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 Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)

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Hansel Tansky
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MessageSujet: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Dim 18 Mar - 12:33

    Quel temps.

    Pour le Despranon Gamma, c’était un de ces phénomènes aberrants, un qui contredisait toutes les lois naturelles et toutes les humeurs humaines, un que, malgré son esprit un peu trop mécanique, il n’avait pas cherché à comprendre. Pourquoi, dans le cocon de pierre d’une ville comme Sérégon, encerclée d’eau claire toute l’année ; pourquoi, dans ce pan de ciel déchiré qui servait de plafond de chapelle ; pourquoi diable y avait-il encore et toujours de la pluie ? Cette sale pluie d’automne qui tapait contre les volets et les talons, des gouttes ramassées dans les nids-de-poule de la route, des coups de vent contre les vitres et des voitures noyées dans les vagues.
    Et au cas où ce laïus n’aurait pas suffi, Hansel n’aimait pas la pluie. Ou si, il aimait la pluie ; mais lorsqu’il était à l’abri dans son modeste appartement de la banlieue, une bonne tasse de sucre au café - et la distinction est importance -, et qu’il pouvait regarder ses balconnières se barrer sans croire qu’il allait s’envoler avec. Pas quand il devait rester se les geler sous un abribus, à attendre que ça passe, les yeux cachés sous un écran de buée.

    Quoique, ça l’amusait de voir d’autres infortunés courir comme des fourmis paniquées. Là-bas, une petite fille sautait dans les flaques, la menotte dans l’entrave de sa mère.

    Il pleut, il pleut épicière,
    Niveau quarante, armes et galons.
    Allons nous battre sous les gouttières,
    Oui, mon épicière, allons.

    N’importe quoi.

    Il se donna un millier de raisons absurdes de s’insulter. Il aurait pu rester finir ses affaires au Panthéon dans la chaleur toute relative de son bureau. Il aurait pu prétexter une descente dans les laboratoires - en sa qualité de seul Despranon issu du circuit de la Division Scientifique, et parce qu’il était le seul à en avoir quelque chose à cirer. Il aurait même pu ne rien dire ; mais à la place, sans pouvoir prévoir les changements d’humeur du ciel crevé de Sérégon, il avait pris sa sacoche et ses dossiers sur clé, ses clics et ses clacs, et un Despranon dans la nature.

    Quel temps de merde !

    Les choses avaient été un peu ... bousculées, ces derniers mois, au Panthéon. Tarek Ngaresh, notamment, revenu comme une fleur alors que tous l’avaient cru mort, au moins disparu, aux prémices de l’attaque d’Aoki - ah, et d’Oozora. Mais Hansel accordait tout le privilège de cet ébranlement du Gouvernement sur le nécromancien. C’était personnel. Bref. Et force était de constater qu’il se refermait de plus en plus sur le travail de bureau que sur les enquêtes extérieures. La moitié de ses journées entre les quatre murs de son bureau, les lunettes fixées sur les écrans ; morose, alors qu’il était le premier à lancer des piques innocentes dans les couloirs. La présence familière du Gamma, l’époux de cette unique machine à café bas de gamme, avait presque disparue. Il venait le matin en traînant son sac sur le sol, et disparaissait plus tôt le soir, alors qu’il passait parfois après les équipes de ménage à l’apogée de sa courte carrière.

    Ce qui le perturbait ...

    Hansel jeta un regard sur les horaires du bus. Peut-être que s’il tournait le dos ... Le 11 A allait dans la bonne direction, mais il faisait trop d’arrêts, il prendrait moins de temps à marcher jusque chez lui. Quant au 15 B, il partait à l’opposé, vers le pont d’accès à la ville, et il n’était pas d’humeur à entamer le Tour de Sirastan ce soir. Et à sa grande déception, la pluie ne s’était pas laissée leurrer et continuait de tomber sur la chaussée. Protestation muette du Despranon. Ces petits désarrois du quotidien qui commençaient à le lasser ; sa philosophie de vie, son leitmotiv, s’érodait.

    Et quelle vie de merde.

    Si seulement sa mémoire pouvait faire de même.

    Une distraction arriva vers lui. Une autre fourmi égarée. Une silhouette plutôt costaude, colorée - c’était le meilleur pari qu’il pouvait prendre, la buée lui faisant un masque presqu’imperméable -, qui poussait devant lui la forme plus élégante d’un grand chien, sans doute un berserk. Ce n’est que lorsqu’il arriva sous l’abribus qu’il put reconnaître le bâtard de l’Opale Maudite, l’ombre de Mugen Shôryû, son chien d’aveugle. Mis à part la douche qu’il avait prise, et Hansel était sûr de ne pas avoir l’air plus reluisant, il avait ce quelque chose qui ne lui rappelait pas la figure de cire qu’il était au conseil exceptionnel ; avec laquelle il avait ... brièvement discuté, pour dire ça gentiment. Il faisait moins la bête de foire maladive, peut-être. Impossible de mettre exactement le doigt dessus.

    « Tiens, le labrador de l’Alpha. »

    Il avait dit ça sur un ton neutre, qui ne tendait pas à la pique, mais à la simple politesse.

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Asch Raizer
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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Lun 19 Mar - 1:04

"Bouge pas j'arrive. Ça va pas me prendre longtemps"

C'étaient les mots qu'avait prononcé Elye, la sœur d'Asch, avant de lâcher son bras, puis de courir à l'intérieur d'une épicerie (si.) pour acheter quelques fournitures qui manquaient à ses stocks. Elle ne voulait pas laisser Asch seul trop longtemps, car il n'était encore que fraichement aveugle, et qu'il lui était difficile de se débrouiller malgré la présence rassurante du berserk qui le guidait, et auquel il apprenait lentement mais sûrement à s'habituer. Le rouquin s'immobilisa sur le trottoir, et se concentra sur les pas hâtifs de la jeune femme qui s'éloignait. Il avait l'impression que son ouïe commençait à s'améliorer, car il avait réussi à suivre son mouvement sur plusieurs longs mètres, et avait même été capable d'évaluer approximativement la distance à laquelle elle devait se trouver, ce dont il n'aurait jamais été capable lorsqu'il voyait encore.

Il soupira et passa une main contre son visage, en dessous des lunettes noires qu'il était dorénavant obligé de porter, non pas parce que ses yeux ne ressemblaient plus à rien - les séquelles de l'attentat étaient quasiment invisibles, même si ses prunelles semblaient voilées - mais parce que la lumière du jour risquait encore de les lui esquinter plus qu'ils ne l'étaient déjà. Il était récemment allé à l'hôpital où il avait appris de la bouche des médecins que sa guérison était achevée, et que si il n'avait toujours pas recouvré la vue, alors il ne la retrouverait jamais. Cependant le docteur Serylin Menah, embauché personnellement par le despranon Alpha pour l'occasion, continuait de travailler sur les très minces chances qui lui restaient, grâce aux particularités de son génome. Il aurait été impoli de saboter son travail en ne prenant pas soin de ce qu'il restait de ses globes oculaires. En apprenant que Asch l'avait définitivement rejoint au pays des gens qui ne voyaient rien, Mugen avait très mal réagi. Il s'était volontairement déclenché une migraine titanesque qui lui avait permis de se couper de la réalité et d'éviter de devoir l'accepter. Asch n'avait pas bien compris la violence de cet acte... Il fallait aussi dire qu'il ne savait rien de ce qu'il s'était tramé au gouvernement dans son dos, pendant qu'il pensait qu'on ne le considérait encore que comme un criminel vaguement repenti.

Asch avait failli être nommé commandant. En fait, officiellement, il n'avait plus manqué qu'à lui annoncer sa promotion pour qu'elle soit effective. C'était pile à ce moment qu'un attentat à Shangyu sur la personne du despranon Alpha lui avait fait perdre la vue. On avait alors attendu de savoir si il allait se remettre de ses blessures avant de trouver un autre candidat pour le poste. Cela ne faisait que quelques semaines qu'Asch avait véritablement été mis à la retraite anticipée, et qu'on avait promus le soldat Adam Markov, devenu donc récemment commandant du sixième escadron à sa place. L'histoire était rageante, et Mugen avait tout fait pour éviter qu'Asch sache à côté de quoi il était passé.

Alcide, le berserk turquoise que Mugen avait offert au rouquin, bailla à s'en décrocher la mâchoire. Il émit ensuite un gémissement, avant de relever la tête vers Asch, fesses à terre, buste droit. Il haletait avec enthousiasme en regardant son maître, et en attendant, plus précisément, de savoir ce que dernier voudrait faire ensuite. Pas grand chose à part poireauter jusqu'à ce que sa frangine revienne, avant de continuer leur balade oisive dans Sérégon... Oui. Ils étaient sortis sans aucun but précis si ce n'est celui de s'aérer le cerveau. D'un côté Asch n'avait plus de boulot, et Elye n'avait pas encore eu le temps d'en trouver un comme elle sortait à peine d'Epic Jail. On faisait ce qu'on pouvait hein...

