Encyclopédie
Présentations
Carnet de Bord
[RP]Siirastan
[RP]Mycra
[RP]Shizuku
[RP]Autres
Archives
AccueilFAQRechercherMembresConnexionS'enregistrer

Partagez | 
 

 Les Enfants terribles. [pv: Tarek Ngaresh]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ashura Kuchiki

avatar

Messages : 91

MessageSujet: Les Enfants terribles. [pv: Tarek Ngaresh]   Jeu 27 Sep - 18:35

En direction de Shangyu, une moto Jack à quelques cent quatre-vingt kilomètres à l'heure.

« À l’adolescence, tout change, ou beaucoup de choses, au niveau du corps comme de la tête. Cette période peut être difficile pour le jeune, comme pour les parents. Entretien exclusif avec le Professeur Marcel Rufo.. Comment gérer la révolte.. »

Derrière la vitre teintée, un regard exaspéré. Un gant noir change de canal, dans l'habitacle un léger grésillement persiste alors qu'une voix robotique chante qu'il faut aimer son prochain. La Jack prend de la vitesse, en dépassant les deux cents kilomètres heure elle arrive bientôt en vue de la ville. Shangyu et son utopie nostalgique. Si exotique dans un paysage mondial en constant changement. Elle s'accrochait à une forme de tradition que plus personne ici ne comprenait, que tous interprétait à sa façon pour l'intégrer à son petit paradis personnel. Préserver cet endroit des perversions de la magie, en faire une bulle à part, un monde dans le monde. Inutile illusion. Un jour ou l'autre, que cela vienne de l'intérieur ou de l'extérieur, cette ville partira en cendre. À moins.. qu'elle évolue.

Toute chose est ainsi régie. L'évolution est inévitable. Comment avait-il dit déjà ? Ce qui ne change pas, meurt. Quelque chose dans ce genre.

- Mademoiselle, vous êtes arrivée.

Le véhicule ralentit, se déporte légèrement, laissant la ville à ses chimères. À un mètre du sol, la moto Jack quitte la route et disparait des radars. Elle s'arrêtera quelques minutes plus tard, au milieu de nul part, dans une plaine perdue.. La membrane protectrice se rétracte, une paire de bottes de première qualité foule le sol. Une combinaison noire, collée à une silhouette féminine qui s'étire, grogne et ébouriffe ses cheveux.

- Franchement, ils auraient pu faire ça plus confortable !

- Nous n'avons pas fait un si mauvais voyage.

Assise sur la Jack, une seconde silhouette, même combinaison, différente corpulence. Un earfilts sur la tête, Ashura observe son environnement. Elle devait bien l'admettre, la préservation avait du bon. Cette plaine bénéficiait du rayonnement de la ville, sa pauvreté en magie en faisait un espace aussi improbable que Shangyu elle-même. Les plantes gourmandes en énergie magique qui avaient gagné en nombre partout, ne pouvaient pousser ici. Le paysage était sensiblement différent, le calme qui y régnait était tout autre que celui, toujours menacé par quelques créatures magiquement évoluées, de l'Area 102. On se serait presque sentit en sécurité. La plaine de l'oubli. Il y a quelques semaines, lorsqu'elle était partit se perdre dans les profondeurs d'une forêt de champignons, cela lui aurait semblé le meilleur concept du monde. Tout oublier et tout recommencer à partir de cette terre encore pure.

Une main se tend vers elle, un sourire se dessine sur des lèvres rouge carmin.

- Mademoiselle, si vous voulez bien..

Elle incline légèrement la tête et saisit la main tendue avant de sauter. Une nouvelle paire de bottes sur la plaine et la différence devient flagrante entre les deux silhouettes. Plus petite d'une vingtaine de centimètre, remplissant bien moins généreusement sa combinaison, et puis, des cheveux sombres, interminables, là où son double arborait une chevelure de feu. Les yeux bleus croisent le rubis, partagent un accord tacite.

- Cette combinaison était-elle vraiment nécessaire ?

L'ancienne domestique lève une main à sa bouche et prend un air gêné, feint.

- Que Mademoiselle me pardonne, c'était une occasion à ne pas louper, nyan ~ 

- Hajime ! Soupire .. je t'ai déjà dis, c'est Ashura, pas mademoiselle.

