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 [Flashback] Back in Black

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Asch Raizer
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MessageSujet: [Flashback] Back in Black   Ven 19 Aoû - 14:07

Shangyu, le soir, semblait vouloir s'enflammer. Le crépuscule jouait sur les pans colorés des bâtisses, qui semblaient irradier, émettre une chaleur spectrale, comme un prélude aux événements qui se dérouleraient bien des années plus tard. Dans les rues encore bondées à cette heure tardive de la soirée, un jeune garçon de huit ou neuf ans à la tignasse rutilante avançait, l'air boudeur, passablement blasé, comme si il s'était ennuyé ferme. Ce qui était en réalité le cas.

Asch avait encore raté l'école. C'était devenu une habitude. Il ne supportait pas de rester le cul sur une chaise pendant toute la journée, surtout si c'était pour écouter des tissus de conneries qu'il ne retiendrait pas, puis se faire engueuler par les professeurs, lesquels le considéraient de toute façon comme un raté. Ensuite, c'était ses parents qui allaient en remettre une couche... Nan. Tant qu'à être un cancre, autant l'être en restant libre comme l'air. On convoquerait les Raizer une fois dans le mois, comme d'habitude, et Asch se ferait sermonner pour une bonne raison, plutôt que pour d'autres beaucoup plus stupides, comme d'avoir été impoli envers untel, ou bien de n'avoir pas fait tel devoir qu'il était de toute manière incapable ne serait-ce que de commencer... Bref.

N'empêche que du coup, il n'avait pas grand chose à faire de ses journées, à par traîner dans des coins, voire des bars, dans lesquels les enfants de son âge n'étaient pas censés mettre les pieds. Mais au moins là-bas, il savait s'occuper. A défaut de pouvoir faire comme les grands, il écoutait les histoires comptées par les piliers de bar et les voyageurs de passages. Beaucoup venaient pour expliquer en quoi la magie avait détruit leur vie. Il fallait dire que Asch avait le chic pour aller dans les endroits qui puaient la mort et le désespoir. En un sens, il avait de la chance de n'avoir jamais eu plus de problèmes que ça. Si ses parents avaient été ne serait-ce qu'un peu conscients ou impliqués, ils auraient sans doute paniqué.

C'était la sortie des cours. Asch détestait ce moment. Il ne supportait pas les autres enfants, dont la compagnie le gavait sévère. Surtout qu'en plus, la plupart se moquait de la couleur de ses cheveux, et il était incapable de passer outre la provocation. Si bien qu'il donnait généralement le premier coup. Puis ça dégénérait. Le jeune rouquin avait plus d'ennemis que d'amis parmi les gens de son âge, qui le considéraient comme une curiosité asociale et violente. La plupart était raisonnable et se contentait de l'ignorer - Asch était plutôt doué pour se battre. Les autres lui cherchaient des noises constamment. Le jeune garçon décida de s'éloigner des rues les plus fréquentées. Il était de mauvaise humeur. Il n'avait pas envie qu'on vienne l'emmerder. Il alla se perdre dans des ruelles glauques, à proximité d'un terrain vague, et ramassa par terre un morceau de bois avec lequel il commença à griffer le mur à sa droite. Il alla s'asseoir sur les marches d'un perron, et continua à frotter le bâton sur le sol, l'air sombre et pensif. Il aurait sans doute eu mieux fait de rentrer à la maison... Mais il n'avait pas envie. Personne ne l'y attendait, et il voyait mal ce qu'il y aurait fait. Le temps passait... La nuit allait sans doute bientôt tomber. Il n'avait même pas remarqué les bruits de jeu qui plus loin résonnaient depuis un moment. D'autres enfants qui tapaient dans une balle en riant, ou en jurant tout fort.

"... Hey! Regardez, là-bas. C'est la tête d'allumette! Il a pas pété une dent à ton petit frère la dernière fois?

- Si... Mes parents ont rien voulu faire! Viens j'vais pas laisser passer cette fois!"

Asch soupira. Etait-il nécessaire de préciser que le petit frère en question l'avait justement traité de tête d'allumette, et que Asch s'était subitement retrouvé en train de lui mettre un pain dans les dents, sans même avoir remarqué qu'il était parti? Oh... Il ne regrettait rien. Ces idiots ne méritaient que ça.

"Hey! Fils de bourge! Ramène ta tronche de cake! J'parie que t'es même pas cap!"

Pourtant, Asch était déjà debout. Il n'était pas du genre à fuir un défi. Très loin de là. Il s'approcha sans hésiter une seconde du gamin qui l'avait provoqué. Pour son âge, il était déjà très grand, et son adversaire commença à prendre peur en le remarquant. Asch le forçait à reculer. Son regard bleu-vert était aussi tranchant qu'une lame, et départi de toute once de pitié, ou de peur.

"Quoi. Tu me cherches? Tu vas me trouver connard. Tu veux ramasser tes dents par terre toi aussi? Pas de problème."

Asch le poussa, et s'apprêtait à attaquer... Mais le gamin tomba sur les fesses, pendant qu'un des deux autres lui fonçait dessus. Asch se retourna donc vers ce dernier et lui envoya son poing dans les dents. Bingo. Ces abrutis avaient les yeux plus gros que le ventre, ils n'étaient que des fils à maman ramollis. Le gamin tomba par terre en pleurant. Le troisième, qui ne s'était pas rapproché, semblait hésiter.

"Les gars je sais pas si c'est une bonne idée...

- Quoi? Vas-y casse toi si t'as peur! Poltron!

- C'est pas ça!!"

... Mais il préféra malgré tout aller vers l'enfant à terre, plutôt que de continuer les hostilités. Trop tard. Asch s'était déjà approché de lui, et lui avait envoyé son pied dans les dents, l'expédiant au passage au pays des vappes et des pommes cuites.

"Trop tard! Fallait pas m'emmerder!"

Le premier enfant, en profita pour se relever. Il avait sorti quelque chose de sa poche... Un éclair scintilla. Asch n'eut pas le temps de se retourner totalement. Il avait vu la lame, et dans ses yeux, une lueur de danger était passée. Il tenta de se décaler... Ce qui n'empêcha pas son adversaire de lui enfoncer son canif dans le flanc. La blessure était trop superficielle pour être directement mortelle. Mais Asch ne pouvait pas le savoir, et il émit un cri de douleur, avant de péter les plombs pour de bon.

"... Espèce de SALOPARD!! J'vais te BUTER!!"

Comment avait-il eu ce couteau? Des gosses de leur âge n'auraient jamais dû pouvoir s'en procurer. Mais c'était les bas-fonds de Shangyu... un affrontement entre enfants de densetsu, dont certains étaient très loin d'être des citoyens modèles. Asch avait tellement mal qu'il n'était pas sûr de savoir rester sur ses jambes... A défaut il enserra le poignet de son adversaire si fort qu'il le força à lâcher le canif dans un gémissement douloureux. Il attrapa la lame - trop fort - entre ses doigts, puis la jeta plusieurs mètres plus loin, avant de foncer sur l'ennemi et de le plaquer au sol, à la renverse. La rage avait pris le dessus sur la raison. Il commença à lui asséner un coup de poing dans le nez. Le garçon fut très rapidement sonné, et incapable de se relever. Mais Asch s'en fichait. Cette ordure avait osé utiliser une arme blanche sur lui... Hystérique, il continua. Coup après coup, toujours dans le visage, alors qu'il saignait abondamment et noyait ses vêtements d'hémoglobine. Sauf qu'à ce rythme, ce n'était pas lui qui allait mourir le premier...

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Lun 12 Sep - 22:14

Shangyu, la ville des tarés qui voulaient brûler de la sorcière, mais aussi la seule ville où Erik pouvait se balader tranquille sans penser à la prochaine chose qu’il ferait fondre. De l’acide suppurait par les pores de la peau de ses paumes - vous avez suivi ? - et il était totalement incapable de le retenir. Il ne maîtrisait pas son pouvoir, et n’était même pas immunisé contre lui. Jet d’acide, sur le papier ça sonnait bien comme magie, mais en réalité c’était l’enfer. Alors il venait de temps en temps à Shangyu pour respirer un peu, même s’il n’en était pas originaire. A vrai dire, il n’était pas sûr d’aimer la ville pour ce qu’elle était… Il savait juste qu’il pouvait toucher ce qu’il voulait pendant qu’il y était, sans songer aux cicatrices qu’il pourrait laisser derrière lui. Les brûlures chimiques, c’est vraiment dégueu.

Mais Erik Bishop n’était pas le seul mage en difficulté, et il avait fini par en connaître un certain nombre qui avaient décidé d’habiter à Shangyu, quitte à se pourrir leurs projets. Quand la seule université que vous vouliez faire était en terrain magique, il fallait choisir entre ses plans de carrière et sa santé mentale. Dans le cas très rare d’Erik, sa santé tout court. Ses mains, déformées à force d’être brûlées, étaient cachées dans des gants de cuir, renforcé d’une substance spéciale. Hors Shangyu, les gants servaient en fait à éviter que l’acide ne s’échappe et ne vienne ronger tel ou tel truc. Bon, en attendant, il ne s’évaporait pas, et rongeait ce qu’il trouvait, c’est-à-dire les mains d’Erik. On comprenait qu’il voulait les planquer, même quand il n’y avait pas de panneau ‘danger : corrosif’.

C’était la première fois qu’il était accompagné, cela dit. Un malheur n’arrivant jamais seul, le jeune blondinet au visage d’ange n’était pas très populaire au lycée, malgré sa gentillesse. Il était maladroit, ce qui combiné à son pouvoir, pouvait être très dangereux. La plupart des jeunes de son âge le traitaient comme une bête de foire, d’autres comme une bombe à retardement, et quelques rares lycéens avaient même carrément peur de lui. L’ironie de cette histoire, c’est qu’Erik n’aurait pas fait de mal à une mouche. Enfin, pas sciemment. Reste que la seule personne qui lui parle sans le tabasser ou l’éviter comme la peste, c’était Mugen Shôryû.

Il ne le faisait pas par charité, ou même par sympathie. C’était leur professeur de maîtrise magique, un certain Pr Goenel, qui avait insisté pour que Mugen assiste Erik, histoire qu’il ne s’ennuie pas à un cours auquel il était obligé d’assister. Parce que Mugen n’avait aucune magie à maîtriser, et que c’était bien ça le problème. Erik et lui étaient aux antipodes l’un de l’autre : quand l’un voulait gagner les faveurs de sa famille en ayant quelque valeur magique, l’autre aurait préféré naître sans le gêne ‘sorcier’ activé. Et même en s’éloignant des considérations magiques : Mugen et Erik n’avaient juste rien en commun. Cheveux noirs contre un blond doré. Yeux vert foncé contre yeux bleu clair. Mauvaise humeur contre sourire perpétuel… et ainsi de suite. Goenel devait avoir un côté apprenti sorcier en voulant faire que ces deux jeunes hommes s’entendent, et le pire, c’est qu’il avait réussi. Mugen était là aujourd’hui à Shangyu avec Erik, alors qu’il aurait très bien pu passer son tour. Finalement, c’était quand même peut-être un peu par sympathie.

Ou alors, c’était parce qu’il commençait lentement à se rendre compte que ses parents, ces magocrates, étaient des imbéciles finis. Qu’il n’ait pas de pouvoirs ne voulait pas dire qu’il ne valait rien, qu’il était quantité négligeable, comme ils le pensaient. Le pire étant qu’il était l’héritier légitime de la famille, et qu’il allait finir écarté, exilé, voire pire si sa sœur Nozomi se révélait assez douée pour prétendre à prendre la suite. Parce que la famille Shôryû était une bande de bourges qui vivait de la vente de brevets liés à leur magie, et qui percevaient chaque mois une belle somme en contrepartie de leurs secrets sur leurs yeux fabuleux. Ceux de Mugen n’avaient pour seule particularité d’être d’un magnifique vert, profond et sombre comme une forêt dense et sauvage.

Les deux garçons se baladaient en ville, marchant côte à côte presque sans but. Erik était fatigué et voulait rentrer, mais Mugen avait cru bon de faire un petit détour. Ils n’étaient pas venus seuls, et l’idée même de devoir rentrer à l’hôtel pour se faire emmerder par le cousin Kaoru - Monsieur Super Doué de la Pupille - ne l’enchantait guère. Il devait avouer, avec le recul, qu’il était venu ici avec Erik aussi pour éviter l’espace de quelques jours de voir sa famille, surtout son père, qui avait le don d’être désespérément étouffant. Quant aux parents d’Erik, ils lui payaient volontiers le voyage, et la chambre d’hôtel qui allait avec. Ils n’avaient pas les moyens de l’accompagner, par contre.

