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 Fade Away [pv Asch]

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Fade Away [pv Asch]   Sam 25 Fév - 11:53

Les semaines passaient lentement, douloureusement, alors qu’Asch s’habituait à évoluer dans l’Obscurité. C’était l’expression de Mugen, le nom qu’il avait donné à sa cécité, dans les temps difficiles où il avait appris à la connaître, à Shangyu. Cet entraînement, quasiment seul, dans le noir, avait été traumatisant pour lui, mais il avait été indispensable. Sans ça, il serait déjà mort depuis longtemps. Que les gens continuent de croire que sa magie était sa seule béquille, et que sans elle, il avait autant de répondant qu’un enfant en bas-âge… ! Le Despranon n’était pas l’Alpha pour rien.

Son seul point faible était Asch, et c’était une drôle d’ironie que le hasard - ou quoi que ce soit d’autre - ait décidé qu’il serait lui aussi aveugle. Sa magie ne lui serait en plus d’aucune utilité… Il allait vraiment devoir se débrouiller avec une canne, il ne pourrait plus se battre au sein de l’Armée, et une faille dans le règlement du Gouvernement lui interdirait sûrement d’y rester, ne serait-ce qu’en tant que conseiller stratégique. Mugen avait le désagréable goût de l’injustice dans la bouche à la place de son amant, que l’Armée avait jeté après s’en être bien servi, comme un jouet brisé.

Les Densetsu responsables de l’attentat devaient bien s’amuser. Même si l’Alpha était toujours en vie, il avait perdu deux de ses appuis les plus importants au sein de l’Armée. Jason Morgan n’était plus soldat depuis deux mois, son genou ne supportant plus de trop gros efforts. Lui aussi était brisé, et lui aussi, on l’avait jeté… Mugen ne s’en faisait pas trop pour lui, il n’avait pas l’air de mal le prendre… Mais pour Asch… Il savait que ce dernier aurait du mal à trouver un travail plus seyant que celui de se tenir sur un champ de bataille. Il avait lutté jusqu’au bout pour qu’on lui garde une place à l’Armée, et les autres avaient été forcés d’accepter d’attendre l’avis d’un médecin, histoire de savoir si cette cécité était réellement définitive.

Mugen n’y croyait pas. Il s’accrochait à l’espoir qu’Asch revoie un jour comme un forcené. Il avait sûrement tort, mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il ne voulait pas croire que son amant serait aussi aveugle que lui, pour le restant de ses jours. C’était trop difficile… trop cruel. Il avait fallu secouer l’Alpha une paire de fois pour qu’il prenne conscience que nier n’était pas la solution aux problèmes, et il avait commencé à apprendre à Asch à se servir d’une canne. Il lui avait également trouvé un berserk spécialement dressé pour les aveugles, que le rouquin avait nommé Alcide. Une longue histoire, pas inintéressante : Mugen oubliait parfois qu’Asch avait encore beaucoup de choses à lui raconter à propos de son passé. Pas que ça ne l’intéresse pas, mais il ne s’en sentait pas le besoin de lui demander de raconter sa vie dans le détail.

Ce jour-là, ils avaient rendez-vous avec un des médecins qui avaient examiné Asch juste après l’attentat. Il ne s’agissait donc pas de Serylin Menah, même si l’homme devait sûrement travailler avec elle sur le cas aschesque. Mugen ne cessait de la payer, veillait à ce qu’elle ne manque de rien : locaux, moyens, personnel. Il fallait avouer qu’elle était la seule membre du corps médical à avoir réussi à gagner l’estime et la confiance de l’Alpha, réputé têtu et de mauvais caractère avec les praticiens. Une réputation bien en-deçà de la réalité, qui plus est !

Asch était venu avec lui, bien évidemment, avec Alcide. Les berserks tels que celui-ci étaient exceptionnellement acceptés là où les autres animaux étaient interdits, comme disons, par exemple, dans un cabinet médical. Anxieux, Mugen ne pipa mot alors qu’ils attendaient leur tour. Il avait du s’acheter une voiture - un van en fait - parce qu’il ne se voyait pas emmener Alcide en moto, même avec un side-car. Même pour Asch, c’était maintenant un peu plus confortable de voyager. Quant à Mugen, il avait la désagréable sensation d’être devenu vieux. Il savait qu’il n’avait pas d’autre choix, que la vie n’était pas toujours aussi rock n’roll qu’elle aurait dû l’être, mais ça lui laissait quand même un arrière-goût amer. Perdu dans ses pensées, il n’entendit pas - ni ne vit - le médecin avant qu’il ne les appelle pour la troisième fois. Sourd en plus d’être aveugle, hein ? Mugen soupira, se leva, et s’avança jusque dans le bureau du médecin, où il s’assit sans attendre.

Il avait un mauvais pressentiment.
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Sam 25 Fév - 12:45

Asch commençait à s'habituer à son nouveau statut, même si c'était difficile. Il n'avait jamais eu une volonté légendaire pour ce qui était de trouver à s'occuper quand il était désoeuvré... Autant dire qu'il ne faisait plus grand chose de ses journées, à part aider Mugen lorqu'il taffait dans ses dossiers. Asch avait peut-être pû paraître insistant, voire collant... Mais voilà. Il s'emmerdait ferme et son apprentissage de la vie dans le noir ne l'occupait pas suffisamment pour que cela pallie parfaitement à son absence de loisirs. Sans compter qu'il culpabilisait ferme à l'idée de ne rien faire - de ne rien POUVOIR faire - de ses journées. Il était vivant, il respirait, et il ne faisait rien de significatif, alors qu'il était le meurtrier - même involontaire - d'innocents dont le sang lui tâcherait toujours les mains. Même si il avait appris à un peu moins s'auto-flageller, Asch ressentait le besoin de faire quelque chose de bien de sa vie pour compenser... Sauf que là il était bien parti pour légumiser pour le restant de ses jours, ce qui ne le ravissait guère, quand bien même légumiser en compagnie de Mugen n'était pas une perspective siii désagréable. Disons que de donner son avis, de peser sur des décisions qui changeraient peut-être le confort de milliers de citoyens dans le monde, le soulageait un peu de son désagréable sentiment d'inutilité. Il détestait l'idée d'être devenu un parasite... Raison pour laquelle il redoublait d'efforts pour apprendre à se débrouiller seul, quand bien même il aurait été facile de se décourager. Car ce n'était pas facile.

Il avait appris à utiliser la canne et avait commencé à sortir seul du domaine, même si il n'allait généralement pas très loin. Il comprenait progressivement comment se passer de ce soutien en faveur de l'aide d'Alcide, qui rendait les prises de décisions plus simples et l'acte de traverser la route - par exemple - moins stressant. Bref... Il galérait encore sur pas mal de trucs, et il fallait encore qu'il commence à apprendre le braille, mais il apprenait plutôt vite malgré tout. De plus son audition et son sens tactile commençaient à s'affiner, si bien que certaines choses qui lui avaient parues insurmontables allaient bientôt entrer dans le domaine du possible... Il était bien entouré, et il avait été rare qu'il craque, même si il avait eu deux ou trois crises de panique durant les entraînements: Ne rien voir lui procurait un sentiment claustrophobique, et à quelques reprises il avait effectivement perdu son sang froid.

Il passait donc son temps à switcher entre la compagnie de Mugen et celle d'Elye, l'un étant toujours là pour lui lorsque l'autre avait une obligation. Il se considérait plutôt chanceux... Puis bien sûr, il y avait Alcide. Le courant était tout de suite passé entre l'homme et la bête dès qu'ils s'étaient "vus" pour la première fois, et Asch ne s'en séparait presque plus, aussi incroyable que ça puisse paraître quand on savait à quel point il savait être grincheux. Mais après tout, il avait toujours voulu un berserk... Elye aussi. Les deux Raizer étaient littéralement retombés en enfance sous les non-yeux du despranon lorsque l'animal était arrivé au domaine.

Aujourd'hui, Asch avait un examen médical. Il en avait eu plusieurs jusqu'à présent déjà, et pour lui, ce n'en n'était qu'un de plus sur une longue liste. Ça n'allait strictement rien changer, on allait encore lui dire de se rhabiller et d'attendre quelques autres jour histoire de voir si une amélioration finissait par avoir lieu... Bref. Le diagnostic des médecins allait encore être réservé, et ça le blasait d'avance. Il se demandait bien à quoi ça servait qu'il vienne ici tout le temps si c'était pour qu'on lui sorte un "merci d'être passé revenez dans une semaaaine" et que strictement rien d'autre n'arrivait. Assis dans la salle d'attente, silencieux, il tenait d'une part la main de Mugen - sans complexer, si si - et de l'autre la "laisse" du berserk, sagement assis à côté de son maître, avec une expression à peu près similaire à la sienne si tant est qu'un berserk peut avoir une expression similaire à celle d'un humain - ou d'un mutant humain. Décidément, Mugen avait eu une sacrée idée... Contrairement à son amant, le rouquin ne stressait pas. Ce n'était qu'une visite de routine qui n'allait strictement rien changer à son mode de vie. Il se releva le premier, et se retourna, surpris, en "voyant" (ou plutôt entendant, sentant... signe qu'il commençait à avoir un sixième sens) que l'Alpha mettait trois plombes à réagir.

"... tu viens?"

Une fois tout le monde debout et prêt, ils avancèrent jusqu'à entrer dans le cabinet du docteur, qui tirait une tête assez grave en fait... Mais ça ni l'un ni l'autre des deux aveugles n'allait pouvoir le savoir. Enfin.. Sauf Mugen si il se concentrait un peu, ok.

"Asseyez-vous je vous en prie... Monsieur Raizer il me semble que les précédents examens nous ont permis de déterminer que vos poumons et vos organes internes étaient parfaitement remis. Par acquis de conscience, je vais donc juste vous demander d'enlever vos lunettes, mais ça ne devrait pas être très long..."

... Voilà un discours inhabituel. Généralement le médecin examinait ses yeux pendant plusieurs longues minutes, et on le faisait passer dans des machines bizarres et... Il allait juste lui scanner la rétine à la sauvette?

"Euh... D'accord... ?"

Asch leva un sourcil, surpris, mais retira les verres sombres sur son nez pour libérer son regard aveugle, papillonnant. Après tout si il pouvait échapper à un examen long et chiant il n'allait pas s'en plaindre... Mais ça n'était quand même pas très rassurant.

Le médecin reprit, sur un ton plus sympathique et enjoué, sans doute conscient qu'il avait été un peu abrupt.

"Alors y a t-il eu une quelconque amélioration depuis la dernière fois?"

"... Ben... Si vous parlez des yeux non pas vraiment. Je vois toujours rien... J'ai plus vraiment mal non plus."

"Hmm..."

Ca n'avait pas l'air de ravir le médecin.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Jeu 1 Mar - 12:40

On l’avait appelé : il secoua la tête légèrement, comme pour chasser ses pensées encombrantes, et se leva. Mugen entra ensuite dans le cabinet à la suite d’Asch et du médecin, et s’assit en face de son bureau. Il ne se sentait pas à l’aise, comme d’habitude. Mugen n’aimait pas les médecins et les docteurs. Tous des… trous du cul ouais. Tous sauf Serylin Menah, qu’il avait d’ailleurs engagée pour travailler à la guérison d’Asch. Il la payait en plus de ses autres affectations, une somme rondelette, et veillait à ce qu’elle et son équipe ne manquent de rien pour leurs recherches. Il avait conscience qu’il lui devait beaucoup, et s’il y avait un homme au monde qui n’était pas ingrat, c’était bien Mugen.

