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 Retour au bercail. [PV Sieben]

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Meena May

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MessageSujet: Retour au bercail. [PV Sieben]   Sam 24 Nov - 23:39

« Et merde ! Merde, merde, merde ! »

Meena rageait d'une voix erratique, le souffle déjà trop occupé par la course, irradiant littéralement de colère alors qu'elle tournait au coin d'une nouvelle rue, sans ralentir.

Mais il fallait avouer qu'elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même...

« Espèce de sale cabot décérébré ! Idiote ! »

S'il était besoin de préciser, dans l'esprit -assez tortueux- de la rousse, la comparaison canine était un peu comme le summum de l'insulte pour elle, féline dans l'âme. C'était donc comme si elle se fustigeait de la pire des façons, avec cette « insulte » haut-de-gamme. Et quand on y réfléchissait, il était clair qu'elle l'avait bien cherché...

Au départ, elle n'avait pas prévu de revenir de sitôt à Modula. Il était évident qu'elle devait attendre un moment que les choses se tassent avant de repasser -même quelques heures- dans la ville qui l'avait vue grandir, mais aussi -et surtout- devenir cette rebelle plus ou moins membre d'une sorte de fratrie terroriste dont les membres étaient recherchés de plus en plus activement par les Hautes Autorités du Gouvernement.

Elle s'y était résignée après sa rencontre avec cette Fear, l'une de ses consœurs. Cette dernière avait même fait le déplacement en partie pour la mettre en garde : la rousse devenait trop visible. Non pas qu'elle ne prenait pas toutes ses précautions (Meena avait d'ailleurs plus d'une fois mis à l'écart son caractère colérique et tête brûlée pour réfléchir avant de s'énerver et/ou de foncer tête baissée dans les ennuis), mais elle était connue dans la ville, tout simplement. Et déjà, son émigration pour Sérégon n'était pas passée inaperçue.

Pourtant, elle avait eu un alibi en béton : elle préparait sa famille depuis quelque temps déjà à l'idée qu'elle voulait partir, s'ouvrir un nouveau champ de possibilités, mettait en avant l'énorme avantage d'être à Sérégon pour parler affaires et surtout le potentiel de la Capitale à lui apporter l'essor qui lui manquait pour la fondation de la petite entreprise à propos de laquelle elle ne cessait de bassiner ses parents.

Ceux-ci n'avaient juste aucune idée à quel point ils n'avaient pas la même conception de « l'entreprise » de l'étonnante jeune femme.

Bref, elle était partie à Sérégon presque illico presto après l'annonce de Fear comme quoi les sbires du Gouvernement étaient probablement sur ses traces. Sauf qu'elle avait encore quelques petites affaires en cours dans sa ville natale, qu'il était hors de question qu'elle abandonne. Elle y avait consacré trop de temps pour ça, et était de toute façon trop orgueilleuse et fière pour abandonner, malgré le danger. Dans tous les cas, ici ou ailleurs, elle courait à sa perte. Alors autant tenter de faire les choses bien.

Et puis, la mayonnaise ne prenait pas aussi bien qu'elle l'aurait voulu, à Sérégon. Oh, bien sûr, certains jours les affaires avançaient bien -la rousse eut un sourire mutin en glissant rapidement sa langue sur ses lèvres à cette pensée- mais elle stagnait la plupart du temps. Il était important qu'elle se fasse extrêmement plus discrète dans cette nouvelle ville, ne tenant pas particulièrement à éveiller les soupçons sous le nez du Panthéon, mais toujours était-il que contacts et informations étaient un peu plus difficiles à glaner.

Ce pourquoi, quand elle eut eu ouï dire que les choses avaient avancé à Modula, elle n'avait pas hésité à monter dans le premier Xpress direction la ville de son enfance pour tenter d'en savoir plus. Pas besoin de réfléchir très longtemps à une couverture, la soi-disant envie de voir ses parents et son frère lui offrant une excuse en or pour ce petit week-end de voyage avant de retourner flâner dans les rues de la Capitale mondiale. Et elle en profiterait pour jeter un coup d'œil qu'elle avait temporairement laissé en plan.

Elle aurait dû se douter qu'il s'agissait d'une -très- mauvaise idée.

Pourtant, au départ, tout s'était bien passé ! Ses parents avaient été -évidemment- ravis de la revoir (elle n'en dirait pas autant de son cadet, mais cela avait toujours été comme ça, elle n'allait pas en faire soudainement cas), et elle avait repris avec plaisir ses habitudes dans la ville surpeuplée. Elle avait arrangé un rendez-vous avec l'informateur qui l'avait recontactée dans la soirée, prévenant la famille qu'elle s'absenterait certainement toute la nuit.

Et au vu de ce qui était en train de se passer, elle avait bien fait.

Il faut avouer qu'elle s'était jetée dans la gueule du loup sans même s'en douter ne serait-ce qu'une seconde. Ironique, quand on y pensait. C'était quand elle s'était retrouvée à moins de trois mètres de son supposé informateur qu'elle avait compris. Ce dernier se tenait droit contre la porte, et pourtant, sa tête penchait étrangement vers l'avant. Ses vêtements étaient aussi noirs que d'habitude, mais à peine la rousse eut-elle baissé les yeux que son regard presque jaune se posa sur l'étrange masse sombre qui s'étendait comme une flaque à partir de ses pieds...

Avec un bon temps de retard, mais toujours dans la limite du raisonnable pour lui laisser une chance de s'en sortir, son instinct fit enfin résonner l'alarme dans la tête de la jeune femme, qui détala sans demander son reste, instantanément suivie par plusieurs formes habillées de noir, jusque là tapies dans l'ombre.

« Et merde ! Merde, merde, merde ! »

Et voilà, on y était. Pas besoin d'être un génie pour comprendre que la rouquine s'était jetée tout droit dans un joli petit piège tendu rien que pour elle ! Par le Gouvernement lui-même ou par son supposé « informateur », la question pouvait encore être posée, mais vu l'état de l'homme qui -si elle avait bien saisi- avait fini littéralement cloué à la porte d'un vieil immeuble désaffecté, il était clair que tout cela ne profitait qu'à une seule entité... En soi, c'était rassurant, ça voulait dire qu'elle pouvait encore avoir une certaine confiance en son réseau dans cette ville. Ou alors qu'il s'agissait une "simple" victime de la si réputée "Zone Est"...

Cependant, alors qu'elle tournait à nouveau brutalement dans une des ruelles de l'immense ville, entendant toujours de nombreux pas derrière elle, elle se disait que si elle ne trouvait pas vite une solution à cette galère, le fait que ses informateurs lui soient fidèles ou non n'aurait bientôt plus grande importance...

Quelques minutes de course plus tard, quasiment à bout de souffle, mais tentant de respirer le plus silencieusement possible pour éviter de donner trop d'indices à ses poursuivants, Meena arrivait derrière une rue commerçante, où s'étendaient les énormes containers contenant les déchets de divers magasins et restaurants. D'une pression des bras, elle se hissa sur l'une des immenses poubelles et réenchaîna le même mouvement pour grimper sur le toit des magasins au-dessus desquels elle se mit à courir à nouveau, avant de jeter un oeil derrière elle et de s'arrêter brièvement.

Elle prit alors une grande inspiration et un sourire fleurit sur ses lèvres, ravie de voir que ses poursuivants étaient un peu moins nombreux à avoir eu l'idée de la suivre là-haut.

Sourire qui se fâna bien vite quand elle vit (avant d'entendre) quelque chose ressemblant fortement à un coup de feu partir dans sa direction. Elle se jeta rapidement à terre, maudissant pour la première fois depuis longtemps sa chevelure rousse qui la rendait si reconnaissable et aussi facilement repréable, même dans la demie-nuit de Modula, la ville étant trop agitée pour être un jour totalement plongée dans le noir, à moins d'une coupure de courant particulièrement importante.

Jurant une fois de plus dans une barbe qu'elle n'aimerait pas porter même pour tout l'or du monde, elle se releva rapidement et reprit sa course, tentant de ne pas courir en ligne droit et ainsi faire une cible -trop- facile. Cependant, ce à quoi elle n'avait pas pensé, c'était que les toits étaient bien moins étendus et accessibles les uns les autres que de simples rues... Le moment où elle se retrouverait coincée devrait donc arriver plus tôt qu'elle ne l'aurait cru, et ça ne lui plaisait pas du tout...

Alors qu'elle parvenait, d'une enjambée un peu plus grande que la normale pour une femme de sa taille (sa détente héritée du félin aidant) mais qui serait peu de chose pour ses opposants, à atteindre le toit d'une autre série de bâtiments, Meena commençait à attendre un miracle pour parvenir à s'en sortir sans trop de casse...
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Dim 25 Nov - 1:10

[pétage de câble XD]

La Terre, c'était super bien. Coloré, grand, diversifié, rempli de CHATS (surtout sur internet mais... Nan si roh franchement trop mignon quoi, et en plus Sieben ne pouvait pas être allergique, ce qu'il avait été quand il était humain et enfant et... Oui bref. Ca n'était pas le sujet). Bref. La Terre c'était BIEN. Mais ça manquait quand même de prises de courant.

Cela faisait maintenant plusieurs semaines que l'homoncule avait tué son bienfaiteur, un peu sur un coup de tête, beaucoup parce qu'il l'avait pris pour son assassin lorsqu'il s'était réveillé et avait vu son visage penché sur ses circuits à découvert. Personne ne mettait ses circuits à découvert. Nan mais oh. C'était personnel ces choses là. Un peu comme si ce vieux chien avait essayé de regarder le fond de son slip sans sa permission... Bon ok, il l'avait aussi réparé et donc sauvé d'une disfonctionnalité définitive (que les humains appellent "mort", pour certaines raisons) mais sur le coup Sieben ne s'était pas posé toutes ces questions. Il s'était senti mal car ouvert, avait pris le vioc pour son meurtrier, l'avait tué, et s'était ensuite rendu compte qu'on était dans les années 4000 et des brouettes (des GROSSES brouettes même) et donc que l'homme qu'il avait pensé assassiner devait être mort depuis plusieurs bons siècles.

Ou pseuh. Reste qu'il avait pu profiter de sa maison pour se recharger un petit coup avant de partir à la découverte de son univers natal, qu'il ne connaissait finalement que très peu, avec les yeux d'un enfant... Et d'un enfant qui avait passé sa vie dans la rue, affaibli contre le sein d'une mère mourante, puis enfermé dans un orphelinat qui était en fait un camp de concentration. Autant dire que ces derniers jours avaient été riches en expérience. Sieben regrettait juste de n'être pas capable de ressentir les choses comme l'être humain qu'il se sentait être, au fond, et malgré toutes les technologies qui formaient son lui de presque un millénaire.

En parlant de ça il s'était pas mal laissé distraire, et n'avait toujours pas réussi à trouver quelqu'un à qui il aurait osé dévoiler sa véritable nature. Quelqu'un qui pourrait l'aider. Quelqu'un quii saurait où il devait chercher un mage, ou un ingénieur suffisamment doué pour qu'il approche son humanité perdue. Même l'installation d'un meilleur système sensoriel aurait pu être cool parce que là c'était à peine si sa "peau" lui disait "oh on t'as touché". Et il ressentait l'information en terme de "tiens il y a un appui en x,y,z, oh si tu étais humain ça te chatouillerait" ce qui en soit n'était franchement pas top. Il aurait préféré que ça chatouille vraiment. Evidemment il n'allait pas aborder les gens dans la rue pour leur dire "Salut! Tu connais pas un bon mécano qui aime pas les gouvernementaux? J'ai besoin qu'on me retape un coup!". Nah... Le gros souci c'est qu'il ne pouvait PAS savoir qui était pour le gouvernement ou pas, parce que dans ce monde, si on était pas pour le gouvernement, on se la bouclait, on le cachait, ou bien alors on SE cachait et on était tellement bien protégé qu'on était totalement inatteignable. Puis si Sieben se livrait à certaines grosses organisations comme les densetsu il risquait de finir sa vie pire que sur Epic Jail.. Ces gens là n'avaient aucun scrupule.