Une tache froide glissa d'un coup sur sa joue, et lui procura une sensation de brûlure glaciale qui le fit glapir, et serrer les dents. Il posa les doigts dessus comme si il s'était s'agit d'une blessure qu'on lui aurait faite à l'instant. Asch n'était pas douillet, mais l'eau froide était son point faible. Il mit un peu de temps à comprendre ce qui se tramait, puis une seconde goutte tomba contre son front, lui procurant un désagréable frisson tout du long de l'échine. Asch vociféra le temps de quelques jurons inarticulés, puis leva des non-yeux préoccupés sur le ciel, non sans tendre la main histoire de vérifier ses inquiétudes. Les gouttes n'attendirent pas pour se faire plus nombreuses, puis pour tomber franchement et inonder la rue d'une pluie aussi subite que battante. Asch hurla de douleur, et sentit son cœur se mettre à battre plus vite. Il avait l'air totalement ridicule, oui... Mais malheureusement pour lui, cette situation était RÉELLEMENT dangereuse. L'eau froide était capable de le tuer aussi sûrement que le feu aurait dû l'être alors qu'au contraire, il pouvait sans peine se baigner dedans.

"MERDE! Il manquait plus que ça..."

Epaules relevées, il essaya d'attraper le col de son manteau d'une main maladroite pour le relever sur sa tête, en vain. Ses doigts étaient déjà trop engourdis pour tenir quoi que ce soit. Il tremblait de toutes ses forces, et tenta d'avancer dans le noir par pur instinct de survie. Fort heureusement les berserk n'étaient pas aussi stupides que les chiens. Alcide comprit que son maître avait besoin d'un abri, et qu'il n'était pas capable de savoir où le trouver. Il tira donc sur la laisse, et traîna derrière lui un Asch déjà à moitié mort, qui s'effondra, trempé, l'épaule contre la cage de l'abri lorsque l'animal parvint enfin à destination. Asch claquait des dents et émit un espèce de son qui devait sans doute s'apparenter au soulagement. Il était tellement choqué par cette vague de froid soudaine, qu'il n'avait même pas remarqué qu'il n'était pas seul.

"Oh bordel Alcide, cette fois-ci je t'en dois une..."

... Et Alcide lui répondit. Ou pas exactement, car jusqu'à preuve du contraire les berserk ne savaient pas encore parler. Mais comme Asch se pensait seul avec son animal, il fut quelque peu surpris d'entendre quelqu'un s'adresser à lui, on le comprendra. Il tiqua, et releva le nez, pour diriger ses fameuses lunettes MGNB-styled sur ... Eh bien qui en fait? Ce mec semblait le connaître, et n'hésitait pas à l'insulter, mais il ne déclinait même pas son identité... Asch ne connaissait pas suffisamment bien sa voix pour deviner à qui il s'adressait, hé!

Il se renfrogna, et prit un air menaçant, qui l'aurait sans doute été plus si jamais il n'avait pas été aveugle disons. Il détestait toujours autant qu'on se paie sa tronche... Surtout quand ça concernait sa dépendance à l'Alpha. Asch avait toujours été très autonome. Il n'avait pas VOULU être rattaché à Mugen par une laisse. On l'y avait forcé. Puis maintenant, la laisse n'était plus là, mais ça personne ne s'en rendait compte, parce que les premières impressions étaient celles qui comptaient le plus. Asch restait parce qu'il le voulait, et dans le cadre d'une relation équilibrée. Il commençait à en avoir un peu marre qu'on le prenne pour un con... Pour cette raison, il partit au quart de tour, sur un ton plutôt agressif:

"Je m'appelle Asch, pour information. Raizer même , que ça te fasse plaisir ou non"

... Asch était connu faute à la tentative de kidnapping ratée qui lui avait valu de tuer plus d'une dizaine de personne quand ses pouvoirs s'étaient manifestés. Suite à cet événement, l'identité des leaders de l'Opale Maudite - ses parents - avait été révélée. L'affaire avait encore fait scandale, et il avait fait la une des journaux pendant plusieurs semaines de plus. Les médias avaient continué de le diaboliser pendant plusieurs bons mois. Autrement dit, il était en quelques sorte tristement célèbre... Mais ça n'était pas une raison pour ne pas assumer son nom et son identité.

"... Et d'ailleurs je peux savoir à qui je m'adresse ou bien je dois t'appeler médor toi aussi? Non parce que désolé, mais j'ai pas forcément la mémoire des voix..."

Il n'avait pas non plus conscience de s'adresser à un despranon. C'était quand même plutôt rare d'en rencontrer un dans la rue... Il pensait plutôt à un soldat. Enfin, aurait-il eu conscience de l'identité de son interlocuteur qu'il n'était même pas dit qu'il aurait mieux réagi.. . Quoiqu'en disent les rumeurs, Asch n'avait jamais été du genre à faire de la lèche.

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Hansel Tansky
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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Lun 19 Mar - 16:18

    Evidemment, Hansel aurait dû savoir - pour avoir déjà essayé, même s’il doutait que quelqu’un d’autre ait gardé l’incident en tête, en début de Cinquième guerre - que le dénommé Asch Raizer allait l’agresser avec son gros timbre de voix peu délicat. Asch Raizer ? N’est-ce pas celui qui aurait dû être promu, contre toute attente, comme commandant du sixième escadron ? Pas que le Gamma accordait une grande importance à ce qui apparaissait pour beaucoup comme de l’astuce de la part de l’Alpha - il avait déjà du mal à s’intéresser à son escadron assigné, préférant, lors des démonstrations sur le terrain, savoir comment fonctionnait l’arme que la taille du trou qu’elle faisait dans un brave corps volontaire. D’un côté, ça aurait pu l’amuser de voir l’aveugle se faire recaler au profit d’une autre figure mal connue ; parce qu’apparemment, il fallait avoir une quelconque tare pour entrer dans le cercle fermé des Despranon. De l’autre, il n’était pas mécontent, parce qu’un Raizer ... Les à priori ne jouent pas en sa faveur, disons.

    Hansel garda un petit sourire bavard, celui qui disait, qu’il est mignon celui-là.

    « Pardon. Je n’avais pas remarqué tout de suite votre ... »

    Il passa les doigts autour de ses propres culs-de-bouteille ; et même s'il était aveugle, la suspension de sa phrase devrait suffire. Ah, le tact rare d’Hansel faisait des merveilles. Parce que bon, en regardant l’Alpha, on se demandait parfois si c’était des lunettes pour cacher ses yeux ou si c’était seulement pour la frime. Ca pourrait être les deux.

    « Hansel Tansky. »

    Il fit une petite pause, semblant se demander s’il allait tendre la main, puis décida que sa main était très bien pendue au-dessus de sa poche.

    « Despranon Gamma, pour vous. »

    Sur le ton, juste au cas où vous seriez vraiment débile. Pas que notre Gamma avait la plus forte notoriété du cercle des six - comme Shôryû Mugen était un leader charismatique, et comme Tarek Ngaresh avait une certaine force brute qui le spécialisait, façon de parler -, mais c’était une loi inscrite au fer rouge dans son cerveau : les soldats reconnaissent leurs Despranon.

    Après ça, Hansel ne savait pas vraiment comment continuer la conversation. Il pouvait bien faire un bricolage de remarques audacieuses - vous vous souvenez, nous nous sommes croisés au Panthéon ! Vous avez une bien meilleure mine -, mais il ne se sentait pas non plus obligé de bavarder. Un ange passa. On n’entendait sous l’abribus que la pluie qui redoublait d’intensité, et la voix de la petite fille qui chantait en s’éloignant le long du trottoir trempé.

    Il pleut, il pleut épicière,
    Prends tes baguettes et tes longs pains.
    Allons rentrer dans ta chaumière,
    Et se couvrir les reins.


    ... Il faudrait vraiment qu’il demande qui est cette mystérieuse épicière.

    Ce demi-silence ne lui plaisait pas non plus. Alors, il se pencha et s’accroupit doucement au niveau du berserk. Une belle bête, toute de muscles, la fourrure turquoise avec des reflets dus à la pellicule de pluie, et cet air intelligent qui brillait dans ses pupilles, comme s’il comprenait la conversation des humains au-dessus de lui. C’était assez effrayant de voir qu’Hansel accordait plus d’attention aux animaux qu’aux gens. Il tendit la main sous son museau pour lui gratter le cou avec affection, et lui parler avec douceur.

    « Salut, toi. »

    C’était aussi assez effrayant de voir qu’il arrivait à saluer ce pauvre chien mieux qu’Asch, qui lui n’avait de chien qu’une sale réputation. Mais du coup, le Gamma se sentit obligé de poursuivre la conversation. Ne serait-ce que parce qu’à choisir entre se prendre des claques vocales - et il se disait, à tort ou à raison, que le timbre furieux de Raizer était sa voix neutre - et pouvoir compter le nombre de gouttes qui tombaient par seconde en s’éclatant sur le sol, il préférait parler.