Le médecin commença à parler. Du blabla dans le vent, pour ce que l’Alpha entendait. Oui oui on savait que ses poumons et tout c’était guéri, mais ses yeux… ? Tiens, ‘ça ne devrait pas être long’ ? En quel honneur ? Merde, c’était pas normal. Mugen commençait à stresser, plus qu’il ne l’avait jamais fait auparavant. Il n’aimait pas la tournure que prenait l’entretien. Il vit Asch retirer ses lunettes, et le médecin les examiner un peu à l’arrache. Le praticien n’était pas aussi minutieux qu’à son habitude… Il demanda alors au rouquin s’il y avait eu une amélioration, ce qui n’était pas le cas. La réaction de ce dernier finit de paniquer Mugen.

« Mais vous n’avez même pas regardé en détail ! Pourquoi ne lui faites-vous pas des examens !? »

Cette fois, Mugen devait avouer qu’il n’était pas sûr de comprendre. Ou plutôt, il avait peur de comprendre. La réaction du médecin laissait entendre qu’ils avaient déjà fait le maximum pour Asch, mais que son état actuel serait malheureusement définitif. Il devrait vivre jusqu’à la fin de sa vie diminué, accroché à une canne et à la laisse d’un berserk. Celui qui était enchaîné là, c’était Asch, et personne d’autre. Rien que d’y penser, Mugen se sentait rager. Il ne pouvait pas accepter qu’un médecin abandonne aussi facilement : il leur donnait les moyens nécessaires, il était en droit d’attendre un minimum de résultats non ? Rha ! En regardant Mugen, fâché tout rouge, on pouvait facilement deviner que le médecin en face de lui était passé dans la catégorie ‘Dr Trouducul’ comme beaucoup d’autres avant lui.

Toujours aussi rageur, Mugen décida d’envoyer balader le reste de politesse qu’il avait - déjà qu’il n’en avait pas beaucoup ! - et se leva. Sans attendre, il se dirigea vers la porte, qu’il ouvrit en grand :

« Viens Asch, on se casse ! Ce mec est même pas foutu de te soigner correctement !!! »

Oui, le Despranon était furieux, et dans sa colère, il ne se rendait pas compte que ni le médecin ni Asch ni personne n’y pouvait rien. Parfois, il y a des situations où il n’y a rien à faire… Mais Mugen n’était pas du genre à baisser les bras si facilement, surtout quand on parlait de cécité, et de son amant…
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Ven 2 Mar - 10:38

Asch commençait à comprendre. Ça avait mis du temps à monter au cerveau... Mais lorsque Mugen s'écria, paniqué, qu'il ne comprenait pas pourquoi le médecin ne faisait pas toute la batterie de tests qu'il lui faisait habituellement... Quand il capta la panique dans sa voix, il comprit vers quelle constatation toute cette situation tendait à mener. Sa gorge se noua d'angoisse. Il s'était fait à l'idée qu'il ne verrait plus jamais et que sa cécité était sans aucun doute définitive... Mais se l'entendre dire risquait d'être difficile, quand bien même il y était préparé. Mugen, lui, était très loin d'y être préparé. Asch allait devoir supporter ce fardeau pour deux car il le sentait venir d'avance: l'aveugle, premier du nom, risquait de lui péter une durite et comme à chaque fois qu'il grillait un fusible, ça risquait de ne pas être beau. Asch n'avait pas très envie de servir de dommage collatéral cette fois et sous prétexte que son amant se mettait des œillères - ironie quand tu nous tiens - mais il n'allait sans doute pas y couper...

"Laissez moi le temps de vérifier deux trois choses, je vais tout vous expliquer en détail..."

Asch posa une main sur l'épaule de Mugen pour tenter de le calmer. En vain... Ça alla beaucoup plus vite qu'il s'y était attendu. Au moins aussi peu raisonnable que Asch dans ses pires crises de colère nimportekoitisante, le despranon se leva et s'éloigna en direction de la porte du cabinet, oubliant toute forme de politesse ou de bienséance au passage. Même Asch s'en offusqua, et pourtant, il n'en avait à peu près autant rien à foutre que Mugen de la politesse, la bienséance, ou de tous ces machins inutiles. Autant dire que l'Alpha était allé drôlement loin, cette fois, pour que même Asch juge qu'il se comportait comme un demeuré.

Par un réflexe purement inutile - si ce n'est qu'ainsi sa voix porterait dans la bonne direction - Asch se retourna et posa une main sur le dossier de sa chaise. Malgré ses lunettes on pouvait voir à son expression - quand on voyait quelque chose - qu'il était aussi surpris que contrarié. Sa voix tonna comme elle le faisait rarement alors qu'il hélait son abruti d'amant pour le ramener à la raison.

"... MUGEN !"

... Et si ce n'était pas assez clair, il décida de l'exprimer plus en détail. La surprise avait tôt fait de quitter son visage, remplacée par un mécontentement très clair. Asch détestait les hôpitaux et n'aimait pas beaucoup plus les médecins que Mugen, mais là, le brun était en train de pousser mémé dans les orties!

"... C'est quoi ton problème? Tu lui as même pas laissé le temps de s'expliquer! Tu veux faire quoi encore? Faire comme si tout allait bien? Refuser d'entendre la vérité? Arrête de réagir comme un gamin capricieux BORDEL. C'est un médecin pas un faiseur de miracles! Maintenant tu ramènes ton putain de cul sur cette chaise et tu attends qu'on en ait fini comme un despranon RESPONSABLE. Casse toi si ça te fait plaisir, mais moi je reste. Parce que tu vois je pense que ça me sera plus utile d'entendre ce qu'il a à me dire que de te suivre dans ton délire là!"

... Et si ça lui foutait la honte, tant pis. Il avait qu'à arrêter de faire l'autruche, merde. Ça n'aidait personne. Ça pesait à Asch plus que ça ne le soulageait. Mugen lui-même se sentirait mieux quand il aurait accepté l'inéluctable. Bon... Si son jet de persuasion avait foiré ils étaient bon pour partir dans une engueulade dévastatrice, et Asch aurait un peu de mal à retourner à Nimla, mais maintenant qu'il avait un téléphone à commande vocale il n'aurait sans doute pas trop de mal à contacter Elye pour lui demander de l'aider à rentrer...

Le médecin n'osait plus rien dire, comme souvent, quand était tourné un nouveau remake du choc des titans.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Mer 14 Mar - 15:35

Le constat n’était pas encore tombé que Mugen paniquait déjà. Il le savait, il savait ce que le médecin allait dire, il l’avait toujours su, et quand bien il était un aveugle clairvoyant, il s’entêtait à faire l’autruche. Non, il devait y’avoir une solution ! Il y en avait toujours une ! On ne pouvait pas laisser Asch comme ça… Evidemment, il sauta aux conclusions, et mit tout sur le dos du praticien, qui du coup ne devait pas être bien doué. Il avait peut-être eu son diplôme dans une pochette surprise, ou l’avait acheté… Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien en savoir après tout ???

Furieux, il se leva, et se mit à déblatérer des conneries plus grosses que lui en se dirigeant vers la porte. Il ne savait pas comment réagir autrement, et comme d’habitude, il avait de bien malheureux réflexes. Il tenta évidemment d’entraîner Asch avec lui, de l’éloigner de ce soit-disant médecin qui serait incapable de le soigner : pour quoi le payait-on alors !? Mugen avait déjà ouvert la porte, s’apprêtant à sortir, mais Asch résista. Jamais il ne l’aurait cru mais… Le rouquin ne voulait pas le suivre. Au contraire, il hurla. Pire, il lui hurla dessus. Abasourdi, l’Alpha resta bouche bée, refusant de comprendre ce qu’il se passait. Les mots rebondissaient sur lui, et il n’en retint pas la moitié.

On était en train de déchirer son cœur en morceaux, et d’éparpiller des bouts de lui un peu partout là. Il se faisait rabrouer - méchamment - par la personne qu’il n’aurait jamais cru capable de ça - alors que c’était déjà arrivé pourtant… Son menton trembla, sa bouche s’ouvrit et se ferma en silence : Mugen n’avait plus rien à dire. Asch lui avait fermé le clapet. Il avait eu raison de le faire, mais l’Alpha ne s’en sentait pas moins blessé pour autant. Abandonné, presque.

Il n’eut même pas le courage de revenir jusqu’à la chaise, et s’affaissa sur place, une fois la porte refermée. Bien misérable était le Despranon Alpha, accroupi sur le sol, prostré comme un enfant battu. Et pourtant, c’était bien ce qu’il était. Il aurait voulu faire plus pour Asch, mais ce dernier le rejetait complètement, lui et ses idées certes pas très éclairées. Il croisa les bras, et nicha sa tête entre eux, comme s’il voulait s’isoler totalement du reste du monde. Il rechignait à quitter la pièce, mais il ne voulait pas entendre le médecin. Il ne voulait pas entendre ça… pas une nouvelle fois.

Mugen s’attendait presque à trembler de façon incontrôlable, secoué des spasmes de ses larmes fantômes. Mais rien ne se passa. Il resta immobile comme une statue, en attendant que le rendez-vous se termine - ou jusqu’à ce qu’on veuille bien lui mettre un coup de pied pour vérifier qu’il était toujours vivant. Evidemment, ça n’empêchait pas sa magie de fonctionner, et il continuait à voir tout autour de lui… Il fit alors quelque chose qu’il faisait rarement : il se força à voir les couleurs, déployant toute sa magie sur un objet insignifiant - en l’occurrence, une bibliothèque - et ce jusqu’à avoir la plus grosse migraine du siècle. Il n’avait pas bougé, ou presque pas, mais maintenant, il était incapable de voir, d’entendre, de penser. Son cerveau se résumait à une chose pulsante et douloureuse, ne sachant que faire des informations qui lui parvenait. Du coup, tout le reste de l’entretien passa à la trappe, noyé dans un flou artistique digne d’une magnifique gueule de bois. Ou comment se torturer soi-même.
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Mer 14 Mar - 18:20

Asch n'obtint pas de réponse suite à sa beuglante, qui certes était partie toute seule. Il était un peu fatigué des réactions démesurées que pouvait avoir Mugen lorsqu'il s'agissait de sa cécité. L'aveugle avait bien des raisons d'avoir des difficultés à accepter ce qui arrivait à Asch, et le rouquin lui-même n'aimait pas beaucoup les médecins... mais pour une fois celui-ci n'avait rien fait de mal. Pas encore du moins. Asch avait besoin d'entendre ce qu'il avait à dire. Mugen n'avait pas le droit de couper court à cet entretien... Encore moins si c'était pour continuer d'accuser Asch de défaitisme alors que des deux, il était simplement le plus réaliste! L'ex-densetsu se sentait gelé jusqu'à la moelle, d'avance conscient de ce qu'on allait lui annoncer. Il aurait aimé que son amant l'épaule dans ce moment difficile, mais visiblement, il n'allait pas être en état de le faire. Asch se calma légèrement, inquiet de ne rien entendre d'autre que la porte se refermant, et peut-être le bruit d'un corps heurtant le sol. Il baissa d'un ton. Sa voix se radoucit, preuve de son anxiété. Il y avait été un peu fort, parce que Mugen le blessait chaque fois qu'il refusait d'admettre son handicap et de le soutenir plutôt que d'essayer de lui mettre des œillères. Ces dernières semaines, l'alpha avait été parfait. Asch faisait des efforts: Mugen lui donnait le courage de surmonter les difficultés. Son coup d'éclat lui avait rappelé l'hôpital, lorsque le brun avait bien manqué de le larguer. Il l'avait assez mal supporté, traumatisé comme il l'était par ce souvenir.

