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 Walking At Midnight [PV Alix]

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Seno Keiyll
Chercheur en Chef - Section Magique
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MessageSujet: Walking At Midnight [PV Alix]   Lun 15 Aoû - 19:45

Je me tiens sur le toit de cette haute colonne de fer et d’acier et c’est en soit tout un symbole. Nous autres humains nous cherchons sans cesse à défier le monde et ses lois. Nous cherchons à nous élever comme cette tour en direction du ciel, arrogant que nous sommes. Nous cherchons la connaissance pour mieux nous détruire. Nous cherchons des excuses et des raisons à tout ce que nous faisons ou à tout ce à quoi nous renonçons. Nous cherchons le bonheur et le plaisir quitte à fouler du pied, le bonheur et le plaisir d’un autre. Nous sommes des êtres intéressés capable du pire pour vivre ou pour survivre quelques instants de plus, bien que nous nous sachions condamné par le temps. Oui nous sommes vils, fourbes et lâches. Nous sommes répugnants, manipulateurs et destructeurs. Voilà pourquoi lorsque mon heure sera venu, alors que je me présenterais devant toi Ô grand architecte de l’univers, je ne ressentirais aucune gène ni aucune peur. Et plus que cela, je te regarderais bien en face pour te crier ceci :
Tu as devant toi le meilleur d’entre tous. Ta plus belle création, façonnée par les maux, sculptée dans les vices, sublimée par la haine et dévorée par l’envie. Je suis le meilleur de tous ceux que tu as envoyés hanté la terre avant moi. Oui, je sais que d’entre tous je suis celui là, car d’entre tous, père, je suis le pire.

[Extrait des Confessions d’une vérité– Superbia- Chapitre 1er]




Les faits suivants ont lieu entre 21h00 et 22h00.


Le soleil couchant disparait à l’horizon. Ses dernières flèches de lumières s’estompent dans le ciel sous les yeux de cet être singulier qui pose sur le monde un regard inquisiteur. Son indéfectible blouse noir virevolte au gré du vent tout comme sa sombre crinière et c'est d'un air suffisant et hautain qu'il toise ce monde en relevant le menton. Alors qu’il monte sur le rebord qui le sépare du vide, il se fait le témoin de la toute magnificence de Modula qui s’étend devant lui. Le monde est un gigantesque spectacle qui ne connait pas d’entracte et la cité de métal est l’une de ses scènes préférées, un théâtre à ciel ouvert ou nous avons tous un rôle à jouer et où les spectateurs sont exclus.
Elle se veut plus sublime encore lorsque la nuit arrive, sa fervente complice qui la noie dans les vices, sa fidèle alliée qui la transcende dans le péché. Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, on ne peut rester indifférent devant l’une des plus grandes créations de l’homme. Les terres naturelles de Dieu ont depuis longtemps été profané par l’humanité et Modula en est la parfaite représentation.
Cette pieuvre d’acier a profondément enraciné ses tentacules dans la terre si bien que nul ne se souvient de ce qu’était ce lieu autrefois. La mégalopole cosmopolite est le fleuron technologique de notre ère. Elle est la ville qui jamais ne s’endort. Ici, toutes les classes sociales existent et alors qu’elles ne se rencontrent presque jamais dans la lumière, elles se confondent dans l’irrévérence et les travers une fois tapis dans les ténèbres. Ville avant-gardiste le jour, cité de tous les excès la nuit, elle tourbillonne dans ces tumultes, indécise à la manière d’une pièce qui tournoie sur elle-même sans jamais préféré son côté pile à son côté face.

Le diable voit ses pensées l’assaillirent de toutes parts et pour y mettre un point final, ce dernier s’avance dans le vide et finit par sombrer du haut du gratte-ciel. Un abîme obscur et sans fin l’engloutit tout entier déchiré par les innombrables lumières de la ville que compte les néons des enseignes, les feux de la signalisation et autres phares aveuglants des transports de toutes sortes qui scintillent au loin. Son corps prends de la vitesse à mesure qu’il décline d’étage en étage. Le vieux bourgeois témoin de se drame ne peut qu’écarquiller les yeux devant la baie vitrée de l’ascenseur extérieur qui vient de se faire dépasser dans cette course où la ligne d’arrivée est symbolisé par ce sol qui, se rapproche inéluctablement à mesure ou s’égraine les secondes du temps. Il lui arrivait de faire des paris stupides pour peu que cela l’amuse, et ce petit jeu en faisait parti. Quelques mètres encore séparait sa vie de sa mort, quelques mètres encore et on ne parlerait plus de lui qu’au passé. Le savant se retrouvait vulgairement chahuté par le vent et piégé par la loi de l’apesanteur. Il riait aux éclats de voir sa fin toute proche, puis, sans un bruit, sans éclats ni vrombissements, le voici qui foule le bitume des pieds aussi délicatement que ne l’aurais fait une plume. Gardant son petit air satisfait, ses yeux restaient rivés vers le toit du monde comme un énième pied de nez de plus à l’artisan de tout qu’il se plaisait à défier régulièrement, tout narcissique et mégalo qu’il était dans ses réguliers excès de blasphèmes.