La femme rousse sourit et s'accroupit, déposant son sac à dos sur le sol pour en tirer quelques accessoires. Son comportement n'avait plus rien d'extraverti. Durant ces dernières semaines, la jeune Kuchiki avait fait quelques découvertes sur cette domestique peu ordinaire. Elle était entrée au service de Tashiro Kuchiki deux jours après la fugue d'Ashura dans les bas quartiers. La cadette ne ferait sa connaissance que deux ans plus tard, lorsqu'elle partirait rejoindre son grand père et qu'Hajime deviendrait dès lors une de ses servantes attitrées. Discrète elle n'avait jamais éveillée la moindre interrogation dans l'esprit de l'enfant. Et pendant tout ce temps.. elle avait veillée, dans l'ombre, sur les pas de la Kuchiki. À vrai dire, Ashura aurait pu continuer longtemps à ne pas se douter de sa présence, quasi continuelle, si la rousse n'avait pas fait une petite erreur en allant la chercher à la lisière des champignons géants. Elle avait du se découvrir et enfin raconter son histoire. Le jour où Ashura avait vu son ami mourir dans les bas quartiers, elle était là, elle faisait partie des enfants qui avaient le don. Seulement, elle avait pu s'échapper et trouver refuge chez un vieil homme.. cet homme, c'était Tashiro Kuchiki. Il l'a prit sous son toit et lui apprit à se battre, quand la petite dernière des Kuchiki arriva au domaine, son éducation était presque terminée et Tashiro lui avait déjà parlé des Datenshi. Cependant, il ne l'a fit pas entrer dans l'organisation, il avait besoin d'elle pour autre chose. C'est ainsi qu'Hajime devint la domestique d'Ashura, assurant ses arrières sans jamais se montrer.

À l'écoute de ce récit, la Datenshi ne descella aucun mensonge et si elle pressentit que la femme ne lui disait sans doute pas tous les détails de son parcours, elle jugea que c'était à Hajime de les lui révéler, quand elle serait prête. Son grand père avait enseigné et mit sa confiance en elle, Ashura ne pouvait mettre en doute son jugement. Depuis, les deux femmes avaient eu le temps de se jauger et de s'apprivoiser, leurs différences, de physique tout autant que de caractère étaient flagrantes mais les avaient finalement rapprochées. Il faut dire qu'Hajime savait fort bien disparaître et il était alors difficile de lui échapper. Ashura avait du faire avec, jusqu'à ce qu'elle acquière sa confiance et quelque part, son respect.

- La combinaison était nécessaire. D'une part, pour la Jack, d'autre part elle est équipée et renforcée. Tu ne pensais tout de même pas que j'allais te laisser en nuisette ou avec les habituelles fioritures que tu portes, face à un homme qu'on sait dangereux. Ce serait aussi naïf que de croire que je ne l'aurais pas dans mon viseur tant qu'il ne sera pas repartit gentiment, ou étendu raide mort.

Le ton était sec, dur, il n'y avait plus aucune trace d'ironie, ni de légèreté dans son comportement. Entre ses mains, un LINE10 fraichement assemblé. Un oeil expert aurait sans doute repérer les modifications ingénieuses apportée à son mécanisme de tête chercheuse mais les armes.. c'était loin d'être le rayon d'Ashura. Elle aurait préférée se passer de cette "garantie" comme l'appelait sa comparse. Bien sûr que celui qu'elle devait rencontrer ici n'était pas du genre à lui offrir un bouquet de fleurs mais si il avait voulu la tuer, il en aurait eu l'occasion bien plus tôt. Puis, quand bien même il aurait depuis développé une telle ambition, il attendrait. Oui, si le sombre personnage n'attirait pas spécialement la sympathie de la Datenshi et qu'il restait un mystère ambulant, elle était certaine de connaître un de ses petits pêchés. La curiosité; c'était elle qui allait le faire venir jusqu'ici, elle encore sur qui pensait compter Ashura pour assurer sa sécurité. Trop naïf pour la pragmatique Hajime. La curiosité, y en aurait pas longtemps, des balles par contre, elle en avait tout un stock.