"... Mugen?"

Pas de réponse. L'anxiété dorénavant clairement visible sur son visage, Asch se tourna vers le médecin - vers l'endroit où il devait être du moins. Il était incapable de voir l'expression subtilement désolée du praticien. Ce dernier était habitué aux crises de nerfs: il avait déjà du annoncer à des patients et leur famille qu'ils n'en avaient plus que pour quelques mois/semaines. Vu la stature de Mugen et Asch cela dit on comprenait tout de même qu'il put être impressionné.

"Docteur, il est encore là..?"

Le médecin mit un peu de temps avant d'acquiescer. Se rendant instantanément compte qu'il parlait à un aveugle, il se racla la gorge et rajouta:

"... Oui. Il est euh... assis par terre. Vous voulez que j'appelle quelqu'un..?"

Asch soupira, déprimé. Cette histoire foutait Mugen dans un état encore pire que le sien, c'était tout de même le comble! Asch se sentait mal vis-à-vis de cette situation... Cependant mieux valait que la pilule passe le plus vite possible histoire qu'on s'attèle sans attendre à recoller les morceaux.

"... Non. Non dites moi ce que vous avez à me dire qu'on en finisse."

Gêné, le médecin décida cependant de laisser courir. Les deux hommes auraient sans doute eu l'usage de quelques séances en psychiatrie mais ça n'était pas de son ressort.

"... Hmm bien. Donc je ne vous ai fait qu'une vérification succincte aujourd'hui parce que je n'en avais en fait pas réellement besoin. Par acquis de conscience j'ai tout de même voulu vérifier qu'aucune amélioration majeure n'avait eu lieu depuis la dernière fois. Comme je m'y attendais ça n'est pas le cas..."

Asch déglutit. La boule d'angoisse dans sa gorge le faisait souffrir. Alcide émit un couinement inquiet et bondit pour placer ses pattes avant ses les genoux de son maître. Le berserk vint placer sa grosse tête dans le cou du jeune homme, qu'il lécha affectueusement. Asch eut un semi-sourire et caressa le crâne de l'animal... Ces bestioles étaient foutrement intelligentes. La sollicitude de son compagnon poilu lui mettait du baume au cœur.

"Bon et quoi. Je suis aveugle pour de bon c'est ça? Vous savez on m'avait déjà dit que les chances de récupération étaient minimes..."

Le médecin se tortilla sur son siège. Il observait les images scannées de la rétine d'Asch, suivant une évolution sur plusieurs semaines... Il ne pouvait malheureusement pas les montrer à son patient pour s'expliquer.

"Ça fait plusieurs semaines maintenant que nous n'observons plus aucune amélioration au niveau des parties abimées de vos yeux. Autrement dit, ils sont guéris... Il n'y aura pas de meilleure régénération. Donc oui... vous êtes aveugle."

Asch baissa le nez, déprimé. Un long souffle lui échappa tandis qu'il caressait la tête d'Alcide machinalement. Autant il s'y était attendu... Autant Mugen avait peut-être, finalement, réussi à lui insuffler un peu de ses espoirs fous. Asch ne répondit pas, affligé. Le médecin jugea bon de continuer.

"... Évidemment Serylin Menah continuera de travailler sur les échantillons que vous lui avez fourni. Mais elle-même vous demande de ne pas trop espérer de résultats. Elle fait le maximum mais à ce stade une quelconque guérison complète tiendrait du miracle. Vous comprenez...?"

Asch renifla et releva la tête, clignant de ses yeux devenus officiellement non-voyants.

"Je comprends oui. Du coup je dois continuer à venir vous voir ou bien c'est fini..?"

"Pour votre suivi médical il touche à sa fin. Cependant vous aviez demandé une aide à la rééducation? Votre statut sera bientôt validé vous êtes donc en droit de demander des aides supplémentaires si vous pensez qu'elles vous seront nécessaires..."

S'en suivit une courte discussion au cours de laquelle Asch n'arrêta pas de s'inquiéter pour Mugen derrière lui. Il signa des papiers et fit plusieurs choix d'avenir d'incidence mineure - la présence de Mugen et Elye lui suffisait - puis le rendez-vous prit fin. Asch serra la main du médecin - une première - puis se releva, avant de demander, gêné:

"Excusez-moi est-ce que vous pourriez.... .."

Le praticien n'ayant pas l'air de comprendre, Asch s'éclaircit la gorge et précisa:

"Nous laisser seuls juste un moment. Je sais que c'est votre cabinet mais..."

"Ah..!"

Cette demande originale laissa le médecin perplexe un bref instant... Généreux il haussa les épaules puis salua Asch poliment avant de quitter la pièce par une porte secondaire. Asch soupira, puis appuya légèrement sur le harnais d'Alcide, lequel tirait déjà pour rejoindre Mugen. Il marmonna vaguement entre ses dents:

"Bon il est où... Montre moi."

Le berserk s'arrêta. Asch profita donc du fait que l'animal fut en train de glisser sa grosse tête jusqu'à Mugen pour s'accroupir. Le berserk, toujours aussi affectueux, laissa un gros coup de langue sur la joue du despranon. Asch s'approcha, tâtonnant, jusqu'à trouver son bras. Là il sut approximativement où il se trouvait, et le prit dans ses bras avec une tendresse peut-être inattendue en vue de la violence de ses derniers propos. L'alpha avait l'air totalement à l'ouest (lolz).. il ne réagissait presque pas. Asch le serra fort dans ses bras, tandis qu'il sentait des larmes monter dans sa gorge, qu'il n'aurait jamais pensé avoir... Mais là c'était un peu trop pour le même quart d'heure. Il cala le visage de Mugen contre lui, comme si ça avait été le brun qu'il fallait consoler. En réalité les deux en avaient sans doute besoin. Il commença à caresser ses cheveux d'une main tandis que des larmes humides coulaient contre ses joues, sous les lunettes. Il embrassa celle de Mugen, avant de briser le silence d'une voix douce. Son immobilité commençait à vraiment lui peser. Avait-il un malaise, ou bien?

"Hey... Ca va?"

Si l'alpha ne disait rien , Asch n'allait pas être capable de savoir.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Jeu 15 Mar - 21:54

Enfermé dans son propre esprit, Mugen ne pana rien à ce qu’il passait à l’extérieur. C’était d’ailleurs même pour ça qu’il avait été aussi stupide, et qu’il avait utilisé son pouvoir à l’excès. Il en connaissait les effets secondaires : il s’était débranché de la réalité, tout seul comme un grand. Ca n’était pas vraiment ce qu’on pouvait appeler ‘être un Despranon responsable’, mais que voulez-vous, il était vraiment en panique là. Si Asch était définitivement aveugle, il ne saurait pas comment gérer, il n’aurait plus rien sur quoi s’appuyer, plus d’objectifs à atteindre… C’était trop difficile pour lui, alors même que techniquement, c’était pas lui l’aveugle. Enfin, c’était pas lui l’aveugle qui importait là. C’était l’une des rares fois dans sa vie où il avait envie de tout abandonner, de se planquer dans un coin, et d’oublier.

C’était lâche, oui, et ça ne lui ressemblait pas, mais Asch aveugle, ça lui avait paru tellement incongru, tellement ironique, tellement… douloureux ! Il n’arrivait pas à se résoudre à y faire face, et continuait à se planquer lamentablement, jusqu’à l’intérieur de lui-même. Il n’entendait pas ce qu’il se passait autour de lui, et sa magie était partie en mode off, complètement. Il avait l’impression de se noyer, quand il sentit le toucher familier d’Alcide, qui lui colla sa langue râpeuse contre la joue. Et ensuite, encore plus familier, le contact d’Asch, qui lui faisait un énorme câlin. Mugen avait tellement mal au crâne qu’il avait la sensation de flotter, d’être fait dans une matière proche du coton. Son cerveau était proche de la ouate là… Et en mode mouillée.

Le temps que les paroles d’Asch lui monte au cerveau - ou plutôt ce qu’il en restait - Mugen mis bien quelques minutes. Il n’arrivait pas à répondre par contre. Sa tête lui faisait trop mal, c’était trop difficile de penser, ne serait-ce que pour aligner deux pauvres mots. Il releva un peu la tête, répondit au câlin de son amant, mais resta désespérément muet. Il s’accrocha à lui, plantant ses mains et ses doigts dans ses bras, dans son dos, dans ses épaules. Il ne pleurait toujours pas, mais plutôt parce qu’il n’en avait plus la force. Et là, il s’immobilisa. Complètement.

A l'extérieur, le médecin s'impatientait, et se demandait bien ce qui pouvait être en train d'arriver à l'Alpha, effondré sur le sol. Néanmoins, même s'il était aveugle, Asch lui avait demandé de se tenir à l'écart, ce qu'il comptait faire. Il n'était quand même pas du genre à contrarier une armoire à glace comme son patient, fallait être cinglé... ! Du coup, il ne fit pas ce qu'il aurait peut-être du faire, et contraignit Asch à se déplacer seul dans le couloir, paniqué, en hurlant qu'il avait besoin d'aide. Epic fail, vieux.




Dernière édition par Mugen Shôryû le Ven 16 Mar - 23:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Jeu 15 Mar - 23:18

Asch enlaçait Mugen plus tendrement qu'il ne le faisait d'habitude, surtout après le genre de... Presque dispute, qui avait mis l'Alpha dans cet état. C'était rare que le rouquin excuse si facilement l'un des pétages de plomb de son amant - et pourtant il était aussi capable d'en faire de beaux - mais là dans ces circonstances, il était incapable de lui en vouloir vraiment, d'autant qu'il se rendait compte, pour une fois, que si Mugen se foutait dans des états pareils, c'était parce qu'il tenait à lui. Il avait surtout envie qu'il réagisse... Dise quelque chose... Mais rien ne sortait de sa bouche. Si Asch ne s'inquiéta pas tout de suite de l'absence de réaction du brun, c'est uniquement parce qu'il avait trouvé la force de l'enlacer en retour. Asch n'avait donc pas tout de suite compris à quel point ça pouvait mal aller. Cependant de n'obtenir aucune réponse de sa part commençait à l'angoisser.