Au détour d’une rue, leur conversation futile s’éteignit, noyée par des cris d’enfants. Des gamins se battaient, et l’air blasé, Mugen s’arrêta pour regarder. C’était tout simplement pitoyable… dire qu’il avait eu leur âge aussi… Quelle honte. Erik aussi s’était stoppé net, mais pas pour les mêmes raisons. Son expression était horrifiée et il se tourna vers Mugen, lui empoignant les épaules de ses mains alienesques.

« Mugen ! Il faut faire quelque chose… ! »

Mugen balaya de la main celles d’Erik, se libérant au passage. Il n’aimait pas qu’on le touche… Même quand il s’agissait d’Erik. Il soupira en observant le misérable spectacle, et haussa les épaules.

« C’est qu’des chiards. C’est que dalle. »

C’est alors qu’il vit l’éclat argenté de la lame briller dans la main d’un des gamins. Qu’est-ce qu’un môme comme lui faisait avec ça d’abord ? Il ne savait même pas réellement s’en servir… Mugen passa en mode alerte, et alla intervenir quand il vit que le gamin aux tifs rouges s’en sortait très bien tout seul. C’était marrant d’ailleurs, ces cheveux…

« Allez, on se casse… »

« Mugen… Attends. »


Erik le retint par la manche, agaçant encore un peu plus son camarade taciturne. Ce dernier allait lancer un énorme ‘quoi encore ?’ quand il comprit lui-même ce qu’il se passait. Le gamin aux tifs rouges allait tuer l’autre. Et il était trop jeune pour être un meurtrier. Voilà, la patience de Mugen avait atteint sa limite, et il se précipita sur les deux gamins pour les séparer.

« Personne ne butera personne ! »

Il attrapa le gamin au flanc ensanglanté et le souleva du sol. C’était plutôt simple quand il y avait une telle différence de taille, et quand l’autre était trop occupé pour se défendre contre une saisie dans le dos (CDGH).

« T’as été blessé. Continue à t’agiter et tu vas pisser le sang à mort. Et lui… » Mugen jeta un regard dédaigneux et méprisant sur l’autre môme. « … Il ne vaut pas la peine que tu te salisses les mains, crois-moi. »

Il avait envie d’ajouter ‘attends d’avoir une proie digne de ce nom’, mais ça faisait décidément trop serial killer. Mugen était lentement en train de virer psychotique… C’était normal s’il rêvait de tuer sa famille, la nuit ?
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Mar 13 Sep - 20:56

Asch n'avait pas remarqué qu'il était observé. En même temps... Il n'était pas en état de remarquer grand chose. Pas même qu'il n'allait pas tarder à mettre ses menaces à exécution à force de frapper le visage de son adversaire déjà évanoui depuis un moment. Lorsque d'un coup, il décolla du sol, il eut bien du mal à comprendre ce qu'il lui arrivait. Sa vision s'était transformée en bouillie de traits lumineux et de lueurs diffuses, mêlées de larmes de douleur et de colère. Son flanc saignait et lui faisait un mal de chien. Comme un véritable animal, pourtant, Asch ne voyait que son objectif qui s'éloignait de lui progressivement. Il battait des pieds et des mains rageusement pour tenter de retourner passer ses nerfs sur l'autre gamin.

Jusqu'à ce qu'il se rende compte que derrière lui, la tâche de couleur noire, saumon et verte qu'il ne pouvait regarder qu'en se préparant un torticolis d'enfer était en réalité une personne. Il aurait pu se calmer... Il continua au contraire de se débattre de plus belle, tentant vainement d'abattre son pied dans le genou du jeune homme qui l'empêchait de redescendre. C'est dingue ce que ça risquait de lui faire mal... Asch s'en foutait pas mal. Il avait juste besoin d'évacuer son surplus de sentiments néfastes sur quelqu'un.

"LÂCHE MOI ESPÈCE DE PÉQUENAUD!! C'EST PAS TES OIGNONS, PUTAIN!!"

Le "péquenaud" n'avait pourtant pas tout à fait tort sur un point... Il avait de plus en plus mal,et il saignait abondamment. La tête lui tournait. A ce rythme, c'est lui qui allait défaillir. Ça lui faisait une belle jambe en fait... Mais la suite le heurta plus fort qu'on aurait pu le penser. Étonné, il cessa brièvement de bouger. Il tourna la tête une nouvelle fois, pour lancer un regard de détresse involontaire, clair comme de l'eau de roche et brillant faute aux larmes qu'il retenait, dans le vert glacial qui toisait le garçon à terre comme si il n'avait été qu'un paillasson plein de merde de chien. Il aurait pu être impressionné... Mais ce n'était pas son genre. D'autant qu'au quotidien, il était souvent le premier à subir ce genre de mépris muet. Puis les grands gaillards ne lui faisaient pas peur, même quand ils auraient pu lui foutre une torgnole sévère: Asch était un peu trop téméraire. Ça le faisait même paraître culotté, parfois. Enfin... Pour le moment, il avait l'air plus pathétique qu'autre chose. Il aurait bien aimé être capable de rester indifférent à tout et en toutes circonstances... Mais il était trop expressif pour son propre bien. Ça avait toujours été le cas, aussi loin que ses souvenirs remontaient.

Ce qui l'avait autant choqué? La dernière phrase prononcée par son "mystérieux" interlocuteur. Pourquoi l'autre n'aurait-il pas valu la peine que Asch se salisse les mains..? Pourquoi auraient-ils été à différents niveaux l'un de l'autre..? On lui avait toujours fait comprendre qu'il était inférieur, moins que rien... Alors qu'on vienne lui raconter ça maintenant... Ouais. Ca faisait bizarre. Mais après tout, ce type était un inconnu.

La porte béante ouverte sur sa solitude, et sur son enfer personnel, se referma aussi vite qu'elle s'était ouverte. Asch avait pourtant cessé de s'agiter. La rage était partie avec son étonnement... Et il avait suffisamment mal pour ne plus avoir envie de penser au reste. Il plaqua une main contre sa blessure. Sa position actuelle ne devait pas arranger grand chose au sujet de cette dernière...

"... Tu m'connais pas, l'asperge... J'ai pas besoin que tu me fasses la leçon. Lâche moi..."

L'asperge, oui. Pourtant, Mugen n'avait rien d'une asperge, mais il était tellement grand vis-à-vis de Asch - lequel n'avait pas encore entamé sa future et impressionnante poussée de croissance - que c'était le premier sobriquet qui lui était venu à l'esprit. Si Asch n'avaient pas été aussi fier, il aurait bien été forcé d'admettre que les deux derniers mots qu'il avait prononcé avaient la gueule d'une supplique, pour la bonne raison que l'autre andouille lui faisait mal à force de le suspendre de la sorte... Mais Évidemment, il était trop fier pour l'admettre. Donc il avait tenté d'ajouter de la colère dans son gémissement plaintif. Et évidemment, l'effet était un peu raté.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Mar 27 Sep - 19:47

Le gamin était décidément bien véhément, alors même qu’il était blessé. Mugen soupçonnait que c’était le fait d’être blessé aussi gravement qui le mettait dans cet état-là. Plutôt contradictoire, mais le gamin n’avait pas non plus l’air facile. Ca l’étonnait à peine en fait. Il se contenta donc de le maîtriser, et de lui dire de se calmer, parce que ça n’arrangerait pas sa jauge de litres de sang s’il continuait à s’agiter comme un gremlin sous speed. Mugen attendit un peu, et lança un regard à Erik, qui n’osait pas vraiment approcher. Pourtant, il n’y avait plus que le gamin aux cheveux rouges et Mugen en face de lui. Les autres avaient fui. Pas besoin d’expliquer pourquoi.

« Peut-être que ça me regarde pas, mais j’vais pas laisser des gamins s’entretuer… »

Ca ne ressemblait pas vraiment à Mugen, ça. Quelques mois plus tôt, il l’aurait sûrement fait, en fait. Il serait passé, indifférent, et aurait peut-être regardé le spectacle sans jamais intervenir. Mais voilà, cette année il y avait le professeur Goenel, qui lui avait collé Erik au train. Et maintenant, le blondinet le suivait partout… il devait sûrement subir son influence mollassonne.

Bon, en fait, celui qui suivait l’autre, ici, à Shangyu, c’était Mugen. Erik ne l’ignorait pas, mais si Mugen se sentait mieux en pensant l’inverse, tant mieux. Le brun pouvait se mentir à lui-même, tant qu’il continuait à lui tenir compagnie. Il le protégeait, même en ne faisant rien - et ça c’était puissant - et puis même s’il n’était pas mage, il arrivait à lui donner des conseils plus ou moins constructifs. C’était peut-être son œil extérieur qui lui donnait un point de vue nouveau sur la magie… ah, quelle ironie de dire ça d’un futur aveugle…

« Mugen… »

Erik s’était avancé, et tendait une main, comme pour signifier au jeune garçon qu’il n’avait pas de raison de s’en prendre à eux. Mugen, captant le regard du blondinet, reposa sa prise sur le sol, en s’assurant qu’elle ne s’écroule pas par terre.

« Il a raison, il faudrait t’emmener dans un hôpital. Il est où le plus proche ? »

Mugen avait bien potassé les services publics de Shangyu, mais n’avait pas vraiment retenu l’adresse de l’hôpital de la ville. Erik par contre, devait la connaître, et c’était pour ça qu’il la lui avait demandée, tout en tenant Asch par les épaules. Le petit était dans un sale état, et il faudrait sûrement prévenir sa famille, pour qu’ils viennent s’occuper de lui, une fois admis aux urgences… Mugen se tourna vers le gamin, et lui planta ses yeux verts dans les siens - verts aussi. Il n’y avait aucune trace de compassion ou d’inquiétude dans ces prunelles. Elles étaient froides, glaciales même, un peu comme si cette histoire commençait à l’emmerder profondément.

« On va appeler tes parents. T’as leur numéro ? »

Il sortit immédiatement son commlink, prêt à prévenir les vieux du rouquin de ce qu’il s’était passé, et de où ils emmèneraient leur fils, qui avait de plus en plus besoin de soins d’urgence. Entre temps, Erik s’était approché, et souriait maladroitement à Asch, n’osant pour l’instant pas le toucher. Même à Shangyu, il avait peur de détruire tout ce qu’il touchait…
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Mer 28 Sep - 11:16

La douleur commençait à devenir telle que Asch avait bien du mal à concentrer sa vision, laquelle restait donc floue la majeure partie du temps, recouverte de larmes de souffrance contenue, que le garçon ne voulait pas verser. Pas devant des étrangers. Pas devant des connaissances. Peut-être même pas tout seul en fait. Si il commençait à s'apitoyer sur son sort maintenant, il n'avait pas fini. Il voyait une deuxième tâche de forme humaine plus ou moins en face de lui, qui semblait vouloir calmer le jeu. Il était bien incapable de distinguer ses traits, mais il allait être forcé de se calmer en effet, car à ce rythme il allait faire un malaise. En fait, c'était peut-être déjà trop tard.

Il retrouva d'un coup la sensation du sol sous ses pieds. Si le type brun ne l'avait pas retenu pour être sur qu'il ne s'effondre pas, c'est sans doute ce qui serait arrivé, car les jambes de Asch étaient flageolantes... Soudain aussi solides que du coton, elles avaient bien du mal à porter son poids. Le gamin gardait les doigts serrés contre son flanc blessé. Il chancela mais serra les dents et fit de son mieux pour rester debout. Il n'avait aucune envie de s'étaler par terre face à ces types. Il n'était encore qu'un enfant, mais la dure loi de la jungle shangyenne, il avait déjà été forcé de l'apprendre. Si on montrait ne serait-ce qu'un signe de faiblesse, ici, on se faisait bouffer. C'était la seule leçon que ses parents avaient daigné lui donner, et ils étaient aidés par tous les "camarades" de classe ou d'école buissonnière du garçon, qui ne l'aimaient pas et le lui faisaient bien comprendre. Alors, oui, Asch rageait d'être blessé, rageait de devoir faire avec, et de devoir compter sur une aide extérieure. Des types en qui il n'avait aucune raison d'avoir confiance. Ces mecs ressemblaient à des étrangers. Ils auraient pu être mages que Asch n'en aurait rien su. Et il était tout de même obligé de leur confier sa vie - parce que si ils le laissaient pisser le sang dans la rue comme ça encore longtemps, sachant qu'il aurait bien du mal à se déplacer sur plus de 100m, on pouvait être sûr qu'il n'allait pas survivre. Le coin était plutôt désert en règle générale.