Sans avoir le temps de savourer sa performance, une luxueuse berline du gouvernement était arrivée pour le rappeler à ses devoirs. En parfait accord avec la gamme luxueuse de son temps, ce petit bijoux technologique était parée d’une robe sombre faite d’aluminium. Les regards gavés de convoitise la dévorait des yeux et plus encore, c’était, pour bon nombre, la crainte teinté d’un semblant de sécurité qui enhardissait les pupilles de ses gens bien comme il faut. Ceux là même qui pullulaient à la sortie de ce grand hôtel dont le standing était en accord parfait avec le véhicule de prestige. En effet, tous avait reconnu une des voitures officielles du gouvernement et à n’en pas douter, pour profiter de ce faste de la sorte, l’individu qui venait de prendre place sur la banquette arrière devait tenir une place de choix dans l’organisation. Le chauffeur avait bien entendu prit la peine de descendre et de faire le tour pour lui ouvrir la portière. Propre sur lui et aussi impeccable que l’exigeait sa profession, il avait conduit nombre de dirigeant et de tête pensante, mais c’est avec un soin et un stress tout particulier qu’il s’acquittait de sa tâche cette nuit là. Il savait le scientifique pointilleux sur certains points et plus que laxiste sur d’autres et malgré tout, il s’appliquait en tout pour ne pas à avoir à souffrir des troubles que celui-ci pouvait lui causer, les rumeurs sur ce qu’était devenu son prédécesseur allant bon train dans les différents cercles du gouvernement qu’il fréquentait. C’est donc au coin de la rue que la voiture disparut aux yeux des envieux et des craintifs, sous les sourires aiguisés, les saluts déguisés et autres faux semblants de la plèbe.


La berline métallisée se frayait un chemin dans les différentes artères de la ville pour finalement rejoindre une des grandes avenues qui menait aux quartiers résidentiels. Le chercheur était attendu pour y tenir une conférence bien que ses pensées d’alors étaient tout autres. A l’intérieur, bien à l’abri derrière les vitres teintées on retrouvait le chauffeur au téléphone, après que celui-ci ait enclenché le pilotage automatique. Il avait le teint buriné par milles soleils, le crane rasé, le menton volontaire et un sale regard, vous savez, le regard de ceux qui ont vu plus d’une fois la noirceur de la vie et ses mauvais côtés. De nobles matériaux habillaient l’habitacle, des sièges en cuir tanné d’époques au tableau de bord en carbone dium de haute facture. Le tout, léché et composé dans une harmonie parfaite. En temps normal, jamais il n’aurait mit en route l’ordinateur intégrale qui gérait toutes les fonctions du véhicule. Il aimait bien trop conduire, mais il savait qu’il aurait alors du croiser le regard de son passager dans le rétroviseur intérieur. Ce dernier était d’un calme olympien, son visage se tenait dans la pénombre, la baie vitré séparant le compartiment avant de l’arrière. Après quelques kilomètres, le chauffeur avait eu le malheur de jouer de malchance en croisant ses yeux dans le miroir intérieur, ce stupide réflexe de conducteur aguerrit venait de lancer la discussion.


- Nul effet provenant de la raison ne peut durer toujours, parce que les désirs des hommes changent suivant les influences du ciel.
- Je vous demande pardon monsieur ?
- En langage profane et pour que tu comprennes mieux, cela signifie ‘Changement de plan.’
- Négatif, on m’a expressément recommandé de vous conduire en lieu et place.


Le diable qu’il était s’exprimait de manière châtié, hautaine et pleine d’assurance. Cela correspondait parfaitement à sa personne, à ce qu’il dégageait et au niveau d’éducation qu’il avait du recevoir au vu de son poste actuel. Par conséquent, le chauffeur ne fut aucunement décontenancé. Là où le bas blesse, c’est qu’un semi-automatique à longue culasse et tout en chrome venait de faire son apparition, le canon de celui-ci rivé sur la tempe du conducteur qui était soudain devenu blême. Un subtil sourire habillait les lèvres du scientifique qui prit à nouveau la parole.

- Je ne t’ai pas demandé si nous changions de plan, ce n’était pas une suggestion. Je t’ai dis que nous changions de plan. Comprends-tu la nuance ? Je ne te demande rien, je t’informe. Mais puisque tu as jugé bon de me contredire nous allons jouer à un jeu.
- Monsieur s’il vous plait ! Tout ce que vous voudrez !
- Et bien voila, quand tu veux tu peux être serviable. Rend toi à l’Est de Modula au plus vite. Je ne tiens pas à passer mon temps en compagnie de ces requins de la finance. Conduis-moi là où la vie est plus sordide, là où la vie est plus vraie. Attention, ton temps est compté et tu ne sauras pas de combien de minutes tu disposes.

Des lueurs écarlates semblaient inonder son regard noir de jais, le chauffeur en avait des sueurs froides. Il était prévenu, mais son excès de zèle l’avait perdu. Bien décidé à ne pas mourir ici et à revoir sa famille, le chauffeur avait troqué le pilotage automatique pour un pilotage manuel et plus musclé en bon professionnel de la conduite qu’il était. La commande vocale que venait de prononcer Séno avait mis en marche l’autoradio qui diffusait de l’Opéra, le célèbre Aida Verdi. Alors que le moteur de la berline était poussé à plein régime, le pilote redoublait d’hardiesse et sa course folle était aussi bien rythmé par les chœurs et les basses, que par le son du moteur et la cavalcade de son cœur qui battait à l’unisson. Le tout, bien orchestré par le maitre d’œuvre qui se tenait en arrière salle et qui n’avait pour baguette, que son Desert Eagle qui scintillait sous les lumières et se faisait menaçant dans son rétroviseur.
Bringuebalé de tous cotés, le rugissement du révolver se faisait entendre déchirant de surcroit, le cuir du siège à l’avant et le par brise par la même occasion. Difficile de se concentrer quand on doit à la fois éviter les autres véhicules du dehors et les balles de pistolet du dedans, et ce, en roulant à grande vitesse vous ne trouvez pas ? Si oui, vous êtes alors du même avis que ce pauvre bougre de chauffeur. Le crissement de son véhicule sous la pression de l’accélérateur avalait sans cesse les kilomètres mais jamais assez vite.
Séno était toujours de la fête, prenant sur lui de chanter pour en rajouter, bien entendu il chantait faux et ne tenait pas en place comme si il avait un réel rôle à jouer dans cet Opéra d’un genre particulier.



Tin tin nin nin nin ! Plus vite chauffeur ça traine !