Le roux se redressa, comme si il avait voulu regarder son amant - ce qui était impossible comme on le sait bien. Il passa une main étrangement douce contre sa joue, alors qu'il relevait son visage... L'explorait, comme à la recherche d'un indice. Il avait cessé de pleurer, trop angoissé. Ses dernières larmes roulaient sur son visage tandis qu'il fronçait les sourcils, en proie à une terrible frustration. Si il avait vu quelque chose, il aurait sans doute su mieux quoi faire... Là, il ne parvenait pas à savoir ce qui arrivait.

"... Mugen. Il faut que tu me parles. Je comprends pas ce qu'il se passe. Tu vas bien..?"

Pas de réaction. Ça n'était vraiment pas normal, et Asch commença à prendre peur, d'autant plus qu'Alcide s'impatientait à côté de lui. Il gémissait, aboyait, tournait sur lui même... Le rouquin sentit son rythme cardiaque augmenter. Il posa la tête de Mugen dans le creux de son cou tandis qu'il "regardait" le mur, la bouche entrouverte, l'air vraiment soucieux.

"Oh merde... Mais qu'est-ce que t'as?"

... Un bref instant de silence suivit, pendant lequel Asch se demanda vraiment ce qu'il aurait dû faire. Il ne se sentait pas encore capable de se déplacer dans un intérieur inconnu, comme cet hôpital... Encore moins de chercher un employé puis de le guider jusqu'ici. Il fallait pourtant qu'il aille trouver quelqu'un, car le silence de Mugen était vraiment alertant.

"... Je... Reste ici!" Comme si il allait bouger dans son état... "... Je reviens! Je vais chercher de l'aide!"

Mugen s'immobilisa dans ses bras. Soudain inerte et plus lourd, il donnait l'impression d'avoir perdu conscience. Asch se sentait sur le point de paniquer, et sa cécité ne lui avait jamais paru aussi horripilante. Il caressa les cheveux de son amant et le re-déposa contre le mur aussi délicatement que possible dans son état de nerfs, puis il se releva - trop vite. Il manqua de tomber, et oublia le harnais d'Alcide. Il s'appuya contre le mur... Sa respiration se bloqua. Encore une crise de claustrophobie... Ça n'était vraiment pas le moment. Toussotant et jurant dans sa barbe pour vaincre la panique, il s'appuya au mur et se baissa en avant pour balayer l'air d'un bras... Et par chance tomber sur Alcide, ou plutôt sur sa laisse rigide. Il l'attrapa et n'attendit que de réussir à calmer sa respiration sifflante, avant de se détourner. Là il tenta de se souvenir où était la porte... Alcide était en train d'essayer de sortir par celle par laquelle ils étaient entrés, mais le médecin n'était pas venu d'ici. Malheureusement Asch ne maîtrisait pas encore suffisamment le berserk pour lui faire comprendre qu'il souhaitait changer de direction. Avec l'énergie du désespoir - et surtout de la grosse crise de panique - il décida de libérer les flux de sa main droite, qui ne se firent pas prier pour exploser dans la pièce et commencer à la balayer sans relâche. Par chance et malgré son état il avait réussi à en maintenir trois en lui: seuls ceux du pouce de l'index se promenaient dans la pièce... Il avait déjà remarqué qu'il était capable d'avoir de très légères sensations lorsque les flux traversaient des objets. Rien que de très vague, mais c'était parfois suffisant pour éviter un obstacle. Du genre de ce qui devait sans doute être... Un bureau, face à lui.

"Alcide c'est pas par là merde, le docteur est sorti par ici!"

Il avança, contournant avec brio l'obstacle - n'empêche que sa canne ne lui aurait pas été inutile là. Le berserk comprit enfin où Asch voulait en venir quand ce dernier parvint - à peu près - à se diriger vers la bonne sortie. L'animal le guida alors jusqu'au mur. Asch tendit le bras et battit l'air une fois de plus jusqu'à attraper la poignée - et se blesser avec. Tant pis. Il ouvrit la porte et se demanda bien où il était tombé... Dans l'Inconnu vraisemblablement. Et pour aider, personne ne lui parlait. Il n'y avait aucun bruit susceptible de lui prouver qu'il n'était pas seul. Courageusement il avança, suivant la marche éclairée de son animal. Il décida d'appeler, quitte à passer pour un fou:

"EXCUSEZ-MOI?? Il y a quelqu'un?! C'est important!!"

Au moment où il allait ouvrir une deuxième porte, le médecin accourut, et manqua de la lui mettre dans la figure. Alerté, il lui demanda sans attendre ce qu'il se passait, ce à quoi Asch répondit en lui indiquant sans attendre de lui emboîter le pas:

"C'est Mugen..! Il a un souci... Il ne me répondait plus, puis je crois qu'il s'est évanoui, c'est pas normal du tout..!"

Si le médecin trouva étrange d'entendre un criminel en liberté conditionnelle appeler le despranon Alpha par son prénom dans un cadre semi-officiel, il n'en montra rien. Asch n'avait pas eu le temps de trouver une formulation politiquement correcte, d'autant que Mugen se foutait du politiquement correct à peu près autant que lui. Guidé par l'instinct de survie - même si ce n'était pas de la sienne qu'il était question - Asch n'eut aucun mal à faire le chemin retour. Le médecin appela du personnel à la rescousse dès qu'il vit l'état du despranon. On le guida bientôt jusqu'à un brancard. Asch suivait, l'air de n'en mener vraiment pas large. Le fait de ne rien voir rendait la chose encore pire pour lui. On le conduisit dans la chambre improvisée du despranon et on l'aida à s'asseoir. Si il fallait qu'il sorte à l'avenir on le préviendrait à nouveau. En attendant, il eut l'occasion de demander, la voix tendue, l'air pitoyable tant il était angoissé:

"... Dites moi ce qu'il se passe. Qu'est-ce qu'il a..? C'est grave?"

... Ah non. Non, non, non. Il était hors de question que quelque chose arrive par Mugen. Ça aurait dû être interdit par la loi! Asch avait besoin de lui, maintenant plus que jamais... Mais qu'il ait été voyant ou pas, il n'aurait pas supporté qu'il lui arrive malheur. Pendant ce temps là, les flux de sa main droite continuaient à se tortiller dans la salle comme des rubans au vent. Il était bien trop préoccupé pour être capable de les remballer. Par chance son esprit était maintenant capable de supporter l'information contenue par les positions précises de deux de ses flux architectes, ce qui lui évitait de perdre le contrôle. Une infirmière releva la tête, nez froncé.

"C'est quoi ces vagues de chaleur bizarre..?"

Et Asch de grogner, avant de littéralement exploser:

"... C'est juste moi BORDEL! Faites pas attention à ça, occupez-vous plutôt de lui!!"

Les femmes prirent un air pincé, puis retournèrent à leur travail.

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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Sam 17 Mar - 14:23

Quel pitoyable spectacle que celui de Mugen, prostré sur le sol, immobile et silencieux, imperméable à l’extérieur si ce n’est les léchouilles inquiètes d’Alcide. Il était bien incapable d’entendre (et encore moins de décoder) les vociférations d’Asch, qu’il n’aidait vraiment pas là. Il aurait du le soutenir, être fort à sa place, et finalement, c’était lui le premier à craquer. C’est pas tout de vouloir soutenir et protéger les gens, encore fallait-il être capable de se soutenir et de se protéger tout seul. Mugen semblait l’avoir oublié ce jour-là.

Appelé auprès de l’Alpha, le médecin semblait du coup perplexe. Il était accompagné de deux infirmières, qui s’empressèrent de vérifier que Mugen était encore vivant : ouais ouais, il respirait, jusque là tout allait bien. Il ne réagissait pas à l’extérieur, mais il avait l’air conscient quand même. Bon, ça aurait pu être pire… n’empêche que c’était quand même bizarre ce qu’il se passait avec la température ambiante là… L’une des infirmières fit la remarque, et se fit violemment rabrouée par un Asch aussi violent que paniqué. Bon bon, c’est vrai qu’elle n’avait pas à demander, après tout, ça ne gênait pas son travail !

Mugen fut rapidement emmené sur un brancard, il ne semblait pas être en état de marcher. On le plaça dans une chambre individuelle, dans une aile où on était pratiquement sûr que personne n’irait le chercher - c’était un Despranon quand même - et là on procéda à quelques examens. Perplexe, le médecin demanda à ce qu’on lui fasse un EEG, histoire de voir si son cerveau s’était effectivement transformé en fromage blanc. Il fut surpris de voir les courbes d’activité… Il n’en avait pas l’air, de l’extérieur, mais Mugen souffrait le martyr. On lui fit passer des analgésiques bien bourrins par intraveineuse, le tout en évitant tant que possible Asch et son berserk Alcide, qui les avait suivis. Les médicaments avaient l’air de calmer le Despranon, qui avait l’air d’un circuit électronique géant avec tous ces patchs collés sur le front et les tempes. Néanmoins, il ne parla pas plus, ni ne bougea. Tout du long, il avait été docile, quasiment catatonique.

Quelques heures passèrent, durant lesquelles le médecin et les infirmières partirent s’occuper d’autres personnes - vous connaissez les hôpitaux hein, en 2500 ans, ça n’avait pas tellement changé - jusqu’à ce qu’enfin, Dr Presque Trouducul - un lointain cousin - revint, se grattant nerveusement la tête. Il toussa un peu, pour signifier aux deux aveugles - ou au moins à celui qui avait encore toute sa tête - qu’il était dans la pièce, et prit alors la parole.

« On ignore comment il a réussi à se mettre dans cet état, mais on pense que c’est certainement lié à son état psychologique. Il faudra sûrement qu’il voit un psychiatre, je pense que c’est plus que recommandable après ce qu’il s’est passé aujourd’hui. »

Le médecin s’approcha, visiblement désolé, et relut nerveusement ses notes. Il s’inquiétait également pour Asch, qui était son patient à la base, quand même. Nouvellement aveugle, il se retrouvait seul avec seulement son berserk… Même un médecin qui en avait vu d’autres trouvait ça émouvant. Mais que pouvait-il faire, à son niveau, mis à part s’occuper de Mugen ? Il soupira, et reprit la parole :

« Est-ce que vous avez une idée de comment il a pu se faire ça ? Peut-il se déclencher des migraines aussi violentes sciemment ? »

Il ignorait à quel point il avait touché dans le mille, ce Dr Presque Trouducul. C’était exactement ça. Mugen savait comment se débrancher de la réalité, bien qu’il ne l’ait quasiment jamais fait. Cela prouvait à quel point il avait été ébranlé ce jour-là…
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Sam 17 Mar - 15:43

Asch était sur les nerfs. Il était affreusement inquiet pour Mugen, et du coup, les infirmières en prenaient pour leur grade. En réalité quiconque se serait adressé à lui à l'instant même risquait de se faire ensevelir sous une avalanche de colère injustifiée. Il était plus simple pour l'ex-densetsu de gérer cette émotion plutôt que sa propre anxiété, laquelle n'était cependant pas suffisamment obstruée par la rage, pour l'empêcher d'imaginer les pires scénarios. Asch ne s'y connaissait absolument pas en médecine, mais il avait au moins entendu parler de trucs aussi sympathiques que les accidents vasculaires cérébraux, les tumeurs au cerveau, ou les ruptures d'anévrisme. Et si le despranon avait eu un problème tandis qu'il pensait qu'il boudait contre la porte? Et si ils avaient réagi trop tard, parce que Asch avait pensé que tout était normal? Et si Mugen mourait devant lui, et de sa faute en plus? Le jeune homme n'en pouvait plus. Il arrivait à peine à respirer, les coudes sur les genoux, le visage plongé dans ses mains, tendu par la peur. Il sentait à peine la présence d'Alcide à ses côtés qui lui mettait des coups de tête dans les genoux pour essayer de le faire réagir, en vain.