Lorsque Asch releva les yeux - après s'être assuré qu'il allait réussir à ne pas s'éclater par terre sans transition - ces derniers étaient encore peuplés par quelques émotions enfantines. Une lueur d'hésitation. Un soupçon d'espoir naïf. Un quelque chose d'encore tendre et non corrompu qui trahissait son jeune âge. Cette expression qu'on aurait pu qualifier de "normale" ne resta pas bien longtemps en place, tandis que l'enfant rencontrait des prunelles - aussi vertes que les siennes malgré que la nuance ne soit pas la même - qui le fixaient froidement. Il ne fut pas intimidé. Il n'accusa même pas le coup. Ce regard, il l'avait déjà vu dans des yeux aussi beaux et aussi perçants que ceux qui abattaient actuellement sur lui leur jugement indifférent. Son visage se referma, et Asch se referma sur lui-même comme un escargot serait rentré dans sa coquille. Cela n'avait rien de gestuel. Il garda le peu d'assurance qu'il était capable d'avoir en faisant de son mieux pour tenir debout, une main placée contre son abdomen pour l'empêcher de pisser le sang. Encore une fois, tout était dans les yeux. L'innocence dans ces derniers fondit comme neige au soleil, bientôt remplacée par quelque chose d'aussi dur et d'aussi froid que ce qu'il y avait dans ceux qui le toisait. Ce n'était déjà plus l'expression d'un enfant. Asch se contenta d'un bref coup d’œil du côté du blond - qui pourtant semblait plus affable que son compagnon. Le rouquin préférait se concentrer sur l'autre grande tige, simplement parce que c'était de lui qu'émanait le danger. La question qu'il lui posa amena une réponse sèche et quasiment instinctive de la part de Asch:

"Non."

... Qui révisa bien rapidement sa position. Une lueur calculatrice passa dans le regard du gamin. Il avait tout d'abord pensé qu'il préférait éviter de se faire sonner les cloches - ce qui allait indubitablement arriver si ses parents apprenaient ce qu'il venait de se passer. Mais d'un autre côté... Ça allait bien les obliger à remarquer qu'il existait. Qu'est-ce que ça allait leur faire, d'apprendre qu'il avait manqué de mourir..? Cela ébranlerait-il leur sérieux sans faille, ou bien auraient-ils encore trop de boulot pour s'en soucier..? En attendant, Asch reprit, le plus naturellement du monde:

"... En fait si."

Et il donna le numéro de sa mère, Rachel. Un numéro qu'il n'était pas censé avoir. Il ne connaissait que celui de la maison. Il n'avait pas le droit de monter à l'étage des bureaux de ses parents mais un jour, il avait fraudé, pendant qu'ils n'étaient pas là. Il en avait profité pour jouer avec le portable personnel de sa mère - elle n'aurait pas fait l'erreur de laisser son portable de travail dans la maison, sans surveillance. Asch avait noté le numéro dans un coin de sa tête, précieusement, sans trop savoir à quoi il allait lui servir. Il aurait pu dire au grand type d'appeler sur le fixe, mais il avait trouvé assez amusant l'idée de lui filer le portable de sa mère, qu'il n'était pas censé avoir. Peut-être que ça la persuaderait que Asch n'était pas aussi débile que ce qu'elle pensait, et qu'il savait des trucs lui aussi. Ou bien peut-être considèrerait-elle juste qu'il n'était qu'un sale gosse fouineur. C'était le plus vraisemblable. Mais, au moins, pendant quelques minutes, elle aurait pensé à lui.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Sam 8 Oct - 22:45

Le gamin était sérieusement blessé, et s’il continuait à se débattre et à faire chier plutôt qu’à se soucier de la quantité de sang qui lui restait dans le corps, il allait être dans une merde noire. Mugen lui demanda s’il avait quelqu’un à prévenir, ce à quoi le rouquin répondit un non catégorique. Le brun ne put s’empêcher de hausser un sourcil, mais Erik ne se contenta pas de rester silencieux :

« On ne peut pas te laisser comme ça… »

Et évidemment, c’était une feinte : Asch revint sur sa première réponse, révisant son avis pour finalement accepter la proposition de Mugen. Ce dernier, toujours muet, laissa tomber ses épaules dans une expression passablement exaspérée. Ce gamin usait déjà sa patience, c’est dire s’il n’en avait pas beaucoup ! Heureusement qu’Erik était là !

« Bon ! File-moi le numéro, pendant ce temps-là, on t’emmène ! »

Erik s’approcha du gamin, et le soutint lui aussi, bien qu’il semblât avoir du mal à poser les mains sur lui. Asch n’y était pour rien, bien sûr, mais allez le lui expliquer ! C’était juste qu’Erik n’était pas habitué au contact, pour des raisons évidentes quand on le connaissait un minimum. Heureusement, à Shangyu, il n’y avait rien à craindre de ce côté-là. Mais Mugen l’empêcha d’être vraiment utile en décidant de porter le gamin tout seul comme un grand. Il était assez fort pour, il le savait, et c’était tant mieux parce qu’ils n’allaient pas aller loin si Asch restait sur ses pieds. Peu importe à quel point le gamin se débattait, Mugen ne le lâchait pas.

Ils se mirent donc en route vers l’hôpital le plus proche. Ils étaient venus suffisamment de fois à Shangyu pour savoir où il se trouvait, et heureusement - le maître du jeu est gentil ce soir - il n’était pas trop loin. Ils y arrivèrent après une dizaine de minutes de marche, et entrèrent directement aux urgences. La raison de leur venue étant plutôt évidente, les infirmières et bientôt les médecins s’approchèrent rapidement du jeune rouquin, et le prirent en charge.

Mugen lança un regard éloquent à Erik, que ce dernier comprit tout de suite. Ils ne se connaissaient que depuis quelques mois, mais tous deux avaient cette capacité innée - tout comme Asch d’ailleurs - à communiquer uniquement via le regard, de façon si expressive, avec quasiment aucun mouvement, et sans parler. Le blond avait saisi le message : il allait garder un œil sur Asch. Il hocha la tête, et Mugen se détourna pour aller plus loin et appeler les parents du gamin. Il pianota de façon distraite, et attendit qu’on lui réponde à l’autre bout de la ligne pour exposer les faits de façon ma foi… très froide et distante. Après tout, la femme dont il avait entendu la voix ne semblait pas non plus bien chaleureuse.

« Bonjour. Je suis avec votre fils, il a été blessé, on l'a emmené à l'hôpital. C'est assez grave. »

La réponse fut inattendue, ou du moins, elle réussit à laisser Mugen perplexe. Oh, pas très longtemps, seulement quelques secondes. Il haussa un sourcil, trouvant que si c’était bien la mère du gamin à l’autre bout du fil, elle avait l’air de se soucier davantage de la qualité de sa french manucure que de sa santé. Voilà pourquoi Mugen lui répondit :

« Ca devrait aller. Je vais pas le laisser crever dans la rue non plus. Pas que vous sembliez vous en soucier... »

Et il lui raccrocha au nez, tout simplement. Non loin, Erik lui lança un regard perplexe, et légèrement désapprobateur. Vous savez, un peu comme quand on n’est pas d’accord, mais qu’on n’ose pas trop le montrer par peur de se faire tabasser ?

« Quoi ? J’y peux quelque chose si sa mère fait un concours de connasserie avec la mienne ? »

Erik secoua la tête, et revint près d’Asch. Ce dernier avait peut-être pu entendre, mais Mugen n’avait pas spécialement parlé pour qu’il entende. Bon, il n’avait pas non plus parlé de façon à ce qu’il n’entende rien. Le commlink vibra de nouveau. C’était elle, encore. Elle persévérait en plus.

« Quoi ? »

Oh tiens, elle voulait savoir comment il avait eu ce numéro. Etrange : c’était le numéro de sa mère, c’était normal qu’Asch l’ait ! Et puis franchement, vous voyez Mugen chercher dans l’annuaire ? L’adolescent lui répondit de sa voix froide et avec un ton franchement las et très peu poli :

« A votre avis ? Votre fils nous l'a donné. »

Bah quoi ? Comment l’aurait-il connu sinon ? C’était une question stupide que Rachel avait posé, et à question stupide réponse stupide. Ou du moins, réponse pas-polie-parce-que-tu-me-fais-chier-avec-tes-master-of-the-obvious. Enfin. Elle semblait assez tenace quand même, parce qu’elle ne perdit pas le nord et demanda dans quel hôpital ils se trouvaient. Mugen lui répondit aussi sec, sur le même ton glacial. Il ignorait pourquoi, mais il détestait la personne à qui il parlait. Peut-être parce qu’il n’y avait pas un soupçon d’émotion dans sa voix, alors qu’on parlait de son fils blessé. Elle semblait juste surprise de constater que son fils connaissait ce numéro. La réaction mugenesque ne se fit pas attendre.

« Il a bien fait de l’avoir, ce numéro. »

Elle parla ensuite à quelqu’un près d’elle, le chargeant d’aller voir Asch à sa place. Bien sûr, elle ‘n’avait pas de temps à perdre avec ça’. Ca n’était que son fils ! Ben voyons. Quand elle revint à sa conversation pour ‘remercier’ Mugen et lui demander son nom, ce dernier soupira et raccrocha. Il revint ensuite vers Erik.

« Alors ? »

« Les médecins l’ont emmené au bloc… »

« Ah. »


Mugen fit un mouvement pour se barrer de là, mais Erik lui retint le bras. Son regard était assez parlant : il voulait que Mugen reste, au moins en attendant que la famille débarque. Mugen leva les yeux au ciel - au plafond plutôt - et croisa les bras d’un air de dire ‘si tu veux’ et s’assit sur l’un des nombreux sièges disponibles dans le hall de l’hôpital.



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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Sam 8 Oct - 23:59

Certains s'évertuaient à croire que Asch était stupide, mais il était malgré tout suffisamment intelligent pour savoir quand il fallait qu'il s'arrête de faire le con, pour des questions de survie. Le jeune garçon se savait incapable de se débrouiller seul... Il n'aurait pas pu aller plus loin que quelques mètres avant de s'effondrer par terre en proie à un malaise. Il se laissa donc porter, même si ça devait être par un type antipathique et peu attentionné. Ce genre de comportements, Asch en avait tellement soupé qu'il n'était plus impressionné...

... Enfin. N'empêche que si son "sauveur" avait l'air aussi agréable qu'une porte de prison rouillée, il eut quand même la décence de le porter de manière à ce qu'il ne souffre pas trop de sa blessure. Du coup, ça lui donnait l'air un peu bête - ou du moins vulnérable - mais vu la manière dont il pissait le sang, et se sentait faiblir... Sa vulnérabilité n'était malheureusement pas qu'une impression. Sur le chemin, de loin, ils croisèrent deux trois gamins qui gardaient leurs distances, effrayés par Mugen, sa silhouette et l'aura qu'il dégageait, sans doute. Honteux, Asch n'eut pas la connerie de recommencer à se débattre, mais il profita cela dit de sa stabilité pour leur décocher un regard aussi dangereux que glacial. Qu'ils n'aillent surtout pas croire que Asch se ramollissait... La jungle urbaine était impitoyable, même pour les enfants. Si les autres croyaient que Asch n'était plus aussi fou et fort qu'il l'avait été fut un temps, il allait s'en prendre plein les dents, et il préférait largement qu'on le laisse tranquille.

Ils arrivèrent rapidement à l'hôpital. La suite fut relativement confuse, car la douleur empêchait le gamin de penser. On le lâcha sur un brancard. Il fut emmené dans une chambre, où le type blond l'avait suivi... Le brun n'était plus là. Avait-il appelé sa mère? Asch n'en n'avait aucune certitude comme ce dernier ne l'avait de toute façon pas fait à proximité de lui. Un médecin lui demanda s'il pouvait retirer son T-shirt pour l'ausculter. Le jeune garçon répondit par l'affirmative avant de s'exécuter en serrant les dents. Au final le médecin dut l'aider à terminer: des muscles avaient été sectionnés. Lever les bras lui procurait une douleur intense, car cela tirait sur certains tissus qui faisaient mieux d'être laissés au repos. Les médecins s'approchèrent d'Erik, soucieux:

"Vous n'êtes pas de sa famille n'est-ce pas? Puis-je vous demander de rester jusqu'à ce que monsieur ou madame Raizer vienne vous relayer? Nous préférons éviter de laisser les mineurs seuls..."