Et une nouvelle détonation venait de retentir, celle-ci avait foudroyé l’épaule du malheureux arrachant chez lui un cri de douleur, arrachant chez le chercheur un cri d’extase qui venait de donnait à la musique une âme nouvelle. Sous ses yeux, le pilote voyait déjà s’ouvrir l’enfer, mais ce n’était pas des flammes rougeoyantes qu’il apercevait mais les lumières des feux de stop des autres automobilistes qui lui criait d’arrêter sa course folle. Impossible, le requiem le poussait à poursuivre, la folie du savant le poussait en avant. Après un dernier dérapage, le véhicule avait finit sa course juste devant le boulevard où commençait la partie Est de la ville. Fumant, esseulé et bon pour la casse, voilà dans quel état se trouvait à présent le chauffeur qui au passage, n’avait rien à envié à l'état de la voiture.
Finalement, Seno était arrivé à bon port. Il s’était déjà lassé de sa victime et le laissa à son triste sort non sans lui donner une petite pièce pour cette folle poursuite contre la montre. Puis, bien avant l’arrivée des autorités, il disparut dans la nuit, au détour d’une ruelle qui le plongerait, espérait-il, dans les tréfonds de l’âme humaine qu’il devinait aussi sombre que cette venelle.


Dernière édition par Seno Keiyll le Sam 20 Aoû - 11:55, édité 1 fois
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Alix LittleRed

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MessageSujet: Re: Walking At Midnight [PV Alix]   Ven 19 Aoû - 8:55

Rien n’est plus inhumain que Modula. Les lumières artificielles qui éclosent ici et là semblable à des feux follets attirent les passants comme des papillons de nuits. Les plaques d’égouts laissent parfois une épaisse fumée blanchâtre s’échapper pour recouvrir la majorité du trottoir tandis que les véhicules stagnent, laissant leur moteur rugir de mécontentement d’être ainsi piégé dans la circulation. Les bâtiments n’ont aucune couleur en dehors du gris métal et du cuivre qui se veut chaleureux. Les ouvriers n’ont pas jugés nécessaire de camoufler les énormes tuyaux qui s’étirent comme un réseau électronique au dessus des rues.

Une impression d’étouffement.

Tels sont les bas fonds de Modula, des trottoirs toujours humides comme après un jour de pluie, des nuits chaudes comme avant l’orage et parfois, dans ces petites ruelles étroites débarrassées de la populace, un courant d’air glacé qui vous prend la gorge. Le bruit est omniprésent, grouillant sourdement aux oreilles de tous qui parlent plus fort pour se faire entendre. Tout n’est qu’un brouhaha sans queue ni tête, il est impossible de saisir la conversation du passant qui parle au téléphone alors qu’il est à vingt centimètres sur votre gauche.

Comme une goutte d’eau dans la Mer.

Alix aime Modula. La mécanique a ses charmes et rien n’est plus vivant que cette citée d’acier et de rouages. Quelques enfants, mendiants pour la plupart, utilisent les canalisations apparentes pour monter aux murs, escalader ces bâtiments bondés pour prouver qu’ils sont courageux. A bien observer les alentours, les bas fonds de Modula ressemblent à des milliers de serpents de fer qui recouvrent les murs, traverse de toits en toits. Des escaliers rouillés, des ventilateurs qui vrombissent jours et nuits pour tenter de rafraîchir l’intérieur des bâtiments bondés de civils. Des restaurants, le bruit d’une cuisine où tout le monde s’active. Le bruit de couverts qui s’entrechoquent, les ordres lancés par les serveurs et chefs cuistots. Un vendeur de journaux qui hèle les passants, criant la nouvelle du jour qui fait la première page.

Invisible.

Cette ville a toujours été propice au commerce illégal. On trouve de tout si on sait où chercher. Il n’est pas étonnant de trouver au détour d’une ruelle un gars qui, sous son long imperméable, va vous proposer des calibres signés de la main du Gouvernement juste à coté d’un autre totalement artisanal. La Cour des Miracles des pillards, vauriens et autres brigands. Tout ce qu’ils volent dans les convois du Gouvernement, les Neufs ont pour habitude de les revendre ici, dans l’ombre de cette masse humaine qui couvre le bruit des pièces qui tintent joyeusement suite à une bonne affaire. Alix a laissée des sacs entiers chez un revendeur, Björn a prit la majorité de l’argent pour acheter le nécessaire de survie. Mais ce soir, l’air est à l’errance, celle qui mène vers une enseigne clignotante qui dévoile une porte vieille et qui grince. A l’intérieur, l’odeur de la cigarette et de la bière couvre celle de la transpiration.

C’est dans cette taverne que certains membres des Neuf attendent déjà autour d’une table. C’est devenu une habitude, fêter le jour du commerce où certains pourront aller s’acheter des choses inutiles qui ne concernent qu’eux. Alix enfourche sa chaise et distribue à chacun la somme qui lui revient de droit sans chercher à dissimuler les liasses de billets. Après tout, ici, tous ont les poches pleines. L’endroit est glauque, sale même, on sert de la mauvaise bière, les verres ont une hygiène douteuse, les tables collent mais toutes les transactions peuvent se faire sans que quelqu’un se sente intéressé. Entre pirates, on se tire pas dans les pattes.

Puis on trinque pour oublier que demain tout peut s’arrêter.

[…]

L’air est beaucoup plus respirable sur les toits. Une brise fraîche dénuée de l’humidité ambiante qui règne en bas. Björn, Roy, Trent et Alix savourent une cigarette, cherchant à stopper le monde qui tourne autour d’eux à cause de l’alcool. Ils parlent à voix basse. La lune est haute dans le ciel assombrit de pollution et l’heure tardive pousse aux murmures et aux confidences. Des rires étouffés, une dernière bière décapsulée, un soupir de bien être.

Avoir l’impression d’être les maîtres du monde.

