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 Gelée à la menthe et tentacules : Bienvenue! [Herleif]

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Firhen Realïm
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MessageSujet: Gelée à la menthe et tentacules : Bienvenue! [Herleif]   Mar 20 Mar - 17:29

L’aube et son infinité de nuance pastels et caressantes arrivent parfois bien plus vite qu’on ne l’aurait désiré. L’enfant du désert, ses pieds éternellement nus arrêtés sur le bord de la corniche en grès, laissa les premiers rayons solaires l’envelopper d’un halo mielleux et chaud. Un léger souffle glissait dans sa chevelure écarlate, lascivement, portant jusqu’à elle toutes les effluves du désert qui s’étendait tel une mer dorée en contre bas. Les prunelles abyssales de la jeune femme se portait au loin, sur les murs clairs de Mala Muerte, et en imprimait chaque détail dans son esprit. Un soupir infime s’échappa d’entre ses lèvres. Elle ne pouvait reculer devant ce jour précis sans se perdre elle-même, elle ne pouvait fermer les yeux sur le monde et le laisser mourir à petit feu sous le régime mondial actuel, elle ne pouvait ni abandonner l’idée d’offrir sa liberté à la ville qu’elle ne lâchait du regard, ni celle des autres. La jeune femme tourna un moment les talons pour fixer le fond de la cavité rocheuse derrière elle, avant de se résoudre au fait qu’il ne sortirait pas, préférant faire semblant de dormir que de la regarder partir pour une durée indéterminée. Pourtant, chaque fibre de son être pouvait ressentir les pensées de son compagnon. Elle lui adressa un sourire silencieux, réajusta sa cape claire maculée de rouge, et prit en silence le chemin vers Mala Muerte. Il lui restait encore quelqu’un à voir là-bas.

Quatre heures plus tard, les pieds de la serpentine jeune femme c’étaient immobilisés aux abords de la ville. Elle sortit un Earflits noir de son sac, et l’ajusta sur ses oreilles en soupirant. Durant les années passées, son entrainement avait certes porté ses fruits, mais tout avantage à son contraire. Elle ne pouvait traverser désormais la ville sans son casque tant sa sensibilité auditive était devenue importante. Et pour que l’objet réponde à quelques-unes de ses exigences, elle avait dû passer par le marché noir. C’est par le vieux Twitch qu’elle avait rencontré June Marco, un pirate dont le réseau cérébral avait dû être sérieusement endommagé par le soleil de Mala Muerte. Ce dernier s’était chargé de faire l’intermédiaire elle et une certaine Wasp. Grace aux quelques modifications apportées, elle pouvait activer ou désactiver le filtrage des sons, tout en assurant une parfaite étanchéité quant aux vibrations présentes dans l’air, qu’elle supportait encore moi que le reste. Nihil en était déjà son deuxième casque, ceux-ci n’aimant pas vraiment les combats.

C’est donc après avoir installé son joujou qu’elle pénétra dans la ville. Son visage était loin d’y être inconnu, de même ses capacités dans l’arène. Pourtant aujourd’hui comme depuis deux semaines, ce n’était pas de la chaleur qu’elle voyait dans le regard des passants mais de la colère. Il y a deux semaines, elle avait tiré sa révérence de l’arène, et beaucoup de natifs de Mala Muerte avaient perçu cela comme une trahison, hors la rancune était chose commune dans les rues sablonneuses de cette ville. Rien ne semblait s’oublier. La demoiselle des sables haussa les épaules et prit le chemin de l’arène, à cette heure-ci, le vieux n’était certainement pas chez lui. Quelques minutes après, elle était adossée contre le mur dans les coulisses, exactement là où elle s’installait vingt ans plus tôt. Elle observa la large stature de son entraineur et ami avec un sourire. Il ne semblait pas avoir changé malgré les nombreuses années écoulées, outre les quelques rides qui s’étaient creusées dans son visage. Lorsque Twitch posa son regard sur la jeune femme, elle n’aima pas ce qu’elle y vit. Pourquoi diable avait-il l’air soucieux à ce point ? Nihil attendit patiemment que ce dernier ait fini de donner ses instructions à droite et à gauche.

