectives, autant dans les capacités que dans l’issue de leur duel. Ca promettait !

Par contre, il y avait bien un détail qui la chiffonnait et la faisait tiquer. Pas tant dans la prévision de leur future rencontre, chose qui la faisait doucement rire vu que ça lui faisait plutôt penser à un rendez-vous arrangé. Mais plutôt dans le laps de temps donné. Pour elle ça ne posait pas de problèmes pour le peu qu’elle en ressortait amochée. Mais pour Tarek, l’enjeu n’était pas le même, du tout.

Pas de problèmes pour qu’on se donne rendez-vous. Ici sera sans doute plus simple qu’ailleurs. Par contre… Vous ne pensez pas qu’un mois c’est un peu court ? Je parle pas pour moi, mais vu votre âge… et le corps rouillé que vous avez aujourd’hui… Ca ne me parait pas forcément suffisant. Non pas que je me surestime ou quoi que ce soit d’autre, mais s’il faut attendre, autant attendre un bon moment et faire un combat qui en vaille la peine non ? Vous retrouvez ici dans un mois, moitié sonné de votre retour au Panthéon, encore cassé, ça ne m’intéresse pas du tout. Je n’en tirerai rien de plus. Autant vous finir maintenant.

Il pouvait toujours réitérer son entrave s’il souhaitait. Même si elle n’était pas sûre de pouvoir l’esquiver, elle était plus lucide et il lui restait suffisamment de magie pour tenir un bout de temps. C’était l’avantage de ne pas avoir de grosses quantités d’eau à manipuler. Les techniques n’étaient pas importantes en répercussions mais son énergie ne baissait pas radicalement à chaque offense, ce qui lui permettait de se garder quelques confortables réserves. Ce que Tarek n’avait visiblement pas pu gérer comme il l’entendait. Ce n’était certainement pas à cause de son âge. Mais très certainement de ce qu’il décrivait comme une période sombre, sorte d’exil. Voulu ou accidentel, Machi n’en savait rien. Et mieux valait ne pas trop entrer dans son jeu. Un jeu de questions sans réponses évidentes qu’il menait d’une main de maître. Disons plutôt qu’il blablatait. Et qu’au milieu de son blabla, il semblait glisser un mot, une expression, qui une fois sorti de leur contexte apparent et banal, se voyait utile. Et gnagnagna… quoi malgré son jeune âge ?! Parce qu’on était jeune, on n’était pas capable de comprendre certaines choses ? Bien sûr que Machi ne pouvait pas s’imaginer ou comprendre entièrement toutes les raisons qui animait ce vieux coucou ensanglanté. Mais elle n’était pas niaise. Elle pouvait supposer et se montrer compréhensive sur certains arguments. Et aussi prendre ce qui l’intéressait.

Je crois que ça ne sert à rien de vous questionner plus. Hormis me donner une réponse qui embrouille plus qu’autre chose… Mais ça ne m’étonne pas qu’un Desprànon aussi tordu que vous soit doué à ce jeu là.

Machi pouvait se douter qu’il n’avait pas choisi d’aborder la prison lunaire uniquement pour faire joli ou lui montrer la quantité d’informations parmi lesquelles elle devrait farfouiller pour trouver un petit bout de réponse. La dernière fois qu’elle avait entendu parler de ce sordide endroit, on lui avait promis de l’envoyer y faire un tour si elle perdait le combat. Et ça, jamais elle ne s’y ferait. Aller là-bas… Plutôt mourir. Son regard azur retournant sur Tarek toujours assis avec sa pipe, elle rengaina son arme dans son dos, seul le bruit du métal crissant se faisant entendre dans cette rue sordide.

Vous ne devriez pas fumer à votre âge. Normal que vous n’ayez plus d’endurance si vous vous pourrissez les poumons alors que votre vieillesse s’en charge déjà. Sur ce… Si vous n’avez plus rien à dire, je vais m’en tenir là. J’ai de quoi réfléchir et me préparer pour notre prochaine rencontre.

Il était temps de rentrer pour dormir un peu. Le froid qui s’insinuait sous sa faible couche de vêtements ne lui plaisait plus autant. Puis… A cette heure là, un vieux, ça doit déjà être couché !

Ah… Et tâchez de ne pas développer Alzheimer d’ici là. Moi je ne vous oublierai pas.




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Tarek Ngaresh
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MessageSujet: Re: Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]   Dim 1 Avr - 16:50


Un nuage de fumée s'éleva dans l'air pendant que Tarek l'écoutait, sans émettre d'objections, pour le moment. Effectivement, ce soir là, il s'était mis en difficulté bien plus qu'il ne l'aurait cru. Et cela venait très certainement des répercussions de son entraînement. Du moins, de ce que ça avait censé être. Et il avait eu la malchance, dès son arrivée, de tomber sur un adversaire de haut niveau. Un Datenshi ne jouissait peut-être pas du prestige d'un Despranòn, mais ils restaient de sacrés adversaires, dans la tête de liste des personnes à abattre par le Gouvernement. Et à vrai dire, peu de soldats d'Escadron pouvaient ne serait-ce qu'espérer réussir à en tuer un en face à face, encore moins à le neutraliser et à le ramener au Panthéon. C'était donc une des prérogatives des Despranòn. Les défoncer à vue. Mais pour le coup, il n'avait vraiment pas eu de chance. Oui, à lui la faute d'avoir voulu repasser par cette zone de non droit, pourtant pas mal fréquentée par les rebelles, et ce juste pour entrapercevoir cette fameuse ruelle qui marqua le début de son existence de folie. Mais ça avait été plus fort que lui, et il n'avait pu s'empêcher de s'y pointer. Maintenant il en subissait les contre coups.