Perchés, ils observent le monde vu d’en haut et une sensation de plaisir envahit leur ventre de se sentir inexistant pour cette foule d’en bas. Qui se doute que quatre personnes sont juchées sur un toit à fumer une cigarette ? Personne ne se doute de leur existence et le meilleur, c’est que tout le monde s’en fou. Ils n’existent que lorsqu’ils ont leur armure, leurs masques d’acier couvrant le bas de leur visage. Méconnaissable, des inconnus qui incarnent pourtant quelque chose. Les Neuf n’existent plus une fois habillés en civil, sirotant un verre autour d’une table. Devenir personne.

Trent a un mouvement de recul et aussitôt, ses compagnons se dressent aux aguets. Quelques coups de feu étouffés par le toit d’une voiture et le bruit de la circulation mais le bruit d’un Desert Eagle, Alix le reconnaitrait entre mille puisqu’elle en a toujours un à sa ceinture, là juste sur la hanche à droite, dissimulé par la longueur de sa veste. La voiture fumante et estropiée s’arrête brusquement pour laisser un homme en sortir, droit et fier. Arrogant et égocentrique. Sûr de lui.

« Un gars du Gouvernement. »

Trent n’apprécie guère rencontrer des potentiels anciens collègues, son statut du déserteur met en jeu son identité à chaque instant s’il se trouve à Sérégon. Mais à Modula, dans une ruelle menant vers les bas fonds, qu’est ce que ce type vient chercher ? Et seul. Une descente de flic à lui tout seul. Pathétique. Pourtant, Trent et ses compagnons ont déjà sortit les armes dissimulés sous leurs fringues et guettent ce nouveau carnassier qui avance vers l’ombre de la ville. L’ivresse de l’alcool est retombé à une vitesse folle et bientôt, tels des chats de gouttières, ils sautent silencieusement de toits en toits pour suivre le loup qui entre dans la bergerie.

Stupide impression, n’est ce pas, de ce voir comme une brebis alors que les « méchants » aux yeux de la loi, des gens de bonnes morales, ce sont eux. Égoïstes, auto-suffisants, ils se permettent de braquer les convois et revendent les marchandises pour leurs propres bénéfices. Ils ne se sont jamais vu comme des Robin des Bois ou un truc du genre, des chevaliers qui attaquent la Puissance pour donner à manger aux pauvres. Foutaises, le monde est égoïste et celui qui vous remercie le jour où vous lui apportez à bouffer sera le premier à vous cracher dessus quand on vous trainera devant le peuple comme un renégat, un brigand qu’on emmène en procès.

Pourtant, il arrive que, parfois, même les plus égoïstes soient pris d’un élan d’héroïsme. Ou de stupidité. Plutôt de stupidité en fait. Ils auraient pu le laisser filer vers les bas fonds et s’enfuir à l’opposé, ravi de ne pas l’avoir croisé directement. Alors pourquoi se bornent-ils à le suivre à une certaine distance, arme à la main ?

Stupide instinct.

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Seno Keiyll
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MessageSujet: Re: Walking At Midnight [PV Alix]   Dim 21 Aoû - 7:09

Le soleil c’est finalement éclipsé. Voyant cela, le ciel en a donc profité pour revêtir sa tenue de soirée. Une sombre robe à la parure d’étoiles. La nuit vient de chasser le jour et elle règne à présent en maître. Elle déteste la chaleur du soleil qui l’étouffe, si bien que lorsque c’est à son tour de commander, elle laisse son souffle exhaler les moindres recoins de la cité de métal, en commençant par les petites ruelles comme celle qu’avait choisit d’arpenter le scientifique. Il s’engouffre dans les ténèbres, seul. La démarche nonchalante, une éternelle tige de tabac à la commissure des lèvres, il avance. La fumée se laisse emporter par Zéphyr à chaque fois qu’il la recrache. Aucun son ne se fait entendre si ce n’est ses pas sur le sol et le clapet de son briquet-zippo d’époque qu’il ne cesse d’ouvrir puis de refermer machinalement. Sa sombre silhouette se marie parfaitement à l’obscurité des lieux, éclairé ça et là par les quelques lumières des habitations qui jalonnent la venelle.

Beaucoup dirait qu’il se jette délibérément dans la gueule du loup, qu’il est impensable qu’un homme aussi distingué et cultivé puisse oser déambuler dans les coins les plus malfamé de la ville. Mais ces gens ignorent tous de lui. Certes, il sait pertinemment que cela est dangereux, mais c’est aussi, terriblement excitant. Souvenez-vous, l’homme est joueur et il ne recule devant rien pour satisfaire le moindre de ses caprices. De plus, il se veut la parfaite incarnation du gouvernement et de son idéologie. Là où il va, cet idéal l’accompagne et il n’existe aucune zone de non droit ni aucun endroit où il se refuse d'aller, fusse même, au prix de sa sécurité. Pire encore, voici qu’il se plait à fréquenter ces lieux et tandis que son esprit s’imprègne de ces scènes banales, il se voit dans chaque pupille de ces personnes infréquentables. Oui, ils ont tous une lueur dans le regard. Une lueur pareille à une flamme qui ondule et vacille sans toutefois s’éteindre. Un feu intense qui devient plus virulent encore lorsque le vent l’encourage. Mais ici le vent se nomme amertume et la flamme porte le doux sobriquet de colère, de haine. Les affres de la nuit et ses démons, dont les plus fidèles répondent du nom d’alcool et drogue, acclament les bagarres et les rixes qui éclatent sur son passage. Il sourit de les voir s’entredéchirer pour des motifs risibles la plupart du temps. Non pas qu’ils les jugent, au contraire, il apprécie de voir la nature humaine sous sa véritable apparence, entière, imprévisible et violente.