Au bout d’une dizaine de minutes, il vint la rejoindre, et coupant court à toute forme de salutations, il lui dit simplement ceci, l’air sombre :

« Le grand patron a demandé à ce que tu le rejoignes dans son bureau lorsque tu reviendrais en ville, le jour de ton départ… Je ne sais pas ce qu’il te veut, mais fait attention à toi mon petit... »

La jeune femme lui assura que ça irait pour elle, avant de se dresser sur la pointe des pieds pour déposer ses lèvres sur le front soucieux du vieil homme, et de quitter les coulisses sous son regard inquiet. A vrai dire, elle ne savait ce que lui voulait cet homme dont on ne voyait jamais le visage, mais cela n’était certainement pas du meilleur augure qu’il soit. Ce n’était guère l’inquiétude qui formait peu à peu une boule rugueuse dans sa gorge, mais bien le gout âpre de la colère. Elle n’avait pas réellement de raison pour ressentir un tel sentiment, mais son instinct comme souvent avait décidé de prendre le dessus. Enfin… elle verrait bien de toute façon. Tout le monde connaissait l’emplacement du bureau du Chef, bien que très peu y furent invités. La demoiselle laissa donc ses pas la guider, tandis qu’elle pénétrait dans son esprit pour essayer de résoudre quelques équations sans réponse aucune qui s’y trouvaient. Elle ne savait toujours pas ou trouver un Datenshi, ni d’ailleurs ce qu’elle leur dirait si par hasard elle arrive à les localiser. Nihil avait taché de mémoriser dans les moindres détails les peu d’avis de recherche sur lesquels elle était tombée. D’ailleurs dès qu’elle serait sortie de ce bureau à la con, elle prendrait le cap vers Modula, peut être là-bas elle obtiendrait d’autres renseignements. Peut-être même que cette Wasp en avait. Une lueur d’espoir s’anima dans son regard, lueur qu’elle tentait de calmer. Après tout ça ne serait certainement pas aussi facile.

En parlant de bureau… Elle s’immobilisa brutalement, nez à nez avec ladite porte. Après une longue inspiration, elle toqua vaguement avant d’entrer sans attendre de réponse, n’ayant qu’une hâte : celle d’en finir au plus vite. La porte se referma dans un bruit à peine perceptible. La guerrière ôta son Earflits et observa son interlocuteur en silence, attendant de savoir ce qu’il lui voulait au juste.
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MessageSujet: Re: Gelée à la menthe et tentacules : Bienvenue! [Herleif]   Lun 26 Mar - 18:31

Le soleil tapait dur sur le grand désert de Mycra. La grande étendue d’ambre et d’ocre, au premier abord vide de toute vie, s’étalait à perte de vue. Rien que du sable et des rochers. Des crevasses, des dunes, des hoodoos, et de temps en temps, un cactus à gauche et à droite. Au milieu de tout ça, perturbant le calme du désert, un vieux buggy traçait son chemin, soulevant dans son sillage d’épais nuages poussiéreux. A son bord, les mains soudées au volant, bardé de lunettes de soleil et d’un vieux chèche miteux, Herleif se fiait à son instinct et suivait les sons et les odeurs charriées par le vent. Des effluves de violence, de sang et de sueur. Grâce à sa part d’animalité, il ne s’était jamais perdu dans ce grand désert. Et le remugle si propre à Mala Muerte avait toujours su lui indiquer le chemin, où qu’il se trouve dans ce grand rien. Le matin même, après avoir négocié durement son tas de ferraille avec un homme du désert, le vieux Loup avait pris la route. Concentrés sur la voie qu’il pistait, ses sens captaient de temps à autre des frémissements de vie à l’ombre d’un rocher, ou sous la surface du sable fin. Lui crevait de chaud, suant à grosse goutte, mais les reptiles, eux, semblaient trouver leur compte dans ce climat aride et hostile. Il apercevait ici ou là un gros lézard détaler, effrayé par le rugissement du moteur, et il lui sembla même discerner au loin la silhouette d’un skael.