    « C’est dommage pour votre promotion, n’est-ce pas ? Comme un accident malencontreux peut fermer des portes. »

    Et il le pensait vraiment. Pas dans le sens où il aurait aimé - ou détesté - voir Asch Raizer promu commandant d’un escadron avec lequel il n’avait que des liens trop étroits pour vraiment s’en préoccuper ; mais dans le sens de voir comment le regard collectif du Gouvernement change avec la moindre excentricité. Il avait fait assez d’expériences plus ou moins efficaces, dans ses premières années dans la Division Militaire, pour passer d’un bord à un autre. Hansel ne se priva pas d’enfoncer le clou. Sans savoir si le rouquin avait été mis, ou non, au courant de sa situation.

    « Mais ne vous en faites pas. Adam Markov a des qualités indéniables de commandant. »

    Pour le peu qu’il en savait, le dénommé Adam Markov était surtout une armoire à glace, qui n’avait pas fait de grandes vagues pendant ses années de service, aussi passif qu’un bovin. Dans le fond, n’importe qui aurait pu remplacer Asch Raizer, qui restait, à ses yeux de taupe, un de ces éléments instables qu’on traînait comme un boulet dans le Gouvernement pour leurs capacités exceptionnelles. Il laissa l’ange revenir, continuant de caresser plus machinalement le berserk.

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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Lun 19 Mar - 22:28

Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, Asch n'agressait pas les gens du moment où ils lui adressaient la parole. Enfin... Pas systématiquement du moins. Il était vrai qu'il avait un véritable caractère de merde, sauf quand Mugen était dans les parages pour tempérer ses élans tempétueux. Cela dit on pouvait encore lui adresser la parole dans la rue sans qu'il vous bouffe le nez... Du moment que tout le monde restait poli, quoi. Le rouquin avait beau être habitué à ce qu'on le considère comme un rebut de la société, il n'aimait pas qu'on l'insulte, et n'était pas non plus du genre à se laisser marcher dessus. Se faire traiter de chien n'étant pas exactement de l'ordre de ce qu'Asch considérait comme plaisant, son interlocuteur pouvait se considérer chanceux de s'être fait... "aboyer" dessus - tant qu'à faire - mais d'avoir encore toutes ses dents. L'ex-racaille s'était calmée, mais Asch avait envoyé des gens sur le pavé pour moins que ça. Peut-être parce qu'il avait muri, il était dorénavant plus calme, plus difficile à énerver... Ou bien était-ce juste qu'étant aveugle, le fait de ne pas voir sa cible le dissuadait de frapper sans réfléchir? Il y avait sans doute un peu des deux...

L'air toujours aussi mécontent, Asch croisa les bras, et fit mine de "regarder" son voisin. Il tremblait comme une feuille et dégoulinait de partout, ce qui jurait d'une bien étrange manière avec l'aura menaçante qu'il dégageait - il était doué pour ça. Frapper et menacer des gens en se faisant le plus intimidant possible, ça avait été son boulot pendant plus de sept ans tout de même, avant qu'il ne se range suite à l'accident malencontreux qui l'avait amené à rencontrer Mugen. Le froid l'empêchait de se concentrer. D'ailleurs il claquait des dents... Il fallut un petit moment avant qu'il ne comprenne la signification de la pause qu'avait marqué son interlocuteur à la fin de sa phrase. Il manqua bien de sortir un "Ma quoi?" qui l'aurait fait passé pour un demeuré, mais il se retint de justesse, ses neurones frigorifiés venant de saisir où l'homme voulait en venir.

Cet abruti n'avait pas vu qu'il était aveugle..? Bordel. Quel idiot, doté d'une vision correcte, aurait porté des lunettes noires en pleine après-midi pluvieuse franchement? Asch pouvait jouer des gros bras certes, mais ce genre de frime lui était complètement étrangère. Il pensa alors à Alcide: avec le harnais et la laisse spéciale par laquelle Asch le tenait, il fallait vraiment être soi-même aveugle pour ne pas avoir compris du premier coup d'œil. Ou bien alors il fallait ne rien en avoir à faire... Hansel Tansky, de son identité qu'il lui avait enfin révélée, semblait être un spécialiste du mépris. Asch n'aimait pas ça. Il émit un souffle rauque, à la limite du grognement désapprobateur. Il se souvenait de ce nom et ne fut pas surpris d'entendre le titre du despranon suivre de près sa déclinaison. Sauf que, à vrai dire, Asch se rendait compte qu'il n'en n'avait un peu rien à péter de lui avoir manqué de respect. Etait-ce de vivre lui-même avec un despranon qui le rendait moins impressionnable..? Nan. Il n'avait jamais été très à l'aise avec les structures hiérarchiques. Cet homme saignait et allait aux chiottes comme tout le monde. Le fait de diriger le monde ne le dispensait pas d'être agréable, si il voulait qu'on le soit avec lui en retour...

Sans l'ombre d'un regret, Asch laissa échapper un bref ricanement. On aurait presque cru que Tansky essayait de donner un cadre officiel à cette discussion... Sauf qu'officiellement, Asch n'avait dorénavant plus aucune obligation militaire. Bon à part ça il avait tellement froid qu'à ce rythme il serait bon pour choper la crève le lendemain... D'un geste distrait, il retira l'un de ses gants en cuir, puis tenta d'éviter le pire. Il porta sa main gauche ainsi libérée, et qu'il avait fait chauffer à deux petites centaines de degrés, dans ses cheveux. Juste assez pour sécher plus vite, et pas suffisamment pour risque de brûler Hansel qui à côté de lui devait cependant sentir une vague de chaleur pas tout à fait désagréable, par ce temps. Asch glissa les doigts sur son front, et dans sa tignasse dégoulinante. L'eau commença sans attendre à s'évaporer dans un nuage de vapeurs assez.. Singulier.

"... Laissez tomber les titres pompeux, c'est pas comme si j'étais encore sous vos ordres directs."

Le silence retomba, car ni l'un ni l'autre des deux hommes n'avait grand chose à dire à l'autre. Asch n'était ni loquace, ni très bien intentionné vis-à-vis de Tansky, qui avait réussi à le foutre en pétard.. Il ne fallait donc pas compter sur lui pour ouvrir la discussion. Il continua de se sécher jusqu'à ce qu'il cesse de trembler - ou du moins jusqu'à ce que ses tremblements ne lui semblent plus handicapants. Il faisait froid dehors, et ses trois pulls ni son manteau ni pouvaient rien. Ses mains étaient glacées. Une personne normale aurait juste trouvé qu'il faisait frisquet... Pour lui c'était le grand nord, et l'attente commençait à devenir franchement désagréable. Histoire qu'elle le soit plus encore, Asch retira l'un de ses gants. Non blague à part... Il fourra une main dans sa poche pour en ressortir un clope qu'il coinça entre ses dents. Maintenant que ses poumons étaient guéris il pouvait de nouveau se les goudronner joyeusement... Il mit donc un coup de briquet sur la cigarette qui n'attendit pas beaucoup plus longtemps pour s'allumer. Pendant ce temps là, le despranon Gamma semblait s'être décidé à faire joujou avec Alcide... Ça ne dérangeait pas Asch outre mesure, mais il demeurait prudent. Le berserk était une brave bête, et bien l'une des seules "personnes", avec Mugen et d'Elye, qui l'appréciaient vraiment. Le courant était passé dès le début entre Alcide et lui, et c'était assez exceptionnel pour être noté parce que généralement, Asch avait un contact pourri avec les gosses et les animaux - et avec tout le monde en fait. Alcide était une bête intelligente, et il avait remarqué qu'Asch ne semblait pas beaucoup apprécier Hansel. Du coup, lorsque ce dernier approcha, il se fit méfiant, et quoiqu'il se laissât caresser, il n'hésita pas à lui gronder dessus. Un grondement sourd, menaçant, comme un ronronnement de moteur en fond sonore, les prunelles écarquillées du berserk plongées dans celles de Hansel... Asch ne sachant pas ce dont Alcide pouvait être capable, et n'ayant aucune envie de se prendre la tête plus que de raison avec le despranon, il décida de calmer l'animal. Non pas qu'il eut été personnellement dérangé si le berserk avait décidé de mordre son compagnon d'infortune... Ça aurait même été plutôt bien fait pour lui. Il tira sur la laisse, juste suffisamment pour faire autorité sur Alcide.

"Du calme vieux, ça va."

Alcide se calma dans l'instant, non sans émettre une espèce de soupir explosif très canin... Un peu comme si il avait voulu faire part de sa frustration. Il se laissa ensuite caresser, les oreilles plates et l'air mal à l'aise, mais docile, même si il n'était pas encore tout à fait rassuré. Sans porter plus d'intérêt à Hansel, Asch continua à cloper. Mais quand est-ce que cette satanée pluie allait bien vouloir s'arrêter exactement..? Exaspéré d'être forcé à rester sous un abri de bus par ce froid et de se cryogéniser progressivement, Asch écoutait à peine Hansel, lequel avait décidé de rompre le long silence. Où pouvait bien être Elye? Elle avait sans doute du rester dans le magasin pour s'abriter...