Il poursuit son chemin en riant, en applaudissant et en acclamant les affrontements sans toutefois prendre part aux échauffourées. Après tout, ces gens n’enfreignent pas la loi, qu’ils se rebellent et se nuisent entre eux ne le regarde pas. Rapidement lassé, il trouve bien vite une situation qui va accaparer toute son attention. Tapis au milieu des ombres de la nuit, il assiste à un passage à tabac en bon et du forme orchestré par une patrouille. Il approche sans bruit comme un félin guettant sa proie, poussé par la faim. Il jubile et se mord la main pour étouffer un rire qui aurait trahit sa présence et ça il ne le voulait pas. Il était aux premières loges pour assister au spectacle, plus encore, il était dans les coulisses, se préparant à une entrée en scène des plus fracassantes.

L’escouade rouait de coups un séparatiste en herbe qui avait cru judicieux le fait de taguer un mur du mot « Freedom ». Mais qu’est ce que la liberté ? Le droit de faire tous ce que l’on veut, quand on le décide ? Non, cela est plutôt l’anarchie. Le citoyen de base pense sans cesse à un monde illusoire. Un monde ou l’on est tous égaux et d’autres inepties de ce genre. Nous naissons tous égaux, certes, mais dieu choisit très vite ses favoris. Le gouvernement est le seul rempart contre le chaos. Sans lui la terre sombrerait dans l’apocalypse. Sans cette entité toute puissante pour les protéger, sans cette légitime justice pour les sanctionner, que deviendrait le monde ? La réponse est toute désignée. Tout ressemblerait à cette ruelle, tout ne serait que désolation et amertume. Les coins ou le gouvernement est le moins présent sont les coins les plus malfamés, les plus dangereux, cela prouve bien ce que j’avance. Quand aux autres, les Senshis, les Datenshis et que sais je encore, pour moi ils sont indissociable, ils sont les ennemis du gouvernement et peu importe le nom qu’il porte ou les valeurs qu’ils pensent défendre.
Tous veulent la même chose, le pouvoir. C’est une course au pouvoir, il n’y a pas à se leurrer, c’est une course qu’il ne faut pas perdre. Déposséder le gouvernement de sa toute grande domination revient à élever d’autres personnes pour diriger. Et dans ce cas de figure, qui pensez vous qu’ils choisiront ? Eux-mêmes bien entendu. En définitive nous nous valons tous plus ou moins, à l’heure du choix on ne pense qu’à soit un point c’est tout. La morale et les bonnes mœurs dont chacun pensent, plus ou moins, être investies ne sont en fait que mensonges et tromperies, qu’hypocrisie. Le gouvernement tape du poing sur la table, crie, se fait entendre et respecter à la manière d’un père de famille responsable. Il est strict, omnipotent et omniprésent tout simplement, car sans lui, tout ne serait plus qu’étendue stérile et désolation. Le spectacle ne serait plus. Quand à moi je suis un guide. Je guide ceux qui se sont écartés de leurs pères. Je les guide vers un monde qu’ils convoitent. Un monde meilleur, idéal appelé l’au-delà où ils auront tous le temps de se repentir de leurs méfaits, comme ce geste dont s’est rendu coupable ce citoyen.

En sang, le visage tuméfié, marqué par les coups répétés, il se répand sur le sol alors que ses jambes ne peuvent plus le porter. Sa petite fille tente de le consoler sous les rires moqueurs de la patrouille qui reprend lentement sa ronde. Alors que leurs lampes balayent la ruelle pour y voir plus clair, elles rencontrent le visage du scientifique qui grimace après avoir été éblouit. De lui ils ne savaient rien et c’est tout naturellement qu’ils ont donc procédés à sa prise d’identité. La main posé sur le scanner portable, ses empreintes ont très vite été trouvés dans la base de données du gouvernement qui commence toujours par ses employés. Son statut s’affiche à présent distinctement sur l’écran tandis que la voix digitale de l’ordinateur se fait entendre...

Keiyll-Séno ; Chercheur en chef du département de la Magie.


Otant sa lourde patte qui avait jusqu’alors, saisit le poignet du chercheur pour poser sa main sans ménagement sur le scanner de détection, celle-ci semblait à présent s’effriter littéralement. S’en suivirent de longues et ennuyeuses plates excuses que le scientifique n’écoutait que d’une oreille distraite. Sans plus attendre, il intima à la patrouille en poste ce soir là, de le suivre en indiquant à ces derniers du bout du doigt le personnage récalcitrant qu’ils venaient de mettre à mal et qui s’était redressé pour achever son œuvre. Dans un premier temps et pour ne pas perdre la face, le patrouilleur en chef s’était lancé sur le délinquant mais fut très vite stoppé net dans son élan.

- Ca suffit ! Que cela vous servent de leçon. Vos méthodes ne sont pas assez punitives, pas assez expéditives.

A la manière d’un chef de production sur un plateau de télévision et après s’être bombardé chef d’orchestre, le voici qui empruntais à présent, la casquette d’une autre fonction. Il indiquait aux membres de l’escouade où se tenir pour ne pas lui gâcher la vue, lui qui aimait rester dans l’ombre ou il avait pris place, assis sur le rebord d’un petit escalier de porte. Le décor était planté, les interrogations fusaient entre les patrouilleurs qui esquissaient diverses grimaces pour communiquer entre eux. Le jeune père de famille lui, continuait sa fresque avec l’énergie du désespoir, jetant parfois un œil craintif autour de lui. Bien qu’il fût mort de trouille il continua encore et toujours à tremper son pinceau dans le pot de peinture rouge que tenait sa petite fille.

C’est à ce moment que son regard avait entre-aperçut la vive lueur écarlate dans les yeux de ce diable de scientifique. Il fut frappé de la même crainte que le chauffeur avant lui. Si lui n’avait pas peur pour sa vie, il en était autrement pour la vie de son enfant. Les armes de toute la patrouille étaient pointées sur la tête de l’innocente qui bien sur, n’en avait aucune idée et se contentait de sourire éternellement à son père. Le chercheur avait le poing fermé et le pouce levé. On aurait dit un empereur romain qui, au temps des jeux, amusait la foule avec des combats de gladiateur dont la vie et la mort se décidait par ce simple geste de la main. Le pouce oscillait constamment et tous savaient que si ce dernier était tourné vers le bas, cela n’aurait eu d’autre signification que la mise à mort de la jeune fille. L’homme, qui jusqu’alors avait fait preuve d’un courage exemplaire, se répandait à présent dans le larmoyant, à genoux, implorant comme un insecte pour la vie de sa fille.