Bientôt, il passa l’entrée de la grande cité franche. Le bidonville grouillait de vie, contrastant avec la solitude du désert environnant. Les gamins couraient autour de baraques en tôle ondulée, faisant les poches, à l’occasion, à des hommes trop occupés à marchander ou à manigancer. Il y avait des désœuvrés, des trafiquants qui prétendaient détenir tout ce qu’un homme peut désirer et plus encore, des femmes aux tenues obscènes, des colosses rançonnant les plus faibles… au loin, Herleif pouvait entendre la clameur des spectateurs de l’arène et s’il tendait un peu plus l’oreille, il était même capable de percevoir les pulsations sourdes et profondes du cœur de Mala Muerte. Il aimait cette ville. Son atmosphère. La chaleur implacable, l’âpreté de ses habitants, l’ordre martial. Le savant mélange des odeurs mêlées du désert et de la mort. Il aimait voir des hommes combattre pour survivre. D’une certaine manière, la nature reprenait ses droits au cœur de la Fosse. Les forts écrasaient les faibles et perduraient. Mais, pour une fois, ça n’était pas pour combattre, ni pour assister aux affrontements que le Loup était venu fouler le sol de Mala Muerte. Son état actuel ne le lui permettait pas et il avait de toutes manières autre chose en tête. S’il était ici, c’était parce qu’il sentait que ses jours étaient comptés. Avant de claquer, il voulait rendre un dernier service aux Datenshi. Leur permettre de pouvoir se poser, d’avoir un endroit où rentrer, se retrouver.

Il y avait un homme capable de lui procurer ce genre d’endroit : Pavel Kavinski. Herleif pouvait se vanter de faire partie des rares amis du Maître de Mala Muerte. Il lui avait également rendu service à plusieurs reprises par le passé, ce qui lui valait sa reconnaissance et ses bonnes grâces. Le larron était cruel, dénué de pitié, mais s’il se tenait au sommet de cet autel de la mort, c’était grâce à son sens de l’honneur.

Le vieux voyageur se débarrassa de son véhicule pour une poignée de billets, et pénétra à pied dans l’enceinte de l’arène à proprement parler. Le chemin jusqu’au bureau de Pavel, il le connaissait bien. Son instinct le guidait le long de couloirs sombres et rocheux, jonchés de chaque côté de statues d’anciens champions illustres de la Fosse. Lorsqu’il arriva dans la section réservée au Maître de l’Arène, un vigile – assez costaud mais sans doute très bête – se mit en travers de son chemin. Herleif détestait ce genre d’armoire à glace. Autrefois, il connaissait la plupart du personnel de Kavinski, mais depuis, beaucoup étaient morts, d’autres avaient raccrochés, et ceux restant, les plus fidèles, étaient trop importants pour occuper un poste de vulgaire vigile. Le ton monta rapidement entre les deux hommes. Herleif n’avait jamais eu besoin d’autorisation pour rencontrer le grand patron. Même s’il n’était plus en grande forme, il se sentait parfaitement capable d’apprendre la vie à ce clampin. Coup du sort, une vieille connaissance déboucha et ordonna sèchement à l’homme de céder le passage. Ils se serrèrent la main, échangèrent quelques politesses, puis se dirigèrent vers le bureau de Pavel. L’homme donna une bourrade dans le dos d’Herleif.

« Je vais pas plus loin, vieux chien. Donne-nous de tes nouvelles de temps en temps, on se fait du mouron pour toi. »

Le Loup coinça un cigare entre ses dents et frappa vivement à la porte. Il avait beaucoup de choses à dire à Pavel, et il espérait que ce dernier serait de bonne humeur. Avec une dernière pensée pour les dieux du combat, à qui il demanda de lui être favorable, il poussa le lourd panneau d’ébène sculpté de bas-reliefs, et déboucha à l’intérieur du cabinet.