On ne répondait pas vraiment à ses questions et ça le mettait encore plus en rogne. A plusieurs reprises il se remit à vociférer contre le personnel soignant, à demander des explications sur ce qu'il se passait... Était-ce grave ou pas? Les médecins n'étaient pas encore capable de faire un diagnostic mais Asch ne supportait pas cette attente. Il allait devenir cinglé... Et les infirmières avec, car le rouquin pouvait s'avérer être éminemment casse-pied lorsqu'il le voulait. Il était en train de le leur prouver en beauté. C'était heureux qu'il fut malvoyant, sinon il se serait sans doute levé pour les secouer et les faire se bouger un peu plus vite.

Finalement il entendit le brancard rouler. On emmenait son amant ailleurs... Il entendit vaguement quelqu'un lui proposer de rester dans le hall d'entrée, où il pourrait attendre d'avoir plus de nouvelles... Nan mais ils déconnaient ou quoi?? Asch était déjà debout, et il avait presque oublié sa cécité. Fermement redressé du haut de son mètre quatre-vingt quatorze, il ne donnait pas l'impression d'être capable de plier aux exigences des médecins... Et effectivement il ne l'était pas. Il ne quitterait pas Mugen d'une semelle, et si ils essayaient de le séparer de lui, là, il n'hésiterait pas à faire une scène si magistrale qu'ils regretteraient pour le restant de leur jour leur trouduculrie. Le personnel médical dû sentir que Asch ne plaisantait pas et que ça allait très mal tourner si ils refusaient qu'il assiste aux soins, car quitte à faire une entorse à la procédure - ou bien à le supporter un peu plus longtemps - ils n'insistèrent pas. Le roux se laissa donc guider par Alcide jusqu'à la nouvelle chambre de Mugen. Il avançait sans même se demander si des obstacles allaient obstruer son chemin, mais il ne heurta ni mur, ni porte, ni matériel, ni être humain. Alcide lui facilitait le travail. Pour le reste, il fallait bien avouer qu'il prenait en compte presque inconsciemment les informations balancées par les deux flux qu'il n'avait toujours pas réussi à rentrer dans sa main. Il arrivait donc à très vaguement pressentir les endroits où il aurait besoin de tourner si il ne voulait pas s'éclater la tronche quelque part. Évidemment, dans un état de nerf normal, il n'aurait sans doute pas réalisé une performance aussi magistrale... c'était ce genre de moments critiques durant lesquels on parvient à transcender ses propres capacités.

Asch s'assit au chevet de Mugen dès qu'il en eut la possibilité. Il tâtonna alors sur le lit pour lui prendre la main et la serrer dans la sienne. Les résultats des examens arrivèrent, si bien qu'on put enfin le rassurer, ne serait-ce qu'un peu: Son cerveau n'était pas endommagé. Il avait "juste" atrocement mal, et son corps avait réagi à la douleur en lui faisant perdre pied. La tension de Asch s'évanouit un peu, mais il n'était pas encore totalement rassuré, peut-être à cause des bruits et des bips des machines qui lui donnaient une impression passablement morbide... Ou peut-être parce que rien ne lui garantissait encore que Mugen s'en sortirait sans dommages. Les migraines étaient-elles toujours inoffensives..?

Les médecins quittèrent la pièce, le silence revint. Asch ne bougeait plus, atterré. Seul Alcide remuait de temps à autre pour haleter, bailler, ou grogner pour manifester son impatience. Finalement le berserk se coucha aux pieds de Asch et décida de s'y endormir. Pendant ce temps là le rouquin restait fermement accroché à la main de Mugen. Il avait retrouvé sa précédente position: genoux sur les coudes, et visage dans les mains... Sauf que ses mains étaient dorénavant fermées sur celle de la seule personne qui comptait pour lui à l'heure actuelle, dans cet instant de d'effroi. Il n'avait pensé à téléphoner pour prévenir personne. Son estomac criait famine car il était grand temps de manger mais il s'en foutait, mais alors, complètement. Il était en train de prouver sa capacité à poireauter durant très longtemps sans bouger d'une semelle, à un point tel qu'on aurait pu se demander qui des deux aveugles était le plus catatonique: Il resta tout ce temps sans bouger, sans parler, les yeux dans le vide posés sur son amant. Il tremblait un peu, au bord de la crise de nerfs. Ça n'était pas son genre d'être aussi impressionnable... Mais quand ça concernait Mugen, il n'était plus aussi solide. Voilà bien un point commun qu'ils partageaient, quoiqu'il en dise...

Lorsque le médecin revint, Asch mit du temps à relever la tête. Le praticien confirmait une de ses inquiétudes: ce malaise avait sans doute quelque chose à voir avec le pétage de durite de Mugen... Et peut-être bien avec sa propre réaction à ce pétage de câble. Asch savait qu'il avait eu raison... Et pourtant il ne put empêcher une pointe de culpabilité acérée de s'enfoncer approximativement là où était censé se trouver son organe cardiaque. Il serra les dents et se mit à trembler plus fort, les doigts brutalement serrés autour de la main qu'ils tenaient. Mugen? Aller voir un psychiatre? C'était bien la dernière personne dont il aurait pensé qu'elle en avait besoin... Mugen avait toujours été si sûr de lui avant... Il ne se posait jamais de questions inutiles - pas comme lui. Il ne se prenait pas la tête.... Il avait sans aucun doute été son modèle lorsqu'il avait dû remonter la pente. Tout avait changé depuis ce putain d'attentat... Ça avait fragilisé quelque chose, en Mugen, et entre eux. Asch regrettait la période précédente, plus heureuse malgré la dépression de laquelle il sortait à peine... . C'était difficile pour Asch de "voir" Mugen dans cet état, outre le fait qu'il n'arrêtait pas de l'abandonner dans les moments où il aurait eu le plus besoin de lui. Il aurait voulu le retrouver intact, comme avant... Pour l'instant il craignait encore qu'il ne se remette pas de cet accident, si bien que ses pensées restaient encore relativement secondaires, mais suffisante pour lui foutre les boules. Sa voix tremblait lorsqu'il dut répondre aux questions du médecin, hagard:

"Je... J'en sais rien on parle presque jamais de magie lorsqu'on est..."

... Il se souvint soudain de quelque chose, et secoua la tête, pour reprendre, encore plus accablé. Était-il possible que Mugen ait volontairement provoqué cette crise..? Pourquoi avait-il fait ça? N'avait-il pas su quelles conséquences ça aurait exactement?

"... Attendez. Je crois me rappeler qu'il m'a dit qu'il utilisait pas trop certains pouvoirs... Parce que c'était trop douloureux. Oui il peut se déclencher des migraines..."

Choqué, Asch se tourna vers le médecin, comme si il avait essayé de le regarder dans les yeux.

"... Vous êtes en train de me dire qu'il se serait fait ça tout seul..??"

... De sa faute en plus? Non vraiment là Asch n'aurait pas pu se sentir plus mal, ce qui se voyait. Au moins, avait-il totalement oublié qu'on venait de lui annoncer qu'il ne verrait plus jamais le jour de sa vie.. .

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Ven 23 Mar - 15:20

La mine du médecin se renfrognait à chaque mot d’Asch, bien qu’il ne puisse pas le voir. Il lui avait demandé s’il était possible que, d’une manière ou d’une autre, Mugen se soit mis dans cet état à cause de sa magie. Toutes les personnes présentes dans la pièce savaient qu’il ne fallait pas sous-estimer l’impact de la magie sur la santé… Et une telle migraine, aussi violente, soudaine et douloureuse - selon les courbes - ça pouvait être difficilement naturel. D’autant plus que ça c’était passé sous ses yeux, et que le médecin n’avait rien vu. Restait quoi ? La magie. Et Asch venait de lui confirmer que l’Alpha pouvait se déclencher des migraines tout seul… La conclusion s’imposait d’elle-même.

« On dirait bien… »

Le médecin avait parlé d’une voix basse, presque désolé, même si maintenant ils savaient que ce n’était pas ‘si grave’ que ça. Il suffirait de noyer le cerveau de Mugen sous les antalgiques en attendant que sa matière grise arrête de danser Tunak Tunak Tun comme un Onision sous speed. Et c’est ce qu’ils firent. Sauf que même en répétant à Asch que rester à côté de lui en refusant de se nourrir n’allait pas accélérer le temps, ce dernier ne bougea pas d’un pouce, plus indécrottable qu’une moule sur son rocher. Ils finirent par abandonner du coup, même si Alcide, ce pauvre berserk, allait bien vite avoir autant besoin de son maître que l’inverse était vrai.

La journée, puis la nuit passèrent, bien qu’Asch eut certainement du mal à s’en rendre compte. Mugen n’avait pas bougé et encore moins parlé, et il n’y avait bien que la valse invisible des médecins et des infirmières pour témoigner du temps qui passait. Finalement, d’une manière ou d’une autre, Asch dut s’endormir, tout comme, d’une manière ou d’une autre, Mugen s’éveilla. Il ignorait bien sûr quelle heure il était lui aussi, d’autant plus que sa magie continuait à lui vriller le cerveau. Il était quasiment aveugle, même en étant hors de Shangyu et dans un endroit baigné par la magie. Tout ce qu’il distinguait c’était des couleurs vomitives, et juste autour de lui, à peine cinquante centimètres autour de ce fameux point de concentration de son pouvoir, près de son front. Cependant, il savait qu’Asch était là, il le sentait près de lui. Et d’un mouvement de jambe presque compulsif, il le secoua.

« … Asch… Qu’est… fais… là ? »

Sa voix était faible et pâteuse, mais le ton demeurait ferme. Mugen n’avait pas l’air de s’inquiéter pour lui-même, et pour cause… Il savait que tôt ou tard, sa migraine passerait, avec son envie de vomir. Mais Asch… Il était resté, sûrement contre l’avis du personnel soignant, et cette fois il n’était pas seul dans son délire.

« … Où… Alcide… ? »

Il avait encore du mal à parler cela dit, la faute à son cerveau bousillé. Enfin, on arrivait à le comprendre, c’était le principal. C’est vrai, si Asch était resté là, Alcide aussi non ? Sauf qu’un berserk, ça a besoin de courir dehors, ne serait-ce que pour des considérations bassement matérielles. De toute façon, un berserk devait pas comprendre pareil le pourquoi d’un sautage de repas. Mugen espérait juste qu’ils n’en avaient sauté qu’un.