Ajustant un Earfilts sur ses oreilles, la rousse se releva et expliqua quelques fonctionnalités de la combinaison à Ashura. Des micros et des capteurs pour la plupart, un attirail que la Kuchiki jugea très vite obsolète, une simple impulsion électromagnétique en aurait raison. Le reste concernait sa protection directe, du tissu renforcé et d'autres banalités que la jeune femme n'écouta que d'une oreille distraite avant de couper Hajime.

- Je ne suis pas là pour me battre.

- Encore heureux, avec cette foutu absence de magie tu aurais pas l'ombre d'une chance. .. Sans vouloir te vexer..

Un haussement d'épaule pour seule réponse, Ashura se détourne, lève les yeux au ciel. Hajime s'éloigna, disparaissant rapidement, ses talents et le terrain favorable ne laissaient plus aucune trace de son passage. L'été s'annonçait grandiose, et chaud.. Une combinaison de moto, noire, en plein cagnard. Si ce Ngaresh n'avait pas l'intention de la tuer sur le champ elle mourrait d'asphyxie avant toute tentative.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tarek Ngaresh
Ex-Despranon | Directeur de l'Agence
Ex-Despranon | Directeur de l'Agence
avatar

Messages : 238
Age : 26

Feuille de personnage
Cuivre Cuivre: 160
Or Or: 1
Verre Verre: 0

MessageSujet: Re: Les Enfants terribles. [pv: Tarek Ngaresh]   Jeu 27 Sep - 23:33

La fin d'une ère et le début d'une autre. C'était un peu l'ambiance du moment pour Tarek. Il sentait bien, depuis l'admission de Silver Eikes au gouvernement, que de toute façon ses jours au panthéon étaient compté. Il savait aussi qu'il allait finir en prison, s'il échappait au peloton d'exécution. Il était persuadé qu'il réussirait à s'évader, mais après... Son petit bébé de projet allait pouvoir se mettre à tourner à plein régime. Il avait déjà presque tout finalisé, il ne restait que quelques appareils et quelques installations à terminer, mais sinon... Dashtikazar était enfin entièrement protégée par les Reflekt, et la documentation manuscrite de Tarek avait déjà transité jusqu'au Quartier Général de l'Agence, dans le désert.

Bref, en d'autres mots, à part quelques détails, tout était prêt pour son basculement. Sa trahison, comme beaucoup la verraient. Tarek voyait plus ça comme une forme d'adaptation au changement de côté de la balance des forces. Plutôt que de supporter -et de tout son coeur il faut dire- le côté dominant, il préférait désormais se situer entre les deux. Le sentiment que ça procurait pouvait souvent s'approcher de la mégalomanie, mais ce que Tarek voyait surtout, c'était un intense plaisir à voir les choses se dérouler, en ayant connaissance des tenants et des aboutissants pour chaque camp. D'où l'intérêt d'une agence à but lucratif commerçant des renseignements. Ce genre de chose pouvait aussi bien les conduire à leur totale destruction, mais la valeur des renseignements détenus pouvait les protéger pendant un bon moment. Quant à Tarek... Il ne risquait pas grand chose en tant qu'ex-Despranon. Il détenait des informations que bon nombre de gouvernementaux outre les hauts placés ignoraient eux-mêmes. Et vu le doute qu'il laissait planer et sa folie furieuse maintes fois démontrées pendant sa carrière, ses poursuivants sauraient très bien que risquer de faire passer ces informations à l'ennemi serait pure stupidité. Et pour cause, Tarek n'hésiterait pas une seconde, même coincé, à transmettre ce qu'il savait, juste pour embêter ses potentiels ennemis.

Le fait d'avoir choisi la Plaine de l'Oubli comme lieu de rendez-vous avec Mademoiselle Kuchiki était autant un gage de bonne foi qu'une prudence stratégique. Il se mettait à l'abri des mages dangereux comme l'Oméga, tout en annihilant temporairement ses pouvoirs pour bien montrer à son rendez-vous qu'il ne comptait pas faire usage de violence. Il n'avait même pas pris ses armes ou d'accompagnement de sécurité. C'était hautement risqué, d'autant plus s'il avait eu connaissance du rang exact de la demoiselle, mais sans prise de risques, l'Omicron avait tendance à dormir d'ennui.