« Merde… je vais repasser plus tard… »

S’il y a bien une chose à laquelle il ne s’attendait pas, c’était de trouver une femme à cet endroit. Et pour tout dire, il n’avait pas particulièrement envie de se trouver en présence féminine, ses souvenirs au propos de sa dernière compagne étant encore trop vifs dans son esprit. Le silence qui régnait dans la pièce à son entrée lui était pesant, comme si une tension sous jacente était sur le point d’atteindre son maximum, puis d’exploser. Et Pavel, toujours aussi vert, n’avait pas vraiment l’air de bonne humeur.

Et merde…
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Firhen Realïm
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MessageSujet: Re: Gelée à la menthe et tentacules : Bienvenue! [Herleif]   Dim 1 Avr - 16:35

L’enfant des sables resta un temps à fixer Sieur Kavinsky, ne sillant ni à la vision de sa chevelure tentaculaire, ni à son épiderme d’un vert bouteille. L’étrange sourire qui étirait la face monstrueuse du grand patron, laissant entrevoir une longue série de crocs effilés, n’évoqua pas une once de crainte en elle. La colère la galvanisait entièrement. En entendant le panneau de bois s’ouvrir, elle détacha son regard abyssal de Pavel pour observer l’homme qui venait d’entrer d’une façon parfaitement assassine. Qu’est ce qu’il venait foutre ici celui-là ? Ses pupilles d’onyx se détachèrent bien vite de cette entrée impromptue pour reposer leur attention sur l’homme derrière son lourd bureau d’ébène et de métal. Le patron l’invita d’u signe de tête à venir s’assoir, mais les pieds de la jeune femme restèrent profondément ancrés dans le sol avec le seul désir de sortir. Elle le défiait froidement, droite et fière, et pour toute réponse, mis court aux politesses.

« Que voulez-vous au juste ? »


Le sourire carnassier de l’homme qui la fixait s’étira un peu plus, prédateur fixant sa nouvelle proie.

« Allons allons, vous êtes sur le point de perdre votre merveilleux sang froid pour une si petite convocation. Vous allez nous quitter, c’est normal que je vous convie à mon bureau. N’est-ce pas ? »

L’enfant des sables frémit imperceptiblement, se hérissant d’une rage silencieuse à l’écoute du ton douçâtre et mielleux que venait de prendre le patron. C’était mauvais signe, et bien plus que cela encore. Elle oublia un temps la présence de l’homme derrière elle, de même que son visage qu’elle aurait reconnu en un autre moment que celui-là. Il est ironique de voir que parfois ce que l’on chercher ardemment arrive sous votre nez, et que, trop pris dans cette quête personnelle, vous devenez aveugles et sots. Il était en même temps, tellement improbable qu’un Datenshi débarque ici de lui-même… Nihil inspira lentement, emplissant ses poumons d’air pour tenter de se calmer quelque peu avant de faire une connerie irrémédiable. Les rumeurs allaient de bon train sur l’homme qui lui faisait face, de même que ses capacités redoutables, capacités qu’elle n’avait aucune envie d’éprouver de quelques manières que ce soit. Avant cet être avait une apparence humaine, mais un cœur tout aussi impitoyable. Le hasard des combats avait voulu qu’il mute en cette chose. Elle esquissa un sourire pour elle-même, songeant que celle-ci lui saillait bien mieux. Elle était le reflet hideux de son être. La demoiselle du désert fit quelques pas pour se planter devant le bureau d’ébène, avant d’y abattre froidement ses paumes, tout en fixant son regard dans celui du Pavel. Elle ne put empêcher son ton d’être glacial et tranchant, réitérant sa demande lors de son entrée dans le bureau.

« Que voulez-vous au juste ? »


A sa question, le sourire carnassier du grand patron s’immobilisa et son visage se contracta. Il n’avait pas vraiment l’habitude de faire face à une telle effronterie et un tel manque de respect. La voix de Pavel devint un mince filet sifflant furieusement, lourd en menaces et autres promesses de douleur, un poison macabre délicatement enrobé d’un caramel craquant.