« … là depuis… quand… ? »

L’Alpha soupira, visiblement las d’essayer de réfléchir avec une moitié de cerveau. Ca lui lançait affreusement, ça donnait dans ses yeux, ses oreilles et ses dents, ça lui donnait l’impression que sa tête allait exploser comme une pastèque trop mûre. A chaque battement de cœur, un nouveau flot de sang venait accroître la pression et noyer ses neurones dans une mélasse épaisse et chaude. Allez réfléchir avec ce genre de cerveau là, vous !
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Ven 23 Mar - 21:26

"On dirait bien". Quelques trois mots, qui avaient eu un drôle d'effet sur Asch, lequel, affligé, avait baissé la tête comme si il avait voulu regarder Mugen malgré le voile opaque de sa cécité. Il continuait de serrer sa main dans la sienne, refusant d'admettre que le despranon ait pu volontairement s'expédier sur un lit d'hôpital, sans même prendre en compte le fait qu'Asch s'inquiéterait à mort pour lui, et qu'il refuserait de quitter la chambre avant qu'il soit certain qu'il aille mieux. Et pour que Asch soit certain de ce genre de trucs, une confirmation orale ne suffisait pas... Il lui fallait en avoir la preuve concrète. Il resterait donc jusqu'à ce que son amant daigne se réveiller, même si quelque part, il sentait poindre une certaine forme de colère qui n'allait sans doute pas survivre à l'intensité de son inquiétude. Mugen avait été égoïste si il s'était vraiment fait ça tout seul, et en connaissance de cause... Mais Asch pouvait-il vraiment l'en blâmer? Le despranon n'était plus vraiment lui en ce moment... Comme si il avait été incapable de gérer ses émotions, pour une rare fois dans son existence. Asch lui avait gueulé dessus comme sur du poisson pourri. Même si dans le fond il avait eu raison, sur la forme il aurait pu être plus compréhensif... . C'était aussi un peu sa faute.

Le médecin quitta la pièce, tandis que Asch baissait les épaules, et posait à nouveau ses mains, tenant celles de l'Alpha, contre son front. On aurait dit qu'il était en train de se recueillir... A vrai dire il attendait, anxieux à mort. Il ne voyait pas ce qu'il aurait pu ou dû faire d'autre. Il avait le sentiment que sa place était ici et nulle part ailleurs. Il n'aurait pas supporté de quitter cette chambre, d'attendre à l'extérieur... Il voulait que Mugen se réveille et aille mieux. Quand bien même de rester à son chevet tel une statue n'allait certainement pas l'aider à guérir plus vite.

Durant des heures durant il resta là, sans bouger, tant et si bien que les infirmières finirent par venir voir si il n'était pas mort. Le soir tomba, et la nuit avec. Les heures des visites furent bientôt terminées, et on vint lui demander de quitter la pièce et l'hôpital.. Asch refusa, catégorique. De toute façon il ne pouvait pas partir, car il n'y voyait rien. On lui demanda d'appeler quelqu'un qui pourrait le ramener chez lui mais là encore il refusa catégoriquement. Il était tellement sérieux qu'on préféra finalement le laisser rester avec le despranon, dont le pronostic vital n'était de toute façon pas engagé. Là encore, le temps passa, et Asch commença à fatiguer, tant et si bien que son corps, et ses yeux devinrent lourds... Il pencha en avant de plus en plus, jusqu'à reposer sa tête sur le lit, le poids en travers de la poitrine de Mugen. Distant - il aurait eu les yeux dans le vague si il avait vu quelque chose - et l'esprit embrumé, il laissa sa main gauche émettre une chaleur très légère, juste suffisante pour améliorer le confort de Mugen durant son sommeil. Il laissa les flux, qu'il contrôlait maintenant beaucoup mieux, serpenter uns à uns dans les airs pour s'enrouler autour de ses membres, et caresser son corps comme si Asch l'avait frôlé de ses doigts. Il y avait une sorte de tendresse à la manière dont se mouvaient les appendices de chaleur... Comme si ils avaient eu une vie, un caractère propre. Ces tentacules n'étant autre que le prolongement du corps d'Asch, c'était sa propre personnalité, et la partie la moins humaine de son être, qui était en train de s'exprimer. Il voulait baigner Mugen dans une espèce de couverture faite de sa chaleur propre, car c'était bien la seule chose qu'il était capable de faire pour l'aider à l'heure actuelle. Il espérait juste que ça augmenterait effectivement son confort et que ça n'allait pas avoir l'effet inverse. Finalement, il ne parvint pas à garder ses paupières ouvertes et il finit par s'endormir, la tête sur le ventre de Mugen, les bras au travers du lit, et ce malgré les trépignements plaintifs d'Alcide, lequel avait faim, et sacrément besoin d'aller se vidanger dehors.

Il ne sut combien de temps passa ensuite, parce qu'il était aveugle, et incapable donc d'approximer l'heure qu'il pouvait être grâce à la luminosité environnante. Il ne pouvait même pas se fier à la température, puisque cette fois c'était son "daltonisme des doigts" qui faisait des siennes. Cela dit Asch se foutait pas mal de toutes ces considérations... Il avait même oublié ce pauvre Alcide duquel il prenait pourtant soin en temps normal. La voix de Mugen l'avait réveillé, et il sauta presque au plafond en l'entendant. Il se releva d'une traite, comme un diable sortant de sa boite. Ses flux, toujours enroulés autour du corps de l'aveugle, regagnèrent lentement ses doigts, tandis qu'il les laissait lécher ses formes comme de gros serpents coulant à 40°C contre son épiderme. Il vint s'asseoir sur le lit, pas assez réveillé pour faire ça bien: il manqua de sa casser la gueule au passage; mais pas grave, il avait quand même réussi son coup. Tout ce qui importait, c'était Mugen. Il était conscient!!

"Mugen !! Tu vas bien? Tu as encore mal?"

... Voilà les premiers mots qui lui avaient échappés. Il avait tellement eu la trouille que tout le reste lui semblait accessoire, que cela soit son estomac vide et douloureux, comme le berserk qui a ses pieds s'était endormi malgré sa propre faim, et la tension de sa vessie prête à exploser. Asch vint chercher le visage de Mugen de ses mains, fébriles, histoire de l'explorer plus en détail. Ce n'était pas son genre d'être aussi tactile, mais il ne voyait foutrement rien, et il avait besoin de s'assurer que Mugen allait réellement mieux.

".. Mais ! ... J'en sais rien. Hier soir je pense..... Tu m'as fait peur salopard!"

La tension dans sa voix le prouvait: Asch avait eu la peur de sa vie. Il avait vraiment cru que Mugen allait mourir... Et d'ailleurs, en proie au contrecoup de cette trouille bleue qu'il lui avait foutu, il vint s'accrocher à lui, le prendre dans ses bras (voire l'écraser), malgré les flux dans ses mains qui n'étaient pas encore totalement revenus à leur position "rangée". Asch s'en servit pour entourer son amant et prolonger leur étreinte, plutôt que de les faire revenir à leur place pas-si-naturelle-que-ça. Plus ça allait, plus Asch avait tendance à s'exprimer naturellement par ces derniers d'une manière à laquelle les humains "normaux" n'avaient pas accès.

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Sam 24 Mar - 0:22

C’était quoi cette sensation… ? Cette chaleur qui n’avait pas l’air naturelle, et qui pourtant, en avait tous les aspects… ? Elle l’enveloppait de partout, par vagues, chaudes et réconfortantes... C’est en partie cette chaleur qui sortit Mugen de son sommeil, et qui lui indiqua qu’Asch était là. Ca, et le poids sur sa poitrine. Rha, il avait dormi là, comme un enfant perdu… Il n’avait sûrement pas pensé - ou pire, pas voulu - appeler Elye pour qu’elle le ramène au Domaine. A la place, il avait préféré s’affamer - et affamer Alcide au passage - et rester à faire le pied de grue. Bon, il n’allait pas non plus lui en vouloir. Le sentir près de lui lui faisait du bien… Même s’il ne pouvait pas s’empêcher de lui demander ce qu’il faisait là.

Evidemment, Asch ignora ses questions, et se jeta sur lui comme un mort de faim. Il n’allait pas lui en vouloir pour ça, mais il leva quand même un bras faible pour revenir aux questions très sérieuses qu’il avait posées.

« … Un peu… Alcide… Pourquoi… »

Il aurait voulu demander pourquoi il n’était pas rentré au Domaine, pourquoi il n’avait pas appelé Elye, mais bordel, c’était beaucoup trop de mots à aligner pour son cerveau en mode IEO. Il grimaça, porta une main à son front, où il sentit sous ses doigts les patchs qui lui faisaient sûrement ressembler à un alien. Mugen soupira longuement et essaya de décoder les paroles d’Asch. Il était là depuis hier… ? Mais il était inconscient… Et on l’avait laissé ?

« …Inf…Infirmières ?... T’ont laissé… ? »

On pouvait quand même sentir l’incrédulité de Mugen dans sa voix, toute pâteuse qu’elle fut. Il était content de le voir là, mais quand même… c’était pas raisonnable. Ouais bon, il pouvait parler, lui et ses ‘je boude en me bousillant le cerveau’… Il se sentait encore embrumé, tant et si bien qu’il ne sentit pas tout de suite Asch lui fait un grokâlin de la mort qui tue. Et il portait bien son nom…

« …sh… Asch… m’ét… ouffe… »

Ouais c’était un peu trop soudain et appuyé comme câlin, et Mugen avait déjà du mal à respirer avec Asch sur lui… Bref, il était en train d’agiter les bras, en demandant à son amant de lui laisser un peu d’air libre. Il remarqua alors les flux… C’était bien Asch qui avait fait ce ‘cocon’ - qui d’autre ? - mais ça avait l’air volontaire. Mugen en aurait presque arquer un sourcil. S’il en avait encore.

« … ta magie… ava… mieux ? »

Ca avait l’air, en tous cas. Et puis, il préférait parler de ça que de l’état des yeux d’Asch là. Y’avait des trucs qu’il voulait pas savoir, du moins pas maintenant. Ca serait trop, trop d’un coup… Déjà qu’il se sentait devenir fou… Il ne voulait pas encore les détails. Il voulait juste dormir, rentrer, serrer Asch contre lui. Se réveiller du cauchemar dans lequel il nageait depuis l’attentat à Shangyu.
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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Sam 24 Mar - 1:52

Asch avait d'autant plus de mal à se concentrer sur les réponses données par Mugen qu'elles étaient saccadées, partielles, et qu'il fallait qu'il les interprète. Et comme il attendait justement des réponses de sa part, on pouvait vite tomber dans un cercle vicieux. Il marqua quelques très brèves secondes d'arrêt quand le despranon lui parla encore une fois d'Alcide... Mais Asch était alors incapable de comprendre ce qu'il essayait de lui dire. Pourquoi quoi, hein? Son esprit paniqué éluda le problème et passa directement à la suite. Il avait oublié qu'Alcide avait besoin de manger et d'aller faire ses besoins... Et que contrairement à Asch, il n'avait jamais signé pour s'abstenir de faire l'un ou l'autre.

Sous ses doigts, Asch sentait les capteurs qui reliaient Mugen aux machines, comme il touchait son visage. Il n'avait pas vraiment remarqué leur présence jusqu'à présent, et l'image mentale que cela lui renvoyait lui noua la gorge d'autant plus, et accentua son anxiété.

"... Tu es sûr que ça va?"