Quelques heures après sa propre arrivée, la demoiselle Kuchiki se présenta sur le lieu déterminé. Oui il attendait depuis longtemps, mais surtout parce qu'avec tout le travail qu'il avait en ce moment et les évènements passés, il avait vraiment besoin de se reposer. Il dormait de façon générale trois à quatre heures par nuit au maximum, se levait aux aurores pour se coucher à pas d'heures, et devait être un des rares très hauts fonctionnaires à se donner plus de travail qu'aux officiers dont il avait la charge. Malheureusement, il s'avérait que les ressources humaines pour faire fonctionner son escadron étaient si énormes, qu'il était de toute façon obligé de mettre la main à la pâte pour que ça tourne correctement. Son souci actuel était donc un successeur. Qui donc pourrait prendre la place d'Omicron après qu'il soit parti ? Sûrement pas Janis qui partirait avec lui, ni aucun autre des officiers de l'escadron, qui, s'ils avaient les compétences nécessaires, ne les mettaient pas assez souvent en application pour que les exigences rocambolesques de Tarek soient satisfaites. Bref... un souci parmi tant d'autres.

Lorsque son rendez-vous fut à portée de vue et surtout de voix, il s'approcha d'elle. Il avait revêtu pour l'occasion sa tenue "d'apparat", à savoir son costume et manteau rouges, accompagné de son chapeau et lunettes, qu'il retira en marque de politesse. Derrière, ses yeux rougeoyants émettaient leur légère lueur inquiétante même dans le jour qui les enveloppait. Toujours aussi pâle, traits tirés, sourire mielleux et angoissant. Tarek dans toute sa splendeur, si un terme de cette catégorie peut s'appliquer à lui.

"Bien le bonjour, Mademoiselle Kuchiki. Je vous attendais, et j'ai préparé un petit tapis à quelques mètres de là. Je suis persuadé que nous avons beaucoup de choses à nous dire, et j'aimerais me ménager au maximum, ma vie est quelque peu agitée en ce moment. Ne vous en faites pas pour la sécurité, je suis venu sans la moindre arme, et aucune personne ne m'a accompagné. Je risquerais d'éveiller des soupçons et nous aimerions tous deux éviter ça. Quant à la seule personne qui sait où je suis, elle est sur Varkë, qui ne passe jamais au dessus d'ici."

Il fit une petite révérence en guise de salut, et lui indiqua le petit tapis en question, effectivement posé non loin d'eux. De qualité et confortable, on voyait bien qu'en effet, L'Omicron voulait s'éviter le maximum de désagréments, et sa vie professionnelle n'était pas seule en cause. Quoi que ça ne regardait pas du tout Mademoiselle Kuchiki. Il alla se poster près de leur coin et attendit qu'elle s'asseye. Certes, ils étaient là pour parler affaire mais Tarek n'oubliait jamais le sens des convenances, pas même avec des adversaires contre lesquels il se battait.

Quoi qu'il en soit leurs conversations promettaient d'être productives.

"Comme vous le savez sûrement déjà, actuellement je suis Tarek Ngaresh, Omicron Despranon et à la tête de l'Escadron Aéronaval des Forces Gouvernementales. Ca ne va pas durer, mais vous aurez au moins un point de repère pour savoir qui je suis et ce que je fais dans la vie... Et si vous avez d'autres questions, n'hésitez surtout pas."



_________________
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ashura Kuchiki

avatar

Messages : 91

MessageSujet: Re: Les Enfants terribles. [pv: Tarek Ngaresh]   Mer 10 Oct - 19:05

Dans l'art du mensonge, les maîtres ne se ressemblent pas toujours. Parfois même, ils optent pour des tactiques radicalement différentes.

Un manteau long, chapeau, lunette, allure sombre.. non, inquiétante, même sous ce large ciel bleu. Une lueur sanguine dans un visage blafard, effrayant quand bien même il souriait, à moins que ce ne soit ce rictus qui rende le tout effrayant. Un croquemitaine. Il en possédait les traits et le goût de l'indéfini, du dérangeant flou qui régnait sur son dossier. Des éléments disparates, des disparitions inexpliquées, un passé morcelé, voila tout ce qu'avait trouvé Ashura, autant dire qu'elle avait l'habitude de mieux et que ce dossier l'avait laissé sur sa faim. Cependant, cacher des informations au gouvernement, tout en évoluant en son sein, était chose assez remarquable et sans doute un des points qui la décideront à s'adresser à lui.