« Très bien, puisque les politesses ne sont visiblement plus d’actualité… J’ai eu vent de votre égoïste décision et bien sûr, la foule désapprouve particulièrement votre choix. Et voyez-vous, je me dois de contenter la foule à chaque fois que cela est possible. Il est trop simple de partir comme si rien ne vous engageait ici. J’ai toléré votre présence, supporté vos frasques. Arrêtez de vous méprendre sur votre liberté illusoire, vous n’êtes qu’un bel objet de plus dans mes possessions. Et si vous voulez vous émanciper comme une gamine, vous devez le mériter. Un combat vous attend. Disposez. »

L’enfant des sables n’esquissa pas un mouvement de recul, son corps vibrait d’un mélange de rage et de haine sans qu’elle ne le contrôle. Un œil avertit aurait pris conscience des myriades d’écailles fines, qui çà et là, prenaient place sur son épiderme halé. Sa voix s’échappa de ses lèvres étrangement pâles, mélange d’un murmure et d’un grondement sourd.

« Je ne vous appartiens pas, et je ne vous ai jamais appartenu ! Je ne vous dois rien. Alors votre combat vous savez ou vous pouvez vous le foutre. Je pars dans l’heure que ça vous sied ou non. »

Elle tourna les talons, jeta un coup d’œil à l’homme derrière elle, et le frôla en allant vers la sortie. Ses pas nus s’immobilisèrent au moment où l’une de ses mains se déposa sur le battant d’ébène. Un violent tiraillement dévorait son épaule, mais elle n’en montra rien. Dans son dos, la voix du patron s’éleva une nouvelle fois, toujours aussi implacable.

« Je suis sûr qu’il serait fâcheux que quelque chose arrive à ton vieux et l’autre là... June voilà, à l’instant où tu poseras ton foutu pied en dehors de MA ville. Mais si tu tiens si peu à eux, vas-y. Tire-toi d’ici et ne revient pas. Ou joue selon mes règles et va te battre. Si tu gagnes, je te laisserai partir, si tu perds tu continueras à vivre et te battre ici. Ta docilité dans ce cas-là sera leur assurance vie. Est-ce clair ? » Pavel se tut un instant puis lança : « Et ne crois pas que tes partis pris face au gouvernement vont changer quoi que ce soit. J’espère que tu ne trouveras jamais ceux que tu cherches, histoire de te voir revenir la queue entre les jambes »

Sieur Kavinsky jeta un coup d’œil à l’homme dans la pièce, le regard amusé. Un regard que l’enfant des sables ne put voir. Le silence plana un moment, puis la porte se ferma en un claquement sec. Un rugissement de colère inhumain claqua entre les murs du couloir, éclatant dans la gorge de Nihil.

« Enfoiré de chien ! Je les trouverai ces foutus Datenshi je te le jure ! Bordel ! »

Un homme se planta devant elle, surement un gorille de la sécurité. Stupide idée que voilà, on n’essaye pas d’immobiliser un animal sauvage, surtout quand il se sent blessé. L’homme en question heurta le mur dans un bruit sourd, et sa conscience prit un peu de repos. En traversant les rues jusqu’à l’arène, bon nombre de regards curieux se déposèrent sur cette furie des sables à la chevelure sanglante. Il n’était pas vraiment exagéré de dire que c’était la première fois qu’elle était dans cet état. Même dans l’arène, elle n’avait pas cette attitude meurtrière et sauvage. Elle débarqua en fracas dans les coulisses, avant de se faire arrêter en plein vol par les bras puissants du vieux Twitch. Il pressa un peu plus ses épaules pour l’immobiliser tout à fait avant de planter son regard clair dans les abysses encrées de sa protégée. Ils n’avaient besoin de parler, ils se comprenaient tout deux très bien ainsi. Un bout d’un moment le vieil homme à la force titanesque relâcha son étreinte et laissa un soupir s’échapper de ses lèvres. En un instant on eut dit que l’Age venait de déposer un lourd voile sur ses épaules, soulignant les ridules qui parcourraient son visage comme les sillons du chemin de vie. Elle entrevit un vague filin argenté à la base de ses cils mais n’ajouta rien. La serpentine créature passa rapidement son harnachement de combat avec des gestes secs et rageurs, rajusta son Earlift, puis pénétra dans l’enceinte de l’arène sans même attendre sa présentation. Derrière elle, son vieux c’était assis dans son coin habituel, sa chevelure immaculée cascadant sur ses larges épaules, le regard un posé sur le sol en silence.