"C'était un attentat. Ça a sauvé la vie de l'Alpha. J'ai fait mon boulot c'est l'essenti..."

Asch tiqua, se rendant rétrospectivement compte qu'il y avait quelque chose d'anormal dans ce qu'avait dit le Gamma. Le mot "promotion" n'aurait jamais dû avoir quoi que ce soit à faire ici... Nan mais. C'est vrai quoi: Asch n'était à peine plus qu'un criminel, et il ne devait sa réhabilitation qu'à l'Alpha. On voulait l'éviter le plus possible, ça n'était certainement pas le faire monter dans la hiérarchie... C'était du moins sa théorie, et celle qui était encore dans le crâne d'un certain nombre de personnes. Pourtant, auprès d'autres - notamment au sein du sixième escadron - il avait fait ses preuves, et il ne s'en était même pas rendu compte. Ce pourquoi il tourna un visage très surpris sur Hansel. Il en avait presque oublié l'inimitié qu'il était censé lui vouer.

"... Pardon?"

Un.. Deux. La suite n'eut pas beaucoup plus de facilités à lui rentrer dans le crâne. Outre le fait qu'Adam Markov fut un nom qui ne lui était pas totalement inconnu, on était en train de lui dire qu'il était passé commandant. Et que c'était dommage pour lui, Asch, parce qu'il était passé à côté d'une promotion... Mais.. C'était.. QUOI.. ce.. bordel?? On ne devait pas parler de lui, il devait y avoir une méprise... Déjà c'était impossible, et puis, Mugen lui en aurait touché mot. Un sourire nerveux, qui n'avait rien de sympathique évidemment, étira le coin de sa lèvre.

"... J'crois que vous faites erreur, vous devez confondre, j'ai jamais obtenu une seule promotion de ma vie."

Triste réalité.

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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Mer 21 Mar - 10:38

    En temps normal, Hansel détestait l’odeur du tabac. Une odeur particulièrement agressive, surtout pour quelqu’un comme le Despranon Gamma, dont la palette olfactive, par la force de la privation, était aussi distincte que le noir et le blanc. Mais pour une certaine raison, la fumée semblait lui lécher agréablement la joue, une légère vague de chaleur dans l’air humide - il ne s’était pas intéressé non plus de près au cas du pouvoir atypique d’Asch Raizer. D’ailleurs, celui-ci ne semblait pas vraiment comprendre ce qu’il venait de lui dire.

    Hansel, aux pieds du berserk, leva d’ailleurs sur lui un regard honnêtement incrédule, resta muet. Sa main resta suspendue au-dessus de la tête de l’animal. Soit ce Asch Raizer était vraiment idiot - ce qui était plus que possible, mais il garda cette réflexion pour lui ; il n’aimait pas trop les violents claques orales contre ses tympans -, soit ... personne ne l’avait mis au courant de sa situation transitionnelle. Ni quand il avait eu toutes ses chances, un dossier impeccable et dispensé de la moindre tare, ni après, quand on l’avait fait remplacé par Markov. C’était, pour l’esprit rationnel du Gamma, peu probable ; surtout quand on vivait dans la niche du Despranon le plus élevé de la hiérarchie. Réflexe stupide ou pas, il se sentit obligé de demander confirmation.

    « Vous n’étiez pas au courant ? »

    Hansel se releva, plein de sa perspicacité légendaire, abandonnant le confort de la fourrure du berserk, et poussa au passage un soupir peu discret - d’exaspération, sans doute. Il ne lui vint pas à l’esprit un seul instant que le silence de l’Alpha avait ses raisons. Lesquelles, d’ailleurs ? Le garder encore éloigné de la hiérarchie à laquelle il était censé appartenir, être attaché, même comme un chien ne mord pas la main qui le nourrit ?

    « Vous étiez en première ligne pour devenir le nouveau commandant du sixième escadron. Avant votre ... » C’est bon, Hans, pas besoin non plus de faire un dessin. « Mais vous convenez qu’il aurait été délicat de nommer quelqu’un avec un handicap aussi récent. Adam Markov vous remplace au pied levé. Je pensais que le Despranon Alpha vous avait mis au courant. »

    Et son ton le disait aussi, il en était ingénument ignorant. D’un autre côté, il n’avait pas forcément les mêmes rapports avec la hiérarchie que ledit Alpha, qui avait la réputation d’être un je-m’en-foutiste d’une qualité rare. Le Gamma était plutôt du genre gratte-papiers - déformation de sa carrière de scientifique -, à garder les précieuses informations, un mur de Post-it dans un coin de sa mémoire, sans en occulter une seule, faisant son petit effet dans ses rapports rares avec son escadron. Pour lui, ça aurait été normal qu’Asch Raizer ait été au courant de sa promotion manquée. Apparemment non. Du coup, Hansel laissa glisser une petite réplique qu’il voulait plus enjouée.

    « Cela reste entre nous, alors ! »

    Même s’il se doutait bien que le rouquin n’allait pas rester muet, et qu’il ne craignait pas réellement des retours de bâton pour avoir dévoilé une information qui n’était pas dans le secret, officiellement. Et Dieu sait que, pour être la Tête la plus impliquée du Gouvernement dans ce qu’on appellerait de sales magouilles, il était très à cheval sur les imprimés secrets, et ceux qui ne l’étaient pas. Encore une fois, il s’interrogea en silence de la raison pour laquelle Asch Raizer n’avait pas été mis au courant d’une telle démarche en son sens. Et, plus profondément, pourquoi il était toujours le dernier des Despranon à prendre la rumeur comme elle venait. Hansel haussa l’épaule, bien qu’il ne pouvait le voir.

    Puis, sans crier garde, il changea radicalement de sujet de conversation.

    « C’est un bel animal que vous avez là. Quel est son nom ? »

    A peine bipolaire. Mais le Gamma préférait ses patchworks de conversation, des habitudes conservées des courtes semaines sous pression dans les laboratoires de la Division Scientifique, où dix dossiers passaient devant ses yeux en une journée, et que son mur de post-it fictif disparaissait sous les billets jaunes ; que ces dialogues formalisés, codifiés. Au premier abord, ça surprenait, mais il jonglait très bien entre les pans de phrase de ses interlocuteurs. Eh, il n’était pas devenu un de ces génies du domaine mécano-magique grâce à une pochette surprise. Ce n’était même pas une tentative innocente de changer de sujet, même s’il poursuivait dans son délire, sans discontinuer, avec un débit saccadé. Même plus spontané que dans ce qui apparaissait une annonce formelle.

    « Je me souviens, quand j’étudiais encore avec Monsieur Leiters » - le chercheur en chef de l’époque de la section mécanique - « nous avions un énorme berserk qui nous servait de nid à puces. C’est fascinant ! Savez-vous combien de niches ces insectes peuvent bâtir dans un seul centimètre carré de fourrure ? »

    En fait, c’était à l’interlocuteur de rattraper la « couture ». En l’occurrence, Asch pouvait, ou bien le reprendre à un autre point de la conversation, ou bien laisser tourner le disque rayé Tansky - Hansel était apparemment assez égoïste pour adorer le son de sa propre voix. Et il était intarissable lorsqu’il glissait, comme plongé dans une nostalgie pas-tant couleur sépia, dans le récit de sa carrière scientifique. Vous saviez que la puce était l’un des rares insectes qui n’avait pas évolué après la Révolution Globale de 2070 ?

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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Jeu 22 Mar - 11:59

[AHEM désolé du pavé, j'étais dans le bus, je me faisais chier, je me suis pas rendu compte que je dissertais. Si jamais tu veux que je scinde parce que j'envoie trop d'informations à la fois pour un post, hésite pas à me le dire o/]

Si on s'en tenait aux données récoltées grâce au sens de l'observation du despranon gamma, Asch avait une bien drôle de manière de fumer. Effectivement, de la vapeur d'eau avait commencé à échapper à ses cheveux avant même qu'il ne songe à s'allumer une clope. Il baignait dorénavant dans un ensemble de volutes blanches discrètes, qui donnait l'impression qu'il s'était transformé en lac volcanique vivant, ou bien que sa cigarette était en réalité une bombe fumigène. Malgré son flegme affiché, Asch était volontairement responsable de ce phénomène physique pour le moins étrange. Avant, jamais il n'aurait osé ni supporté de faire étalage de ces pouvoirs qui lui avaient longuement apparu comme une monstruosité contre nature. Maintenant, ses vues étaient moins extrêmes, et il parvenait à assumer ce qu'il était. A peu près du moins. Et là pour tout dire il était.... un sale mage mutant frigorifié qui allait tomber malade dans l'heure si il n'essayait pas de se réchauffer d'une manière ou d'une autre. Tant pis pour la discrétion.