Quant à ce qu'il cachait, surement avait-ce une importance équivalente aux petites cachoteries de la Kuchiki qui n'avait pourtant pas choisit la même forme de tromperie. Bien au lieu de laisser en fringale son lecteur, le dossier gouvernemental de la cadette Kuchiki donnait une foule de renseignements sur ses activités et ses expériences. Des investissements économiques aux voyages d'agréments, du soulier de verre aux moindres paillettes de son monde coloré. Des vérités, clinquantes, futiles, nombreuses, et là-dessous, imperceptible, le Datenshi. Non, il n'y avait pas la moindre question à se poser sur le dossier impeccable de la jeune femme, une citoyenne aisée au milieu d'autres, une petite fille qui profite de son rang pour dépenser plus que nécessaire en fantaisies bourgeoises, pas grand chose de plus. Certainement pas une graine de rebellions, non, pas d'après le rapport monsieur.

Cela devait rester ainsi, jusqu'à ce qu'elle en décide autrement. Il y a dans l'art subtile du mensonge, une place importante donnée à l'équilibre, des demis-vérités, des non-dits, sont plus faciles à gérer, mais une place aussi, pour le temps. Le temps de se faire oublier et le temps d'agir, un timing qu'il faut parfois contrôler jusqu'à la moindre seconde pour qu'un certain rendez-vous, n'arrive ni trop tôt, ni trop tard. Et si ce n'était pas à la seconde que les éléments allaient se jouer pour cette fois, il était bien question d'une rencontre programmée, elle intervenait à un moment choisit et serait sans doute plus importante pour les éléments futurs que la jeune Kuchiki ne voulait l'admettre. Toute tromperie aura un jour ou l'autre, un coup à payer, savoir l'anticiper et l'amoindrir était une des premières qualités d'un maître de l'art mais parfois, le prix est si élevé qu'il faut choisir, risquer d'ouvrir sa couverture ou faire machine arrière.

Face au yeux rougeoyant du croquemitaine, la petite princesse oppose le bleu de ses prunelles. Un contraste trompeur. La demoiselle écoute, acquiesce en silence, elle réfléchit encore, ne doute pourtant pas, s'assoit convenablement. Elle sentait pesée sur elle l'intensité de ses décisions passés plus fortement encore que les rayons du soleil, il y avait tant à gagner.. et tant à perdre.

L'homme se présente, un léger sourire ondule les lèvres d'Ashura avant qu'elle ne se présente à son tour.

- Ashura Kuchiki, ce n'est pas un rang mais la réputation de ma famille, ainsi que sa fortune, qui m'offrent des privilèges non négligeables. Pour ce qui est de la sécurité, sachez que je ne suis pas venue seule et les soupçons, je me permettrais de les lever ou de les confirmer par moi-même.. pour ce qui me concerne bien entendu. Votre identité m'étant au final, bien mystérieuse. Ne nous leurrons pas, nos identités publiques ne nous auraient pas amenées ici, à moins que ce ne soit pour un quelconque rendez-voux champêtre, romantisme qui au final ne collerait pas à nos réputations respectives.

Pause. Dans les hautes herbes, à plusieurs longs mètres de là, une rousse allongée par terre, oeil collé au viseur, hésite à tirer, rien que pour signifier à sa "protégée" qu'elle avait pas vraiment appréciée de se faire balancer en à peine trente secondes de conversations. Son poste ne servait plus à rien, la Kuchiki venait de l'éjecter de l'échiquier, pour une raison qui lui échappait mais qu'elle réclamerait plus tard.

Un instant, la jeune datenshi se demande si elle doit faire signe à Hajime de partir, ou de se montrer, finalement elle n'en fait rien. Les muscles de ses épaules se détendent un peu alors qu'elle reprend la parole sur un ton moins formel.

- Je n'ai pas l'intention de vous faire le moindre mal..

Certes, on aurait pu s'étouffer dans notre hilarité si le moment n'avait pas été mal choisit.