Que cela se termine, et vite. Vu le monde qui surchargeait les gradins, cet enfoiré de Pavel avait savamment préparé son coup à l’avance. Le volume sonore, qui lui parvenait, était scindé d’une manière plus que claire. Une part exultait de plaisir à la voir revenir sur ce sable macabre, d’autres sifflaient de colère pour la même raison. Pour cette fois, elle ne leur prêta pas la moindre attention, juste obnubilée par son but. L’instant d’après, chaque molécule de son être hurlait froidement. Sa respiration s’immobilisa brutalement, le son disparut tout à fait, seule la vibration qui lui parvenait passait à travers son corps. Elle aurait reconnu cette énergie glaciale entre n’importe qu’elles autres. Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Enfin son enfer se dévoila à la lumière acerbe de Mala Muerte. Toujours habillé de ses vêtements amples et sable, et de son sabre unique. Son visage n’était qu’un mélange de suffisance blasé et d’ennui. Il n’esquissa pas un sourire, pas un salut envers son ancienne élève, se contentant de la fixer froidement. La demoiselle observa rapidement les prises à sa disposition, et geste, déploya ses longs filins argentés. L’infime tressaillement au niveau de la tempe de son ancien maitre était signe qu’il allait commencer. L’air se déplaça brutalement en hurlant furieusement. Nihil esquiva rapidement, mais pas assez. L’arc de son casque explosa, laissant ses précieuses oreilles en proie à l’agression sonore qui l’entourait. Il fallait qu’elle se calme, question de vie ou de mort. Il fallait qu’elle oublie le bruit et qu’elle se concentre.
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Wayne Harris



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MessageSujet: Re: Gelée à la menthe et tentacules : Bienvenue! [Herleif]   Mar 1 Mai - 18:34

Herleif assista à l’altercation, silencieux. Il était tendu à l’extrême, la mâchoire crispée, sur la défensive. Prêt à se défendre au moindre geste de trop. Une femme ! Tout son corps rejetait avec force sa présence inattendue au sein de cette pièce exigüe. Lorsqu’elle posa sur lui son regard meurtrier, il réprima difficilement l’envie, le besoin brutal de la démembrer. Peut-être qu’il exagérait. Peut-être qu’après tout, toutes les femmes ne participaient pas à une grande conspiration dont l’unique but était de le tuer. Il essayait parfois de s’en convaincre, mais jusqu’à maintenant, il n’y était toujours pas parvenu. C’était plus fort que lui. La simple vue d’une femme mettait tous ses sens en alerte. Son instinct s’affolait, et il se fermait comme une huître. Après tout, si toutes les nanas n’étaient pas des garces, pourquoi toutes celles qu’il avait rencontrées jusqu’à maintenant avaient tenté de lui faire du mal ?