En gros, il était coincé. Et il n'avait plus de fric. Et plus de chambre d'hôtel. Et presque plus de batterie. En gros il était dans la merde. Ou du moins dans une bonne grosse huile de vidange périmée. Et c'était sur ces pensées déprimantes qu'il déambulait dans la Zone Est de Modula. Il n'avait rien à y faire, mais d'un autre côté, il n'avait pas vraiment sa place sur Terre. Ici ou ailleurs, il trouverait toujours aussi peu d'électricité à se mettre sous la dent alors ça revenait au même. Ou pas.

Il leva la tête subitement alors qu'il entendait des coups de feu. Bon ok c'était la zone ici, il fallait s'y attendre. Mais quand même généralement les coups de feu on les entendait plutôt dans les rues, pas trop sur les toîts. Ca, c'était inhabituel. Bien, bien... Sieben n'avait pas grand chose à faire à part mourir de la batterie, si bien qu'il leva un sourcil (aie, la dépense d'énergie inutile...), puis se recula de quelques pas, jusqu'à voir une sorte de... damoiselle en détresse (qui ne semblait pas si en détresse que ça vu son agilité et son assurance pour marcher à des hauteurs vertigineuses) qui tentait d'échapper à une bande de types en uniformes gouvernementaux.

Stop. Arrêt sur image. Faites un zoom sur les poursuivants. Grosses tête patibulaire. Uniforme. Gouvernement. L'absence de sang de l'homoncule ne fit qu'un tour - comprenez qu'il passa en mode performances élevées et commença à user ses derniers pourcents sans réfléchir. Un éclair d'intelligence (?) avait traversé son esprit. Si le gouvernement chassait la jolie dame, c'est que la jolie dame ne devait pas trop les aimer, et même si il sautait un peu vite aux conclusions, il n'avait plus vraiment le temps de prendre de précautions.

Malheureusement il ne sautait pas sur les toits aussi bien que sur les conclusions, du coup, les secondes qui suivirent furent un peu chaotiques. Il tenta de monter sur une poubelle mais elle supporta relativement mal ses quelques centaines de kilos de métal, si bien qu'il plia le couvercle et se retrouva en compagnie d'un chat (oooooh *_*) et de quelques poubelles puantes. Il aida le chat affolé à se désimbriquer de l'amoncellement de déchets qu'il avait créé en se vautrant sur les sacs éventrés, puis il coupa l'avant de la poubelle avec son petit doigt laser (trop pratique) si bien qu'il put en sortir en maugréant, une fois que la plaque de métal fut tombée par terre, et la poubelle, ornée d'une balafre particulièrement étrange. Les coups de feu s'éloignaient. Sieben jura, puis se mit à poursuivre tout ce beau monde depuis le plancher des vaches. Il était heureusement un peu plus rapide qu'un humain normal (même si ses réacteurs étaient toujours en panne) si bien qu'il les rattrapa. Ni une, ni deux, il planta ses deux pieds dans le sol avec un air décidé, puis rétracta le bout de ses doigts pour en sortir les fusils mitraillette. Un gouvernemental apparut clairement dans son champ de vision. Il le canarda, en espérant qu'il attirerait les autres par la même occasion. L'homme, qui ne s'y attendait pas, tomba raide mort sur le toit avant de rouler jusqu'en contrebas. Et Sieben de hurler à la cantonnade:

"HEEEEEEEY BANDE DE TROUDUCS!! VENEZ JOUER AVEC MOI AVANT D’EMBÊTER LA DAME, JE SUIS UN PEU ROUILLE J'AI ENVIE DE M’ÉCLATER MOI AUSSI!"

Des cris sur les toits lui indiquèrent qu'il avait réussi à alerter le reste des poursuivants. Un sourire sincèrement roublard (et aussi un peu sadique) apparut sur sa face de synthèse, tandis que ses yeux brillaient d'une lueur sournoise qu'ils n'auraient pas dû être capables de transmettre. Si ces abrutis pensaient vraiment pouvoir réussir à abattre un homoncule en s'y mettant à deux dessus, ils se fourraient le doigt dans l'oeil. Ah mais. Pardon. Ils ne savaient pas qu'ils combattaient un droid intelligent. Autant pour lui!
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Sam 31 Mai - 19:44

Bon, si on continuait comme ça, Meena allait croire aux miracles. D'abord, parce qu'elle était toujours vivante, malgré les hommes très certainement sur-entraînés qui lui couraient après. Bon, elle évitait de regarder derrière elle pour savoir ce qu'ils faisaient, c'était vrai. Mais pour le moment, elle n'avait pas encore été touchée par une balle, et ça c'était proche du miracle pour elle.

Mais le vrai miracle arriva ensuite. La rousse entendit un nouveau coup de feu, et le bruit d'un poids qui tombe. Mais la féline n'a pas besoin de baisser les yeux pour savoir qu'il ne s'agit pas d'elle. De là à réaliser qu'un de ses poursuivants avait été mis hors d'état de nuire, il n'y avait qu'un pas qu'elle était plus que ravie de franchir.

Pas qu'elle arrêta en entendant une voix s'élever, cependant. Elle venait d'en bas, et il était facile de l'attribuer à la personne qui était très certainement en train de lui sauver la vie, mais elle semblait appartenir à un enfant ! Enfin, elle n'allait pas cracher sur de l'aide, elle engueulerait le pauvre fou plus tard.

Pour le moment, elle devait profiter de l'avance qu'il lui donnait. Dégainant la dague qui se trouvait dans l'une de ses manches, elle sauta sur l'homme le plus proche et lui planta la dague dans le cou sans un regard ou une hésitation. Aussitôt, elle reprit sa course, cette fois à contrecourant des  Gouvernementaux, pris par surprise entre l'intervention inopinée de l'adolescent et la contre-attaque de la jeune rousse. Rousse qui sauta d'un bond agile sur un autre toit, essayant de retrouver ces containers pour descendre. Elle n'avait pas beaucoup de temps, il était clair que les trois soldats restants n'allaient pas tarder à s'en remettre.

Une balle lui atterrit dans l'épaule, lui arrachant un cri de rage et de douleur. Ils avaient pris moins de temps qu'elle n'avait pensé, mais elle n'avait pas le temps de s'en soucier. Sans regarder si elle était au bon endroit ou non, elle sauta du bout du toit où elle se trouvait. Et, chanceuse comme elle était, arriva d'un saut souple sur un couvercle de container. Elle sourit, mais ne prit pas le temps de s'extasier et sauta aussitôt à terre, avant de courir hors de la ruelle pour prendre une rue plus large et plus éclairée, où elle vit le jeune garçon qui lui avait apporté son aide. Elle ne réfléchit pas plus avant et s'élança sur lui, avant de le prendre par la main et de continuer à courir.

« Dépêche, dépêche, dépêche, il faut les semer ! »

Les présentations et autres civilités attendraient qu'il soient bien à l'abri. Meena avait un avantage non négligeable sur ces hommes : cette ville était la sienne, et elle la connaissait comme sa poche ! Ignorant la douleur qui lui courait dans l'épaule et le bras qui tenait malgré tout fermement l'adolescent, notre féline préférée continua sa course dans de plus sombres ruelles, tentant d'échapper à leurs poursuivant.

Du moins c'était le plan, mais elle ne savait pas si le 'gamin' était ou non capable de suivre l'allure imposée...
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Dim 1 Juin - 20:54

La rouquine - qu'il distinguait plutôt bien maintenant - avait profité de l'agitation créée par Sieben pour faire machine arrière. Elle mit un soldat hors d'état de nuire, et se faufila dans les rangs désordonnés des autres avec une grâce qui n'avait rien à envier à la précision des tirs des canons de l'homoncule. Bien joué ! Ah euh... Enfin presque. Il siffla entre ses dents en remarquant qu'elle venait de prendre une balle, dans l'épaule. Ça allait retarder le moment où il pourrait lui poser les questions qui l'intéressaient ça... Même pas drôle !

Loin de paniquer cela dit, l'homoncule visa, tira, et abattit un un nouvel ennemi (précisément celui qui venait de canarder la jeune dame, laquelle était maintenant sortie de son champ de vision). Il continua de jouer au tir à la carabine pour distraire les soldats qui avaient suffisamment à faire à tenter de sauver leur peau pour avoir envie de continuer à poursuivre leur cible. Il y eut quelques tirs dans la direction de Sieben, la plupart ratés. Quelques impacts atterrirent dans ses membres. Rien de grave. Il ne ressentait aucune douleur, et ses capteurs internes lui indiquaient qu'aucune pièce et aucun circuit important n'avaient été touchés. Juste quelques dégâts de carrosserie, en somme... Des trucs qu'il n'aurait aucun mal à réparer tout seul.

Subitement la jeune femme apparut au coin d'une ruelle adjacente et fondit sur lui pour le prendre par la main, ce qui manqua de dévier l'un de ses tirs. Frustré, Sieben fronça les sourcils et se retint de justesse d'envoyer une nouvelle salve, qui aurait risqué de toucher sa compagne imprévue. Il se mit à courir sans mal. Il fallait juste qu'il fasse gaffe à ne pas marcher sur le pied de la fille dans la précipitation... Elle aurait sans doute très peu apprécié le poids de ses deux cent et quelques kilos sur le pied.

"Euh... Mais... On aurait eu plus vite fait de tous les finir, ces chiens de gouvernementaux..."

Une certaine déception pouvait s'entendre dans sa voix androgyne, aux accents encore assez enfantins. Il aurait bien aimé éliminer toute cette patrouille. Faire payer à la faction majoritaire les siècles de prison qu'il avait eu à supporter. Mais puisqu'elle voulait fuir... Elle était mortelle, après tout. Elle n'avait sans doute pas envie de se prendre une seconde balle, qui aurait risqué d'être plus mal placée. Sieben suivit donc le mouvement, sans montrer aucun signe de fatigue. Évidemment, sa batterie faiblissait, mais ce n'était pas le genre de choses qui se voyaient à l'œil nu. Même sa respiration pouvait sembler presque trop régulière et paisible pour le rythme imposé. Au bout de quelques minutes de course poursuite, il en eut marre, marmonna entre ses dents, et tourna la tête à la recherche d'un point de fuite, qu'il trouva finalement lorsqu'il eut sous les yeux une porte métallique verrouillée, qui semblait donner sur un entrepôt sombre, à moitié en sous-sol. Il raffermit sa prise sur la main de la jeune femme et s'arrêta de courir. Si il ne l'avait pas remarqué avant, et si elle tentait de forcer la course, elle se rendrait vite compte que Sieben était très lourd et/ou trop fort pour n'être qu'un humain lambda.

"Tourne par ici ! Fais pas d'histoires..."

Il la menait dans ce qui ressemblait à une impasse, mais il fallait qu'elle lui fasse confiance. Il en profita pour "ranger" les micro-canons du bout de ses doigts à l'intérieur de ces derniers, puis il sortit le laser de précision de son auriculaire, qu'il abattit autour de la serrure de la porte pour la couper. Il ouvrit, fit signe à son associée de rentrer en vitesse, puis fit de même, non sans remettre la serrure en place. Il baissa la température du laser et fit en sorte de souder la serrure en place. De l'extérieur, il resterait une trace, mais ces types ne pouvaient pas s'attendre à avoir combattu un homoncule, ils ne devineraient jamais où ils étaient passés... Quoique. Certains avaient peut-être vus ses doigts, pendant qu'il tirait dans le tas. Ils allaient faire un rapport à leur supérieur... Et on dépêcherait sans doute une équipe à sa recherche dès lors qu'on saurait que l'homoncule perdu était de nouveau fonctionnel, et qu'il se baladait en liberté. Le visage de Sieben prit une expression de mauvaise humeur, et il siffla entre ses dents. C'était la faute de cette fille ! Pourquoi n'avait-elle pas voulu tous les éliminer ? Rah bordel... Il s'occuperait de ça plus tard. Il avait d'autres priorités. Il se tourna vers elle, réprobateur sans le vouloir, et rangea son laser d'un geste sec et nonchalant.