... Si le médecin semblait avoir par un quelconque moyen appris le nom de famille du jeune garçon, il n'avait pas l'air plus au courant que ça quant à l'heure à laquelle les Raizer comptait récupérer leur fils. Qui allait de toute façon devoir subir une petite opération.

"Nous allons devoir l'emmener au bloc. Les points de suture ne suffiront pas, l'opération sera bénigne cela dit... Par chance, de justesse, aucun organe vital n'a été touché."

On expliqua rapidement à Asch la même chose... Le rouquin se contenta de garder les yeux rivés sur ses genoux, à travers les couvertures. Il hôcha la tête pour exprimer son accord. Il détestait les hôpitaux et l'idée de se faire opérer ne le réjouissait guère, mais si les grands disaient que c'était nécessaire, ce n'était pas lui, du haut de ses neuf ans, qui allait pouvoir les contredire.

On l'emmena donc en salle d'opération. On avait prévu une anesthésie locale. La piqûre fut brève et relativement bénigne - Asch avait tellement mal au niveau de sa blessure qu'il sentit à peine cette petite pointe de douleur. La suite, par contre, fut autrement plus difficile à supporter.

"... AIE!! Mais ça fait mal!"

".. Comment? La zone n'est pas endormie? Tu sens quand j'appuie, ici?"

"Évidemment! Vous êtes cons ou quoi??"

"... Pourtant la dose injectée est correcte. Tu ne ressens pas une sorte de picotement?"

"Juste votre putain de scalpel, oui !!"

Après une brève discussion entre chirurgiens et anesthésistes, l'équipe revint, perplexe et relativement désolée. C'était absolument anormal. Le corps du jeune garçon ne réagissait pas comme il l'aurait dû, en absorbant la substance plutôt que de la laisser faire effet. Cela dit ils ne pouvaient risquer ni l'overdose, ni l'hémorragie interne. Ils durent opérer Asch malgré que l'anesthésiant soit totalement inefficace. Ils lui expliquèrent la situation et tentèrent de calmer la douleur par le froid... . Ses cris ne passèrent pas les murs de la salle d'opération.

Lorsque le brancard revint, quelque chose comme 45 minutes plus tard, le teint cadavérique de l'enfant jurait avec la rougeur de ses cheveux. Des stries rouges barraient ses joues, à l'instar de grosses cernes de fatigue - signe qu'il avait dû pleurer. Il avait l'air hébété, et la mâchoire serrée. Il continuait de regarder les couvertures sans faire attention ni au décor, ni aux infirmières. Ça faisait encore un mal de chien. Et évidemment, personne ne l'attendait.

Une infirmière s'approcha des deux hommes postés dans le hall d'entrée.

"Excusez-moi..? Vous êtes bien les deux personnes ayant récupéré l'enfant qui s'est fait poignarder? Il est de retour dans sa chambre, et tiré d'affaire. L'opération a été un peu plus difficile que prévu: pour une raison inconnue les anesthésiants n'ont pas fait effet, mais les visites sont autorisées dès maintenant. Vous n'avez pas de nouvelles de ses parents par hasard?"

Ça... ça ne risquait pas.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Ven 9 Déc - 18:45

Les deux garçons étaient restés le temps de l’opération d’Asch, le gamin qu’ils avaient trouvé, blessé, dans les rues de Shangyu. Erik avait bien du insister auprès de Mugen pour que ce dernier arrête de n’en faire qu’à sa tête et attende de voir si le gosse allait bien. Ils avaient bien sûr prévenu ses parents, mais personne n’était encore venu en réclamant de voir comment allait Asch. A croire qu’ils n’en avaient rien à foutre. C’était bien l’impression qu’avait eu le brun en appelant Rachel Raizer, sa mère. Ca, en plus de se demander si le numéro qu’on lui avait donné n’était pas un numéro spécial, que le gamin n’était pas censé connaître. Il n’était peut-être pas si con, le loustic, en fait.

Bon, en attendant, c’était long. On pouvait lire l’anxiété sur le visage fin d’Erik, et l’agacement sur celui plus bourru de Mugen. Ce dernier se demandait bien ce qu’il foutait là, et même s’il avait sauvé une vie - Asch serait probablement mort s’il n’avait pas pu être soigné à temps - il n’en avait strictement rien à foutre. Il voulait rentrer. Il n’avait pas que ça à faire non plus, de babysitter des mômes paumés…

« Ca ne devrait plus être long maintenant… »

Erik s’était parlé à lui-même, à voix basse. Mugen étant à côté, il était quand même forcé de l’entendre. L’adolescent répondit alors, renfrogné, les bras croisés :

« Y’a intérêt, j’en ai ma claque ! D’habitude, les bonnes actions du jour, ça va plus vite, merde ! »

C’est à ce moment qu’une infirmière arriva, exauçant presque le vœu de Mugen : elle demanda tout d’abord s’ils étaient bien les adolescents qui avaient amené un gamin blessé, chose à laquelle les deux garçons hochèrent la tête - l’un bien plus vigoureusement que l’autre - avant de leur annoncer que l’opération était terminée. Ils pouvaient même aller le voir, bien que ses parents ne soient toujours pas là. Cela dit, un détail attira l’attention du brun :

« Les anesthésiants n’ont pas marché ? Vous l’avez opéré à vif !? Mais vous êtes cinglés !?! »

Mugen s’était levé, visiblement indigné de la façon dont on traitait ce gamin. Même s’il n’avait rien à foutre personnellement, il n’aurait pas aimé être à la place du gosse qu’on charcute à vif ! Alors, il se faisait un devoir de gueuler à sa place. Erik s’était levé à sa suite, presque aussitôt, et posa une main gantée sur son bras :

« S’il-te-plaît Mugen… Ils n’avaient pas le choix… »

« Ouais, bien sûr ! Evidemment ! C’était plus facile de tailler dans le vif plutôt que de chercher une solution ! »


Même s’il hurlait et résistait à Erik, Mugen se calma, sachant bien qu’il n’allait pas obtenir grand-chose comme ça. Ce qui était fait était fait, même si sa heurtait les quelques principes qui lui restaient. Il respira un grand coup, et ajouta à l’intention de l’infirmière, d’un ton grave et vindicatif :

« Non. Ses parents ne sont pas pointés. Ils en ont autant à foutre que vous. Quelle chambre ? »

Et c’est avec cet échangé véhément et pas forcément justifié que naît la première ‘Infirmière Trou-du-Cul’.
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Sam 10 Déc - 9:53

L'infirmière trou-du-cul fut rapidement déstabilisée par la réaction d'un Mugen irascible, qui semblait décidé à lui inculper une faute qui n'était pas sienne: elle n'avait fait que passer le message. Elle n'avait même pas été là durant l'opération pour voir comment ça s'était passé, ni pour donner son avis, qu'on n'aurait de toute façon pas pris la peine d'écouter: elle n'était qu'infirmière, pas médecin. La jeune femme se rétracta donc comme si elle s'était fait aboyer dessus par un chien de garde un peu trop farouche.

"Je... Je suis désolée, je ne fais que répéter ce qu'on m'a expliqué..."

Les vociférations du jeune homme ne semblaient pas vouloir se tarir cela dit. Erik prit la situation en main un instant, permettant ainsi à l'infirmière de reprendre ses esprits, de se remettre de cette crise soudaine à laquelle la pauvre ne s'était pas attendue. Elle ouvrit le dossier sous son bras, et lut quelques lignes, afin de tenter de mieux expliquer, cette fois:

"... Apparemment, les médecins lui ont injecté une première dose d'anesthésiant, qui n'a pas fait effet. Ils se sont alors concertés en urgence. Tenter un deuxième produit aurait risqué d'avoir de graves conséquences sur la santé de l'enfant: une overdose ou une incompatibilité chimique auraient risqué de lui être fatales. Il était aussi impossible de panser sa blessure et d'attendre d'avoir fait des tests pour opérer, d'autant que nous avons besoin de l'autorisation de ses parents pour procéder. Le but était d'éviter une hémorragie interne, laquelle était imminente."

Et de relever la tête de son calepin, pour regarder Mugen dans les yeux, et rajouter, dans le but de soutenir les propos du blondinet à côté, qui semblait bien plus raisonnable que son ami:

"... Je pense que nos médecins ne sont pas suffisamment barbares pour procéder à une opération à vif sur un enfant, à moins de n'avoir réellement aucune autre solution. C'est bien la première fois que je vois ça, d'ailleurs, depuis que je suis dans ce service... Pour la chambre, c'est la 104, au bout de ce couloir."

Et de pointer du doigt la chambre en question, dans laquelle Asch n'avait pas bougé. Il était toujours aussi blanc, cerné, les joues rouges des larmes de douleur qu'il avait versé durant l'opération. Il continuait de fixer la couverture sur ses genoux et de serrer les dents pour éviter de couiner, ce qui aurait sans doute été pire que mieux. Les minutes s'égrainaient et il n'y avait toujours personne d'autre que l'infirmière qui continuait de s'affairer autour du lit, et qui ne semblait pas vouloir quitter la chambre - comme si elle avait eu des remords à laisser un enfant seul, et dans ce genre d'état, alors que personne ne semblait vouloir venir pour lui. Asch avait remarqué qu'elle avait bien vérifié cinq fois le réglage de sa perfusion, et qu'elle n'arrêtait pas de lui demander si ça allait... Comment ça aurait pu aller exactement? Ça faisait mal! Et il en avait marre que personne n'en ait rien à foutre... Il avait vraiment eu du bol que ces deux grands idiots soient suffisamment scrupuleux pour l'emmener à l'hôpital plutôt que de le laisser crever par terre. Asch ne répondait pas aux questions de la jeune femme, laquelle s'inquiétait de plus en plus. Pourquoi fallait-il qu'elle se soucie de lui alors que d'elle, Asch n'en avait rien à taper? Ce n'était pas de son attention à elle qu'il voulait...

"... Pourquoi y a toujours personne? Quand est-ce que je vais pouvoir m'en aller, hein??"

La voix de l'enfant avait fini par rompre le silence gêné dans lequel la pièce était tombée. Rien de mélodramatique dans le ton qu'il avait pris: Asch s'était au contraire énervé d'un coup, sans prévenir, et trépignait maintenant en fixant son interlocutrice avec un regard suffisamment meurtrier pour lui percer le crâne de part en part. Elle fut d'ailleurs suffisamment déstabilisée pour oublier de parler, pendant quelques secondes. Puis, quand elle se rendit compte qu'elle n'avait pas de réponse adéquate, elle sembla encore plus gênée.

"... Je ne sais pas. Tes parents ne sont pas encore arrivés. Il faut que tu te reposes pour le moment."

"Je veux sortir! Détachez moi ces machins!"

...Et voilà Asch qui pétait déjà un câble, essayait déjà de s'extraire de ses câbles et sa propre souffrance avec dix-sept ans d'avance. A croire que sur ce point, il n'avait pas changé, et qu'il était vraiment incorrigible.

Une voiture venait de se garer sur le parking de l'hôpital. Une portière claqua dans l'air froid de l'extérieur, bien loin de cette scène, encore. Ashen leva les yeux sur le bâtiment qui lui faisait face, et poussa un gros soupir blasé. L'administration... Toute une affaire.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Sam 10 Déc - 10:36

Mugen avait bien du mal à contenir sa colère, qui se déversait injustement sur la pauvre Infirmière Trou-du-Cul qui était venue leur parler d’Asch. Ce dernier venait de subir une intervention chirurgicale, le tout sans anesthésiants parce que ‘olol, ça marche pas’. Si Erik pouvait comprendre le dilemme de l’équipe médicale, Mugen préférait camper sur sa position en les considérant comme de gros incompétents provinciaux. Alcooliques aussi, sûrement. Il nota quand même le numéro de la chambre du gamin, qui, il y a dix minutes, ne voulait plus revoir. Le fait de savoir qu’il avait enduré un tel choc avait le don de faire jouer le peu d’empathie que Mugen avait encore pour le reste du monde. Ce gamin méritait un peu d’attention, c’était clair. D’un pas décidé, il alla dans la chambre, sans un seul regard de plus pour l’infirmière. Erik le suivait en trottinant, visiblement inquiet.