Il renifla doucement. Les odeurs qui lui parvenaient s’entremêlaient étrangement, mais il parvenait à distinguer le remugle contre nature de Pavel, un relent qui n’avait rien d’humain, ni de naturel, qui semblait venir d’un autre monde, distant, tout comme le faciès hideux du Maître de l’Arène. La femme, elle, sentait le sable, comme incrusté dans le moindre pore de sa peau. Elle sentait la sueur, le sang, la mort, imbibée du parfum acerbe de l’Arène. Elle sentait la bête. L’odeur froide, agressive des reptiles. Ses poils se hérissèrent sur sa nuque. Une métamorphe. Il se tenait dans la même pièce qu’un foutu serpent. Son malaise se renforça, et le danger potentiel qu’elle représentait monta en flèche. Maintenant, il comprenait mieux. Cette nana était une combattante, et le maître des lieux ne semblait pas décidé à la voir lui filer entre les doigts. Il plissa les yeux, écoutant désormais la conversation avec attention. Pavel était toujours fidèle à lui-même, toujours aussi cruel et marchandeur. Il connaissait son travail, et cette femme l’empêchait de le faire. Malgré son aspect dangereux, elle lui sembla bien naïve. Penser qu’elle était libre ? C’était mal connaître le monstre qui lui faisait face. A Mala Muerte, la liberté n’était qu’une marchandise comme une autre. La seule monnaie d’échange valable était le sang. Et c’était par le sang que cette gamine – elle n’était rien de plus, aux yeux du loup, qu’une gosse dangereuse et capricieuse – allait devoir racheter son droit à disposer d’elle-même.

Il s’écarta nerveusement lorsqu’elle passa près de lui, grognant sourdement. Le lourd battant se referma avec fracas, et Herleif s’avança enfin vers son vieil ami. Du moins, il espérait que ce fut toujours le cas.

« Les jeunes… » grommela Pavel en fixant le barbu. « Mais surtout, les femmes ! Elles sont toutes si insolentes… et si dangereuses… » Son visage s’étira en une parodie de rictus sinistre, et il laissa échapper un rire sardonique en se laissant retomber dans son large fauteuil. Ses yeux se posèrent sur ceux d’Herleif. « Les temps sont durs, mon ami. Et toi, tu ne donnes plus de nouvelles. Quelques mois de plus et je te laissais pour mort. »

Herleif s’installa à son tour dans un fauteuil et haussa les épaules.

« J’étais occupé. Y avait pas mal de choses à régler… »

Le Maître hocha lentement la tête, tirant un stylo d’une de ses poches. Il n’en laissait rien paraître, mais le Loup pouvait sentir sa colère. Les frémissements d’énergie dans l’atmosphère étaient clairement perceptibles. Une effronterie de plus, et la tête de cette femme se serait retrouvée à quelques mètres du reste de son corps. Pavel ferma brièvement les yeux, signa un papier et reporta son attention sur son hôte.

« Alors, Herleif, que me vaut l’honneur de ta visite ? Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? »

« Ouais. Désolé de me pointer et de te demander un service aussi brutalement, mais j’ai plus beaucoup de temps devant moi… »

Comme pour appuyer ses propos, une violente quinte de toux se saisit du vieux Loup. La douleur dans sa poitrine lui fit le même effet qu’une multitude de lames de rasoir glissant le long de sa trachée. Il posa une main sur le bureau et se replia sur lui-même sous le regard curieux de Pavel, qui eut le tact de ne pas faire de commentaire en lui tendant un mouchoir. La colère et l’abattement le prirent à la gorge tandis qu’il reprenait lentement son souffle. Il grogna de dépit, s’essuya le visage et baissa la tête.

« On a besoin d’une planque… un endroit où s’établir, pouvoir mettre des trucs au point, sans qu’on puisse nous mettre la main dessus… je sais que j’te demande beaucoup mais… y a que toi qui peut me rendre ce service. »

Pavel resta pensif un long moment, son regard passant alternativement du tas de paperasse qu’il était occupé à remplir, à Herleif. Au loin, la clameur du public de l’arène s’éleva, annonçant le début des hostilités.

« Je pense avoir ce qu’il te faut. Je le fais parce que c’est toi, Herleif. Il y a un ancien avant poste sur mon territoire, pas très loin de la bordure. L’installation est sécurisée, équipée. Si vous décidez de vous y installer, vous aurez l’eau et l’électricité. Pour le reste, à vous de l’aménager. Baldric te montrera l’emplacement. »

Herleif sourit faiblement, encore essoufflé. Il tendit la main au dessus du bureau, et Pavel la lui serra fraternellement. Ils étaient encore bel et bien amis. Les deux hommes se saluèrent, et le Loup se dirigea vers la porte. Il se retourna au dernier moment, la main sur la poignée.