Timidement tout d'abord, puis avec plus de hardiesse, il avait décidé d'essayer de sortir de sa main droite un flux invisible qu'il avait fait en sorte d'enrouler lentement autour de son corps. Encore quelques semaines auparavant, cette opération lui aurait été impossible. Il avait eu le temps d'étudier sa propre magie ces derniers temps, ce qu'il n'avait pas pu faire lorsqu'il la rejetait encore, et en avait trop peur pour la laisser s'exprimer. Sans compter que sa malheureuse absence de perceptions visuelles avait au moins un avantage: elle l'aidait à se concentrer sur les informations fournies par son corps magique... cet espèce de sixième sens qui lui permettait de connaître la position de ses appendices énergétiques sans qu'il puisse pourtant les voir. Il avait récemment compris que sa magie était combinatoire. C'était une meurtrière combinaison qui avait volé la vie d'Haruyuki Goenel, l'innocent qui avait sauvé la vie de Mugen en se mettant sur le trajet de l'une de ses explosions calorifiques. Il déroula donc le flux de son auriculaire, qui permettait d'étendre la chaleur de ses sources. Puis il poussa juste quelques degrés depuis l'extrémité d'une de ces dernières, jusqu'à l'intérieur de l'organe magique sous forme de spirale autour de lui. Il devait bien faire 60°C dans la bulle d'air qui l'entourait maintenant... Mais il manquait encore un truc. La chaleur s'échappait: à ce rythme Asch n'allait pas être le seul à sécher. Alcide lui-même commençait à émettre de la vapeur d'eau. Perplexe, Asch n'eut cependant pas le temps de mieux faire, parce que Hansel avait rompu le long silence entre eux. Asch aurait pu perdre le contrôle de la structure invisible qu'il maintenait suite à une discussion pareille... Fort heureusement il avait enclenché cette espèce de sécurité magique qui permettait à ses flux de rester immobiles tant qu'il ne leur demandait pas de bouger. Cette histoire de promotion lui avait semblé tellement improbable qu'il avait dit au despranon sans l'ombre d'une hésitation qu'il devait se tromper. Et pourtant Tansky insistait. Très sincèrement étonné - trop pour remarquer la nuance condescendante dans la voix de son interlocuteur - il se tourna vers lui.

"... Je ne vois même pas de quoi vous parlez. Vous devez vous tromper c'est pas possible autrement..."

Pourtant, les explications ne tardèrent pas à arriver, et ni le ton ni les paroles du Gamma ne laissaient plus de place au doute. Asch laissa sa mâchoire littéralement tomber de stupéfaction. Il y avait peut-être des mecs dont le nom ressemblait au sien au gouvernement... mais certainement aucun qui ait récemment perdu la vue dans l'exercice de ses fonctions. Et si ce Markov - dont le nom lui disait vraiment quelque chose - l'avait remplacé justement à cause de son incapacité à rester dans l'armée dans son état... . Merde. Alors, c'était sans doute que c'était vrai, et qu'on ne l'avait pas informé. Toujours en état de choc, Asch fit en sorte de "regarder" ses pieds. Ses lunettes ne suffisaient pas à masquer sa stupéfaction blessée... Mais il n'aurait su dire ce qui le blessait le plus. Le fait d'avoir manqué la chance de sa vie..? Nah. Asch n'était pas très ambitieux à la base... Il avait du mal à croire qu'on ait pu le juger capable de commander un escadron. C'était flatteur, et ça remplissait un peu son réservoir de confiance en lui qui était à sec... Mais ça ne le remplissait pas encore assez pour que Asch parvienne à penser autre chose que "ils ont craqué leur slip" ou bien pour qu'il cesse de soupçonner silencieusement Mugen de n'avoir pas été très objectif.

Si cette occasion manquée n'était pas ce qui provoquait ce pincement douloureux en lui... Alors, quoi? Le gamma avait mis le doigt dessus. Pourquoi Mugen ne lui avait-il rien dit...? Asch comprenait mieux maintenant la violence de certaines de ses réactions. Il avait été frustré pour deux. Mais pourquoi choisir de se taire...? Asch aurait sans doute supporté cette vérité bien mieux que lui... Le roux était depuis longtemps résigné à rester un pion jusqu'à la fin de ses jours même si le rôle d'exécutant décérébré lui convenait de moins en moins bien... Il soupira, en proie à l'incrédulité, limite catastrophé même.

"... Il ne m'a rien dit non... Pourquoi faut-il toujours que.."

Il s'arrêta brutalement. Il n'allait quand même pas étaler sa vie privée face à un étranger... Surtout quand l'étranger avait une sévère tendance à se foutre benoitement de sa tronche. La sienne, de tronche, garda la même expression chagrinée. Mugen n'avait peut-être pas eu le temps de lui en parler avant l'attentat... Avait-il eu peur que Asch refuse cette promotion et donc décidé d'attendre d'avoir les arguments nécessaires pour le convaincre d'accepter..? Il avait eu raison. Asch aurait été capable de laisser passer l'opportunité, persuadé qu'il était de n'être pas à la hauteur. Quant à l'après attentat... L'Alpha avait sans doute voulu éviter de retourner le couteau dans la plaie. Asch ne pouvait pas lui en vouloir: A sa place, il aurait fait pareil. Il n'aimait pourtant pas que Mugen le protège au détriment de sa propre santé mentale... Ni qu'il lui cache des trucs. Il allait falloir qu'ils aient une discussion... donc non, dommage pour Hansel, mais le secret ne serait pas gardé. Asch répondit, l'air toujours aussi accablé.

"Ça désolé mais je peux pas vous le promettre..."

... Sortant de sa torpeur, Asch tapa sur le dos de sa cigarette, dont se détacha un long bâton de cendres consumées. Il en avait oublié de fumer. Il porta la clope mutilée jusqu'à sa bouche, histoire de se redonner une contenance, et de ne pas totalement gaspiller: C'est que ça coûtait cher, ces merdes, en plus d'être dangereux! Il aurait pu se procurer la version inoffensive qu'on commercialisait maintenant mais il était de ceux qui considéraient que "c'était pas pareil". Du coup il continuait de à se pourrir les poumons, même si Mugen l'avait convaincu de ralentir.

Contre toute attente (?) Tansky changea de sujet de conversation, ce qui arrangeait parfaitement Asch lequel n'avait vraiment pas envie de penser à cette histoire pour le moment. Elle le troublait encore bien trop à son goût: voilà qu'il était nerveux, déconcentré. Il n'aimait pas ça. Du coup il en oublia d'être désagréable avec l'homme qui l'avait pourtant insulté quelques minutes auparavant. Il était trop content de pouvoir retrouver la face, et afficher son impassibilité bougonnante habituelle. Il passa une main sur le crâne d'Alcide, lequel émit un gémissement plaintif pour prévenir son maître qu'à ce rythme il allait le carboniser. Asch baissa la température que continuaient d'émettre ses flux, et Alcide cessa de gigoter. La température sous l'abri de bus baissa instantanément, jusqu'à redevenir fraîche.

"Il s'appelle Alcide... Il est encore jeune."

Asch ne savait pas vraiment pourquoi il avait eu envie de disserter sur l'âge du berserk... Peut-être parce que son apparition dans sa vie était tout aussi récente que son handicap visuel..? Allez savoir. Hansel était trop occupé à lui faire faire des bluescreens mentaux. Asch tourna la tête dans la direction approximative du despranon, lequel était en train de lui refaire un remake du "le saviez-vous". Des puces, hein? Asch, déstabilisé, mit quelques secondes pour répondre. Personne dans son entourage n'étant du genre bavard, il avait du mal à savoir comment réagir à ce genre de badinages.

"... A vrai dire, je me suis jamais posé la question... On va chez le véto pour éviter que ces saloperies s'installent généralement. Hein Alcide?"

Ça, c'était tout lui tiens... Qu'importe le détail décrivant un mal, lorsqu'on a le moyen de l'éviter! L'important c'était d'agir. Problème, solution, résultat. C'était cette façon de penser qui faisait qu'Asch était un soldat et pas un intellectuel. C'était aussi ce qui le rendait efficace, même si ça le faisait passer pour une brute, ce qu'il avait d'ailleurs été jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il pouvait aussi utiliser son cerveau lorsqu'il se forçait un peu. Parfois, ça pouvait être utile pour trouver une solution pertinente à un problème. C'était bien cette évolution inconsciente qui l'avait fait passer d'homme de main à gradé potentiel... Mais parler de la vie sexuelle des puces, vraiment? Il avait l'esprit trop pratique pour comprendre l'intérêt de cette discussion. Par réflexe, il éluda.

"Le sixième escadron... J'ai bossé avec eux deux fois à mon souvenir. Ils s'occupent de la traque aux grosses pointures, hm? Cette nomination... Elle avait un quelconque lien avec l'Opale Maudite?"