- Pitié ! Pitié ! Ma fille est innocente ! Ce n’est pas à elle de payer pour mes fautes !
Un sourire sadique habillant ses lèvres, Seno se plaisait à lire la détresse ronger l’insolent.
- Tu implores ma pitié, mais regarde toi. Immonde ver de terre. Tu m’as plu lorsque tu avais fait preuves de témérité. Tu as été battu puis tu t’es relevé je ne sais comment pour poursuivre tes efforts, pour cela tu as toute ma considération.
- Merci à vous…
- Mais ! Mais tu as ensuite été très laid. Apprends que lorsque l’on décide de s’opposer au gouvernement, lorsque l’on prend un tel engagement, on se doit de renoncer à toutes choses pour tenter de voir son rêve se concrétiser.
- Ma fille… tuez moi à sa place ! Elle est innocente, elle est née dépourvue de malice, malade. Elle n’est pas aussi rapide d’esprit que les autres de son âge…
- Silence avorton. Médire ainsi de sa propre fille, tu es un monstre. Approche mon enfant, pose ton pot de peinture et viens me rejoindre, oui voilà, comme ça. Je te confie mon jouet, tiens le bien, les deux mains posés dessus… Hey mais dis donc, tu es très doué malgré ce que dit ton père.
- Mon papa est très gentil monsieur !
Un tableau allégorique se dessinait sous les yeux de tous. La plus innocente petite fille noyée sous les éloges du diable. Les ailes de la pureté face aux cornes de la perversion. Tous deux se souriant.
- Je n’en doute pas, je n’en doute pas ma belle enfant. Cependant, il arrive aussi au plus gentil d’entre nous de décevoir ou de désobéir…Dis moi petite, ton papa est il heureux ?
- Non ! Maman est partit loin et papa pleure et cri et aime pas le monsieur gouvernement !
- Et toi, tu aimerais que ton papa puisse rire et danser, qu’il puisse être heureux ?
- Oh oui ! Je lui fais des dessins tout jolis mais il reste triste…Papa déteste le monde.
- J’ai une idée, je connais un endroit où les gens n’ont plus mal, où ils ne souffrent plus. Là-bas ils ne pensent plus au malheur, ils vivent heureux pour toujours. Tu aimerais y conduire ton papa ? dit-il en armant la culasse du Desert Eagle que tenait l’enfant.
- Ouiiiii répondit elle le visage tout innocent alors que son père lui, pleurait toutes les larmes de son corps ayant compris ce qui se tramait depuis longtemps.
Je vais te sauver papa !

- C’est bien, tu es une gentille fille, maintenant presse fort cet endroit et regarde ton papa devenir l’homme le plus heureux.

Souriant à son enfant, les bras le long du corps, accueillant la délivrance qu’offre la mort, il finit par percuter le sol après avoir reçut le plus beau cadeau qui soit sous le sourire d’un ange et d’un démon. Médusé par la tournure des choses, la patrouille elle-même ressentait le coté malsain de ce qui venait de se passer. Ils n’étaient pas des enfants de cœur, mais ce scientifique était à un tout autre niveau, un authentique tortionnaire de l’âme humaine. Les yeux aussi sombre que l’ébène, il toisait du regard les deux êtres prostrés à terre. Le père qui baignait dans son sang ainsi que sa fille qui hurlait de douleur après avoir subit le contrecoup de la détonation sur ses petits membres. Une étrange félicité enveloppait l’être malfaisant qui avait décidément fait le bon choix en choisissant d’arpenter ce sentier dans les ténèbres.

- Ce n’est pas moi qui t’ai tué, c’est ton stupide désir de liberté qui t’a consumé.


Un des gardes avait ensuite reçu l’ordre d’envoyer l’enfant dans l’autre monde. Son bras armé tremblait d’avoir à faire une telle chose, mais il n’était qu’un exécutant aux ordres. Le canon de l’arme dirigée vers la petite fille, il s’apprêtait à faire feu…

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Alix LittleRed

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MessageSujet: Re: Walking At Midnight [PV Alix]   Lun 29 Aoû - 13:31

La lune déchire les nuages en fragment noirs et duveteux. Sa lumière baigne de bleu les ruelles sombres parfois illuminées à la lueur d’un néon rose et vert qui clignote. Marcher dans Modula pour la première fois, c’est frôler la crise d’épilepsie, c’est perdre sa rétine et sa gorge à chaque entrée de bar avec les lumières et la fumée qui s’entasse au plafond, comme une eau stagnante qui sort nonchalamment par les fenêtres et la porte. Le bruit rend sourd comme après une soirée où la musique trop forte résonne dans la cage thoracique, remplaçant les battements de cœur. Plus frénétique. Modula ne dort jamais. Les toits sont la meilleure échappatoire pour prendre du recul sur la ville. Restent toujours cette odeur de cigarette, d’alcool et d’humidité qui colle à la peau. Et parfois l’odeur de la poudre chaude qui suit l’impact d’une balle.

« Bouge toi, on le lâche pas d’une semelle ! »

Trent bondit de toit en toit comme un chat de gouttière, habile dans la fuite, il a bien dû quitter le Gouvernement discrètement. Sa hargne envers ceux qui étaient autrefois ses collègues ne cesse de grandir avec le temps. Pour l’instant, il n’a jamais confié les raisons de sa fuite à l’un des Neuf mais, comme ce soir, cette haine va les pousser à se jeter dans la gueule du loup. Encore une fois.