« Au fait, Pavel… cette gamine, qu’est-ce qu’elle nous veut, exactement ? »

Un nouveau tressaillement d’énergie perturba l’air. Pavel se racla bruyamment la gorge, et le barbu l’entendit prendre une profonde inspiration, comme pour se calmer. Il finit par parler, à contrecœur.

« Elle cherche à vous rejoindre. Si elle gagne, tu n’auras qu’à la récupérer. » Il cracha les derniers mots de façon faussement désinvolte, et se replongea dans sa paperasse.

Redressant la tête, Herleif se retourna vers Pavel. Son aversion pour cette femme se changea brusquement en vif intérêt. Elle restait certes un danger, mais si elle était fidèle à sa cause, il n’allait pas cracher sur une alliée supplémentaire. Il pesa longuement le pour et le contre, debout près du battant de la porte, et son regard croisa celui de Pavel. Le Maître de l’Arène secoua vivement la tête et plaqua brutalement ses deux mains sur le bureau.

« N’y pense même pas, Herleif. Personne n’interfère dans mes affaires. Pas dans MA ville. »

« Je te connais trop bien, Pavel. Tu vas la faire tuer. Elle pourra jamais survivre à ce combat. »


Des fluctuations de pouvoir lui picotèrent la peau, faisant se hérisser ses poils comme de l’électricité statique. Il s’aventurait en terrain dangereux, et tout ami qu’il puisse être, Pavel n’en restait pas moins cruel et colérique. Herleif pesa ses mots avec soin.

« Ça n’est qu’une vulgaire femme. Dans la Fosse, elle plaît à mon public et rapporte son pesant d’or, mais en dehors, elle ne vaut rien. Tu n’en tireras rien. Elle n’est pas assez docile. »

Herleif grogna et ouvrit le battant à la volée.

« Tu veux du spectacle, Pavel ? Tu veux du sang ? Je vais t’en donner, moi. Je vais racheter la vie de cette môme, et je l’embarque avec moi. »

Le visage de Pavel frémit de colère, mais son pouvoir se calma sensiblement.

« Très bien. Emmène-la avec toi. Mais si jamais elle croise mon chemin à nouveau, sois bien assuré que je veillerai à ce qu’elle souffre. J’exhiberai les morceaux de son corps à toutes les entrées de ma ville afin qu’elle serve d’exemple. Au plaisir de te revoir, Herleif. »

Le Loup lui adressa un signe de tête et s’éloigna dans le couloir. Il allait risquer sa vie pour une femme. L’imbécile. Il se débarrassa de son manteau et de son t-shirt, trop encombrants, étira ses articulations, et s’avança sous la herse de l’Arène. La situation se profilait mal. Le sang n’avait pas encore coulé, mais le premier coup venait de partir. Herleif prit une profonde inspiration. Son intervention impromptue allait sans doute faire enrager le public. Qu’il en soit ainsi, il était indifférent à la haine qu’il pouvait s’attirer, désormais. Il se ramassa en arrière pour prendre de l’élan et, dans un craquement de tissu, se jeta au cœur de l’Arène. L’énorme Loup noir atterrit sur le sable brûlant, captant toute l’attention des spectateurs. L’adversaire de la jeune femme eut tout juste le temps de se retourner. Tout rapide qu’il était, il ne put que s’écraser face à la force colossale de la bête, qui poussa un grognement sonore et referma cruellement sa monstrueuse mâchoire sur son épaule, faisant enfin gicler le premier sang. Les crocs s’enfoncèrent profondément dans la chair, arrachant à l’homme un hurlement, et le Loup secoua la tête, arrachant au passage un épais morceau de viande.

A la vue du sang, la foule éclata en un tonnerre de hurlements. Les choses sérieuses commençaient enfin.
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Gelée à la menthe et tentacules : Bienvenue! [Herleif]

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