Voilà qu'il revenait de lui-même au sujet qu'il avait voulu éviter... Mais cette question le taraudait, et il doutait que Mugen lui réponde aussi franchement qu'il aurait fallu. Tansky ne se préoccupait pas de ses sentiments personnels et serait de ce fait plus franc et direct... enfin. Du moins Asch l'espérait-il. Pas folle la guêpe... Loin d'être aussi con qu'on voulait bien le dire, Asch était incapable de penser que sa presque-promotion ne tenait qu'à ses compétences et à la popularité qu'il avait gagné dans le sixième en prenant brièvement les commandes des opérations, lors de la rencontre qui avait eu lieu entre l'Alpha et Rachel Raizer, leader de l'Opale Maudite et mère du grand truc rouge qui était en train de se cailler dehors. C'était parce qu'il connaissait l'Opale de l'intérieur et qu'il possédait plus d'infos sur les mafias densetsu que quiconque au gouvernement qu'il avait si bien réussi la manœuvre. Avait-on compté sur lui pour parvenir à démanteler ces mafias, en mettant à profit son expérience d'ex-densetsu?

"Cet Adam Markov... Il est shangyen nan?"

Restait à voir si Hansel le savait ou non, mais c'était effectivement le cas. Adam était lui aussi issu d'une famille densetsu. Ses parents avait divorcé en apprenant qu'il était mage, et il était ensuite aller vivre à Sérégon avec sa mère. Elye choisit ce moment pour réapparaître. Elle courait à perdre haleine malgré le parapluie qu'elle tenait, qui se faisait marteler de gouttes grosses comme des poings (oui c'est une hyperbole) et... qui finalement ne lui servait pas à grand chose. Ses cheveux couleur rouille étaient détrempés. Leur extrémité coulait généreusement dans la nuque de la jeune femme. Elle s'arrêta sous l'abri, à proximité d'Asch, duquel elle resta malgré tout éloignée: il chauffait encore et la différence de température était trop radicale pour elle.

"... Asch, ça va? J'ai vu que tu avais réussi à t'abriter mais j'ai quand même préféré venir voir au cas où..."

Elye savait que la pluie aurait pu expédier son frère à l'hôpital. Elle était plus petite qu'Asch - encore heureux. Elle devait à peine atteindre le mètre soixante dix là où son frangin atteignait presque le mètre quatre-vingt quinze. Cela dit elle lui ressemblait beaucoup.. les lunettes et la cécité en moins. Elle remarqua ensuite Hansel, n'ayant pas tout de suite vu qu'il discutait avec l'aveugle. Surprise elle ne put s'empêcher de soulever un sourcil. Ce n'était pas le genre d'Asch de s'acoquiner avec les gens dans la rue... même coincé faute à un épisode de malchance diluvien.

".. Bonjour... Pardon, je vous dérange?"

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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Sam 24 Mar - 12:42

    [C'est pas grave, si tu arrives à te contenter de mes bien plus courtes réponses \o]

    « Vous savez, c’était un défi d’entretenir une culture de puces sur un être encore vivant. On avait bien essayé sur du poil de berserk mort, avec des poches de sang artificielles, mais force est de constater que ... »

    Evidemment, Asch Raizer n’en avait rien à cirer des bas plaisirs scientifiques du Despranon, unique personne au monde à pouvoir vous parler de la prolifération de certaines puces « antiques » comme d’autres parlent de la météo. Il fallait dire que, même quand il n’avait pas ses humeurs, Hansel ne se laissait pas sortir, si ce n’est pour passer de son appartement dans la périphérie de Sérégon au café, le Black Sugar, et du café au Panthéon. Sinon, il se contentait d’errer comme un fantôme dans les différents bâtiments de l’institution gouvernementale ; manquant de cette adrénaline dans la conclusion des projets - parce que les Despranon, eux, n’étaient que de très loin préoccupés par le tambour battant du rythme du Monde. Et d’arrêter un soldat au passage pour lui faire faire une course ou deux dans les laboratoires. Et de se dire, les scientifiques sont des incompris. A se demander pourquoi il avait troqué sa destinée toute trouvée de soldat. Mais c’est une autre histoire.

    « Alcide, hein ? »

    Hansel laissa couler un regard sur le berserk, mais son maître ne lui laissa pour une fois pas le temps d’ouvrir la bouche pour combler le silence. Contre toute attente, la promotion manquée d’Asch lui revint en pleine figure. Il se retint de faire remarquer qu’officiellement, il était censé être un soldat à part entière, et non pas le plan B. Pour le peu que le Gamma avait prêté attention au dossier, il lui semblait bien que les informations sur l’Opale Maudite avaient placé Raizer dans les bonnes faveurs de ... peu importe quel conseil restait derrière les Despranon pour effacer leurs lacunes. Et c’était justement pour ça que ça ne lui plaisait que moyennement.

    « Pour être tout à fait honnête » - commença-t-il. Le talent unique d’Hansel Tansky, cette capacité à ouvrir la bouche à tort et à travers, et réussir à garder malgré tout pendant vingt-neuf ans toutes ses dents d’origine. « Divulguer autant d’informations » - justes, il était forcé de le constater - « sur l’Opale Maudite, l’organisation de votre mère, et rester étroitement à la botte de l’Alpha, je ne m’attendais qu’à un autre retournement de veste. Mais bon ! Oui, c’est une des raisons. »

    Puis Asch repartit sur le nom d’Adam Markov. Hansel ne prit même pas le temps de faire un calcul. Oui, Adam Markov était shangyen, et alors ? Shangyu n’était pas uniquement le nid de tous les organismes Densetsu malsains - c’était un joli coin en vérité, pour peu qu’on évitait le centre, imprégné d’une culture « antique » -, et pour le peu qu’il en savait, Markov n’était pas un de ces produits estampillés d’une philosophie de vie anti-magie.

    « Oui mais ... »

    C’est à ce moment-là que la demoiselle sortit du rideau de pluie. Un petit format entre le Despranon fil-de-fer et la carrure bien plus solide d’Asch. Sans aucun doute une autre Raizer, au vu de sa familiarité et de ses ressemblances frappantes avec le rouquin. Les mêmes cheveux roux, les mêmes yeux verts sévères ; sa sœur, peut-être ? La figure d’Hansel s’illumina. Il avait toujours été plus à l’aise avec les demoiselles - sans doute la faute à avoir passé la moitié de sa vie à être confondu avec sa jumelle, parce qu’elle refusait avec véhémence, et jusqu’aux derniers jours de sa vie, de porter des vêtements « de fille ». Il se trouvait d’un coup plus spontané, enjoué, comme si un petit rayon de soleil était venu crever le ciel gris qui ne semblait pas être décidé à abandonner. Ce qui aurait paru déplacé à Asch s’il l’avait vu, parce qu’il lui passa à côté sans rien dire, plus près qu’il ne s’était avancé ces dernières minutes à deux, coincés sous un abribus.

    « Pas du tout, mademoiselle ! »

    Et le Gamma lui tendit la main. Le contraste entre la façon dont il évaluait constamment le soldat du sixième escadron, à cheval entre le chien de l’Alpha et le traître potentiel ; et sa sœur, où il ne calculait plus rien, faisant preuve d’une rare honnêteté, qui aurait crevé les yeux d’un aveugle. Si l’on peut dire. C’était limite s’il n’allait pas lui offrir sa veste pour la réchauffer - chose inutile vu les vagues de chaleur qu’Asch dégageait -, s’il n’avait pas eu quelque chose à cacher sous le cuir.

    « Je me présente : Hansel Tansky. » Despranon Gamma et troll professionnel. « C’est un plaisir. Je suppose que vous êtes la sœur de Monsieur Raizer ? Je lui parlais justement de sa promotion manquée comme commandant du sixième escadron. » Il ne s’étala pas de nouveau dans ces détails confus, pour cause. « Il me faisait savoir qu’il n’était pas au courant. Vous n’auriez pas entendu quelque chose vous-même ? »

    Question idiote. Si Asch lui-même n’avait pas été mis au jus, en étant l’un des plus proches compagnons de l’Alpha, il n’y avait aucune raison logique, aucune ramure le long de laquelle sa sœur, tout juste sortie d’Epic Jail, aurait pu l’apprendre elle-même. C’était une question qui était là pour faire la conversation, et rien d’autre. Et naïvement, Hansel aurait pu penser qu’une telle annonce aurait dû la ravir - son frère, un pariât, mais un potentiel commandant de l’armée ! Il se sentit obligé de poursuivre, du débit saccadé caractéristique de ses envolées, ne la laissant pas répondre, et larguant l’aîné Raizer dans les pâquerettes.