La façon de parler de l'Alpha laissait à penser qu'il était encore chamboulé... Asch, dans son ignorance, craignait encore qu'il ne puisse s'agir de dégâts définitifs qui l'amenaient à s'exprimer de la sorte... Lorsqu'il évoqua les infirmières, le rouquin trouva pourtant la force de lui répondre, sur un ton distrait, distant:

"... Elles ont essayé de me faire partir, mais j'ai insisté..."

Euphémisme, pour dire qu'il avait failli péter un scandale et avait été jusqu'à faire le forcing pour qu'on ne puisse prévenir aucune personne de sa connaissance de venir le chercher. Évidemment l'hôpital aurait pu aller fouiller son dossier et trouver la liste des "personnes à appeler en cas de problème", mais quand Asch était déterminé à obtenir quelque chose, il y avait des fois où on avait pas très envie de lui chercher des noises... Et ce soir là aucun infirmier n'avait eu la foi de faire respecter le règlement face à cette énergumène de mage. Il fallait aussi dire que la magie de Asch faisait encore peur à beaucoup de civils. Ils avaient peut-être craint qu'il n'explose littéralement de frustration si ils ne le laissaient pas faire.

Asch eut alors le réflexe malheureux de serrer Mugen dans ses bras, fort... trop fort. Paniqué, il relâcha son emprise dès que le despranon commença à gémir et à se plaindre qu'il l'étouffait. Il ne se sépara pas de lui pour autant, mais cessa de le serrer trop fort contre lui et accessoirement de l'empêcher de respirer. Sincèrement désolé, voire coupable, il releva la tête pour positionner son visage à hauteur du sien.

"Désolé !! Je t'ai fait mal??"

... Oui ça devenait ridicule. Mugen n'était pas en sucre, mais voilà, Asch ne savait pas à quel point il était amoché exactement, et il avait vraiment eu peur pour sa vie, déjà qu'il avait encore peur pour la santé de ses neurones - ou bien de ses neurones restants. Il passa une main dans ses cheveux, autant que c'était possible avec les capteurs. De ses doigts émanait par vagues une douce chaleur qui n'avait rien de naturel, mais qui ne brûlait pas. Ses flux continuaient de lécher le corps du despranon sagement. Disciplinés, ils obéissaient dorénavant à leur maître, du moins quand ce dernier se contentait d'en bouger maximum deux à la fois. Il avait enfin compris comment englober l'ensemble de ces perceptions, que les neurones de ses yeux foutus devaient certes aider à contrôler. La question suivante lui permit de regrouper ses pensées et de se calmer un peu, même si il en avait lui-même une qui lui brûlait les lèvres, de question, et qui devrait attendre. Il eut un léger sourire, quoique tendu. Alors il leva la main droite dont les flux étaient encore rentrés, afin de laisser un serpent échapper à son doigt et dessiner une spirale propre et régulière. Il rentra progressivement ses flux sources à l'intérieur de sa main gauche, avant de les ré-éjecter et de dessiner dans les airs quelques volutes de chaleur, qu'il avait pris la peine de tisser les unes dans les autres, autour du flux architecte à l'intérieur duquel il commença à déverser un peu de chaleur. Il commençait vraiment à comprendre comment faire maintenant... Une espèce de sphère de dentelle de chaleur à 80°C brillait maintenant juste au dessus de sa tête, comme un mini-soleil sculpté.

"J'ai compris des trucs... Parce que j'ai rien pour me déconcentrer je crois. Plus de place libre dans le cerveau j'imagine.."

La structure s'affaissa pour retomber sur Mugen et se démêler. Evidemment elle était revenue à température normale entre temps. De nouveau les flux caressaient sa peau comme si ils avaient cherché à le guérir par une thérapie bizarroïde. L'un d'eux s'enroulait autour du crâne de l'aveugle, et Asch en était à peine conscient. Son cerveau reptilien - haha - reprenait le dessus.

"Mugen c'est normal si tu as du mal à parler? Il faut que j'appelle quelqu'un?"

On sentait encore l'angoisse poindre dans sa voix. Il fallait vraiment falloir que le brun lui explique en détail certains trucs, sans quoi Asch allait finir par avoir des problèmes cardiaques.

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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Sam 24 Mar - 14:09

Mugen hocha la tête faiblement quand Asch lui demanda s’il allait vraiment bien. Il n’en avait pas l’air, c’était certain, mais contrairement à ce que le roux pensait, le fait qu’il ait du mal à parler ne relevait pas d’une quelconque séquelle au cerveau. Il avait juste autant de mal à aligner les mots qu’un mec avec trois grammes d’alcool dans le sang. Alors oui, il n’allait pas faire une dissertation… C’était bien assez frustrant comme ça de ne pas réussir à se faire comprendre pour insister lourdement. Il pourrait toujours poser ses questions plus tard…

Asch comprit quand même qu’il lui avait demandé comment il avait fait pour que les infirmières ne disent rien. Il avait ‘insisté’, hein ? Cela arracha à Mugen un faible sourire. Connaissant le larron, il savait bien qu’il avait du péter un scandale à la seule évocation du fait de le sortir de cette chambre. Mais là encore, Mugen n’avait pas le courage - ou la force - de venir commenter les exploits d’Asch. Ce qu’il pouvait être têtu quand même ! Enfin… Il ne pouvait pas lui en vouloir d’être resté… Pas plus que de vouloir lui faire un câlin, quand bien même il était en train de l’étouffer. Evidemment, cette fois, l’Alpha protesta, jusqu’à ce que son amant ne relâche un peu sa prise.

« … nan… ava… »

Mais quelque chose avait intrigué Mugen… Les flux d’Asch étaient devenus plus disciplinés, et il n’hésitait plus à s’en servir, comme des extensions de lui-même. L’Alpha n’avait jamais pensé qu’Asch n’arriverait pas à les maîtriser, mais il fallait avouer que ces derniers temps les progrès étaient spectaculaires. Etait-ce du au fait qu’il n’y voyait plus rien ? La réponse du roux confirma l’hypothèse de Mugen. Un peu comme lui qui avait du attendre d’être aveugle pour pouvoir développer son pouvoir, qui autrement, serait resté dormant. L’Alpha hocha la tête vaguement, ne sachant que penser de cette constatation. Si Asch arrivait à maîtriser son pouvoir, c’était tant mieux, mais au prix de sa vue… ? Il avait toujours été le premier à dire qu’Erik lui avait ouvert les yeux, et qu’il ne regrettait pas l’accident qui l’avait rendu aveugle, mais au fond de lui, il continuait d’avoir mal. Il ne voulait pas qu’Asch lui mente comme il s’était menti à lui-même pendant tout ce temps. Il soupira, et ne dit plus rien… jusqu’à ce qu’Asch change de sujet. Hein ? Il avait du mal à parler… ? Bah oui, sa tête pulsait comme un caisson de basse pendant une rave party, il n’allait pas taper un discours !

« … nan… C’est… c’est rien… »

Ca devait quand même s’entendre que ça ressemblait plus au mec bourré qu’à une véritable aphasie, non ? Enfin… de toute façon, après une bonne sieste et quelques grammes supplémentaires d’antalgiques, Mugen allait déjà bien mieux, et pouvait aligner plus de deux mots sans avoir l’impression de résoudre une équation à trois inconnues de tête. Encore quelques heures et des examens de routine, et on laissa Mugen - et donc Asch et Alcide - rentrer chez eux.

L’Alpha n’en menait pas large… Il ne disait pas grand-chose, se sentant, avec le recul, complètement stupide. Ce qu’il était, effectivement. Il avait foutu une trouille monumentale à Asch, et tout ça pourquoi ? Parce qu’il n’était pas capable d’entendre une putain de vérité. Il avait serré les dents quand on lui avait conseillé de prendre rendez-vous chez un psy. Il ne savait pas encore s’il allait le faire, mais… Une chose était sûre, il pétait les plombs en ce moment, et ça n’augurait rien de bon. Alors peut-être que… Enfin. On verra.
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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Sam 24 Mar - 17:18

Il était vrai qu'Asch parvenait à mieux maîtriser ses flux depuis qu'il était aveugle, et qu'il avait fait des progrès étonnants, voire même inespérés, le tout en l'espace de quelques semaines. C'était triste à dire mais la perte d'un sens aussi important que la vue pouvait effectivement propulser les magies tout ou partie mentales à un autre niveau: Les neurones qui n'étaient plus utilisés par les yeux défaillants pouvaient être exploités par d'autres sens, dont le sixième, magique, qui si il était renforcé, pouvait permettre à son utilisateur d'acquérir un contrôle nouveau sur une magie au préalable indisciplinée. Dans le cas de Mugen ça avait été un peu différent puisque le fait de voir, en lui-même, était incompatible avec ses pouvoirs. Asch quant à lui avait juste été incapable de comprendre et maîtriser les nuances des informations denses que ses flux tractaient jusqu'à son cerveau. De ne plus rien voir lui avait vraiment permis de se concentrer, et de sentir des choses qui lui avaient échappé jusqu'à présent... Il maîtrisait maintenant ses flux presque à la perfection, quand bien même il lui faudrait encore plusieurs mois avant de réussir à leur faire avoir des mouvements fluides et rapides sans risquer la perte de contrôle.

Bref. Les lianes de chaleurs caressaient le corps de son amant comme si Asch avait été une espèce de poulpe magique qui tentait de lui faire un gros câlin surnaturel. Cette expression était pour lui tellement... Naturelle, justement, qu'il ne songea même pas à rentrer en lui ces appendices curieux, qui pour une rare fois avaient l'occasion d'être eux-même... Et Asch lui-même de se sentir entier. Les retenir en lui constamment était à la fois désagréable - la théorie de l'envie de pisser - et crispant.

Mugen lui assura - d'une voix pâteuse et toujours par bouts de mots saccadés - qu'il allait bien... Ou du moins que les difficultés qu'il rencontrait pour parler n'étaient pas grave, que ce n'était rien, et implicitement que ça finirait par passer. Si Asch avait été objectif il aurait remarqué tout de suite que le despranon n'avait pas l'air d'aller SI mal et qu'il avait juste l'air encore un peu sonné par les calmants ainsi que le reste de son mal de crâne... Mais voilà. Le brun lui avait foutu l'une des pires peurs de sa vie, et Asch n'en n'était pas encore remis. D'une manière totalement irrationnelle, il s'attendait encore à ce qu'il puisse lui claquer dans les doigts d'une seconde à l'autre... La colère presque éteinte en lui revint à la charge, juste suffisamment pour pointer dans le ton qu'il adopta, lorsqu'il s'exprima à nouveau, la voix étranglée par l'émotion: ses nerfs relâchaient progressivement la pression et il se sentait à fleur de peau. C'était pourtant pas son genre, mais tout comme il était capable de foutre Mugen dans des états pas possibles, Mugen savait faire de même avec lui.

"Bordel... Mais qu'est-ce que t'as foutu? J'ai vraiment cru que tu étais en train de crever..."