Mugen entra dans la chambre, et vit alors Asch, allongé sur le lit, visiblement aux prises avec l’infirmière qui le bordait. Il avait encore de la ressource ce petit… Le brun planta ses yeux dans ceux du gamin, dès qu’il put les croiser, et lui dit tout de go :

« J’ai eu ta mère tout à l’heure. Elle pourra pas venir mais elle va envoyer quelqu’un. »

Erik lui lança un regard incendiaire pour le manque de tact dont il faisait preuve, mais Mugen l’ignora royalement. Si cette femme était trop occupée pour se soucier de son fils gravement blessé, et pour ne pas venir en personne, il n’y pouvait rien. Cacher l’information au gamin aurait été, à son sens, un vrai manque de tact, parce qu’il était sûrement déjà au courant que sa mère n’en avait quasiment rien à foutre de lui.

« Ne t’inquiète pas, on ne partira pas tant que quelqu’un de ta famille ne sera pas venu… »

La douce voix d’Erik s’était élevée dans la pièce, comme pour contrebalancer l’attitude bourrue de Mugen. Ce dernier s’était assis sur une chaise, dans un coin, et observait le gamin dans son lit. Il ne devait pas avoir la vie facile, si ses parents n’en avaient rien à faire de lui, quand bien même il était blessé et envoyé à l’hôpital. Ajoutez à cela le fait qu’il avait du être opéré à vif… Mugen avait rarement vu quelqu’un avec une telle vie de merde, si on fait exclusion de lui ou d’Erik bien sûr. Au moins, Erik avait une famille aimante. Effrayée par sa magie et donc un peu distante, mais qui ne lui claquait jamais la porte au nez.

« On sait pour l’opération. »

Erik voulait amener le sujet plutôt doucement, mais il fut doublé par Mugen, qui ne se faisait pas chier à prendre des pincettes. Il était plutôt du genre à mettre les pieds dans le plat, comme on avait déjà pu le constater. Que l’infirmière soit toujours là ou pas, ça ne changeait finalement pas grand-chose.

« Ces enfoirés t’ont opéré à vif… Une paire de gars seraient tombés dans les pommes. T’es plus coriace que t’en a l’air toi… »

Mugen ne put s’empêcher d’avoir un petit sourire en coin, alors qu’il fixait Asch de ses prunelles vertes. C’est vrai, le gamin avait été très courageux d’avoir si bien résisté, et il fallait quand même le souligner. Erik s’était approché un peu plus près du gamin et hocha la tête pour appuyer les dires de son ami :

« Je n’aurais sûrement pas tenu moi-même. »

Mugen retint un rictus : Erik n’aurait pas supporté grand-chose de toute façon, vu comment il était douillet !
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Sam 10 Déc - 12:44

L'infirmière, les yeux écarquillés, était en train d'essayer de trouver un moyen de calmer ce gosse qui semblait être surnaturellement intenable. Comment pouvait-il être encore aussi râleur et impertinent alors qu'il était blessé et venait de subir une opération qui aurait dû le traumatiser et le coller au lit à pleurer sans pouvoir s'arrêter? C'était bien un môme, ou c'était un démon? Enfin... L'infirmière n'allait pas jusqu'à avoir des pensées aussi désagréables envers l'enfant, au contraire, puisqu'elle essayait de tout faire pour qu'il ne se sente pas trop abandonné. La surprise qu'elle ressentit au moment où il commença à remuer pour essayer de sortir du lit justifiait aisément l'usage des termes pré-cités.

Heureusement, les deux grands qui l'avaient sauvé entrèrent pile à ce moment là dans la chambre, calmant d'un coup la crise de rage d'un Asch qui n'avait pas pensé qu'ils seraient restés, et qu'ils seraient venus le voir après l'opération. En fait, il fut tellement surpris que la rage présente dans ses prunelles s'estompa brutalement, laissant place à une expression purement éberluée qui en disait long sur ce qu'il pensait. L'infirmière décida de laisser les trois jeunes ensemble, et les prévint de ne pas hésiter à appuyer sur le bouton de d'aide en cas de besoin.

Calmé, Asch mit le temps à comprendre ce que le grand brun venait de lui sortir. Il cligna des paupières. Sa mère n'allait pas venir le chercher. Elle envoyait quelqu'un d'autre pour le faire à sa place. Ah. Asch détourna les yeux, dans lesquels une lueur de frustration fugace venait de passer. Il espérait que sa mère n'aurait pas dépêché une ombre pour venir le chercher à l'hôpital, parce qu'elle en aurait été capable. Là, il espérait juste qu'elle aurait eu la décence de demander à son père de se déplacer... Asch n'était vraiment pas d'humeur à suivre l'un de ces types sordides et silencieux qui restaient à proximité de Rachel quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre, même lorsqu'ils étaient cachés et qu'on ne les voyait pas.

"... Ah. Ouais, normal..."

De toute façon, ça se passait toujours comme ça. Qu'il se soit fait poignarder et qu'il ait manqué de mourir n'y changeait rien visiblement... Bien. Au moins maintenant, il le savait. L'avantage, c'est qu'il n'aurait pas l'idée idiote de chercher à se faire planter pour forcer sa mère à se bouger pour lui, dorénavant. Un bref coup d'œil du côté de Erik, qui essayait d'être gentil avec lui. Mais, finalement, Asch était presque plus réceptif à l'attitude bourrine de cet adolescent aux yeux étonnamment verts - aussi verts que les siens étaient turquoise. Asch ne savait pas quoi faire avec la gentillesse. Il n'y était pas habitué... Elle le mettait mal à l'aise, car il ne savait pas comment y réagir. Asch posa alors une question. Le seul truc que son cerveau voulut bien lui pondre à ce moment précis:

"... Pourquoi vous faites ça?"

... Pourquoi le faisaient-ils alors que même ses parents ne daignaient pas bouger leur cul? Bonne question... . Le blond finit par dire qu'ils étaient au courant pour la manière dont s'était passée l'opération, et une fois de plus, Asch ne sut pas trop comment réagir. Lui-même n'avait pas bien compris ce qu'il s'était passé. Les médecins avaient tentés de le ménager, et lui avaient longuement expliqué ce qu'ils allaient devoir faire pour le soigner, comme les anesthésiants ne marchaient pas et que c'était vraiment trop urgent pour se permettre d'attendre... Mais malgré tout, et malgré qu'il semblât étrangement mûr pour son âge, Asch était encore très jeune, et il avait du mal à comprendre pourquoi il avait eu à souffrir à ce point. Il s'apprêtait à répondre quelque chose comme "Pourquoi vous me dites ça?" comme il ne voyait vraiment pas en quoi deux étrangers pouvaient bien s'intéresser à son sort de la sorte, mais le brun reprit, et Asch ne s'attendait tellement pas à ce qu'il allait sortir qu'il serait tombé sur le cul si il n'avait pas déjà été couché/assis.

Une fois de plus, le visage de l'enfant se décomposa tandis qu'il dévisageait son interlocuteur, dont les paroles sonnaient étrangement bien à son oreille... C'était bien l'une des premières fois de sa vie qu'on lui faisait un compliment. On aura beau dire que cette tournure était un peu mélodramatique, elle n'en était pas moins vrai. Et il ne s'était pas attendu à ce que ça soit aussi agréable, de se sentir ainsi mis en valeur. Coriace, Asch savait qu'il l'était car il avait bien été obligé de le devenir... Mais s'entendre dire qu'à sa place, beaucoup auraient défailli, et de bien plus vieux que lui... Bon. Ok. Il avait hurlé comme un malade dans cette salle d'opération et il n'était pas certain de ne pas avoir eu de micro-pertes de conscience à certains moments, alors qu'il ne voyait plus rien, le visage noyé dans ses propres larmes. Mais tout de même... Ces simples mots lui avaient fait vraiment plaisir. Tellement en fait qu'il ne savait pas quoi faire de sa reconnaissance, laquelle le gênait plus qu'autre chose. Ce sourire sur les lèvres de la grosse brute qui quelques minutes avant l'avait regardé comme une merde de chien dans laquelle il aurait marché lui faisait tout drôle. L'aveu du blond comme quoi il n'aurait lui-même pas tenu lui donnait envie de rire. Comment pouvait-il l'admettre comme ça, sans gêne? N'avait-il aucune fierté? Asch se retint de s'esclaffer, mais la crispation, l'expression hostile perpétuelle de son visage fondit pour laisser place à quelque chose de beaucoup plus tendre qui, peut-être, était plus en phase avec son âge. Le coin de sa lèvre s'était soulevé en un embryon de sourire sincère, auquel il ne manquait pas grand chose pour devenir éclatant. En attendant, cela trahissait tout le bien que lui avaient fait les propos des deux hommes, qu'il ne semblait pourtant pas prêt à regarder dans les yeux: il avait l'air embarrassé.

"... Je pense que si, quand même. Ils ont mis de la glace pour que je sente moins. Ça marchait un peu."

... Ou bien comment être modeste par excès de gêne. Asch était tellement peu habitué à ce qu'on le valorise qu'il essayait de se descendre tout seul, inconsciemment. Et c'est à ce moment précis que des coups frappèrent contre la porte, prévenant de l'arrivée de quelqu'un d'autre.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Jeu 15 Déc - 10:12

C’était quand même triste qu’une mère ne s’inquiète pas plus que ça de la blessure de son fils, surtout quand elle avait été aussi grave que celle d’Asch. L’adolescent avait appelé sa mère, mais elle n’avait pas daigné se déplacer, prétextant qu’elle était trop occupée. Nan, mais… C’était du sérieux là ? Mugen avait peine à y croire… Et pourtant c’était le cas. Elle avait dit qu’elle enverrait quelqu’un, et pour l’adolescent, c’était quasiment sûr qu’il s’agissait du père d’Asch. Oh, ses parents à lui auraient bien été capables d’envoyer un oncle ou une vieille tante, mais les Shôryû étaient des connards. Les Raizer ne pouvaient pas être pires… si ?

Apparemment, si, comme le homard. Asch répondit seulement que c’était normal si elle ne se bougeait pas le fion… Bah v’la la famille dis donc ! Mugen arqua un sourcil et haussa ensuite les épaules. C’était pas ses affaires, après tout. Erik tenta de rassurer le gamin en lui disant qu’ils ne partiraient pas tant que personne n’était venu pour lui. En gros, ils n’allaient pas le laisser seul. Et ça avait l’air de le surprendre. Il leur demanda alors pourquoi ils faisaient ça. La réaction de Mugen ne se fit pas attendre :

« C’est lui qui me force ! »

Ce n’était pas tout à fait vrai : Erik lui servait juste de prétexte, et le blond lui-même en avait conscience. Il esquissa un sourire, montrant qu’il n’allait pas lui reprocher cette réflexion. Quant à la question d’Asch…

« On ne va pas te laisser seul après une telle opération… ! Et puis, c’est nous qui t’avons amené ici. On est un peu responsables. »

Ca… Erik était en effet quelqu’un de très responsable, à l’opposé total de Mugen le je-m’en-foutiste qui serait capable de regarder les gens crever sous son nez parce qu’il avait la flemme de bouger le petit doigt. Mais voilà, on lui avait collé Erik dans les pattes, et il avait l’impression que ce blondinet avait une bien mauvaise influence sur lui. Pour une fois que c’était le blond qui était pétri de sentiments et le brun qui était complètement froid…

N’empêche, quelque chose éveilla l’attention de Mugen. Le gamin avait bien tenu l’opération, alors même qu’il n’avait pas été anesthésié… Il était coriace, c’était clair, et ça c’était un bon moyen de prouver au brun qu’on était digne de valeur. L’adolescent se montra alors un peu moins froid vis-à-vis d’Asch, et lui fit même un compliment, appuyé par la réaction d’Erik à ses propos. Il esquissa un sourire en voyant le gamin changer d’expression : c’était fou… on pouvait lire sur son visage comme dans un livre ouvert. C’était limite là s’il n’en aurait pas voulu comme petit frère… Mais voilà, c’était pas lui qui décidait de ça. Et puis chopper un passant inconnu comme petit frère, c’était un peu risqué aussi. D’autant plus qu’Asch ne semblait pas être vraiment facile à vivre… Ah ! S’il savait.

Le gamin semblait quand même gêné par ce compliment, et minimisa son impact en disant qu’ils avaient quand même mis de la glace. Ouais genre. Ca devait quand même douiller sa mère ! Mugen ne dit rien, mais n’en pensa pas moins. Un regard à Erik lui confirma que le blond pensait la même chose que lui. Ils allaient sûrement répondre quelque chose, l’un ou l’autre, quand on frappa à la porte de la chambre.