L’homme tourne dans une ruelle, ses quatre poursuivants changent de toit et se plaquent au sol en découvrant le groupe du Gouvernement en train de passer à tabac un homme. C’est quelque chose de commun ce genre de spectacle et le plus déplorable c’est que tous les témoins tracent leur chemin comme des aveugles. Les soldats du Gouvernement sont solidaires, ils évoluent en groupe et même si des rivalités existent entre les différentes sections, l’une sera toujours là pour prêter main forte à celle en difficulté. Chez les rebelles ? Ce n’est qu’un chaos fait d’électrons libres, des météores tournant autour de Saturne, ils vont dans la même direction mais s’entrechoquent pour savoir qui sera le premier arrivé et finalement, ils tournent en rond.

Personne n’aurait l’audace de venir en aide à cet homme qui laisse un « freedom » à l’encre de son sang sur ce mur que personne ne verra peut être. Au milieu de tous les graffitis, le sien finira par s’assombrir et s’écailler. Personne ne pourra se souvenir de quelqu’un en train d’écrire ce genre de propos. Il ne sera qu’un oublié parmi les autres. Les passants font mine de ne pas entendre le grabuge qui se fait dans cette petite ruelle, mais rien n’échappe aux yeux des vautours qui attendent sur les toits de voir la situation évoluer.

Dans son coin, Trent trépigne. Un seul coup d’œil vers lui et Alix sait ce qu’il ressent. Il n’a qu’une seule envie : se redresser, empoigner son flingue et tirer dans le tas. Un sacrifice lambda pour éradiquer la racaille du Gouvernement, c’était son genre. La main de Roy qui maintient Trent au sol et l’empêche de bondir comme un clown sortit de sa boîte. Björn se tourne vers Alix et lui indique quelque chose d’un coup de menton. Il lui faut légèrement plisser les yeux pour apercevoir cette petite forme presque inexistante. Une petite fille. Alix plaque sa main sur sa bouche pour étouffer un juron.

Je savais qu’il ne fallait pas le suivre… L’altruisme nous mène à notre perte quand on est des gens d’en bas

Et pourtant, maintenant qu’ils étaient là, ils ne pouvaient fermer les yeux sur la tournure qu’allaient sûrement prendre les choses. Roy et Björn se déplacent furtivement, laissant les deux autres seuls. En quelques bonds silencieux, ils prennent place sur les toits pour encercler la ruelle. Ils dégainent leurs flingues, mettent la visée infrarouge et en silence, tous guettent.

Au moment où l’homme en bas aborde le groupe de soldats, Trent fait un bond en avant. Alix se rue alors sur lui pour le retenir et s’éloigne vers le centre du toit pour le plaquer au sol et lui hurler à voix basse, dans un murmure presque inexistant :

- Non mais ça va pas ? Tu vois bien qu’il y a une petite fille avec eux !
- Laissez moi y aller que je les éclate tous !


Les coups de sang, c’est habituel, surtout dans les pires moments. Alix serre son emprise sur la nuque de Trent, l’obligeant à rester à genoux. Il se débat et se redresse, envoyant une droite de plein fouet sur la mâchoire de la jeune femme. En silence, elle réplique, les bruits étant étouffés par leurs vêtements, aucun son ne sortant de leur bouche. Ce n’est pas la première fois qu’elle se bat contre lui, amicalement ou pour contrôler un coup de sang. Ils savent tous les deux que l’autre ne lui en voudra pas des coups portés, que les bleus ne sont que des choses éphémères. C’est un deal entre eux : si l’un pète les plombs, les autres se doivent de le calmer.

Au bout de quelques minutes qui lui paraissent une éternité, Alix prend l’avantage et l’envoie valser.

- Le seul truc que tu vas réussir à faire, c’est dévoiler notre présence et nous faite descendre. Alors calme toi sinon…

Un coup de feu retentit. La détonation n’appartient pas aux armes de ses compagnons, elle en est certaine, elle connait bien trop ce bruit et le seul qui possède un Desert Eagle à part elle, c’est le type d’en bas. Etouffant à nouveau un juron entre ses lèvres, Alix se précipite vers le bord du toit et découvre la scène. La petite est contre l’agent du Gouvernement, flingue en main, tandis que son père s’écroule au sol.

L’enflure !

Björn et Roy n’ont pas pu réagir, de peur de toucher la gamine. Trent est à genoux derrière elle et reprend son souffle. La scène défile devant ses yeux, la gamine et ce gars qui la tient en joue sous l’ordre de ce qui est apparemment un chef. Il fallait agir vite et Alix se maudit déjà de la faiblesse qui va la pousser à faire quelque chose de totalement déraisonné. Un coup d’œil à ses deux partenaires en face et elle saute dans ruelle, atterrissant juste derrière la fillette.

Un coup de feu et la main qui tient la gamine en joue lâche son flingue, ensanglantée. L’homme gémit et constate que quelques doigts lui manquent. Alix se saisit de la petite, le bras autour de la taille et la soulève comme s’il s’agissait d’une simple plume. Furtive et rapide, elle s’élance à toute allure vers la sortie de la ruelle et prend les chemins à contre sens. Derrière elle, d’autres détonations retentissent. Puis des bruits de pas qui la coursent.

La foule est bien trop dense à Modula, la nuit, tous ceux qui bossent la journée viennent oublier leur misère dans l’alcool et les snacks qui pullulent sur les trottoirs. La populace gêne sa progression. Quelques coups d’épaules lui font perdre l’équilibre et la ralentissent mais au moins, ses poursuivants le sont également. Elle court à en perdre haleine, la petite s’accroche fermement à son corps.

Détour d’une ruelle.

Impasse.

Alix jure intérieurement et observe la petite.

« Accroche-toi bien »

Aussitôt, elle escalade les escaliers de service avec une aisance légèrement entravée par la gamine serrée contre elle. Un seul bras en guise de prise, elle monte le plus vite possible. Déjà quelques sifflements parviennent à ses oreilles et l’air déplace ses cheveux. Pas de toute, les balles fusent autour d’elle et certaines ricochent sur l’acier de l’escalier.