Mais quoi qu'elle pense, ce mois serait bien suffisant, voire plus, pour récupérer totalement. Elle le voyait comme décrépit et un peu sénile sur les bords ? Soit, il n'allait pas démentir, et se montrerait particulièrement méticuleux lorsqu'un jour prochain, il lui faudrait argumenter le contraire. Et Tarek était très pointilleux sur les détails, et très, très, très consciencieux. Ç'allait être un plaisir. Qu'elle s'en tienne donc à ce mois de répit, autant pour lui que pour elle, et tout se passerait bien. La balle était dans son camp, et il préférait la garder, c'était plus amusant ainsi. Une bouffée plus sèche et plus courte que les autres lui indiqua que la dose de tabac dans sa pipe touchait à sa fin. Tant pis. Il se releva sans cacher qu'il avait quelques difficultés à réaliser ce mouvement pourtant simple, mais l'adrénaline commençait à refluer, et le flot d'endorphine dans son corps n'était pas suffisant pour calmer les douleurs du combat.

"Je vous ai dit un mois, et c'est parce que je sais que ça suffira. S'il m'en avait fallu six, j'en aurais demandé six. Alors tenez-vous en à cette indication, le reste me regarde. Y compris mon âge, qui n'est pas aussi élevé que ce que vous avez l'air de penser. Et en voyant si peu de détails de mon visage et du reste de mon corps, vos suppositions sont bien fragiles. Si vous souhaitez me finir maintenant faites-donc, mais un autre Omicron prendra ma place. Ca ne vous avancera donc à rien. Alors pendant ces trente jours, tenez vous tranquille."

Il esquissa un sourire mauvais, et fit volte face, pour retrouver dans l'obscurité le chemin menant au spatio-port. Il n'aimait pas prendre les véhicules terrestres, et l'Xpress était pour lui une aberration, pleine de civils avec leurs mômes braillards, leurs cellulaires aux sonneries incessantes, leurs dialogues aussi inutiles qu'irritants. Une navette ferait bien l'affaire, et on ne refusait pas ce genre de chose à un Despranòn. Ce n'est qu'une fois le trajet en tête qu'il se tourna à nouveau vers Machi, toujours souriant.

"Ne soyez pas trop médisante par rapport à mon âge. Je ne suis certes pas aussi jeune que vous, mais contrairement à ce que vous pensez, en pleine possession de mes moyens. Quant au tabac, il s'agit tant d'un moyen de détente que d'un loisir, que vous puissiez le savourer ou pas m'importe peu. Et pour finir... effectivement, tenter d'aller plus loin dans un jeu de questions-réponses conduirait tout droit à une impasse. Je vous ai donné matière à réfléchir, et bien plus que vous ne le pensez. A vous de creuser désormais, ce qui devrait vous occuper suffisamment jusqu'à notre prochaine rencontre. Mais je doute que vous trouviez les réponses si vite."

Effectivement, surtout pour une rebelle, le temps requis risquait d'être salement allongé. Même si Tarek n'avait pas pu effacer tout ce qui concernait sa véritable identité, elle figurait dans des rapports tellement vieux que seule une intrusion dans les serveurs du Gouvernement avec des recherches durant des heures et des heures pouvait conduire à deviner la vérité. Et encore, le reste était sur l'ordinateur personnel de Tarek, qui n'était pas relié aux serveurs officiels, vu qu'il en utilisait un privé pour stocker tous les renseignements concernant ses magouilles, ses tuyaux, ses indics... Bref, il fallait vraiment creuser très, très, très profond.
N'ayant rien d'autre à dire ou à annoncer à la jeune Datenshi, c'est sans un mot qu'il prit donc le trajet inverse pour rentrer à Sérégon. Encore qu'il passerait probablement chez un médecin avant, histoire de bander correctement ses plaies et de les désinfecter. Ca ne prendrait pas très longtemps. Et comme à chaque fois qu'il se déplaçait dans l'obscurité, un des effets inhérents à l'Umbraesthésie, les ombres semblaient attirées par lui et le suivre, bien que ça soit peut être une illusion d'optique. Il était leur manipulateur, mais visiblement, elles aimaient ça. Et il était l'incarnation physique de l'obscurité et de ses méandres insondables. Nul doute qu'ils auraient plein de choses à se dire et à faire durant leur prochaine rencontre...


[Voilà, je pense qu'on peut clore le topic ici, sauf si tu veux rajouter un ptit truc o/]

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Das ist Mitternacht. [PV Machi Kuragi]

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