Dans la mesure du possible (ces foutus câbles et ces foutues machines l'empêchaient de faire ce qu'il voulait), Asch préserva l'étreinte de ses bras contre Mugen, sur les lèvres duquel il déposa un baiser prudent. Ça n'aurait tenu qu'à lui qu'il lui aurait roulé une pelle violente et brutale, mais bon, c'était pas vraiment le genre de choses qu'on faisait avec un malade convalescent. Alcide, qui avait fini par se réveiller avec tout ce bruit, se releva dans un gémissement contrarié, puis tourna sur lui-même, avant de venir foutre ses deux grosses pattes avant sur le lit, et de gémir si fort qu'il en vrilla les tympans des deux humains - ou presque-humains - présents dans la pièce. Asch se rappela alors de la présence de l'animal, duquel il ne s'était pas assez soucié.

".. Merde. Attend encore un peu Alcide, on va bientôt sort... AIEUH !!"

... Cet con de clébard - géant, turquoise et beaucoup plus intelligent qu'un clébard certes - lui avait bouffé les doigts lorsqu'Asch avait tenté de lui tapoter le dessus de la tête. Il n'y avait pas été fort, mais suffisamment tout de même pour que ça pince un coup. Ça, ça voulait dire que Asch avait un peu trop abusé, quand même. Mugen dut sans doute le convaincre de remédier au problème de transit intestinal du pauvre animal, car Asch emmena Alcide dehors, à contrecoeur, certes. Il pouvait cela dit se permettre de sortir de la chambre maintenant que Mugen était réveillé. Une infirmière l'accompagna, puis le ramena jusqu'à son amant, toujours alité. Ils attendirent alors quelques heures supplémentaires, sans doute à bavasser de tout et de rien, ou encore à sigmundiser en silence. Lorsqu'ils purent enfin rentrer, Asch manqua d'avoir un réflexe stupide: alias demander à Mugen de prendre le volant. Cela dit sans ses yeux il n'allait pas les mener bien loin... Il allait donc falloir compter sur le cerveau encore embrumé du premier aveugle qui, au moins lui, voyait la route. Asch ne revint pas sur le sujet de sa cécité officiellement définitive: Il préférait attendre quelques jours avant d'asséner cette nouvelle à son amant, qui s'était quand même volontairement envoyé à l'hôpital pour éviter d'avoir à l'entendre.

Arrivés dans le parc du domaine, Asch se pencha pour détacher Alcide de son harnais, chose qu'il parvenait à faire sans les yeux, maintenant. Elye devait s'inquiéter car Asch entendit ses pas rapides accourir jusqu'à eux. La vie reprenait son cours normal à Nimla... Et ce malgré l'obscurité.

[Achevé après le post rpmsn intégré?]

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MessageSujet: Re: Fade Away [pv Asch]   Sam 24 Mar - 23:52

Asch laissa passer quelques jours. Après ce qu'il s'était passé à l'hôpital, il ne voulait pas bruquer Mugen en remettant sur le tas la raison pour laquelle il s'était fait volontairement péter le cerveau. Asch ne lui demanda pas de compte à ce sujet non plus d'ailleurs. Mugen fit profil bas, honteux de ses propres agissements, si bien que la vie à Nimla suivit un cours... Anormalement normal et ce malgré les circonstances qui ne l'étaient pas. Cela dit, les non-dits pesaient lourd. Trop lourd pour Asch, qui le soir du troisième jour, décida qu'il avait suffisamment attendu pour en parler. Il était assis, en train de s'exercer pour manier ses flux magiques avec plus de souplesse et de naturel. Il entendit la porte s'ouvrir, si bien qu'il arrêta de se concentrer et fit revenir à lui chacune des ficelles énergétiques que dégageaient ses doigts. Il resta étrangement silencieux, même une fois Mugen arrivé dans la pièce. Il avait peur qu'il réagisse mal une fois de plus... Ce fut le despranon qui remarqua l'étrange silence de son amant, et rompit le silence en premier, interloqué.

... Asch ? Quelque chose ne va pas ?

Asch avait beaucoup réfléchit durant la journée... Il n'hésita pas plus longtemps à parler.

... Nan ça va. C'est juste que... Je pense qu'il va quand même falloir que je te dise ce que m'a dit le toubib la dernière fois...

Mugen se ferma. Son attitude voulait tout dire: il ne voulait pas savoir. Il répondit avec très peu d'enthousiasme:

... Ah.

Asch, qui craignait ce genre de réaction de la part de son amant, soupira sans s'énerver. Il avait eu le temps de se préparer à ça... Il se contenta donc de répondre, sur un ton presque suppliant:

... Mugen. S'il te plait...

Il fallait que Mugen comprenne... En rejetant une information aussi importante et personnelle que celle-ci, c'était un peu Asch qu'il rejetait. C'était désagréable pour le premier concerné. Mais Mugen ne se débina pas, ni n'hésita, levant une partie des inquiétudes du roux. Au moins était il prêt à l'écouter calmement.

Je sais déjà ce que tu vas me dire... C'est définitif, hein ?

Mugen le savait déjà... Il l'avait toujours su, mais avait fait comme si il n'avait rien entendu. Asch, un peu irrité, insista malgré tout. Mugen ne pouvait-il pas comprendre que c'était important pour lui, que les choses soient claires, et nettement définies?

Oui mais j'ai besoin que ça soit dit... Pas de faire comme si de rien n'était. Ça me fatigue de devoir toujours éluder le problème alors qu'on sait très bien que ça le règlera pas... . La guérison est terminée. Le docteur a dit que si je ne voyais rien maintenant, le temps n'arrangerait rien.

Dégoûté, Mugen avait pris un ton de voix amer.

La guérison ? Il ose appeler ça une guérison... ?

Il avait presque craché le mot. Néanmoins, il ne pouvait pas s'empêcher de repenser à Tarek. Même aveugle, Asch faisait un meilleur Despranon que ses prédécesseurs... Il déglutit, mais n'ajouta rien. Asch soupira, et lui tendit la main. Il avait besoin de contact physique, contact qui ferait pas forcément du mal à Mugen non plus.

Viens là...

Puis il continua, calmement.

... J'ai plus mal alors qu'avant ça défonçait. Elye m'a aussi dit que mes yeux avaient quasiment retrouvé leur couleur d'origine, et selon les médecins si j'avais eu... une résistance normale à la chaleur, ils auraient gardé l'air d'un steak carbonisé. C'est mieux que rien...

Mugen s'était laissé attirer dans les bras de Asch, qu'il finit par câliner. Il avait effectivement besoin de ça.

Hmpf, ça m'empêchera de continuer à payer Serylin...

Répondant à son étreinte, Asch déposa un baiser dans ses cheveux, qu'il caressa sans arrière-pensées. Vu les circonstances ça n'était pas vraiment le moment... Malgré tout, il eut un léger sourire

... Ça fera de mal à personne. Mais te fourres pas dans la tête l'idée qu'elle va forcément réussir à quelque chose ok? Elle a dit de nous faire parvenir que si elle réussissait, ça tiendrait du miracle, et que même si elle allait continuer il fallait pas trop compter là-dessus.

Mais... Rha ça m'énerve... Ton pouvoir te sert à quelque chose au moins... ?

Histoire de compenser, et de continuer le parallèle. Asch perdit un peu son sourire, mais leva une main et déplia ses flux pour les lui faire glisser sur le nez, ce qu'il dut ressentir comme une espèce de chatouille chaude, en plus de voir des machins orange lui attaquer la tronche.

... Un peu mais... Bon c'est pas brillant quand même. Si je fais comme ça je peux vaguement sentir des trucs, comme si c'était mes doigts. C'est un peu mieux que la canne mais je suis pas encore suffisamment rapide...

Mugen, lui, trouvait ça vraiment étrange, comme vision.

... Hé !... C'est rigolo tes trucs là, mais ça fait bizarre pour moi... je les vois...

Mugen n'allait pas dire à Asch qu'il ressemblait à un gros poulpe mais on en n'était pas loin...

Et puis ça chatouille...

Asch eut grand sourire. Maintenant qu'il ne risquait plus de tuer personne avec ses flux, il trouvait la réaction de Mugen à leur égard marrante, même si il ne prendrait jamais ses pouvoirs à la légère. Ils étaient meurtriers et vraiment... à surveiller.

T'es bien la seule personne qui doit voir ça de la même manière que je le... Comprends.

Asch ne trouvait pas d'autres mot pour décrire ça. En attendant il éjecta progressivement ses dix flux en les faisant se dérouler deux par deux, lentement... Ils commencèrent par s'enrouler les uns autour des autres puis s'étendirent quelques mètres au dessus d'eux, avant de former une courbe élégante puis de retomber comme des ... rideaux. Le tout formait l'effet d'une cage autour d'eux, cage qui pour Mugen devait sembler colorée.

... Tu vois ça ?

Asch étaitd'humeur à tenter de voir si il faisait vraiment ce qu'il imaginait avec cette fiche magie.

... Ouais ouais je vois... T'es bien le seul mec qui peut rendre claustro je crois...

La chaleur avait tendance à empêcher Mugen de voir au delà en fait...

Enfin ! Ça sera pratique pour les messages secrets !

Asch rentra ses flux un à un mais en laissa traîner un derrière. Il prit un air concentré parce que ce genre des trucs étaient encore galère à faire pour lui... Le flux tressaillit pendant qu'il formait des courbes, jusqu'à dessiner en lettres attachées un peu maladroites: "Ça c'est toi qui le dit...". C'était déjà beaucoup.

C'est un peu maladroit mais avec de l'entraînement ça pourra être pas mal !

Mugen sourit comme un gamin.

Ça fait tellement longtemps que j'ai pas pu lire comme ça...

Asch eut le même genre de sourire débile, tout content qu'il était d'entendre la joie innocente dans la voix de Mugen. Ce n'était quand même pas exactement un truc courant chez lui, surtout en ce moment. Asch était heureux d'en être l'origine.

Je vais faire ce que je peux alors...

Dans la sienne de voix, on entendait l'effort. On avait aucun mal à l'imaginer tout congestionné pour réussir à tenir la structures complexe que formait le message de chaleur.

Ça peut attendre de toute façon...

La bonne humeur de Mugen retomba d'un coup. Asch était aveugle... Cette info gâchait tout. Mugen soupira et redevint silencieux. Asch remarqua que le soufflé était retombé. Il laissa revenir ses flux au repos, lesquels restaient disciplinés. Il caressa la joue de Mugen puis l'embrassa tendrement, tandis qu'il enroulait ses flux dans ses doigts. Mugen lui rendit son baiser, d'abord timidement puis de plus en plus franchement.

Hé... tu sais quoi... ?

Asch frotta son nez à celui de Mugen avant de répondre, par réflexe, peu avant que Mugen ne réponde à cette étrange caresse:

... Nan?

Ce que tu fais avec tes flux là des fois... genre les mettre autour de moi... Hmm je trouve ça très tendancieux

Asch eut l'air surpris... Avant d'avoir un gros sourire pervers. Il répondit sur un ton entendu.

... J'ai pas fait gaffe.. . Imagine si je faisais exprès que ça le soit alors...

... Si tu le faisais exprès ce serait... encore pire, je pense...

Et le rouquin de faire la moue, avant de répondre sur le ton de la plaisanterie:

Pire..? Dis le tout de suite si je te dérange...

La pilule était passée. Enfin. Le reste de la nuit leur appartenait...

[Fini !]

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Fade Away [pv Asch]

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