    « Bien sûr que non. C’est quand même étonnant de la part de l’Alpha, il aurait dû être le premier à faire passer le mot ! Avouez qu’un Despranon en civil dans la rue qui vous annonce ça, ce n’est pas du meilleur effet. Oh, désolé. »

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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Sam 24 Mar - 22:13

[C'est pas la taille qui compte Cool ]

Parler de berserks morts, et de poches de sang artificiel, c'était quand même un peu gore, surtout quand il y avait encore un animal tout à fait vivant à côté, qui n'avait sans doute pas envie d'entendre parler de ses pairs débités en morceaux, et accessoirement utilisés dans le cadre d'expériences un peu gerbantes. Non mais c'était à se demander... Ils tuaient les berserks eux-même pour l'occasion ou bien quoi? Bon... Alcide n'avait pas l'air de trouver la discussion spécialement traumatisante. Asch avait parfois tendance à surestimer les capacités de compréhension de l'animal, qui pouvait donner l'impression qu'il ne lui manquait que la parole. Pour l'une des premières fois depuis qu'il bossait pour le gouvernement, Asch s'interrogea sur le fonctionnement des branches auxquelles il n'était rattaché que de très loin. Le département scientifique utilisait-il des cadavres d'animaux de guerre morts au combat..? Ou bien amenait-il les pauvres bêtes à l'abattoir..? Et qu'en était-il des autres sujets de recherche qu'ils pouvaient bien développer... Genre... Ceux qui concernaient des êtres humains? Asch n'était pas certain de vouloir savoir ce qu'il se tramait dans certains coins obscurs de l'institution qu'il avait rejointe en fait... Quelque chose lui disait que tout ne devait pas être reluisant, même si c'était toujours mieux que l'Opale, dont les secrets les plus sombres, qui lui étaient à lui aussi inaccessibles, le faisaient malgré tout frémir pour le peu qu'il en connaissait.

... Raison de plus pour changer de sujet, il n'avait aucune envie d'y penser! Et d'autres interrogations plus urgentes lui prenaient tant et si bien la tête qu'il décida finalement de prolonger la discussion avec Tansky, d'essayer d'en apprendre plus sur cette histoire de promotion ratée de justesse. Hansel garderait ses dents un jour de plus et malgré son parler téméraire... Asch était peut-être irritable, et possédait peut-être un caractère merdique à souhait, mais il aimait qu'on soit franc avec lui, et il était étonnamment capable de prendre du recul quand on lui faisait une critique justifiée.

Plutôt que de s'énerver, donc, l'ex-densetsu devenu ex-soldat laissa un sourire fin, témoin d'un amusement très pragmatique, gagner ses lèvres. Les soupçons du Gamma étaient infondés, mais il les comprenait parfaitement. Asch avait totalement retourné sa veste en l'espace de quelques mois. Pour Mugen, cette évolution était une évidence, mais pour le reste du monde il n'était qu'un densetsu... et même moins que ça: une petite frappe qu'on avait forcé à prendre un poste de soldat au sein d'une organisation qu'il détestait. De là, comment croire que les informations qu'il avait si généreusement divulgué étaient vraies..? Que ce n'était pas un piège..? Mugen ne pouvait pas demander à ses subordonnés, ainsi qu'à ses collègues, de lui faire confiance en vue des circonstances. C'était d'ailleurs l'une des raisons qui faisaient qu'Asch était très étonné d'apprendre l'existence de cette presque-promotion, qui signifiait que la majorité des gens influents avait finalement décidé qu'il était digne de confiance... Ou bien qui signifiait que Mugen avait vraiment pété un steak, au choix. Asch espérait qu'il s'agissait plutôt de la première solution. Il aurait détesté qu'on tente de le faire passer un grade au dessus à coup de piston, alors que le reste du monde trouvait son changement de statut injustifié. Un ricanement discret lui échappa.

"... Je peux pas vous en vouloir pour ça. A votre place je me serais pas cru non plus... Et pourtant."

Fort de sa réflexion, Asch continua, en demandant à Tansky si Markov était bien shangyen. Les raisons à cette question étaient en réalité doubles. D'une part, Asch avait connu un Adam lorsqu'il était beaucoup, beaucoup plus jeune, et le nom de Markov lui disait un truc. Ensuite effectivement, il n'était pas exclu qu'on ait voulu remplacer un pseudo-connaisseur en densetsu par un autre. Parce que bon ... On avait beau dire, quand on était shangyen, à moins d'être autiste ou banlieusard, qu'on ait ou non des convictions, on en connaissait forcément un peu plus sur les densetsu que le reste du monde, ne serait-ce parce que la ville était le quartier général d'un certain nombre de mafias du milieu, et l'organe cardiaque d'une des plus grosses organisations impliquées. Il n'eut pas le temps de continuer à interroger le despranon au sujet de Markov, parce que sa sœur trouva le moment particulièrement opportun pour se pointer. Le gamma lui sauta à moitié dessus, avec un enthousiasme et une sympathie qui firent lever un sourcil à Asch, lequel pensait que Tansky n'avait pas eu tant d'égards à son encontre, et qu'il avait tout intérêt à enclencher son mode méfiance, parce que ça sentait quand même le gros lourd à plein nez. Elye elle n'y vit que du feu. Elle venait d'arriver après tout... Comment aurait-elle pu remarquer le changement de comportement de son interlocuteur? Et puis il ne lui laissait pas vraiment le temps de s'interroger non plus... L'annonce de la presque promotion d'Asch faisait l'effet d'une bombe à tout le monde, aujourd'hui. La jeune femme laissa son expression se décomposer. Elle avait l'air très, très, très sincèrement estomaquée. Il fallait dire qu'elle n'était pas encore habituée au fait qu'Asch ait enfin décidé d'utiliser ce qu'il avait entre les deux oreilles. Elle avait toujours su qu'il n'était pas aussi idiot qu'il voulait bien le dire... Mais c'était à la fois génial, hallucinant, et triste. Oui, triste... Parce que Asch était aveugle, handicapé, et donc que l'armée l'avait jeté avant qu'il ait l'occasion d'être véritablement gradé.

"Command... Quoi?! C'est vrai ?! Attendez, l'armée lui a pardonné son implication dans..."

Ça restait quand même une sacré bonne nouvelle, qui manqua de la faire sourire. Mais elle était trop sérieuse pour se le permettre dans ces circonstances. En vue de la manière dont cet homme parlait, il devait s'agir de quelqu'un d'important, non? Il lui en donna confirmation peu après qu'elle eut formulé cette pensée. Elle laissa la presque insulte visant Mugen passer, tandis qu'Asch la notait dans un coin de sa tête, irrité. L'Alpha n'aurait certes pas dû lui cacher cette info, mais c'était pas une raison pour le rabaisser comme Tansky essayait de le faire...

"Non on ne m'a rien dit, effectivement... Vous êtes donc despranon?"

Elye avait l'air un peu perdue, n'étant pas sûre de vouloir être juste stupéfaite, heureuse, ou bien triste et déçue. Asch, un peu irrité par le comportement du despranon, jugea bon de rappeler qu'il existait, non sans lancer une petite pique à l'encontre de son ex-supérieur hiérarchique:

"C'est le Gamma. Visiblement, il bosse sur la prolifération des puces dans les poils des berserk... On fait des trucs passionnants au Panthéon, hm?."

Elye jeta un regard entendu à Asch. Si ce dernier se permettait ce genre de remarque, on pouvait considérer qu'il entretenait une relation au minimum ambiguë, au maximum plutôt mauvaise avec cet Hansel Tansky. Bon après ça ne voulait rien dire: Asch entretenait des relations plutôt mauvaises avec presque tout le monde.

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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Sam 14 Avr - 9:51

    [Tant mieux alors, parce que j'ai l'impression de faire de plus en plus court ;v;]

    Comme on pouvait s’y attendre, la nouvelle arrivante n’était pas plus au courant qu’Asch de cette promotion manquée. D’un côté, Hansel aurait pu se complimenter de ne pas être, pour une fois, le dernier au courant - quoique la communication n’était de toute façon pas le fort des Despranon - ; de l’autre, il se demandait toujours ce que l’Alpha avait eu en tête à ce moment-là. Quant au pardon de l’implication des Raizer dans ... cette affaire, il se contenta d’hausser son épaule avec un petit sourire las. Il ne le considérait pas comme un élément infaillible, et il venait même d’admettre qu’il ne se serait pas fait confiance dans cette position ; mais il n’avait aucun argument pour lui jeter la pierre non plus. Force était de constater qu’il s’était montré plus proche du Gouvernement qu’espéré depuis qu’il était à la protection de Shôryû Mugen.

    En parlant d’Asch, voilà qu’il rappela sa présence. Oh, c’est vrai qu’il était là, aussi incisif qu’à l’accoutumé. Le commentaire le fit sourire, pouffer même. Il n’avait jamais espéré convaincre l’ex-soldat de quoi que ce soit concernant son rôle au sein des Despranon. Même s’il touchait juste en disant qu’ils faisaient « des trucs passionnants », dans le sens où leurs rares entrevues entre eux se bornaient à des réunions qu’on voulait esquiver d’un commun accord - ne vous étonnez pas que le Gouvernement plie jour après jour sous le poids des attaques.

    « Tant mieux que votre handicap vous ait recalé, alors. Ca n’a pas l’air fait pour vous, comme activité. »

    Oui, le niveau de la conversation volait très haut, et il était très versatile, reprenant immédiatement ses humeurs. Ca crevait les yeux, qu’il courbait le dos exclusivement pour la jeune demoiselle, et qu’il était sinon très mordant - un échange de claques vocales entre Asch Raizer et Hansel Tansky -. Mais pas mauvais, même si ça pouvait être facilement pris pour une attaque gratuite. Bref, il reporta bien vite son attention sur la sœur. Le rouquin n’avait été qu’une parenthèse, ce jour de pluie.