"Okay. Ils nous trouveront jamais ici. Même si je crois que tu viens de me mettre dans la merde jusqu'au cou. Rend toi utile si tu veux bien... Tu m'aides à trouver une prise de courant ?"

Car son voyant batterie faible clignotait dans le coin de son œil droit, et ça commençait à l'énerver sérieusement d'avoir ce truc rouge et saccadé dans son champ de vision. Rah... C'était pas comme ça qu'il fallait parler à quelqu'un avec qui on essayait de devenir ami, tiens. Mais il était un peu frustré, et effrayé, à l'idée de devenir une cible prioritaire. La peur se lisait dans ses prunelles grises. Il ne voulait pas retourner sur Epic Jail.
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Dim 8 Juin - 12:01

Elle était tellement abasourdie qu'elle prit le temps de tourner la tête vers l'adolescent pour lui jeter un regard à moitié halluciné. Non mais sérieux, il s'entendait ?! Meena ne savait pas exactement ce que cela voulait dire, mais une chose était claire, c'était bien ce gamin qui lui sauvait la vie et pas l'inverse, il semblait être plus que capable de prendre soin de lui-même !

Elle ne lui répondit pas par contre, mais continua à courir, ne souhaitant pas particulièrement se retrouver criblée de balles. Pas qu'elle était contre une bonne bagarre bien méritée de temps en temps, mais franchement, mourir à son âge tuée par des Gouvernementaux qui n'étaient pas capables de s'en prendre à une jeune femme à moins de cinq contre un, franchement, cela en disait long sur les tentatives de répression gouvernementales !

Meena n'entendit pas son camarade marmonner dans sa barbe inexistante, mais pas contre elle sentit bien la pression sur sa main s'accentuer et elle ralentit le rythme jusqu'à s'arrêter. Elle aurait voulu lui crier qu'il n'était qu'un inconscient et qu'il aurait suffit qu'ils tournent à droite à la prochaine pour arriver à un passage étroit qui menait à une partie plus fréquentée de la ville et leur aurait permis d'échapper à leurs poursuivants, mais il la coupa dans sa lancée avec une réplique dont le ton ne souffrait aucune résistance. Une fois de plus, Meena se contenta de lui jeter un regard peu amène, mais elle le suivit. Elle n'aimait pas qu'on lui dicte sa conduite, elle qui avait été habituée à vivre sa vie comme elle l'entendait. Mais -une fois de plus- ce petit bonhomme semblait savoir ce qu'il faisait, elle décida donc de lui accorder le bénéfice du doute.

Décision qui lui sembla bien idiote quand elle le vit les mener dans une voie sans issue. Un « Mais... » agacé s'échappa de ses lèvres, mais elle ne finit pas sa phrase, pour la simple et bonne raison que le petit bonhomme se mit à découper la serrure de la porte devant laquelle ils étaient... avec son petit doigt ?! Ok, là, c'était définitif, ce gamin avait quelque chose de spécial, et les moustaches de Meena lui faisaient dire que tout cela n'était que la partie émergée de l'iceberg...

Il la fit passer devant elle dans l'entrepôt, et elle profita du fait qu'il semblait refermer la porte ou elle ne savait quoi pour faire un petit tour du propriétaire. Des cartons, des containers et encore des cartons. Ô joie.

Elle entendit l'autre siffler et revint vers lui. Il n'avait vraiment pas l'air content, et Meena n'arrivait même pas à savoir si elle était effrayée, agacée, ou reconnaissante. C'était vraiment une situation dont elle n'avait pas l'habitude. C'était irritant. Un petit feulement lui échappa, mais elle se reprit bien vite.

« Comment ça ? Et puis, qui es-tu au juste ?! »

La question qui lui brûlait les lèvres était beaucoup moins polie, mais c'était une dame et elle savait (parfois) se contenir. Disons surtout qu'elle voulait éviter de l'énerver un peu plus contre lui. Elle avait cru comprendre que ce n'était pas le meilleur des plans. Elle se reprit sans lui laisser le temps de répondre.

« Oh et puis, laisse tomber. »

Un tiraillement dans son épaule et elle feula à nouveau d'agacement, sans pouvoir s'en empêcher. Bon, la chose voulait une prise électrique. Très bien. Elle, elle aimerait enlever cette foutue balle de son épaule, mais apparemment ils avaient d'autres priorités. Comme une source d'électricité. Peut-être que le bonhomme n'était pas en meilleur état qu'elle, au fond. La rousse commençait à réaliser qu'il y avait forcément quelque chose de plus compliqué là-dessous, si l'on si fiait à la peur qu'elle distinguait dans son regard... De quelle taille était l'iceberg, au juste ?

Après quelques minutes de recherches derrière des cartons qu'elle poussait du pied entre deux soupirs, elle finit par trouver ce qu'ils cherchait. Elle tourna la tête vers son acolyte inopiné.

« Hey, par ici ! »

Elle s'assit en tailleur non loin de la prise et releva la tête vers son compagnon de fortune. Son regard vert-jaune traduisait sa fatigue, et également la douleur qui se faisait de plus en plus sentir, en même temps que l'adrénaline de la poursuite refluait.

« Tu pourrais m'aider à enlever ça, ensuite? » Elle désigna son épaule d'un léger coup de tête, avant de soupirer. « Rah, et en plus c'était une de mes robes préférées... »

Oui. Se plaindre pour des futilités était tout à fait son genre. Et puis, elle en avait marre. Elle avait foncé tout droit dans un piège en revenant à Modula et ça l'avait mise de mauvaise humeur. Alors elle se vengeait en se plaignant de tout et n'importe quoi. Tant pis pour celui qui devait subir tout ça.

« Au fait, je m'appelle Meena. »

Elle n'était pas encore calmée pour les remerciements, mais il lui semblait que des présentations ne feraient pas de mal.
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Lun 9 Juin - 12:30

Qui était-il. Question épineuse. Sieben ouvrit la bouche pour répondre, puis la referma tout aussi vite. La colère refluait, tandis qu'il réfléchissait activement. D'accord, la madame était poursuivie par le gouvernement, ce qui signifiait qu'elle n'était pas avec eux et devait sans doute être impliquée dans une quelconque rébellion. Pouvait-il lui faire confiance pour autant ? Il suffisait qu'elle soit en réalité cupide et dotée de peu de scrupules pour qu'elle voie en lui une occasion de se faire un paquet de fric (en le revendant, par exemple... et vu que sa batterie était en train d'agoniser, autant dire que d'ici quelques minutes à ce rythme, ça ne serait pas très compliqué). D'un autre côté si il passait sa vie à se méfier de tout et n'importe quoi (et n'importe qui), il n'allait pas beaucoup avancer dans sa quête d'humanité. Il lui fallait des alliés. Cela valait-il le coup qu'il prenne le risque majeur de tout raconter dès maintenant ... ? ... Hm... mouais... Mieux valait opter pour un compromis. Ne pas vouloir précipiter les choses. Il avait suffisamment pris cher par le passé, parce qu'il avait été trop naïf. Après un bug de quelques secondes, il finit par se décider, et leva les deux sourcils d'une façon qu'on aurait pu qualifier de provocatrice. Cela dit, le ton de sa voix ne traduisait plus aucun énervement. Juste le calme posé qu'il lui était nécessaire de trouver. Ce n'était pas en paniquant qu'il allait agir intelligemment... Ni en gueulant sur la rousse qu'il allait s'en faire l'amie dont il avait besoin.

"... Je pourrais te poser la même question."

Voilà. Réponse banale, mais qui lui donnait le temps de savoir ce qu'il voulait lui dire ou non. Après tout, l'existence des homoncules était classée confidentielle. C'était quand même un putain de gros scoop que Sieben n'était pas prêt à donner à n'importe qui (même si ça aurait fait chier le gouvernement). Il avait lui aussi besoin de savoir à qui il avait à faire.

Elle se mit à chercher une prise de courant. Il fit de même. Il en avait presque oublié qu'elle était blessée, mais de toute façon ils n'allaient pas aller bien loin si Sieben se désactivait au milieu de l'entrepôt, manque de jus suffisant (comme). Elle trouva avant lui. Le regard de l'homoncule s'illumina, donnant l'illusion qu'il était beaucoup plus jeune qu'il ne l'était en réalité. En deux temps trois mouvements, il l'avait rejointe. Ses circuits réflexes avaient affiché un sourire soulagé sur son faciès plastique sans même qu'il n'en prenne la décision consciente.

"Ah ! Nickel merci..."

Il fouillait dans son sac à la recherche de son câble d'alimentation, modifié par feu le mécanicien qui l'avait réparé afin de correspondre à la forme des prises terriennes. Ce faisant il jeta un coup d’œil en coin à son interlocutrice, qui lui demandait de l'aide pour s'occuper de son épaule blessée. Dubitatif (lui aussi), Sieben hésita pendant une demi-seconde.

"... Je vais voir ce que je peux faire, mais je n'ai jamais eu à réparer un organique..."

... Ah euh. Mince. Trop habitué à la façon de parler des homoncules dans les zones à accès restreint d'Epic Jail (qui n'étaient en contact avec l'humanité qu'à de très rares reprises) il en disait déjà beaucoup trop. Il détourna rapidement les yeux, et entreprit de brancher la prise au mur. Ensuite, il s'assit lourdement par terre, et porta une main à la base de sa nuque, où se trouvait le cache de peau donnant accès à son alimentation. Il brancha la fiche et poussa un soupir soulagé. Il ne ressentait évidemment rien, mais le voyant avait cessé de clignoter. Ses circuits de contrôle d'état n'envoyaient plus de signaux d'alerte en boucle sur sa sortie console. Bref. C'était déjà nettement plus zen. Et puis il était certain de ne pas tomber en rade dans deux minutes, maintenant.

"Je suis Sieben Zece."

Il rechignait à utiliser l'expression "je m'appelle", car Sieben Zece était un code d'identification. Cela faisait bien longtemps qu'il avait oublié son véritable nom. Celui auquel il répondait lorsqu'il était encore humain.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Jeu 12 Juin - 16:42

Il avait bouté en touche avec provocation. Et honnêtement, Meena le comprenait. Elle non plus n'aurait pas balancé d'informations comme ça à quelqu'un que, non seulement elle ne connaissait pas, mais qui en plus était en train de se faire poursuivre par des agents gouvernementaux. Elle savait bien qu'elle n'avait pas l'apparence d'un tueuse en série ou autre criminelle récidiviste, mais il paraissait logique d'être méfiant. Même quand on était un bout de bonhomme avec des lasers -et des fusils très certainement, vu qu'elle n'en avait vu aucune sur leur route ou dans l'équipement du...dans son équipement- au bout des doigts.

...Et apparemment, il semblait aussi vital pour cet inconnu de trouver une prise électrique que pour elle de se sortir cette balle de la chair. Meena n'avait rien perdu de son soulagement, qui lui avait d'ailleurs fait hausser un sourcil intrigué.

« ...de rien... »

Si son ton traduisait son étonnement, elle se garda cependant de poser des questions. Elle ne savait pas exactement tout ce que cela voulait dire, mais elle avait d'autres préoccupations pour le moment plus importantes. Elle verrait ça une fois que son épaule arrêterait de saigner par exemple.