« Je vais ouvrir. »

Erik fit donc entrer un homme, bien plus âgé qu’eux, qui devait être le père d’Asch. Du moins, c’étaient ce que les deux adolescents pensaient. Le blond s’inclina légèrement et salua l’homme, avant de se présenter lui et Mugen. Quant à ce dernier, il fit juste un geste du bras, légèrement dédaigneux, pour dire bonjour à l’homme.

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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Jeu 15 Déc - 19:52

Ah..? Était-ce vraiment le blond qui avait forcé son camarade à rester à l'hôpital alors que rien ni personne ne les y forçait..? Pourtant, quelque chose avait changé dans le comportement du plus bourru des deux garçons.. Quelque chose qui amena l'enfant à s'adoucir à son tour, à ouvrir un peu cette coquille dans laquelle il se cachait perpétuellement... Il se sentait étrangement euphorique, tout d'un coup. Alors même qu'il ne savait pas qui allait venir le chercher, ni quand... En fait, il s'en fichait presque. Voire même il aurait été heureux que ça prenne le plus de temps possible, si les deux autres étaient prêts à rester... Ça n'arrivait quasi jamais à Asch, d'avoir une discussion intéressante avec quelqu'un. Asch se demandait bien comment il était possible que deux jeunes inconnus se sentent responsables de lui, quand même sa mère semblait n'avoir rien à faire de ce qui venait de lui arriver... Alors qu'il venait d'esquiver le compliment qu'on lui avait fait, on frappa à la porte.

L'enfant sursauta presque, et comme il n'avait pas pris le temps de se cacher sous son masque d'indifférence, on put de nouveau lire en lui juste en le regardant. Ses yeux, inquiets, montèrent jusqu'à la porte qu'il se mit à fixer avec insistance. Le blond baissa la poignée... Puis un homme d'une trentaine d'années apparut dans l'encadrure. Il avait les cheveux courts, d'un roux flamboyant qu'on ne pouvait que remarquer. Ses yeux bleu clair étaient presque vide d'expression. On n'y lisait qu'une fatigue intense, et peut-être l'ombre d'une déprime chronique, qui traçait des cernes sur son visage par ailleurs agréable à regarder. Il portait le bouc - aussi roux que ses cheveux - et ressemblait assez vaguement à Asch... Lequel avait surtout hérité de sa mère, ce que les autres ne pouvaient pas savoir évidemment, comme cette dernière n'avait pas daigné venir. Ashen portait un lourd manteau marron. Ses yeux commencèrent tout d'abord par se tourner vers les deux adolescents, qu'il salua platement, avant seulement de venir à la rencontre d'Asch. Ça n'avait pas semblé être sa priorité. Les moindres des gestes d'un homme pouvaient en dire beaucoup sur lui, quand on prenait le temps de les lire...

Asch quant à lui avait arboré une expression rassurée dès qu'il avait reconnu son père. Son visage s'était détendu, et la lueur inquiète dans son regard s'était évanouie comme neige au soleil. Ça voulait bien dire ce que ça voulait dire: Il n'avait pas été sûr de savoir qui viendrait pour lui, et il considérait qu'il avait eu de la chance.

"Bonjour. Je suis le père de Asch... Merci de l'avoir amené à l'hôpital."

... Mouais. Il n'avait vraiment pas l'air motivé. Un peu comme si, dans la vie, tout lui passait au dessus de la tête. Ce qui était peut-être effectivement le cas.. On avait rarement vu quelqu'un d'aussi blasé. Derrière lui, un médecin, grand, chauve et maigre à souhait, était entré dans la pièce et avait fermé la porte. Ashen s'approcha enfin de Asch, pour s'asseoir sur une chaise à côté du lit.

"... Combien de fois est-ce que ta mère t'as dit d'éviter les ennuis?"

... Que... Quoi? Mais c'était pas sa faute!!! Le visage de Asch se crispa de nouveau tandis qu'il tentait de se relever, et se récriait sans attendre:

"Mais j'ai rien fait..! C'est eux qui m'ont provoqué!"

"Alors tu n'aurais pas dû leur répondre..."

"Mais... Mais c'est eux qui étaient armés..!"

Asch avait les larmes aux yeux là... D'autant qu'il s'était fait mal en essayant de se redresser, et avait émit un glapissement avant de s'écrouler à nouveau dans le lit. A tous les coups, on allait le punir pour ça... Bon d'accord il avait répondu aux provocations de ces cons et les avait tabassés... Mais ils avaient cherché! Asch n'allait quand même pas se laisser faire?! Pourquoi il se faisait engueuler alors qu'on avait tenté de le tuer..?

Le médecin qui accompagnait Ashen jugea bon d'intervenir, et se racla la gorge.

"Je pense qu'il serait préférable que votre fils reste deux ou trois jours à l'hôpital... La blessure n'était pas aussi grave qu'elle aurait pu l'être, mais mieux vaut qu'il reste au calme pour que la cicatrisation se déroule correctement. Et je dois vous prévenir... Les anesthésiants n'ont eu aucun effet sur lui. Nous n'avons encore jamais rencontré ce genre de cas ici... Nous pensons qu'il serait bon d'effectuer des tests pour..."

Un bref instant, les yeux morts de Ashen s'étaient allumés. Une lueur de danger. Puis il coupa le médecin d'une voix devenue soudain nettement plus autoritaire.

".. Pour les tests, ça ne sera pas nécessaire."

... En vue de la manière dont Ashen le fixait, le médecin n'insista pas. Asch quant à lui, observait l'un et l'autre homme sans comprendre ce qu'il se passait. Puis, perplexe, il préféra finalement fixer les deux adolescents plus loin qui eux disaient des trucs qu'il était à même de comprendre, au moins...

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Sam 31 Mar - 12:41

La porte s’ouvrit sur un mec complètement blasé. Même si ses cheveux étaient roux, et non rouges comme ceux d’Asch, il n’y avait pas de doute à avoir : c’était bien son père qui était entré dans la chambre. Erik se recula respectueusement, et inclina légèrement la tête :

« C’est normal… On n’allait pas le laisser tout seul… »

Non, en effet, même si Mugen y aurait bien pensé. Asch avait été si teigneux et gesticulant… d’ailleurs, il avait du sang plein ses fringues maintenant, et il devrait les jeter. Sale gosse va ! Mais Erika avait un cœur plus altruiste, et aurait été incapable de laisser ce pauvre petit garçon seul et blessé dans la rue. Bon. Mugen l’aurait certainement pas fait non plus, mais il se serait barré une fois le gamin entre les mains des médecins. Mais voilà, à cause de ce stupide blondinet, il était resté.

« Je m’appelle Erik, et lui, c’est Mugen. »

Le stupide blondinet rejoignit son ami dans un coin de la pièce, une fois les présentations faites. Ce dernier planta ses yeux verts et perçants sur le visage d’Ashen, comme pour voir à travers lui. Au moins sa mère avait-elle envoyé quelqu’un de la famille, et plutôt proche d’ailleurs, même si quelque chose avait l’air de clocher. Mugen n’aimait pas la gueule que tirait Ashen, loin de là. Ca sentait trop le ‘rien-à-foutre’ à des kilomètres à la ronde, alors qu’il aurait du se précipiter pour savoir si son fils allait bien. Ce qu’il ne fit pas, bien sûr… Non ! A la place, je vous le donne en mille, il l’engueula. Là, même si ce n’était pas ses affaires, Mugen ne put rester muet.

Toujours assis dans sa chaise, jambes écartées nonchalamment et regard de tueur en mode on, il ouvrir la bouche pour déverser tout son mépris sur l’homme qui se considérait être le père de ce pauvre gamin qui n’avait rien demandé à personne.

« J’vous vois bien ne pas répondre à un mec qui essaie de vous planter juste parce que vous avez pas la bonne couleur de cheveux. Si Asch n’avait pas répliqué, c’est à la morgue que vous l’auriez retrouvé… »

*… sale con.*


C’était pensé, mais bien assez fort pour se voir en lettres fluorescentes dans les pupilles vertes de Mugen. Evidemment, Erik lui lança un regard écarquillé comme pour le faire taire, même s’il savait que ça ne servirait à rien. Mugen n’était pas le genre de mec qui se la ferme juste parce qu’on lui dit de le faire. Au contraire, plus on voulait lui passer une muselière, plus il avait tendance à prendre du plaisir à aboyer.

Le médecin qui avait accompagné Ashen ne resta pas non plus silencieux très longtemps. Il fit part de son inquiétude concernant les anesthésiants, chose qui avait foutu Mugen en rogne - ‘indigné’ était bien en dessous de la réalité, en fait - et là aussi, la réaction du père d’Asch fit exploser l’adolescent. Erik mit une main sur son épaule, mais un peu tard… Cela dit, ça l’empêcha de se lever pour aller cogner sur le rouquin. Oh que oui, c’était à ce point là. Il avait envie de le tabasser, ce père à la con !

« Pas nécessaire ? Vous foutez de qui là ? Vous ne voulez pas savoir pourquoi on a du faire souffrir le martyr à votre gosse pour lui refermer le bide ? Oh, oui il a survécu, et la douleur on s’en fout mais c’était pas vous sur le billard tout à l’heure ! Vous n’en avez vraiment rien à foutre de votre gosse, ou vous faites semblant ? »

« Mugen… »

« Lâche-moi ! T’aurais pas voulu savoir, toi, si t’étais à sa place ? »

Erik se tut soudainement, et regarda le sol. Bien sûr qu’il aurait voulu savoir, qui ne l’aurait pas voulu ? Ashen Raizer, par exemple. A moins que…

« … Ou alors vous êtes encore pire que ce que je croyais. Vous le savez déjà. »

Le mépris dégoulinait de ses paroles aussi bien que de ses yeux, alors qu’il regardait Ashen de haut. Il n’en avait rien à faire de provoquer une rixe ici, dans un hôpital. Il était bon aussi à mains nues… Même contre un adulte. Surtout contre un adulte de la stature d’Ashen. Il avait beau n’avoir que dix-sept ans, Mugen pouvait déjà le casser en deux comme la misérable brindille qu’il était.
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Sam 31 Mar - 14:24

C'était... Bien la première fois que quelqu'un le défendait. Généralement, personne ne prenait la peine de le faire. Quand quelque chose n'allait pas, c'était forcément sa faute, parce qu'il était trop ceci, ou pas assez cela... Ça pouvait sembler stupide, cliché, tout ce qu'on voulait. N'empêche qu'Asch n'arrêtait plus d'être surpris par ces deux adolescents, qui l'avaient sauvé, et qui étaient différent de tous les gens qu'il connaissait... A part Adam peut-être. Ils ressemblaient un peu à Adam, à qui il était déjà arrivé de prendre sa défense. Mais jamais face à ses parents... Peut-être parce qu'il n'avait jamais rencontré ses parents. Asch n'aurait pas imaginé que quelqu'un puisse se confronter à l'autorité souveraine de sa mère, et incidemment de son père. Ses yeux plein de larmes s'étaient tourné vers l'adolescent, lançant comme un SOS muet et lancinant dont il n'avait même pas conscience. La gratitude transcenda pendant quelques dixièmes de secondes son expression de détresse et de surprise. Puis il baissa les yeux, alors qu'Ashen reprenait la parole, visiblement pas démonté. Aussi blasé fut-il, il avait soutenu le regard méprisant de Mugen, auquel il avait répondu... Par de l'indifférence. Vraiment ça n'avait pas l'air de lui faire grand chose.. .

"Asch. Est-ce que je me trompe en disant que ces enfants t'ont attaqué uniquement parce que tu as répondu à leurs provocations..?"

... Malheureusement, il ne se trompait pas. Du moins se seraient-ils peut-être contentés de tenter de le tabasser si Asch avait tapé moins fort. Mais voilà... Il était déjà plutôt grand pour son âge, et il se battait souvent, sans compte qu'il suivait des cours... Du coup il avait tendance à ne pas trop mesurer sa force, surtout qu'on des abrutis de cet accabit lui faisaient péter un plomb en se moquant de lui, encore, toujours pour les mêmes raisons...

"Non mais je pouvais pas savoir qu'ils allaient... Qu'ils allaient..."