Encore quelques mètres, et elle sera sur l’un des toits les plus haut de Modula.


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Seno Keiyll
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MessageSujet: Re: Walking At Midnight [PV Alix]   Sam 2 Juin - 21:40




Une détonation, une acre odeur de poudre et de sang, il n’en faut guère plus pour que les charognards qui se tapissent dans l’ombre ne sortent de l’obscurité.
Apparemment, le gibier n’attend pas, surtout quand celui-ci ose s’aventurer sur des terres qui lui sont hostiles. Dans la nuit, les lunettes de visés sont pareilles aux yeux d’une meute de loup assoiffé, ils luisent sous la blafarde lumière d’un pâle clair de lune.
Les crocs aiguisés, ces animaux mordent et viennent lacérer le petit contingent sous des traits assassins.
Celui-ci n’a d’autres choix que de se s’éparpiller aux coins de la ruelle et dans les petits commerces qui la jonche.
La situation est critique. Les agents du gouvernement se trouvent en contrebas et ne peuvent être qu’à la merci des tireurs isolés qui, visiblement, sont postés sur plusieurs toits.
A n’en pas douter il s’agit d’un groupuscule organisé qui a pris le meilleur parti du terrain avant de passer à l’attaque.
L’une d’entre eux s’est chargée de récupérer la gamine tandis que les autres ont couvert sa fuite. Stratégie au combien simpliste, mais terriblement efficace dans cette situation précise.
Et pourtant, ce diable de chercheur ne cesse de sourire. Machinalement, il porte son arme à son visage, sa joue reposant alors contre le froid de l’acier.
Frénétiquement sa main tremble tandis que son sourire s’aiguise davantage.
Que les rebelles surviennent, c’est ce que son cœur désirait ardemment. Le conflit, l’affrontement nourrissant ses pulsions destructrices pour lui permettre de s’oublier le temps d’une nuit…

Les balles fusent et cantonnent les agents du gouvernement ainsi que le scientifique dans une position difficile, aux angles de la venelle. Les impacts de balles criblent les murs qui s’effritent sous les tirs soutenus. Puis, le chant des armes se fait moindre avant de s’éteindre. L’un des agents tente alors de jeter un œil après avoir soigneusement étudié la trajectoire des balles afin d’en déduire grossièrement certaines positions. Soudainement, le voici cloué sur place par la vision improbable dont il est le témoin.
Le chercheur en chef venait délibérément de quitter sa position de replis pour apparaitre en pleine rue, constituant alors, une cible de premier choix pour ces snipers qui jouissaient d'une vue imprenable. La voix de l’agent criant au scientifique de dégager les lieux s’en est très vite vue étouffée par les détonations des fusils meurtriers qui hurlaient à l’unisson. La mort frappa alors le chercheur de toute part, les tirs étaient précis et faisaient mouche, éventrant sa silhouette comme du papier.



Toutefois, l’homme ne tombait pas. Pire encore, il n’était même pas blessé et n’avait pas même une égratignure. Dans son sombre regard se mit à scintiller une vive émotion appelée désarroi. Non pas le sien, mais celui de ses opposants dont il se nourrissait vraisemblablement avec un malin plaisir non dissimulé... Depuis la ruelle, les ennemis étaient presque invisibles, toutefois, il les savait désemparés comme l’indiquait le rythme de leur tir qui n’avait plus rien à voir avec un orchestre magistral guidé par un maestro de renom. Là, on aurait dit la répétition hebdomadaire d’un groupe de copain, le mardi soir au fond du jardin ; Une détonation par ci, une autre par là, sans accord et sans rythme. Apparemment, ils comprirent au même moment que le contingent du gouvernement que les balles ne faisaient en réalité, que le traverser pour venir se loger sur le pavé humide.

Tout était allé très vite. Les tirs répétés des tireurs embusqués avait éparpillé la foule dans une vraie débandade. Et à présent, le silence régnait en maitre absolu. Seul le cliquetis métallique du zippo d’époque du chercheur se faisait entendre comme pour narguer son auditoire.

" On croirait à une allégorie, rebelles. "
dit-il en levant sa voix d’orateur vers le ciel.

" Vous, les dissidents et moi en face, représentant l’ordre établit. Si cette idée se fraye un chemin jusqu’à vos cerveaux encombrés, vous devez très vite savoir où je veux en venir. N’êtes-vous pas amer et résigné à présent de ne pas me voir sombrer ? Votre cause, qu’elle quelle soit, se heurte au pilier du monde qu’est le gouvernement. Vague après vague vos agissements ni n’entrave ni ne gène l’accomplissement de l’ordre mondial.
Vous menez une bataille perdue d’avance et pourquoi ? Pour vous prouver que vous existez ? Pensez-vous sérieusement être meilleur alors que vous n’êtes bon qu’à piller et à fuir ?"


Le sermon du scientifique terminé, il se tourna vers le chef d’escouade, lui intimant l’ordre de diffuser sa bonbonne d’écran de fumé. Celle-ci roula sur le sol avant de diffuser son contenu en un nuage brumeux, opaque et noirâtre dans lequel le scientifique disparaissait sous les yeux inquiets de l’agent.

" Je vous laisse vous chargez de tout ici. Evitez les pertes civiles le plus possible sans quoi, j’aurais le gamin…le Gamma sur le dos. Appelez la police en renfort et tuez ces rebelles, dans le pire des cas, mettez les aux arrêts, ou peut-être est-ce l’inverse : Gérer la situation !
Et surtout n’ayez aucune crainte, car depuis toujours la marche du vertueux est semée d'obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin surgir l'œuvre du Malin…"


Le fantôme disparut dans la brume, s’en allant traquer la belle justicière, la proie devenue chasseur.

Spoiler:
 
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Walking At Midnight [PV Alix]

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