Les yeux verts-jaunes de notre féline préférée laissaient passer son incompréhension. Un « organique » ? Mais de quoi parlait-il exactement ? Elle n'eut pas vraiment le temps de lui demander, ceci étant, parce qu'il s'assit à ses côtés avant de se brancher (littéralement) à la prise électrique trouvée précédemment. ...Hein ? La rousse laissa échapper un sifflement, impressionnée autant qu'intriguée. Okay. Ce petit bout de rebelle fonctionnait vraisemblablement à l'électricité. Sauf qu'il n'avait rien d'un des robots auxquels Meena avait pu être confrontée auparavant. Disons que, normalement, en les regardant on pouvait facilement se rendre compte qu'on faisait face à une intelligence artificielle, plus proche de la machine que de l'humain. Dans le cas de Sieben -il avait finalement daigné lui donner un nom lorsqu'elle avait lâché le sien- on se retrouvait plutôt avec l'effet inverse.

« Tu es... étonnant, Sieben. »

C'était le meilleur adjectif qu'elle avait trouvé. Et si son regard pouvait toujours être vaguement suspicieux -on ne se refaisait pas- Meena laissait traîner un petit sourire sur ses lèvres. Elle ne savait pas trop ce que cette rencontre allait donner, elle ne mènerait peut-être à rien -comme deux chats s'entraident à faire fuir un gros chacal avant de partir dans des directions opposées sans plus jamais se croiser à nouveau- mais l'expérience était intéressante.

« C'est pas compliqué... Tu peux presque enlever la balle à la main, et après, il faut recoudre... Je sais pas si tu as quelque chose pour ça. J'ai des aiguilles chez moi, mais c'est pas la porte à côté... »

Elle laissa échapper un grognement de douleur alors qu'elle bougeait le bras pour déchirer un peu plus le tissu de la robe qu'elle portait au niveau du haut du dos. Elle releva la tête vers l'homoncule pour lui faire un autre sourire, plus sincère peut-être.

« Au fait Sieben... Merci pour tout à l'heure. Je t'en dois une. »
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Jeu 12 Juin - 22:11

Étonnant... oui. Sieben pouvait imaginer qu'il devait être étonnant, pour quelqu'un qui n'avait jamais rien connu d'autre que l'existence humaine, de voir un autre quelqu'un se mettre un câble d'alimentation dans la nuque. Malgré les centaines d'années qu'il avait passé dans la peau synthétique d'un robot, il était toujours capable de comprendre ces choses là. C'était ce qui le gardait encore un peu humain. Ça le rassurait de voir qu'il y avait certains trucs auxquels un homoncule était incapable de jamais s'habituer vraiment au point d'oublier qu'elles étaient anormales. Il aurait préféré éviter d'avoir à se charger devant une étrangère à laquelle il n'était pas encore prêt à offrir sa confiance, mais il n'avait pas vraiment eu le choix. Ce qui était fait était fait. Il eut un sourire discret, très sobre. Peut-être un peu amer. Il ne prenait aucun plaisir à être ce qu'il était, même si c'était amusant de provoquer la perplexité d'autrui de la sorte.

"Bah... Si t'étais plus branchée comme fille, tu dirais pas ça !"

... Oui. C'était pathétique, mais dédramatiser la situation en passant par une blague de merde était la seule façon qu'il avait trouvé d'éviter à la situation de prendre un tournant trop sérieux, qu'il préférait éviter pour le moment, pour diverses raisons.

Elle revint sur sa blessure. Maintenant qu'il ne risquait plus de se retrouver en rade de batterie d'une minute à l'autre, il était nettement plus enclin à l'écouter qu'avant, surtout que de cette façon il n'avait pas besoin de parler de lui. Dubitatif il écouta sa proposition. Retire la balle à la main.. ? Ça risquait d'être douloureux. Il avait bien les larmes courbes à ses poignets qui pourrait aider à extraire la balle mais elles n'étaient pas spécialement adaptées à ce genre de travail. Ses autres armes et pas mal de ses mécanismes n'avaient pas encore été réparés, si bien qu'ils ne seraient d'aucune utilité. Bah... Avec un peu de chance, elle aurait un canif. Et sinon, il se débrouillerait. Il pencha la tête sur le côté, l'air de réfléchir. Aurait-il été humain qu'il se serait sans doute gratté la tempe, mais il n'avait pas ce genre de réflexes, même si ses circuits d'IA le démangeaient : certains programmes prioritaires tentaient de reprendre le dessus sur sa personnalité, mais Sieben refusait de le laisser faire, même si cela provoquait quelques mouvements saccadés au niveau de ses doigts, et de sa tête.

"... Euh. Je peux cautériser la plaie mais ça risque de faire un mal de chien. Ils pourraient nous entendre. On ferait mieux d'attendre un peu avant de sortir, quitte à empêcher ton épaule de saigner avec un vêtement en guise de bandage."

Après avoir juré entre ses dents à propos des médecins, et du fait qu'il les détestait, ou quelque chose comme ça, l'homoncule s'agita un peu, jusqu'à ce que Meena le remercie. Les remerciements en question lui firent un drôle d'effet, pour ne pas dire qu'il bugua au sens littéral du terme. Les yeux gris du robot clignèrent, puis il les releva sur la jeune femme, pris dans une vague incompréhension. Il l'avait sauvée, elle le remerciait... Ça aurait pu paraître normal. Seulement, Sieben n'avait plus l'habitude que les humains prennent la peine de le considérer comme un être vivant et soient reconnaissants à son égard. Sur Epic Jail, il avait été pire qu'un esclave... un objet. Une machine corvéable à souhait dont on oubliait sciemment qu'elle avait une âme, et pouvait être psychologiquement blessée, ou fatiguée. Il avait pris l'habitude de détester les primates. De considérer qu'ils étaient ingrats, cupides, doués d'un dangereux manque de scrupules qui pouvait les amener à tout un tas d'infamies... Et pourtant, pour la première fois en plusieurs centaines d'années, un organique l'avait remercié. Cela l'émouvait plus qu'il ne l'aurait admis.

"... De rien. Mais grouille toi de venir par ici. Ça pisse le sang ton truc. Tu vas te vider par terre si on s'en occupe pas maintenant !"

Technique numéro un lorsqu'on était trop gêné pour réagir correctement ? La fuite en avant. Soudain concentré sur son avant bras dont il avait relevé la manche, il éjecta une lame courbe de son poignet, laquelle couvrait le dos de son avant bras. Il tenta de jouer sur l'angle en ajustant la lame avec la main, mais elle n'était pas très permissive.

"... euh... Je crois qu'on va devoir se passer de ça... en espérant que mes doigts suffiront."

... Comme.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Lun 16 Juin - 12:06

La remarque de Sieben lui arracha un éclat de rire amusé. C'était terriblement mauvais, à la limite du pathétique, mais ça avait au moins le mérite de détendre l'atmosphère. Sieben ne semblait pas apprécier particulièrement de parler de ce qui -vraisemblablement- le différenciait un peu trop des autres, et elle ne se voyait pas pousser la discussion. Plus tard peut-être, mais là ce n'était pas tout à fait le moment.

Finalement, ils repartirent l'un comme l'autre sur le sujet de son épaule, qui était effectivement le plus urgent, si elle ne croyait les étoiles qui commençaient doucement mais sûrement à danser devant ses yeux de chat.

Elle grimaça lorsqu'il parla de cautériser la plaie. Elle n'avait rien contre la chaleur en temps normal, mais elle le croyait sur parole quand il disait que ça allait faire un mal de chien. Jamais expression n'avait été mieux trouvée d'ailleurs. Notez qu'on utilise un canidé pour parler de choses déplaisantes... Enfin, moi, je dis ça, je ne dis rien...

Elle ferma les yeux un moment pour tenter de retrouver son équilibre. Oui, elle était assise, mais ça n'empêchait pas les étoiles de danser dans ses yeux et l'impression qu'elle était sur un bateau déchaîné en pleine tempête. Sûrement le contrecoup de la perte de sang qu'elle accumulait depuis un petit moment déjà. Ses paupières abaissées, donc, elle ne remarqua pas l'air interloqué de Sieben lorsqu'elle le remercia. L'aurait-elle vu qu'elle se serait demandé ce qu'elle avait bien pu dire pour déclencher une telle réaction. La plupart du temps, elle parvenait à savoir pourquoi elle faisait buguer les gens (la dernière remarque en date était à propos de tifs rouges, quelque chose du genre) mais là elle aurait dû avouer qu'elle n'en avait aucune idée... Et elle n'en aurait probablement aucune tant que Sieben ne se déciderait pas à lui parler de sa vie, ce qui pouvait attendre pour le moment.

Elle rouvrit les yeux en l'entendant parler et se leva péniblement pour le rejoindre. Heureusement, elle n'était pas loin, et il ne fallu pas plus de quelques pas tangués au milieu de l'entrepôt désaffecté pour qu'elle soit à ses côtés. Elle se rassit -plus brutalement que prévu- avant de s'étaler au sol et sembla avoir la réalisation du siècle.

« Mais quelle imbécile de chacal je fais... »

Soulevant sa robe, elle se pencha avant de saisir quelque chose au niveau de sa cheville. Une dague, l'une de celle qu'elle avait sur elle en tous temps. Pas celle qu'elle avait utilisée contre le gouvernemental, elle avait perdu sa prise sur cette dernière lorsqu'on lui avait tiré dessus. Qu'à cela ne tienne, elle en avait en stock, la preuve.

Elle se redressa pour la tendre à Sieben, non sans laisser ses yeux s'écarquiller sous l'étonnement en voyant les lames sortir de l'avant-bras de l'homoncule.

« Hé ben décidément... Tu en caches combien comme ça ? Bref, tiens, ça pourrait être utile. »

La question avait été plus rhétorique qu'autre chose, et au fond Meena n'était pas sûre de vouloir connaître la réponse. Sans rien ajouter, elle tira un peu plus sur la manche de sa robe, qui céda avec un chuintement sinistre. La rousse laissa échapper une grimace dépitée. Piètre qualité, semblerait-il.

« Ça devrait suffire pour un bandage de fortune. »

Bon ben voilà. « Y'avait plus qu'à » retirer la balle. Une bonne partie de rigolade en perspective...
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Mar 17 Juin - 19:22

La fille semblait ne pas aller très bien, à en croire la façon dont elle avait longuement fermé les yeux. Ce spectacle rallongea sans doute un peu le silence dans lequel Sieben s'était cloîtré. Il la regardait avec une curiosité non feinte, presque enfantine. Quel effet cela pouvait-il faire, d'avoir un malaise ? D'être malade ? D'avoir mal ? C'était des sensations qu'il se souvenait avoir déjà ressenties... mais ça n'avait duré que quelques pitoyables petites années. Depuis, il avait existé des siècles sans jamais plus avoir l'occasion d'expérimenter tout ça. Il n'avait que rarement été en contact avec l'humanité depuis, et lorsque c'était arrivé, ça n'avait été qu'avec des hommes et des femmes en uniforme, desquels il n'avait jamais pu tirer grand chose de plus qu'un ordre sec, un salut négligé, et tout au mieux un geste nerveux qui valait à peine le coup d'être analysé lorsqu'on était un homoncule d'infiltration, et qu'on avait dans ses circuits des programmes qui imitaient ce même genre de mouvement naturel. Mais de véritables sensations ? Tout cela lui était devenu inconnu, et le fascinait d'une façon qui lui était - ironiquement - presque douloureuse.

Bref. Elle s'était finalement rapprochée de lui. Elle s'insulta toute seule en utilisant une drôle d'expression. "Imbécile de chacal " ? Tiens ! C'était original ça. C'était un juron à la mode du 46ème siècle ou bien juste une invention personnelle ? Il faudrait que Sieben le retienne ! Il eut un sourire entre roublardise et soulagement dès qu'il vit la dague qu'elle lui tendait, et il en profita presque aussitôt pour ranger la lame circulaire dans son avant-bras. Il y eut un "tchac" sec. Un mouvement de peau synthétique à peine visible. La lame disparut sous l'épiderme qui se "referma" tant et si bien qu'on ne pouvait plus voir la disjonction, ni remarquer qu'il ne s'agissait pas d'une véritable peau.