Il se tut, avec une envie de pleurer plus forte encore que précédemment. Asch avait un fort caractère, mais Ashen (et Rachel par son biais) savaient très visiblement faire perdre ses moyens à leur fils en lui sapant toute la confiance en lui dont il avait besoin pour donner libre cours à sa personnalité... Aurait-il dû se laisser marcher sur les pieds sous prétexte qu'au moins, ça n'aurait pas fait d'histoire..? Mais c'était stupide! Et pas juste en plus... Nan il n'était pas capable de se laisser faire... Serait-ce à refaire qu'il le ferait encore, quitte à se faire planter et à crever pour de bon. Et pour cette raison, ses parents trouvaient qu'il était bête et impulsif. Il laissa ses épaules retomber, démotivé. De toute façon c'était toujours la même chose... C'était sa faute si il lui arrivait tout un tas de trucs nuls. A chaque fois. Et il ennuyait ses parents alors qu'ils avaient du travail. BEAUCOUP de travail, beaucoup plus important que de s'occuper de lui et des problèmes qu'il créait.

Le médecin décida qu'il était temps d'informer Ashen de l'étrange ... incapacité de Asch, à se faire endormir par des anesthésiants. L'adulte refusa sans attendre les examens qu'on lui proposait de faire passer au gamin pour comprendre l'origine de ce rejet. "Ça n'était pas nécessaire", selon lui. Et cette réponse énerva Mugen. Au goût d'Ashen, cet ado se mêlait un peu trop de ce qui ne le regardait pas... Ça commençait à devenir très gênant, car le sujet de conversation dérivait lentement mais sûrement vers des... choses que les deux parents Raizer préféraient taire. Asch ne devait surtout pas savoir. Personne ne devait savoir. Il en allait de leur réputation.

Il n'avait pas bronché, tandis que son fils avait vaguement relevé le nez, aussi surpris que lui de la gueulante qu'avait poussé ce grand brun mal embouché. Ce n'était pas trop le genre de Asch de se taire... Même quand deux adultes étaient en train de se disputer. Mais il était partagé entre son père - figure d'autorité parentale qu'il adorait encore malgré la vague rancune qu'il ressentait à son égard - et la sympathie que lui inspirait son "sauveur". Il avait un caractère de merde et était bourru... Pas forcément sympa. Mais ce genre de personnalité, ça n'impressionnait pas vraiment le gosse, lequel avait tendance à être un peu pareil malgré son jeune âge. Mugen parlait en son nom et ça, par contre, ça le touchait vraiment. Même si il avait failli le laisser crever sur le pavé. Par contre, entendre d'une bouche extérieure que Ashen donnait l'impression de n'en avoir rien à faire de lui.. C'était dur, parce que Asch le soupçonnait, mais il ne voulait pas l'admettre. C'était juste qu'il énervait toujours ses parents en s'attirant des problèmes... Ils étaient constamment en colère contre lui... C'était tout... ou pas.

Ashen resta silencieux un moment, à fixer Mugen sans rien dire, et sans rien laisser entendre de ce qu'il pensait. On pouvait juste lire le calcul dans son regard, signe qu'il réfléchissait à toute vitesse pour justifier ce qui allait se passer ensuite... Peut-être que ses lèvres se pincèrent, ses mâchoires se serrèrent lorsque ce gueulard de délinquant laissa entendre qu'il n'avait peut-être pas besoin d'examens parce qu'il savait déjà. C'était effectivement le cas. Mais on ne pouvait pas laisser l'information s'éventer... Excédé, Asch finit par retrouver la confiance nécessaire pour s'exprimer. Juste histoire de débloquer la situation.

"Papa... Pourquoi tu veux pas?"

Beaucoup plus simple... Pas forcément moins efficace. La voix d'Asch tractait une douleur déjà ancienne pour un gosse si jeune. Il se faisait violence pour ne pas supplier... Mais on voyait bien qu'il s'efforçait de croire que Mugen avait tort, et qu'il y avait d'autres raisons au refus d'Ashen qu'un simple manque d'intérêt. Évidemment, Asch n'imaginait pas une seconde quel type d'information ses parents auraient pu lui cacher... Lui aurait-on expliqué clairement qu'il aurait sans doute ricané, moqueur. Shangyen et densetsu de naissance, certaines choses de la vie et du monde lui semblaient.. bien éloignées. Incapables de le toucher. Ashen jeta un rapide coup d'œil sur Asch, puis soupira, agacé. Il n'avait pas de réponse décente à fournir.

"Écoutez... Je ne prendrai pas ombrage de votre manque de politesse, ce n'est vraiment pas le moment, mais vous parlez sans savoir. Ce n'est pas que je m'en fiche, non. Ce n'est pas la première fois que Asch va à l'hôpital et fait des examens."

Il prit le médecin à parti, accusateur.

"Vous n'avez pas son dossier médical??"

Le médecin... Perdit contenance, et eut l'air bien embêté.

"... Il semblerait qu'il soit impossible de mettre la main dessus. Soit il a été égaré par le dernier hôpital où votre enfant a été interné, soit... je ne sais pas."

"Mais papa, je me suis jamais fait opérer..."

"Asch, tais-toi!"

"Mais tu dis n'importe quoi !!!"

Comme quoi, la vérité sort de la bouche des enfants... Et cet enfant là avait l'air plutôt courroucé maintenant. Les sourcils froncés et l'air râleur à souhait. Il en avait marre de rien comprendre à ce qu'il se passait...

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Lun 16 Avr - 16:11

La tournure que prenait la discussion entre le père et le fils donnait à Mugen envie de vomir. Il voyait bien où voulait en venir cet idiot de père, en culpabilisant son fils. Asch avait répondu à leurs provocations, oui peut-être, mais ce n’était pas une raison pour être si froid avec lui et sous-entendre qu’il n’avait eu que ce qu’il méritait en se faisant planter et recoudre à vif. Sérieusement là, même Erik en avait la nausée. Cela dit, le caractère plus doux du blond le rendait triste. Mugen et son tempérament enflammé faisait qu’il était hors de lui. Il aurait bien sorti deux ou trois noms d’oiseaux bien sentis à l’intention d’Ashen, mais ce serait encore trop lui accorder d’importance. A la place, le jeune homme de dix-sept ans resta muet, en retrait, observant la scène en cherchant le meilleur moyen de déverser sa rage et son mépris sur l’asperge molle et froide qui servait de père à Asch.

Et quand cette asperge ne répondit pas aux allégations de Mugen, ce dernier comprit. Il ne savait pas exactement ce qui n’allait pas avec Asch, mais il savait qu’Ashen savait, et qu’il ne voulait rien dire. Dégoûté, il cracha par terre, Erik poussant un petit cri horrifié derrière lui, et se dirigea vers la porte.

« Asch, je te souhaite bon courage avec de tels connards comme parents ! »

* Et je sais de quoi j’parle. *


Il s’en alla ensuite, rageant, Erik trottant derrière lui. Le blondinet savait qu’il ne servait à rien de parler à Mugen lorsqu’il était dans cet état là, et resta donc muet à ses côtés. Ils sortirent rapidement de l’hôpital et…

[Des années plus tard]

Shangyu était toujours là, magnifique et si pittoresque, et Mugen câlinait Asch dans le canapé de la suite qu’il réservait à chaque fois qu’il descendait dans la ville sans magie. Toujours la même, qui finissait peu à peu par se remplir de souvenirs tous plus agréables les uns que les autres. Le maki mutant, hotness sous la douche… Il y avait des choses qu’on ne pouvait pas oublier, quand on était H&M.

En serviette, ils venaient de sortir d’une autre douche, et racontaient leur vie comme s’ils se connaissaient à peine. Genre, ça faisait quand même bientôt un an qu’ils étaient ensemble, on aurait pu penser qu’ils en avaient profité pour discuter ! Mais voilà, Mugen était secret, et Asch taciturne. Avec deux gars comme ça, on n’avançait pas des masses. Cela dit, la conversation allait bon train, jusqu’à ce qu’Asch dise quelque chose qui fit tilter Mugen. Ce dernier rit doucement, et lança à son amant :

« Tiens ! Ca me rappelle un gamin que j’avais croisé… Ici d’ailleurs. ‘Tain, t’aurais du voir le gosse quoi, un vrai taré. Il s’était fait planté par des connards mais j’ai quand même du me battre pour l’amener à l’hôpital. D’ailleurs, il m’a pourri ma chemise préférée avec son sang. »

Hé non, Mugen ne faisait pas le rapprochement entre le pauvre gosse qu’il avait sauvé à Shangyu ce jour-là, et le grand dadet qu’il serrait actuellement dans ses bras. Même s’il était voyant à l’époque, il faut dire que les couleurs se mélangeaient dans sa mémoire, et que, aussi improbable que cela puisse paraître, le fait que le gamin ait eu les cheveux rouges n’était pas la première chose dont il se souvenait. Ca aurait peut-être aidé pourtant !
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Lun 16 Avr - 18:36

Et c'était ainsi que s'était terminée cette rencontre, entre le futur despranon et sa future pupille - dans tous les sens du terme, mais de cela à l'époque, aucun des deux n'en avait encore conscience. La dernière phrase prononcée par son sauveur avait choqué Asch, lequel était resté interdit un moment avant de baisser des yeux humides sur la couette. Ses parents.. Des connards..? Mais non... Ses parents étaient biens même si.. Même si Asch aurait voulu qu'ils s'occupent plus de lui et soient moins intolérants... Mais ils n'étaient pas des connards... Ils n'avaient juste pas beaucoup de temps... Et mieux à faire...

Bien des années plus tard, cet épisode intriguant était loin dans les mémoires, enseveli sous un tas d'autres préoccupations plus récentes, et parfois même, carrément plus agréables. Oui parce que les douches, surtout à Shangyu hein, ça avait quelque chose de sacré pour "certains" couples gouvernementaux. Puis alors voir Mugen en serviette, ça avait beau arriver souvent, ça n'avait pas de prix... Surtout quand ils étaient encore couverts de buée bouillante, la peau chauffée par l'eau de la douche. Sans magie, Asch appréciait certes moins les effets de la chaleur sur son corps, n'étant pas capable de l'assimiler, et pas vraiment de la convertir en, euh... Envies spéciales... Mais il l'appréciait aussi bien plus car il était véritablement capable de la sentir. Et pour une fois, malgré leurs envies mutuelles, ainsi que leur célèbre - kof kof - manque de répondant, ils avaient malgré tout réussi à discuter, à apprendre à mieux se connaître, en échangeant leurs passés. Asch enlaçait la taille de son amant, à moitié étalé sur lui cependant, encore ramolli par l'effet décontractant de l'eau chaude. Sérieux, il était bien là... Il serait bien resté toute la nuit dans ce canapé, à légumiser dans cette position... Quoique. Ils auraient certainement fini par avoir envie d'autre chose hein. Dans pas longtemps d'ailleurs... Mais pas maintenant.

Nan, parce que maintenant, tout de suite, Asch qui écoutait l'Alpha parler, avait été interpelé par ce qu'il lui racontait. Le rouquin releva la tête et fronça les sourcils pour observer son visage tandis qu'il s'exprimait. Un gamin. A Shangyu. Il y a longtemps puisque à en croire la tournure de sa phrase Mugen l'avait "vu". Donc attend résumons... Un gamin qui s'était fait planter mais sauver par Mu... QUOI ??!

Asch se redressa d'un coup, et s'approcha de son visage pour mieux l'inspecter.

"Attend..."

Les cheveux... Ouais, l'implantation était la même... Et les? ... Verts 25°C hein? Asch approcha une main des lunettes de Mugen, qu'il souleva doucement, mais seulement si son amant ne faisait aucun geste pour l'en empêcher, et qu'il ne se fige pas non plus faute à un quelconque mal-être. Asch était encore très prudent avec ça... Lui-même ne trouvait pas la cicatrice de Mugen laide. Il l'avait toujours connu comme ça, et il l'aimait avec cette particularité. Mais l'aveugle n'était pas très à l'aise avec cette balafre inhabituelle... Avec ou sans lunettes, Asch observa quelques secondes le visage de Mugen, avant de se rendre compte qu'il était presque certain de ne pas se tromper. La voix, le caractère, les réactions, tout... Putain c'était incroyable, si c'était ça.

Ses propres yeux écarquillés, Asch lâcha enfin une question, qui tenait à vrai dire presque lieu d'affirmation.

"... C'était quand? ... Et il avait quelle couleur de cheveux ton gamin?"