- .. ce serait contre productif. Contre toute attente, j'ai besoin de vous. Et vous, vous connaissez déjà l'exubérante étendue de mon potentiel financier, je n'en doute pas. Il n'est pas impossible qu'au final, nous puissions nous entendre à merveille.

Maintenant, ils allaient pouvoir parler, commercer serait peut-être plus exacte. Puisqu'il s'agissait bien de définir les modalités d'une transaction. Enfin, ils n'iraient pas bien loin si tout deux cachaient produits et demandes. Ashura ne serait pas ici si elle ne savait pas un tant soit peu à qui elle s'adressait, et ce n'était pas à un despranon, pas même à un futur "ex-despranon", ces identités étaient révolues.. et si la nouvelle avait dors et déjà une contenance à peu prêt appréhender par la Datenshi, elle ne pouvait aller plus loin sans que son interlocuteur ne se prête à quelques confidences.

- Je propose que nous fassions à nouveau nos présentations. Je resterai Ashura Kuchiki, avouons que c'est plus simple, mais mes activités sont moins licites que ce que vos collègues des renseignements n'ont pu trouver. Et si je m'adresse à vous, c'est pour qu'ils continuent à être aveugles, même si je venais à construire sous leur nez un monument à la gloire de ce qu'ils exècrent.

- Voilà donc ma seule question monsieur Ngaresh; êtes-vous l'homme qu'il me faut ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tarek Ngaresh
Ex-Despranon | Directeur de l'Agence
Ex-Despranon | Directeur de l'Agence
avatar

Messages : 238
Age : 26

Feuille de personnage
Cuivre Cuivre: 160
Or Or: 1
Verre Verre: 0

MessageSujet: Re: Les Enfants terribles. [pv: Tarek Ngaresh]   Lun 15 Oct - 4:26

L'idée de ne pas être seul et sûrement en danger de mort imminent s'il faisait le moindre faux pas ne le dérangeait pas, et ne le surprit pas outre mesure. Il n'y avait vraiment que lui pour aller quelque part sans la moindre protection, sachant pertinemment que si quelqu'un en voulait à sa vie, il pourrait la prendre aisément à un homme qui dépendait d'une grande partie de sa magie pour combattre et mettre à mal ses ennemis. Bien que bon combattant au poing et armes blanches, il n'en demeurait pas moins largement en dessous des hommes qui en avaient fait leur vocation.

Quoi qu'il en soit, il allait devoir faire vite. Après tout, le temps lui était compté. Dès que l'Agence prendrait un tournant plus officiel et serait remarqué par les forces Gouvernementales, Tarek se devrait de se rendre aux autorités. Pourquoi, alors qu'il pourrait aisément disparaître sans laisser la moindre trace ? Allez savoir, les réflexions et raisonnements de l'Omicron sont si tordus qu'il est pratiquement impossible de le suivre dans les méandres abyssaux de ses pensées obscures.

Il retira son manteau -le soleil tapait dur, mine de rien- et s'assit sur le tapis emporté pour l'occasion, se contentant de savourer la chaleur du soleil sur sa peau, au travers sa chemise de lin blanche. Bien qu'assis, il n'en perdait en aucun cas son envergure caractéristique et restait tout aussi impressionnant pour les personnes les plus communes. Large d'épaule, légèrement voûté, ses mèches sombres dessinaient un kaléidoscope d'ombres et de lumières sur son visage qui quel que soit le temps ne changeait pas son expression sardonique et laconique. Du Tarek en puissance. Se prenant quelques secondes de réflexions afin de mettre son dialogue en ordre, il prit le temps, furtivement, de jeter un coup d'oeil aux alentours pour vérifier qu'ils n'étaient pas épiés. Outre la personne qui le tenait sûrement en joue bien loin d'ici, il n'y avait effectivement pas la moindre ombre à ce tableau qui en d'autres circonstances aurait pu paraître idyllique.