"... Beaucoup trop. Et pathétiquement rien qui puisse m'aider à sortir ce truc de ton épaule. Merci, la dague risque effectivement d'être utile."

Prenant garde à ne pas trop tirer sur son câble d'alimentation, il se mit sur les genoux, et invita d'un geste Meena à s'installer plus confortablement.

"Tu devrais t'appuyer contre le mur. Ça ne va pas être une partie de plaisir."

Quand elle fut prête, il accepta dans un mouvement de tête silencieux le futur bandage qu'il allait devoir lui nouer sur le bras. N'étant plus humain depuis longtemps, les notions d'hygiène et d'infection lui étaient un peu... obscures, si bien qu'il posa le tissu sur le sol sans se poser de questions, et qu'il s'approcha pour inspecter la plaie de près. Il tenta d'activer le zoom de son œil gauche. Il y eut un bruit de moteur cassé, et il jura dans sa non-barbe avant de placer une main contre le dit œil, et de râler, de mauvaise humeur :

"Bordel.. ! Je suis complètement pété.... Ça promet. !"

Lorsqu'il retira sa main, son œil avait un aspect normal, mais sa pupille était beaucoup plus large que dans l'autre, et cette asymétrie donnait un drôle d'effet. Son iris eut quelques mouvements saccadés jusqu'à réussir à retrouver sa taille initiale. Il eut une moue ennuyée. Ses doigts s'approchèrent de la plaie dont il écarta doucement les pans. Un étrange sourire amusé se dessina sur les lèvres de l'homoncule. On aurait facilement pu prendre ça pour du sadisme, mais la réflexion du robot n'allait pas si loin : il était seulement émerveillé par cette chair avec laquelle il était en mesure d'interagir, même si ça n'était pas dans un contexte très... agréable.

"... C'est rouge ! Ça a l'air humide... C'est... wah ! C'est drôle !"

Il en oubliait presque la prudence. Mais il retrouva vite son sérieux, car il avait aperçu quelque chose briller.

"... Je vois la balle. Ça n'est pas très profond, ça devrait le faire..."

Il enfonça délicatement l'extrémité de l'arme dans la plaie, faisant son possible pour ne rien couper qui n'était pas nécessaire. Puis il fit en sorte de partir à la recherche du bout de métal perdu. Tout se passa finalement beaucoup plus vite que prévu. Il avait passé des siècles à travailler sur des réparations, des soudures méticuleuses. L'expérience et la qualité de ses composants et de ses programmes en faisaient un travailleur extrêmement adroit et précis. Même dans le cas de ce genre de chirurgie de fortune, visiblement, ça lui donnait un avantage sur l'humain lambda. La balle tomba sur le sol dans un tintement d'acier et de sang. Sieben s'essuya les mains sur ses vêtements avec un sourire victorieux.

"Eh voilà !"

Il récupéra le morceau de robe, et entreprit de nouer un bandage autour du bras de la rousse, qui devait être encore en train de se remettre de ses souffrances.
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Ven 27 Juin - 23:37

"Beaucoup trop" ?! Mais qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? ...Oh et puis non, elle ne voulait pas savoir. Pas maintenant. La curiosité féline qui la caractérisait était maintenant bien enfouie sous la douleur et la sensation de fatigue qui l'entourait. Si elle s'en rappelait, elle reposerait la question plus tard, peut-être. Mais là, elle allait suivre le conseil de Sieben et se poser contre le mur, parce que l'idée d'avoir quelque chose pour la soutenir était étrangement réconfortante...

Elle ne fit pas de réflexion concernant le bandage, l'hygiène, tout ça. Pourtant, après ce qui était arrivé à Maël, elle était devenue très prudente à ce sujet. Mais là, elle n'était tout simplement pas en état. Les yeux fermés, toujours trop proche de l'évanouissement, elle tentait de se concentrer sur sa respiration pour ne pas sombrer. Elle entendit le bruit de moteur, mais ne l'identifia pas (encore moins sachant qu'elle tournait maintenant le dos à l'homoncule), par contre, la réplique lui fit froncer les sourcils au-dessus de ses paupières closes. Dans son vocabulaire, cette expression appelait d'abord une image qu'elle préférait ne pas être vraie...

« ...Tu as bu ? »

Oui, c'était ce qui lui était venu à l'idée par l'usage de l'expression « complètement pété ». Et comme elle ne se retournait pas pour voir son compagnon d'infortune, et qu'elle n'avait toujours pas compris ce qu'il était au juste, le fait qu'il soit bien trop intoxiqué par l'alcool pouvait paraître une explication raisonnable à toute cette histoire. Ça expliquait son côté grognon et le fait qu'il avait à moitié voulu jouer les kamikazes face aux Gouvernementaux. Bien entendu, il y avait aussi la possibilité qu'il soit grognon de nature et qu'il ne puisse par mourir car il était une intelligence artificielle développée par les labos secrets du Gouvernement basés à Epic Jail. ...Mais franchement, c'était tiré par les cheveux comme conclusion.

Elle grinça des dents en sentant ses doigts écarter sa peau. Gardant la bouche fermée, elle ne dit rien, mais l'animal en elle avait envie de feuler et de se carapater loin de cet individu qui faisait mal, bon sang ! Mais elle prit sur elle, et se reconcentra sur sa respiration. Tout allait bien se passer, même si elle était présentement en train d'essayer de se faire soigner par un potentiel alcoolique...

...Ouais, non, on peut enlever le potentiel, en fait. A la façon dont il était en train de s'extasier sur ce qui -si elle comprenait bien- était sa chair et son sang, la rousse avait beaucoup de mal à croire que Sieben pouvait être dans son état normal. Et elle préférait croire qu'il ne l'était pas. Parce que s'il l'était... Et bien, disons qu'elle n'était déjà pas dans une très bonne position, mais là elle serait définitivement dans la merde. Ce qui serait dommage, sachant qu'elle avait échappé de peu à une embuscade Gouvernementale. Il valait mieux que Fear n'en sache rien d'ailleurs, ou elle risquerait une engueulade monumentale pour avoir voulu reprendre ses affaires à Modula. En fait, entre ça et le Rouge, Meena devait s'estimer heureuse que le Corpo Celestial soit une faction de membres particulièrement indépendants, sinon elle n'aurait pas donné cher de sa peau...

Elle serra les dents en l'entendant dire qu'il avait vu la balle, et un feulement continu sortit de sa gorge en sentant la lame s'insinuer dans la blessure. L'avantage, c'est que ça la tenait éveillée et que ça l'empêchait de tomber dans les pommes. Pas qu'elle n'avait pas confiance envers ce drôle de petit bonhomme qui apparemment abusait de la boisson, mais un peu quand même... Et bien qu'elle ne soit pas en position de force, au moins, elle était consciente et c'était déjà ça. Parce que bon, se battre contre un alcoolique, elle avait déjà failli le faire récemment, et ça ne lui avait vraiment pas donné envie de recommencer.

Le bruit de la balle tintant sur le sol devrait la soulager, mais le son l'irrita plus qu'il n'aurait dû, et un nouveau feulement agacé -mais laissant transparaître sa douleur- passa la barrière de ses lèvres. Il fallait qu'elle se calme, sinon la peur et la douleur allaient prendre le pas, et elle finirait par se transformer involontairement, ce qui serait problématique avec le trou qu'elle avait dans l'épaule. Et puis, elle en avait déjà assez laissé passer comme ça, si le petit n'avait pas de doutes c'était soit qu'il avait été bien trop concentré sur l'extraction de la balle, soit qu'il était bien trop aviné pour réaliser quoi que ce soit. Il valait mieux ne pas en rajouter.

Les yeux fermés, elle entreprit donc une fois de plus de se concentrer sur sa respiration pour se calmer. Mine de rien, ça avait été plutôt efficace jusqu'à présent. C'est quand elle sentit quelque chose autour de son bras qu'elle se décida à sortir de la léthargie dans laquelle elle s'était plongée. Laissant enfin ses pupilles vert-jaunes explorer le monde, elle se tourna lentement vers son chirurgien de fortune et lui offrit un pâle sourire de remerciement. Elle n'ouvrit pas la bouche, ne se faisant pas vraiment confiance pour le moment. Ça allait mieux, mais elle pouvait toujours se mettre à hurler de douleur parce qu'elle aurait bêtement fait un faux mouvement avec son bras, ou se mettre à vomir parce que la vue de son propre sang à terre n'était pas des plus ragoûtantes. Mais, après quelques minutes, il fallait bien dire quelque chose, même d'une voix plus fatiguée que d'habitude.

« Tu crois qu'ils sont encore dans le coin ? » Inutile de préciser de qui elle parlait. Elle ne savait pas si les Gouvernementaux étaient encore en train de les chercher, ou si ils avaient abandonné. Après tout, Sieben avait ressoudé la porte, il était donc très peu probable qu'ils soient derrière à les attendre. « Parce qu'on pourrait aller chez moi. C'est un peu vide, mais il y a de quoi se reposer plus ou moins convenablement... »

Elle fixa Sieben d'un regard un peu vide, la faute à la douleur qui l'avait drainée de toute son énergie. Oh, pour sûr, elle avait encore mal, mais ce n'était rien par rapport à tout à l'heure, quand elle avait encore la balle logée quelque part dans sa chair. Il lui fallut donc un moment pour réaliser que lui, il n'avait peut-être pas vraiment besoin de se reposer, et elle ajouta avec un vague sourire.

« Pis, j'ai des prises de courant, aussi. Mais il faut peut-être que tu... charges, encore un peu ? »

La rousse n'était pas sûre du terme. La robotique, les intelligences artificielles et tout ce tralala, ce n'était pas vraiment son rayon.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Mer 9 Juil - 8:36

Sieben leva un regard sincèrement étonné sur la rousse qui lui faisait dos. Si il avait... bu ? C'était là une question qu'on ne lui avait jamais posé. Il n'avait jamais imaginé ce que ça pouvait faire d'être ivre... D'ailleurs il aurait eu du mal : il n'avait jamais vu quelqu'un être ivre tout court. C'était toujours la même rengaine. Son expérience terrestre était celle d'un enfant de huit ans. Tout le reste, c'était Epic Jail. Autant dire que les soldats du SPL en service, triés sur le volet, étaient aussi bourrés qu'ils étaient déshabillés lorsque les homoncules avaient l'occasion de les croiser dans le bloc 2. Pas. Et Jamais. Il eut un ricanement cynique. Encore quelque chose qu'il n'expérimenterait jamais... sauf si il trouvait le moyen de redevenir humain, un jour. Truc totalement impossible, oui...

"Ca risque pas... J'ai jamais bu de ma vie. Je t'expliquerai peut-être pourquoi..."

Peut-être... peut-être pas. Il était encore loin d'être sûr qu'il pouvait faire confiance à ce qui pour lui restait encore une inconnue. Lorsqu'on avait pour corps une machine MAGTEK dont la technologie était farouchement protégée par le gouvernement, et susceptible de se revendre des millions sur le marché noir... Lorsqu'on portait en soit l'essence d'une magie perdue gardée top secrète par ce même gouvernement on avait étrangement tendance à rester très méfiant, très longtemps.