... Un vrai taré qu'il avait dit? .. Ah bah merci hein, il retiendrait! Quoique non, il prendrait sans doute ça pour un compliment finalement. Un sourire béat était déjà en train de se dessiner sur ses lèvres, rien qu'à l'idée d'avoir contemplé les prunelles de Mugen avant qu'elles ne disparaissent malencontreusement... Ainsi que d'avoir été potentiellement liés par le passé comme si, depuis toujours, ça avait été écrit.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Dim 6 Mai - 20:13

Affalé sur le canapé, vêtu de sa seule serviette, serrant contre lui son rouquin, Mugen avait lancé la discussion sur un vieil évènement surgi à Shangyu, lorsqu’il avait aidé, un peu malgré lui, un gamin têtu et hargneux. Sa couleur de cheveux ? Il avait du mal à s’en souvenir, trop habitué à voir les couleurs d’une toute autre manière. Il ne jugea donc pas nécessaire d’essayer de s’en rappeler, et continua sur sa lancée, jusqu’à ce qu’Asch le regarde bizarre, et ne se mette à réfléchir. Interloqué, l’Alpha se tut, et attendit d’entendre la suite. Peut-être que ça rappelait des souvenirs à Asch aussi… Ah, s’il savait !

La première question de son amant portait sur la période à laquelle s’était passée, avant de… partir sur la couleur de cheveux ? C’était quoi cette question ? Mugen parut surpris, vous savez, ce petit geste de la tête qui remplace des yeux écarquillés ? Oui ça ! Bah voilà il faisait cette tête-là, alors qu’il se rappelait qu’Asch aussi avait une couleur de cheveux à la con. Ben oui, lui il s’en foutait, il voyait pas les couleurs. Alors qu’Asch ait les poils de clafoutis noirs, blancs ou rouges… Sérieusement, rien à battre. Néanmoins, il tilta une deuxième fois, avant de continuer son récit, beaucoup plus prudemment cette fois.

« Euh… il devait être roux… ou… »

Oh putain… Non c’était pas vrai… Mugen s’arrêta un instant, et repensa à tout ce qu’il venait de dire et… ouais ça collait. Ce gamin, ç’avait pu être Asch, si ça se trouve ! Ses cheveux étaient bizarres, maintenant qu’il faisait un effort de mémoire.

« Mais… mais c’est pas possible, t’aurais pas été aussi jeune… Le gamin avait quoi… huit, dix ans à tout péter ! Moi j’en avais dix-sept… »

Oui mais Mugen oubliait un léger détail : il était quand même bien plus vieux qu’Asch ! Ca ne se voyait pas, physiquement ou mentalement, et du coup ils avaient un peu tendance à l’oublier. Mais c’était pourtant le cas. Enfin, il en aurait tout de même froncé les sourcils, s’il en avait eu pour ça. A la place, il se serra un peu plus contre Asch, et continua à le taquiner gentiment.

« Remarque, il me fait penser à toi ouais. Hargneux, de mauvaise foi, têtu, mais combattif et avec pas mal de répondant, du genre qui se laisse pas faire. Sauf quand c’est son père qui parle. Rha putain… les parents quoi. Maintenant que ça me revient, le père était un vrai connard, doublé d’une chiffe molle, et la mère qui avait pas voulu se pointer, alors que son gosse avait failli clamser… »

Mugen resta un moment muet, perdu dans ses pensées. C’est vrai que ça collait vraiment à la description d’Asch… Et celle de ses parents aussi. Ashen et Rachel Raizer - ouais, on kiffe les ‘ach’ dans c’te famille - étaient des cas, et Mugen doutait qu’on pouvait tomber deux fois sur ce genre de géniteurs dans des circonstances aussi similaires.

« … Tain, sérieux… C’était vraiment toi ? Dafuq quoi merde… »

Il se mit à rire nerveusement, parce que décidément, le destin s’était bien foutu de leur tronche sur ce coup-là. Surtout que du coup… Asch allait se souvenir d’Erik. Erik Bishop. Le blondinet un peu trop tendre qui suivait Mugen ce jour-là… Il ignorait pourquoi, mais ça le mettait mal à l’aise qu’Asch puisse parler d’Erik. Jusque là, les deux domaines avaient été cloisonnés mais s’ils s’étaient connus, ne serait-ce que quelques heures… Inexplicablement, ça avait le don de stresser Mugen.
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Lun 7 Mai - 15:05

Asch continuait de sourire bêtement. Si Mugen n'avait pas encore de certitudes, ce n'était pas le cas du rouquin pour qui tout était devenu clair comme de l'eau de roche: le gamin de Shangyu, c'était lui. Le despranon alpha et lui-même s'étaient connus il y a très longtemps de cela, et c'était plutôt surprenant! Faisant son possible pour masquer son excitation - non pas celle là, l'autre - Asch répondit avant que Mugen ait le temps de finir sa phrase. Non pas que l'alpha en ait eu l'intention mais bon...

"... Ou bien rouge. Je me trompe?"

La réaction du despranon ne se fit pas attendre. A en croire ses balbutiements difficiles, il avait du mal à en croire ses oreilles, et ça ne manqua pas d'amuser Asch, dont le sourire s'étira encore plus. Un ricanement attendri lui échappa. Mugen avait oublié qu'il était un vieux crouton - façon de parler - par rapport à son garde du corps malgré lui, ou bien quoi...? Asch le regarda par dessous deux sourcils froncés par l'incrédulité.

"Jm'en souviens très bien. J'avais neuf ans et j'ai gravement douillé.Mugen... On a huit ans de différence d'âge."

Autant dire que tout concordait. L'Alpha semblait enfin se remettre de sa surprise, et accepter l'éventualité que toute cette histoire ait réellement pu leur arriver. Asch le laissa raffermir son étreinte même si... bon, franchement. A ce rythme il allait lui donner envie de couper court à la discussion, histoire de passer à une activité plus ludique. Il se laissa taquiner mais figea son sourire: D'un côté il savait que Mugen plaisantait... de l'autre sa susceptibilité se serait bien offusquée des moqueries même gentilles du brun. Cet accès de chiantise aschesque ne dura pas longtemps, et n'eut même pas l'occasion de faire des dégâts, tellement il fut vite remplacé par une nouvelle vague d'amusement, puis par une tristesse sourde, qui calma sa joie pour ainsi dire, et métamorphosa la lueur joueuse dans ses yeux en quelque chose de beaucoup plus mélancolique. La manière dont Mugen lui dépeignait ses parents n'était évidemment pas étrangère à cette peine. C'était la première fois qu'Asch se remémorait cette scène depuis qu'il connaissait la vérité à propos d'Ashen et Rachel. Il la découvrait sous un tout nouvel angle... Plutôt moche l'angle d'ailleurs. Dans le genre fracture ouverte sur le souvenir. Suite à un bref sourire triste, il décida de répondre quand même, toujours masquant ses émotions qui étaient contraires aux précédentes, mais bon, c'est pas grave.

"Hey si je devais te faire le portrait du type qui m'a sauvé le jour où je me suis fait planter, ça serait pas beaucoup plus joli je crois... Hmm attend deux secondes. Râleur, désagréable et mal embouché? Remarque il m'a quand même sauvé, et défendu sans même que je m'en rende compte..."

... Ouais. La façon dont l'adolescent avait parlé de ses parents avait marqué le Asch de l'époque, gamin à qui on avait quand même dit sans détour que les figures qu'il chérissait et à qui il accordait une importance suprême - malgré ses râleries et rancœurs - faisaient partie de l'ordre très étendu des "Connards de Première". Pas le genre de choses qu'on est prêt à entendre quand on a neuf ans. Pourtant si Asch en avait pris conscience plus tôt... Sa vie aurait peut-être été plus facile. Ou pas. Il n'était pas mécontent d'avoir rencontré Mugen malgré les circonstances désastreuses dans lesquelles c'était arrivé. Et de ricaner une dernière fois, sans même se rendre compte que quelque chose dérangeait l'Alpha. Peut-être parce que lui-même avait la tête trop pleine... Plongée dans un mélange d'euphorie et de préoccupation.

"Bah ouais c'était moi... Le hasard serait un peu gros si c'était pas le cas. A cette époque y avait pas trente mille gamins qui avaient ma couleur de cheveux à Shangyu... Puis je me souviens bien. C'était toi... Je me demande comment j'ai pu ne pas m'en rendre compte..."

... Sans doute parce que le nouveau Mugen n'avait plus d'yeux en fait. Mais Asch n'allait certainement pas avoir l'indélicatesse de le dire comme ça. Ni celle de parler du jeune homme qui l'avait accompagné et convaincu de s'occuper de lui, et qu'il soupçonnait d'ores et déjà d'être Erik... Bon. Quelques mois auparavant il aurait peut-être essayé de poser une question. Mais depuis que la situation avait dégénéré, et qu'Asch avait quitté le domaine pour s'enfoncer dans la détresse jusqu'à une piaule sale et mal entretenue de Modula, dont seul Shawn avait su le sortir... Bizarrement le rouquin préférait y aller mollo sur ... tout ce qui concernait le mort. C'était jamais bon de laisser des non-dits distiller leur poison en arrière-plan pendant qu'on lolilolait en mode autruche, mais l'ex-densetsu ne voyait vraiment aucune autre solution pour le moment. Il préféra plutôt caresser les cheveux de Mugen, et, pensif, contempler brièvement la cicatrice qu'il avait dégagé de ses lunettes.

"... Ils rendaient encore mieux en vrai qu'en photo. Sérieux c'est con mais... je trouve ça cool de pouvoir m'en souvenir en vrai..."

Un vert si saisissant qu'il pouvait encore s'en rappeler, même seize ans plus tard... Non vraiment, c'était con mais ça lui faisait plaisir.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Mar 8 Mai - 20:52

Ou bien rouge, oui. Maintenant qu’il y pensait, ça lui semblait totalement naturel, évident. Comment Mugen avait-il pu oublier une couleur de cheveux si étonnante ? Il fallait croire qu’il s’était tellement habitué à la cécité qu’il avait du mal à se souvenir des couleurs originelles des gens et des choses. Ses souvenirs de quand il était voyant étaient parés de couleurs étranges, un peu comme celles qu’il voyait actuellement. Son pouvoir savait avoir de drôles d’effets secondaires. Tout comme sa mémoire… Il avait effectivement oublié qu’il était beaucoup plus vieux qu’Asch :

« Ah ouais… Huit ans, quand on en a trente c’est rien… mais à dix-sept ans, ça fait bizarre ouais. Je t’aurais pas touché à cette époque-là tiens, j’suis pas un pedobear… »

Malgré tout ce qu’on pouvait dire de lui, notamment parce qu’il gardait chez lui une kyrielle de gamins frétillants. Mais non, Mugen n’était pas de ce genre là, heureusement. Il ne gardait ces gamins que pour tenter de leur rendre un peu de la vie qu’il leur avait pris en massacrant leurs parents. Et en parlant de parents… oui, Mugen n’en faisait pas un portrait élogieux, mais il ne se rendait pas non plus compte de ce que ça pouvait avoir comme conséquence du côté d’Asch. Le brun n’avait jamais aimé ses parents - ou si peu - et avait toujours été le premier à crier haut et fort qu’ils étaient des « connards de première ». Il n’avait jamais vraiment essayé de leur plaire, pas comme son amant, qui s’était presque tué à la tâche, et n’avait su que récemment que toutes ses tentatives avaient été vaines, et ce depuis le début. Enfin ! Le portrait qu’Asch fit du Mugen adolescent fit quand même sourire ce dernier : il n’avait pas beaucoup changé. Il s’était peut-être un peu assagi, mais pas plus que ça. Cela dit, c’est vrai qu’Asch ne l’avait quand même pas reconnu.

« Peut-être parce que j’avais pas ces lunettes sur la gueule à cette époque, non ? Ca doit changer pas mal, de plus avoir d’yeux. »

Mugen avait devancé la pensée d’Asch, sans s’en offusquer. C’était vrai, de toute façon. Logique qu’Asch n’ait pas fait le rapprochement, puisque Mugen avait quand même paumé ses yeux en cours de route. Bon, valait mieux pour l’ambiance qu’il ne se remémore pas comment il les avait paumé. A la place, il se laissa aller à l’étreinte d’Asch, qui lui caressait les cheveux. Ah… C’était important, les yeux, mine de rien. Les paroles du rouquin touchèrent le brun beaucoup plus profondément qu’il ne l’aurait pensé, parce qu’il ne put s’empêcher, à ce moment-là, de l’embrasser longuement. Si ça continuait, il faudrait bientôt passer ce sujet dans un autre lieu du forum… huhu.

Mais pour l’instant, Mugen était sage. Il passa ses mains dans les cheveux d’Asch, avant de glisser sur ses épaules, l’attirant encore un peu plus à lui. Comment avait-il pu ne pas se souvenir de lui ? Ne pas faire le rapprochement ? Il était parfois vachement long à la détente, ce Despranon…
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: [Flashback] Back in Black   Mer 9 Mai - 7:59


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