    « Je disais seulement à votre ... frère, » - elle n’avait pas encore confirmé son affiliation, mais sa ressemblance était trop troublante pour que ce ne soit qu’une amie, et elle paraissait bien trop jeune pour être de la génération au-dessus - « que nous avions nous aussi un berserk, à la Division Scientifique. Il servait effectivement à l’élevage de puces. Il s’appelait Yuki, si je me souviens bien. »

    Yuki, un berserk de race élevé spécialement pour être un cobaye, qui devait son nom à son poil bleu et blanc ; et il était mort en pleine jeunesse canine, dévoré par les insectes pour lesquels il avait servi de nid, au grand dam des chercheurs qui avaient de grands espoirs sur cette culture de puces. Mais il s’abstint de ce dernier détail - morbide pour quiconque viendrait faire la conversation à sa mémoire, inutile pour le rationnel Gamma.

    « Mais ça ne doit pas vous intéresser ... »

    Inutile de préciser que, quand il s’agissait d’Asch, il s’en moquait bien, de son « intérêt ». Il avait seulement échappé un temps au rappel de sa promotion manquée, et avait dû se dire que finalement, enfoncer le clou était plus agréable que de faire entendre à Alcide le sort funeste de ses semblables dans les caves qui servaient de laboratoires aux scientifiques. Si ça ne tenait qu’à Hansel, il parlerait des heures de ses expériences - dans les deux sens du terme - dans sa passionnante carrière dans les ombres de la Division Armée, estampillé geek en costume noir.

    « Je vois sinon que vous avez été surpris par la pluie. Je peux vous demander où vous vous rendiez comme ça ? »

    Dans la catégorie « étincelle de conversation » ... Encore une fois, il s’adressait presqu’exclusivement à la fille Raizer ; moins parce qu’il se moquait de la situation particulière d’Asch par rapport à la pluie - il connaissait ses pouvoirs, mais de très loin, et parmi les « mutants » engendrés par la magie, le dossier ne l’avait pas plus intéressé -, que parce qu’il semblait avoir honnêtement oublié la présence de l’aveugle et de son chien. Autour de l’abribus, la pluie semblait doucement s’atténuer, sans pour autant cesser de marteler le pavé.

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MessageSujet: Re: Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)   Ven 20 Avr - 9:08

Outch... Quand on lançait des piques, il fallait s'attendre à en recevoir en retour.. . Celle-ci avait malheureusement été plus douloureuse que prévue malgré qu'elle soit venue d'Hansel qui, en théorie, n'influençait pas des masses son moral - si on oubliait le fait qu'il avait tendance à le foutre encore plus en rogne qu'il ne l'était déjà tout le temps, naturellement. Être commandant n'avait pas l'air fait pour lui qu'il disait, hein..? Alors pourquoi valider l'idée de sa nomination dans ce cas? Nan parce qu'au pire, qu'on ne le croie pas capable d'avancer dans la hiérarchie, il le comprenait aisément. Après tout ses propres parents l'avaient relégué au rang le plus bas de la branche d'action de l'Opale Maudite, et quand il avait essayé de leur prouver sa valeur, il fallait voir ce qui s'était passé... . Bon. Évidemment, il fallait aussi prendre en ligne de compte le fait qu'ils ne lui aient jamais donné l'ombre d'une chance de valoir quelque chose, juste sous prétexte qu'il était mage, ce qu'ils savaient, contrairement à lui-même. Les réflexes avaient la vie dur il était rapide d'oublier - même provisoirement - ce genre de détails.

Sans rien montrer du trouble qu'Hansel avait semé dans son esprit, Asch grimaça un sourire acide, très léger, avant de bougonner entre ses dents:

"On est d'accord... Et vous êtes sans doute pas le seul à le penser."

Elye n'était pas dupe, surtout parce qu'elle connaissait Asch depuis... Eh bien depuis sa propre naissance en fait. Elle prit distraitement la main de son frère pour rétablir son contact avec le monde réel, qu'il perdait facilement depuis qu'il était devenu aveugle.

"Moi je pense au contraire que ça aurait été parfait pour toi, Asch. Les soldats du sixième t'aiment bien en plus de ce que j'ai entendu dire, depuis la rencontre organisée... Entre l'Opale et le Gouvernement."

Un ricanement sourd échappa à Asch. Il avait noté l'hésitation marquée par Elye au moment de parler de l'Opale. Un peu comme si appeler Rachel Raizer "maman" face à un despranon avait semblé quelque peu inconvenant. A vrai dire Asch était en train de se demander comment il aurait dû appeler Rachel dorénavant... C'était toujours sa mère, mais l'appeler "maman" lui aurait quant à lui arraché la gueule, depuis qu'il savait ce qu'il savait... Depuis qu'il l'avait rencontrée à nouveau, et que les masques étaient tombés. Mugen avait eu raison, et ce depuis le début. Cette femme l'avait peut-être mis au monde, mais elle n'était pas sa mère. Il n'avait jamais eu sa place au sein de la famille Raizer... . Non pas qu'il le regrettât dorénavant. On lui avait ouvert les yeux sur sa connerie. L'Opale fonctionnait autour d'un fond de vérité, mais il y avait un hic. Même modérés, les densetsu de l'organisation continuaient à courir après un idéal impossible. Vouloir annihiler la magie pour le bien de la population c'était cool, mais on oubliait qu'un nombre non négligeable de gens n'étaient plus capables de vivre sans, non pas parce que ça leur faisait plaisir, mais parce qu'elle était vitale pour eux. Dès lors, Asch avait compris l'importance d'une régulation sévère mais juste. Les idées de l'Opale étaient loin d'être toutes pourraves... Elles étaient juste rendues mauvaises par leur caractère extrême, lié au fait qu'elles aient été pondues par le cerveau - sans doute malade - d'une densetsu radicale. Bref... Tout ça pour dire qu'Asch n'était pas dupe de la réaction de sa sœur, même si il lui était reconnaissant d'essayer de le soutenir.

"Inutile d'en parler de toute façon... Dans mon état je suis même plus capable d'être soldat, alors commandant... ."

Hansel reprit son discours à base de puces et de berserk. Asch ne prit même pas la tête de tourner la tête vers lui. A vrai dire il commençait à en avoir ras le cul de cette pluie battante, et d'être coincé sous un abri de bus en compagnie d'un despranon grinçant qui lui tapait sur les nerfs en plus de lui révéler des trucs qui le troublaient plus qu'il ne voulait l'admettre. Quitte à se répéter... pourquoi Mugen ne lui avait-il rien dit? Elye pendant ce temps là essayait d'écouter d'une oreille attentive ce que racontait le Gamma. Si elle avait dû faire la tronche à toutes les personnes que son frère ne supportait pas, elle n'aurait plus eu beaucoup de vie sociale.. .

"Si si, c'est intéressant... Mais la pauvre bête n'a pas dû avoir une vie des plus plaisantes. On trouve mieux que de servir de nid à puces.. ."

Asch et Elye étaient tous les deux relativement pragmatiques... . Cela dit le bien-être des berserk avait tendance à les préoccuper un peu plus, tous les deux, que celui de n'importe quel autre type d'animaux. C'était lié à une vieille histoire... . Un autre Alcide, ayant appartenu à leur oncle, abattu dans la force de l'âge parce qu'à la mort de son frère, Rachel avait décidé qu'elle n'avait pas suffisamment de temps pour s'occuper d'un animal. Elle aurait pu le vendre, ou même le donner... Mais non. Ça lui perdait déjà trop de temps. Elle l'avait plutôt fait piquer, malgré les chaudes larmes versées par ses deux enfants qui l'avaient suppliée de ne pas le faire. Les deux en étaient encore traumatisés.

Asch apprécia le changement de sujet soudain, même si c'était un peu une blague quand même. Enfin... Il ne pouvait sans doute pas en vouloir à Hansel de n'avoir pas deviné qu'Asch et sa sœur étaient totalement oisifs ce jour, comme les autres depuis de trop longues semaines. Évidemment la rééducation du rouquin prenait du temps, mais pas assez pour combler des journées entières d'ennui... Il répondit avant qu'Elye n'en ait le temps.

"Nulle part. Elye n'a pas de travail et vous êtes le premier à savoir que je suis à la retraite anticipée."

"... Oui, enfin disons qu'on flânait, en quelque sorte..."

"... Parce que passer ses journées enfermé entre quatre mur quand on voit rien, je vous promets qu'on peut difficilement faire plus barbant."

Sa phrase se termina dans un grognement. Il avait l'air de sale humeur pour changer, mais cette fois sa colère intérieure n'était pas tournée contre Hansel, avec lequel il avait été sincère: Qu'est-ce qu'il pouvait se faire chier depuis ce fichu attentat !

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Il pleut, il pleut épicière (PV Asch Raizer)

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