Concentré sur sa tâche, l'homoncule nota les nombreux... bruits bizarres qu'émettait la jeune femme. On aurait dit des cris animaux.... de félin, peut-être. De chat même, sûrement. Euh... certes. C'était un peu bizarre, mais lui-même l'étant pas mal, il allait se contenter de laisser couler. Après tout, peut-être qu'elle aimait bien les chats, qu'elle passait son temps à parler avec les siens, et qu'elle avait fini par se prendre pour l'un d'entre eux. Etant enfant, Sieben s'était souvent adonné à ce genre de jeux. Ce souvenir flou et éparpillé rappela à ses circuits réflexe qu'il avait envie de sourire, si bien qu'un léger arc déforma ses lèvres. Les CHATS, c'était BIEN. En plus maintenant, il ne risquait plus les griffures... même si ça signifiait aussi que les caresses seraient de son point de vue nettement moins feune. Ne rien réellement ressentir pouvait avoir ses avantages... mais ça avait surtout pas mal d'inconvénients.

Tout fut rapidement terminé. Sieben, assis lourdement sur le sol (tel le tas de métal qu'il était) tourna des yeux sceptiques sur son interlocutrice, puis sur la porte qu'il avait ressoudé. Il était capable de faire un court trajet si cette Meena avait effectivement des prises chez elle. Était-ce prudent cela dit ? Ces chiens avaient vu de quoi ils étaient capables et devaient sans doute les traquer sans relâche. Sieben n'était pas rassuré.

"Ils sont sans doute en train de passer le quartier au peigne fin. Il y a un risque pour qu'on tombe sur eux en chemin... dans ton état, ça serait pas très prudent. Et si ils me chopent... je retourne en enfer."

Si on le ramenait sur Epic Jail, maintenant qu'il avait connu la liberté... Nan. ça serait insupportable. Il ne se desactiverait pas lui-même... sa phobie de la mort était bien trop forte pour ça. Et pourtant, il y songerait sans doute. L'existence là haut ne valait pas la peine d'être vécue. C'était de l'exploitation. Ils ne faisaient que survivre... pour peu su'on pouvait encore les considérer vivants. Il jaugea son interlocutrice du regard.

"Si tu y tiens vraiment on peut essayer. Mais si ils nous coincent, je les bute tous, cette fois. Je serais d'avis à attendre encore trente minutes ou une heure. C'est inconfortable à ce point ?"

Lui n'en avait aucune notion. Une question qui le démangeait depuis quelques minutes franchit ses lèvres avant que la jeune femme n'ait eu le temps de répondre :

"... pourquoi est-ce que tu fais des bruits de chat ? C'est pour jouer ?"

Oui. Parfois, il lui arrivait encore de penser et de parler comme un enfant. C'était là toute l'ambiguité des homoncules qui avait été arrachés à la vie durant l'âge tendre.
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Jeu 17 Juil - 20:50

Elle lui tournait toujours le dos -mieux valait ne pas bouger tandis qu'il lui charcutait l'épaule (avec son autorisation, certes)- mais cela ne l'empêcha pas de lever un sourcil, intriguée, quand Sieben lui répliqua qu'il n'avait jamais bu de sa vie. Il était peut-être un peu jeune, remarquez, elle ne saurait lui donner un âge précis, mais elle n'irait pas au-dessus de 16 ans... Enfin, s'il était assez vieux pour tirer de sang froid sur des agents du Gouvernement pas commodes, il avait certainement l'âge de boire de l'alcool, non ?! C'était peut-être le fait qu'il se 'dope' à l'électricité, qui faisait ça... Après tout, alcool et système électrique, ça n'avait jamais fait bon ménage, dans ses souvenirs...

Par contre, la façon dont il avait formulé sa réponse avait déclenché la curiosité quasi-maladive de la jeune rousse. Ca y est, Meena se posait des questions. Enfin disons que cette fois, elle serait vraiment intéressée par la réponse. Qu'il n'avait pas l'air de vouloir lui donner, d'ailleurs. L'avantage, c'était qu'en faisant cette réflexion, Sieben avait efficacement dirigé le cerveau de la féline sur autre chose que sur la douleur de son épaule. Cela ne l'empêchait pas de laisser échapper des feulements de douleur incontrôlés (et le fait qu'elle ne se concentrait pas était sûrement l'une des raisons pour lesquelles c'était son instinct animal qui parlait et non un geignement de douleur purement humain), mais entre ça et une respiration qu'elle luttait pour maintenir tranquille, la rousse finissait par se calmer.

Éreintée, Meena s'était néanmoins tournée vers son chirurgien de fortune pour lui parler. S'appuyant sur son bras valide, elle trouva même assez de forces pour traîner sa carcasse de vieux chat et poser son dos contre le mur. Ses sourcils se froncèrent en entendant sa réponse. Oh, pas pour le fait qu'il dise que les Gouvernementaux devaient encore patrouiller dans le coin. Ca, elle s'en doutait un peu aussi, même si elle préférait penser qu'ils les avaient oubliés. Mais comme ils avaient à eux deux réduit leur effectif de moitié, elle doutait sérieusement qu'ils les laissent tranquilles de suite...

Non, ce qui était étrange, c'était sa référence à l'enfer dans lequel il risquerait de retourner si les chacals du Gouvernement lui mettaient la main dessus. Meena était certaine qu'elle était celle qui s'était faite piéger ce soir, mais apparemment elle n'était pas la seule à avoir des problèmes... Oh, pour sûr, s'il n'en avait pas eu avant, avec les tirs qu'il avait lancé sur les agents gouvernementaux il leur avait donné une raison en or de partir à sa recherche. Mais sa remarque laissait à croire qu'il y avait entre le Gouvernement et lui une longue histoire de désamour. Pourtant il n'avait pas l'air si vieux, le pauvre petit...

...Oui, bon. Si on l'écoutait, il ne donnait pas l'impression d'être un gamin, certes. Quand il parlait de 'buter' des êtres humains sans le moindre problème et sans une hésitation dans la voix, on sentait qu'il devait avoir bien plus d'expérience que son visage ne laissait paraître. Il lui avait posé une question, qui aurait pu lui faire ouvrir de grands yeux étonnés s'il lui en avait laissé le temps (et si elle avait pas été aussi crevée). Mais il embraya de suite sur quelque chose de complètement différent, et Meena regarda l'étrange bonhomme avec amusement. Elle aurait pu se sentir acculée par une question de ce genre...Mais le gamin venait déjà de lui sauver la vie. Deux fois. Une en tirant sur ses poursuivants et l'autre en l'empêchant de finir exsangue avec une balle dans l'épaule. Alors bon, elle n'était vraiment plus à ça près niveau mise à nu. Et pourtant, c'est son côté joueur (justement), qui l'emporta. Un petit sourire sur les lèvres, elle lui répondit avec un certain amusement cynique.

« Non, c'est pas pour jouer. Je t'expliquerai peut-être pourquoi... »

Oui, elle lui renvoyait son commentaire en pleine poire. Il l'avait cherché, à ne pas vouloir lui répondre franchement, lui non plus. D'ailleurs, cela lui donnait une idée...

« Ecoute, je veux bien qu'on attende un peu. Et pendant ce temps, je te propose de jouer à chat. » Son sourire était toujours aussi amusé, mais elle avait perdu de son cynisme, revenant sur l'humour en montrant son épaule blessée. « Bon, bien sûr, je ne vais pas te courir après dans cet état... Mais un jeu de questions/réponses. Tu me poses une question, j'te réponds honnêtement, et puis c'est à mon tour. »

Elle pointa son index devant le nez de l'homoncule, toujours amusée et fatiguée à la fois.

« Par contre, garde en mémoire que quoi que tu me demandes, je répondrai avec une question qui pourrait en dévoiler autant sur toi que tu m'en demandes sur moi... »

Elle baissa son bras et le fixa de son regard jaune, comme pour le mettre au défi.

« Alors Sieben, qu'en penses-tu... tu veux jouer ? »

Si elle n'était pas aussi fatiguée et mal en point, elle aurait presque pu paraître inquiétante... presque.
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Mar 29 Juil - 22:19

Sieben obtint en réponse à sa question.......... une semi réponse qui n'en était pas une. Hey... La façon dont la rousse avait formulé ses propos lui rappelait un truc. Ses circuits réflexes l'obligèrent à ciller alors qu'il n'en avait (comme on l'imaginait) aucun besoin. C'était agaçant. Subitement il se rendit compte que la fille avait en réalité utilisé les mêmes mots qu'il avait eu plus tôt, ce qui l'agaça encore plus. Jambes écartées, il plia les genoux, pencha un peu la tête en arrière, posa ses paumes sur le sol derrière lui et simula une moue boudeuse, circonspecte.

"... D'accord. On va dire que c'est fair play..."

A en croire son expression frustrée et son ton peu convaincu, il n'en était tout de même pas certain. Il fallait dire qu'il avait de très bonnes raisons d'être méfiant et d'attendre, pour parler de lui à quiconque, d'être sûr de pouvoir se le permettre. Cette fille était peut-être recherchée... Peut-être avait-elle des secrets importants qu'il lui fallait garder pour éviter de se faire pincer, mais au moins ne risquait-elle pas d'être mise en pièces détachées, vendue comme un vulgaire objet, désactivée et disséquée "vivante" dans un laboratoire gouvernemental... Ou bien renvoyée sur Epic Jail pour y passer les huit cent prochaines années en tant que machine esclave. Le genre de sort pire que la mort, ou même qu'un enfermement à perpétuité "standard".

Pour cette raison précise, il fut d'abord circonspect lorsqu'elle lui proposa de jouer : une réponse contre une question, pas de mensonge, on jouait cartes sur tables. L'idée de s'occuper en s'amusant... de s'occuper en JOUANT était cela dit extrêmement aguichante. Cela faisait très, très longtemps que l'homoncule n'avait pas eu l'occasion de le faire. Sur Epic Jail, les siens avaient d'autres préoccupations. Tout le monde avait bien trop le nez dans le guidon... On déprimait, on obéissait, et on oubliait presque qu'on était vivant, parce qu'il fallait travailler sans relâche, et qu'il n'y avait pas d'espoir de rédemption. Il était plus facile de se laisser enterrer dans la routine, et d'essayer d'éteindre ses sentiments pour devenir la machine que les soldats attendaient qu'on soit. Néanmoins il ne fallait pas oublier qu'avant que ce cauchemar ne commence, il avait été un enfant de huit ans, arraché à l'innocence qui avait été jadis la sienne. Il se sentait joueur. Son visage s'était illuminé... Il eut un sourire déstabilisant, dont on n'était pas sûr qu'il fut roublard, fruit d'un esprit expérimenté, ou au contraire puéril. Il posa les coudes sur ses genoux, et se pencha en avant, mains croisées. Après tout... Si il posait des questions suffisamment vagues ou éloignées de ce qui pourrait devenir un sujet sensible, il devrait pouvoir s'en tirer à bon compte. Dans le pire des cas, même si ça faisait perdre de son intérêt au jeu, il pourrait mentir par omission. Ca pouvait être un excellent moyen d'en apprendre plus sur son interlocutrice... De savoir si il pouvait lui faire confiance, ou pas.

"Totalement partant ! C'est moi qui commence du coup ?"

Il attendit une réponse puis changea encore de position, pour s'asseoir d'une façon maladroite qui lui donnait l'air encore plus jeune qu'il ne le paraissait. Une lueur de réflexion rusée passait dans ses prunelles synthétiques, tandis qu'il jaugeait la fille d'un regard prudent. Il resta silencieux quelques secondes, et c'est finalement une question à laquelle elle ne s'attendait peut-être pas qui échappa à ses lèvres :

"Alors dis-moi... Es-tu quelqu'un de cupide ?"