"Hum... Refaisons nos présentations, oui. Je suis toujours Tarek Ngaresh, anciennement Maraak Khaled, ex-prisonnier d'Epic Jail. Je dirige et finis de monter à l'heure actuelle une organisation au nom provisoire d'Agence. Partant d'un but lucratif, ce que nous avons à vendre n'est ni la mort ni la paix, uniquement l'Information. Nous disposons de bases et d'agents aux quatre coins du globe, qui régulièrement nous font parvenir des rapports, plus ou moins utiles, sur ce qu'ils voient. Centralisés dans un endroit tenu secret, nous autres au Directoire prenons le temps d'analyser tout ça, et par rapport à notre vécu et ce que nous savons déjà des choses qui se passent sur notre planète, nous étirons une toile nous relatant avec le maximum de précisions des choses qui sont complètement invisibles aux yeux du commun des mortels, ou trop succintes pour être facilement perçues."

C'était un bon résumé de ce qu'était l'agence, même si au vu de la subtilité de la chose, il n'avait finalement pas dit grand chose.

"Vous avez raison, votre fortune pourrait nous amener sur un terrain d'entente propice aux deux partis. Je ne dispose à l'heure actuelle pas des financements qui me sont nécessaires, et nous ne sommes que deux à investir de façon conséquente dans l'Agence. Si nous voulons perfectionner nos installations et surtout payer nos employés en fonction des risques qu'ils prennent, il nous faut des montants astronomiques. C'est là que vous pourriez intervenir, selon les conditions que prendront notre accord."

Il esquissa un sourire qui se voulait sympathique, bien que cela semblât être plutôt un rictus vorace assez inquiétant pour effrayer un revenant. Ses canines rallongées étincelaient au soleil, et son visage blafard semblait encore plus étiré sous la lumière crue qui se déversait sur eux. Il n'en avait cure. Ceux qui voulaient traiter avec lui devaient l'accepter tel quel, et pour les autres, la peur et l'angoisse qu'il pouvait inspirer par sa seule présence suffisait à faire taire les critiques injurieuses pouvant courir à son sujet. Ce fut le cas au Gouvernement, et à Modula lorsqu'il reprit les trafics de ses parents et qu'il ligua les familles et cartels Moduliens de bas étages sous une seule sombre enseigne, invisible à ceux qui n'étaient pas déjà dans le milieu au momet ou Tarek opéra ce tour de force.

"De mon côté, je peux vous fournir beaucoup de choses. Faire les choses au nez et à la barbe du Gouvernement est ma spécialité, comme vous aurez pu le remarquer. Qu'il s'agisse de société écrans, de faux papiers, d'avocats soudoyés, d'espionnage... Je peux vous le donner. Ou plutôt vous le vendre. Mais... A part l'argent, qu'avez-vous à me donner ? J'ai la réputation d'être trop exigeant, et c'est bel et bien le cas. De simples coupures ou fonds d'investissement ne suffisent pas à justifier des prises de risques. Je veux des informations. De valeur, qui plus est. Et il faut que je vous prévienne. Tous les contractuels de l'Agence, ayant bénéficié ou bénéficiant de ses services se voient gratifiés sur le long terme d'une surveillance globale pour s'assurer que des renseignements la concernant ne soient pas divulgués. Auquel cas la situation dans laquelle je me trouve, en joue par quelqu'un pouvant m'ôter la vie d'une pression du doigt, pourrait s'inverser.

... Sur ce, qu'avez-vous à me demander ? Qu'avez-vous à offrir, et qu'exigez-vous exactement en retour ? C'est ça que je veux savoir. Et je pense que c'est pour ça que nous sommes tous les deux ici."


Il esquissa un nouveau sourire, finissant sa tirade, et braqua ses yeux vermeils sur l'objet de son attention, la jeune fille en face de lui. Elle paraissait si frêle et si jeune qu'il aurait été difficile, voire finalement impossible de savoir ce qu'elle cachait sans tenir une discussion de cet acabit avec elle. Et encore, un quidam aurait cru à une plaisanterie de mauvais goût. Avec Machi Kuragi, sa petite criminelle privilégiée, sa force était clairement affichée, de même que son impétuosité. Avec cette jeune femme cependant, c'était exactement l'inverse. Peut-être que tout ceci donnerait sur quelque chose de très fructueux. Tarek l'espérait, en tout cas.

_________________
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les Enfants terribles. [pv: Tarek Ngaresh]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Les Enfants terribles. [pv: Tarek Ngaresh]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Alternative Future :: SHIZUKU :: Shangyu :: Plaine de l'oubli-