Elle ne pouvait pas savoir pourquoi, mais cette information était pour Sieben d'une importance capitale. Il faisait un excellent produit de contrebande. Si il devait avoir des alliés, ces derniers devraient être suffisamment scrupuleux pour ne pas être tentés par l'idée de se faire du blé en le refourguant à quelque scientifique fou.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Mar 7 Oct - 3:33

Le garçon…robot…truc… Bref, Sieben (c’était moins compliqué comme ça pour une rousse qui avait déjà eu du mal à rester consciente ces dernières minutes) semblait agacé de l’entendre répondre à sa question en réutilisant ses mots… Hé, c’était le jeu ! Meena lui fit un sourire amusé mais teinté de fatigue. Il fallait qu’ils attendent d’être sûrs que les Chiens Gouvernementaux soient partis pour aller où que ce soit, et la belle rousse ne rêvait que de son lit dans lequel elle se vautrerait avec plaisir pour plonger dans un sommeil de plomb. Elle n’aurait vraiment pas dû sortir ce soir, mais ça, c’était déjà établi…

Pour passer le temps, comme pour leur permettre d’appendre à mieux se connaître, Meena proposa un petit jeu de questions/réponses à Sieben. Il ne lui faisait pas confiance et c’était réciproque, même si la jeune femme ne pouvait que lui être reconnaissante pour lui avoir sauvé la mise. Deux fois. Le fait est qu’elle détestait l’idée de dépendre autant de quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, d’autant plus quand il ressemblait à un gamin mais cachait des lames dans ses bras, des fusils dans ses doigts et –elle en était convaincue- d’autres choses encore dans des endroits qu’elle ne voulait même pas songer à découvrir. Cet individu pouvait la réduire à néant en deux temps trois mouvements, et pourtant elle lui laissait le loisir de jouer aux devinettes… Elle ne savait même pas ce qui lui prenait…

Cependant, Sieben eut l’air de vouloir se prendre au jeu assez rapidement, et fit preuve d’un enthousiasme que Meena n’attendait pas totalement. Mais ce n’était pas plus mal au fond, cela leur permettrait vraiment de passer le temps, voire même d’allier l’utile à l’agréable. Elle hocha la tête de haut en bas, accompagné d’un petit « Mhm ! » approbateur quand il lui demanda si c’était à lui de commencer. Après tout, il semblait être le plus curieux des deux –même si la rousse n’était pas en reste, elle le montrait simplement moins- et celui qui –d’après ses paroles- avait le plus à perdre… Alors autant qu’il choisisse lui-même la mise de départ.

Si la question étonna Meena, le seul signe qui le montra fut un haussement de sourcil. Dans ses yeux jaunes se lisait une lueur d’amusement, et elle s’accorda le temps de la réflexion. D’instinct, elle savait ce qu’elle aurait répondu. Mais de sa réponse dépendait aussi l’impact de la question qu’elle pourrait poser ensuite. Il était donc temps de savoir à quel point elle voulait en savoir plus sur l’être qui lui faisait face. Il semblait un peu plus décontracté que précédemment. Meena eut un sourire avant de répondre.

« …Je ne pense pas. Je vois l’argent comme un moyen d’accéder à un but, pas comme une fin en soi. La richesse monétaire n’est pas quelque chose qui m’intéresse. »

Voilà. C’était clair, mais plus complet qu’un simple « non ». Et évidemment, sa réponse était honnête. Elle n’allait pas mentir alors qu’elle avait proposé le principe de leur « jeu ». Et comme elle l’avait pensé plus tôt, elle n’était plus à cela près niveau mise à nu. Tant qu’il lui posait des questions de ce genre, Meena serait assez à l’aise pour répondre sans le moindre mensonge par omission ou demi-vérité. Mais c’était maintenant à elle de poser une question, et elle observait Sieben avec un air songeur. Concernant son caractère, il y avait bien une question plus ou moins miroir de la sienne qui la titillait…

« Te considères-tu comme une personne fiable ? »

Elle avait pensé à dire « de confiance », mais elle pensait que la fiabilité donnait une autre dimension à la chose. Il y avait là non seulement une histoire de confiance, mais aussi de pouvoir compter sur la personne dans la durée. Cela permettrait à Meena de savoir si elle pouvait vraiment proposer au brun de rentrer dans son monde et aller chez elle, ou si il valait mieux pour tous les deux que leurs chemins se séparent à la sortie de cet entrepôt.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Mer 8 Oct - 10:44

Tudum. Bonne réponse. Si la rouquine lui avait avoué être une personne intéressée par l'argent, le jeu se serait sans aucun doute arrêté là pour Sieben : il aurait posé des questions banales qui ne lui auraient rien appris, contre lesquelles Meena n'aurait rien pu apprendre non plus. Mais il se trouvait qu'elle n'était pas cupide, et en plus, elle était suffisamment certaine de ne pas l'être pour l'expliquer en détail, avec une sincérité dont l'homoncule ne doutait (presque) pas. Presque. Avec la vie qu'il avait eu, et vue la façon dont sa naïveté infantile l'avait amené à se faire trahir par le docteur de l'orphelinat, on comprendra qu'il puisse avoir quelques difficultés à faire confiance à quiconque, enjeu immense ou pas.

On voyait qu'il hésitait encore, mais son regard synthétique s'était allumé d'une lueur approbatrice (oui, ces machines d'infiltration étaient fichtrement bien faites, et ses circuits réflexes fichtrement bien codés même si parfois ils l'ennuyaient plus qu'autre chose). Il hocha la tête, satisfait. Puis ce fut au tour de la jeune femme de l'interroger. La question lui fit un effet inattendu : elle le plongea dans une profonde réflexion, singulière, inhabituelle, et étrangement agréable... Il avait depuis longtemps perdu l'habitude de s'introspecter comme le ferait une personne normale : un être humain. Plus personne ne l'avait considéré comme tel depuis plusieurs centaines d'années. Ce jeu, en plus d'être amusant, avait un caractère jouissif pour la machine en mal de reconnaissance qu'il était.

Troublé, il posa deux doigts contre son menton et se figea dans une posture involontairement gauche et amusante. Il semblait absorbé par ses pensées :

"Fiable ..? Je... Je n'ai pas eu l'occasion d'expérimenter ce genre de choses, là où j'étais. Je veux dire... Fiable, ça veut dire quoi exactement ?"

Il se tapa distraitement sur la tempe avec le gras de la paume, dans un geste un peu stupide : ça n'était pas ça qui allait accélérer ses accès à sa base de données interne, qu'il était en train d'interroger pour trouver la définition du mot "fiable". Il avait quelques lacunes question vocabulaire : encore une fois, rappelons qu'à huit ans, on n'est pas forcément très fini. Et il n'avait pas vraiment eu l'occasion de se "finir" en tant qu'être humain ensuite. Il terminait son éducation avec plusieurs siècles de retard, en somme. C'était déjà beau qu'il connaisse la définition du mot "cupide" en fait.

"... Fiable, c'est quand on tient ses promesses ? Quand on fait les choses qu'on a dit qu'on allait faire ? Quand on ne ment pas à propos de ça et qu'on met un point d'honneur à respecter les contraintes qu'on s'est imposé ? C'est quoi un point d'honneur.. Ah ! Ok... Ouais. Je connais pas beaucoup d'humains "fiables" moi..."

Oups. Il venait de répondre à une question qui n'avait même pas été posée. Au moins maintenant il en était certain : Il était comme ça, lui. Il détestait les gens qui ne l'étaient pas. Il pouvait lui arriver de mentir pour se protéger, de feindre une relation entière puis de trahir la personne concernée si c'était une méchante, mais ça, c'était normal. Pour le reste, il était loin d 'être un enfant de chœur, il pouvait être chieur, et il était sans doute à moitié cinglé (tuer des soldats sans ciller ? Aucun souci), mais il avait un sens de l'honneur qui le poussait à être "fiable" avec les gens contre lesquels il n'avait rien et qu'il pouvait donc considérer comme des amis, ou du moins des alliés potentiels. Il se redressa donc pour énoncer sa réponse avec une fierté évidente :

"Oui. Je pense que je le suis. Sans doute plus qu'un être humain normal... Sauf quand y a plus de jus. Là je peux tomber en rade de batterie et c'est pas très 'fiable' si j'avais dit que je ferais quelque chose avant une échéance donnée. Mais y avait des prises partout là où j'étais..."

Il avait lancé le pouce en arrière pour montrer, dans un geste nonchalant, la prise derrière lui par laquelle il était en train de recharger. Meena devait être consciente du fait qu'il lui donnait beaucoup plus d'informations qu'il n'était censé le faire au cours de ce jeu : c'était volontaire. Il voulait voir comment elle réagirait face aux sous-entendus qu'il faisait. C'était aussi grâce à cela qu'il saurait si oui ou non il pouvait lui raconter son histoire, et peut-être, espérait-il, obtenir sa protection. Ou son aide. Ou les deux. Comme il était "fiable", il trouverait bien quelque chose à lui offrir en échange. Ah. C'était son tour de la questionner :

"Alors si l'argent est un moyen d'accéder à un but... A quel genre de buts l'utiliserais-tu, si tu en avais beaucoup ?"

Non, il ne perdait pas le nord, le petit robot. Il fallait dire qu'il avait une boussole incorporée dans son ciboulot électronique. A cela près qu'elle était en panne, comme pas mal des fonctionnalités que feu l'homme qui l'avait réparé (... ah. Il n'avait pas été très "fiable" avec lui mais il n'avait pas fait exprès) n'avait pas réussi ou pas eu le temps de lui remettre en place.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Jeu 29 Jan - 4:00

Si elle avait d’abord proposé cette occupation pour tenter d’en apprendre un peu plus sur son vis-à-vis, il fallait avouer qu’elle se prenait au jeu. Bon, c’était plus intellectuel que la chasse au pigeon, qui était habituellement son jeu préféré, mais il y avait toujours ce même aspect de chasse qui restait tout aussi intéressant. La vérité, c’était que l’air qu’elle observait –avec attention d’ailleurs- sur le visage de l’être qui lui faisait face l’attendrissait. Il avait beau avoir tiré sans ciller sur des chacals Gouvernementaux, il continuait d’avoir la tête d’un pauvre gamin perdu. Par moments, comme à cet instant, qu’il semblait réfléchir à sa question comme s’il n’y avait rien de plus important à faire (ce qui était plus ou moins le cas, certes), il parvenait dans l’esprit de la rousse à entraîner la comparaison avec ce petit frère qu’elle avait perdu bien trop tôt.

Les souvenirs refluaient dans l’esprit de notre féline de manière bien trop brutale. Sieben n’aurait certainement pas vu ses yeux jaunes s’embuer, occupé qu’il était dans ses réflexions. Et c’était tant mieux, parce que s’il y avait bien un faiblesse que Meena refusait de montrer à quiconque (et encore moins à un inconnu), il s’agissait bien de celle-ci. Maël était son secret, sa boîte de Pandore, l’interdit duquel personne ne devait s’approcher. Bien mal avisée serait la personne qui parviendrait à engager le sujet sur ce terrain, car la colère de la jeune femme tiendrait alors plus de la tigresse enragée que du chat qui l’accompagnait depuis sa jeunesse.

Perdue dans ses pensées, elle avait loupé la question du robot, mais ce dernier était déjà en train de se répondre à lui-même. Réponse qui fit d’ailleurs hausser un sourcil intrigué à son interlocutrice, qui avait quand même pris la peine de répondre d’un hochement de tête (pas trop fort, alors que son épaule se rappelait à elle) aux questions rhétoriques que Sieben avaient énoncées. Il n’avait pas rencontré beaucoup d’humains fiables ? Meena avait beau ne pas avoir énormément d’espoir en l’Humanité de manière générale, elle n’irait sûrement pas jusqu’à dire qu’elle ne connaissait pas beaucoup de personnes fiables. Son réseau était peut-être restreint, mais elle ne mettrait pas l’accent sur le manque de confiance qu’elle pouvait avoir en ses congénères… Bref, il y avait là une information à exploiter plus tard. Peut-être.

Peut-être, parce que l’humanoïde ne semblait pas vouloir s’arrêter là. Sa remarque sur le manque de courant lui arracha un éclat de rire amusé et son regard jaune pétillait. Vu le nombre de détails qu’il était en train de donner, il était certain de sa « fiabilité », et il avait de suite compris le revers du jeu proposé par la femme-chat : plus on donnait, plus on était en droit de demander. Alors, malgré le fait qu’elle appréciait certainement le grain d’humour et d’auto-dérision qui émanait de son camarade d’infortune, elle se tendit imperceptiblement en attendant la question qui suivrait. Oui, ce jeu avait un terrible double-tranchant…

…qui finalement ne fit que lui faire hausser ses deux sourcils de manière conjointe. Ce robot semblait accorder une grande importance, non pas à l’argent en lui-même, mais à l’attrait qu’il pouvait susciter chez les autres… C’était intéressant. Peut-être s’agissait-il d’une reproduction d’un enfant de la Très Haute et qu’il était porté-disparu avec rançon à la clé ? Hum… improbable, vu la façon dont il avait descendu ces soldats sans la moindre hésitation. Cependant, quelque chose faisait dire à Meena que l’être en face d’elle valait, d’une manière ou d’une autre, son pesant de cacahuètes. …Ou alors c’était ce qu’il voulait lui faire croire. Soit, c’était à son tour de répondre, et elle savait parfaitement ce qu’elle voulait répliquer.

« Je m’en servirais pour servir une cause que j’estime juste. Donner à des associations, participer à la recherche médicale, au développement magique, aux découvertes technologiques… Mais je surveillerais tout cela de près et il serait hors de question que le Panthéon s’en mêle. Je n’ai pas vraiment confiance en ces chiens de Gouvernementaux… Tu auras certainement noté qu’ils me le rendent bien. »

Meena arborait un sourire qui tenait bien plus du félin que de l’humaine. Le ton de sa voix était déterminé, et on ressentait une pointe de colère quand elle parla du domaine médical et –bien entendu- du Gouvernement. Ce n’était pas comme s’il lui était nécessaire de cacher cette information. Après tout, Sieben lui était tombé dessus alors qu’elle se faisait poursuivre par des soldats, il avait vraisemblablement fait le lien tout seul. Au mieux, elle ne faisait que lui confirmer ce qu’il savait déjà.

« ‘Là où tu étais’… » Elle revenait maintenant sur des paroles qu’il avait eues plus tôt. Néanmoins, elle voulait rester en surface. Ce serait trop facile pour lui d’éviter la question si elle lui demandait simplement où cela se trouvait. Être vague sans mentir, il n’y avait rien de plus facile. Elle opta donc pour quelque chose qui lui était apparu évident au fil de leur discussion, mais qu’elle tenait tout de même à confirmer. « …ça ne te plaisait pas, n’est-ce pas ? »

Facile à dire quand il l’avait qualifié d’enfer un peu plus tôt. Mais elle avait tout de même voulu poser la question. Rien que pour voir les détails qu’il y apporterait de lui-même, en connaissant les enjeux.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Ven 6 Fév - 21:42

Sieben ressentait une satisfaction si palpable qu'il avait presque l'impression d'être humain. Presque. Bien entendu, les "sensations" (si on pouvait appeler ça comme ça) considérées n'avaient rien à voir avec ce qu'un être de chair aurait pu concevoir. Un ensemble d'informations, produites par ses circuits réflexes à l'action. Son système respiratoire qui se mettait à simuler de plus amples respirations. Plus de facilité à enclencher les mécanismes de ventilation, et les rouages de son visage qui tournaient de sorte à lui donner l'air de se détendre. Son regard synthétique donnait l'impression d'être de plus en plus ouvert, confiant. La recherche médicale, c'était bien. Enfin bien sûr il fallait qu'elle soit surveillée et qu'elle reste éthique, qu'elle garde son but premier : aider les gens. Parce que bon. Il avait lui-même subi les conséquences d'une expérience amorale et était bien placé pour savoir que le Gouvernement actuel et passé versait pas mal dans la... "recherche médicale", au mauvais sens du terme. Mais la fille avait parlé de donner à des associations et de faire des choses justes. Et elle avait l'air sincère. Et elle avait des soucis avec le Gouvernement. Sieben était-il naïf d'avoir envie de lui faire confiance si rapidement ? Était-il sur le point de tomber dans le même genre de piège que celui qui lui avait coûté la "vie" ?

"J'ai cru voir ça oui... Pour qu'ils s'amusent à te suivre sur les toits, faut croire que tu leur as cherché de bonnes grosses noises."

Il eut un sourire roublard, accompagné par un ricanement d'amusement cynique. Parce que c'était Sieben, ça : aucune blague ne pouvait être entièrement dénuée de cynisme, sinon c'était juste pas drôle.

Mais ce n'était plus son tour de poser les questions, et il perdit son sourire très rapidement lorsqu'il entendit la suivante. Il avait rarement envie de s'esclaffer lorsqu'on parlait d'Epic Jail. Alors si il était question du souvenir, du ressenti qu'il avait au sujet de ses jours là-bas... eh bien c'était encore pire. Il se rendait compte qu'il y avait des choses desquelles il n'était pas prêt à parler non pas parce qu'il devait absolument garder le secret, mais simplement parce que c'était encore trop amer, douloureux. C'était quand même fort qu'il soit encore capable de ressentir la douleur psychologique dans ce foutu corps qui n'était capable que de réponses froides et mécaniques aux sollicitations extérieures. Ces sensations, ce "mal à l'âme", faisait partie de la magie de la capsule faute à laquelle son essence vitale s'était accrochée à cette carcasse mécanique. Il ne comprenait pas vraiment comment ça fonctionnait et n'était même pas capable de situer ce mal, puisqu'il ne venait d'aucune partie de son corps mécanique, et c'était fichtrement troublant. Et chiant. Il n'y avait décidément que des inconvénients à sa vie de boîte de conserve.

Il avait baissé les yeux et était resté silencieux quelques longues secondes. Peut-être avait-il assez joué. Peut-être était-il temps qu'il dévoile vraiment son jeu. Ou qu'il en dévoile suffisamment, du moins, pour que Meena comprenne un peu mieux la gravité de sa situation.

"Non. Ça ne me plaisait pas. C'était une prison. On ne m'a jamais considéré comme un être humain là-haut. Tu as entendu parler de l'attaque qu'il y a eu à Epic Jail il y a quelques semaines, par ces rebelles densetsu ? J'ai été endommagé pendant qu'elle avait lieu. Ils ont du penser que j'étais foutu alors ils ont voulu me ramener sur Terre mais le vaisseau a dû se crasher parce que j'ai fini dans la flotte. En ce moment, ils pensent que je suis au fond de l'océan. Si ils savaient que je suis de nouveau fonctionnel et capable de te raconter tout ça, ils remueraient ciel et terre pour me retrouver, parce que si l'existence de mes semblables était dévoilée au grand public, ça serait le scandale du siècle  Enfin. Un de plus... Tu me diras."

Il fixa sur elle son regard gris, devenu extrêmement sérieux à l'instar du ton de sa voix, grave.

"... Écoute. La vérité, c'est que je suis en cavale. Le simple fait d'exister m'y pousse. Je suis coincé dans cette foutue prison depuis mes... je sais même pas quel âge j'avais. Moins de dix ans, je dirais. Je veux pas y retourner, et j'ai nulle part où aller. Alors on va faire simple... Pourquoi est-ce que les gouvernementaux en ont après ta poire ? Est-ce que tu peux m'aider ?"

Voilà. Il n'avait pas tout dit... mais il en avait ÉNORMÉMENT dit, selon ses propres critères. Rien qu'avec ça, elle pouvait transformer sa vie en enfer si jamais elle décidait finalement qu'elle préférait être malintentionnée. Ses traits simulèrent la tension et ses yeux, la peur. Et quelque chose aussi qui ressemblait à une supplication silencieuse. Ca n'était pas très glorifiant... Mais il aurait été idiot de sa part d'ignorer cette vérité simplement parce qu'il était trop fier pour l'admettre : il ne s'en sortirait pas tout seul. Le monde d'en bas était bien trop étrange pour lui qui n'avait jamais connu que la lune. Et il n'était même pas doté d'un véritable corps, ce qui rendait le processus d'adaptation encore plus difficile.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Ven 18 Sep - 21:07

La minette n'avait pas besoin de beaucoup plus pour se rendre compte que sa réponse plaisait à celui qui lui faisait face. Elle ne savait toujours pas exactement pourquoi Sieben accordait une telle importante à la place qu'elle faisait à l'argent, mais il semblait que -sur ce point au moins- ils étaient sur la même longueur d'ondes. C'était assez rassurant, car la belle rousse n'oubliait pas que, même s'il avait l'air très agréable en ce moment précis, l'espèce de robot (elle ne savait toujours pas ce qu'il était au juste) avait des fusils au bouts des doigts. Et des lasers. Et des lames dans les avant-bras. Ça commençait à faire un peu trop pour qu'elle le pense inoffensif, même si, jusqu'à présent, il s'était servi de ces outils pour l'aider, et contre leurs ennemis communs.

Bref, Meena ne savait pas vraiment si elle pouvait faire confiance au jeune garçon. D'un autre côté, il se disait certainement la même chose. Et pourtant, il ne lui avait toujours pas explosé la cervelle avec son index. C'était donc bon signe. Du moins, elle l'espérait.

Sieben répondit à sa propre réplique, et ils partagèrent un sourire. Oh ça oui, pour leur chercher des noises, elle l'avait bien cherché...

« Disons que j'ai mis mon museau dans leurs affaires, et qu'ils ont fini par s'en apercevoir... »

La voix de la jeune femme était partiellement amusée, mais possédait également une note amère. Elle se demandait bien qui avait pu la piéger en mettant en scène ce rendez-vous. Il y avait clairement une taupe dans son réseau, ou quelqu'un qui se faisait menacer assez sévèrement par les Gouvernementaux pour devoir travailler avec eux. Et ça, c'était mauvais. Très mauvais.

Mais le moment n'était pas de se pencher là-dessus. Elle aurait tout le temps de le faire une fois rentrée à Sérégon, là où elle serait tranquille pour rechercher les tenants et les aboutissants de toute cette situation. Pour le moment, elle avait encore une question à poser à Sieben, parmi toutes celles qui lui trottaient dans la tête malgré la douleur et la fatigue.

...Apparemment, sa question sur ses origines faisait mouche. La rousse pinça les lèvres, presque désolée d'obtenir une telle réaction. Elle savait bien que ça n'allait pas être facile, et qu'il était clair vu le nombre d'indices qu'il avait glissé dans leur conversation, que Sieben détestait l'endroit d'où il venait. Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il devienne aussi silencieux, baissant le regard dans une attitude que Meena qualifiait presque de douloureuse. Il y avait quelque chose qui la dérangeait dans tout ça. Tellement qu'elle s'apprêtait à lui dire de laisser tomber quand il releva finalement la tête pour lui répondre.

Elle l'écouta sans l'interrompre. C'était rare, elle était plutôt de celles qui aimaient parler. Mais là, elle avait compris qu'il était dans son intérêt de rester silencieuse, et de ne pas faire le moindre mouvement, si ce n'était quelques hochements de tête. Oui, elle avait entendu parler de l'attaque d'Epic Jail. Évidemment. Le Gouvernement n'avait laissé échapper que le strict nécessaire, mais une attaque de cette envergure, même sur la Lune, ne pouvait pas rester entièrement sous silence. Mais alors, il venait de la prison lunaire ?! Pas étonnant qu'il ne souhaitait pas y retourner ! Ceci étant, ce n'était pas non plus très rassurant. Qu'est-ce qu'il faisait là-bas ? Était-il un criminel, ou autre chose ? Non... il parlait de semblables... C'était certainement plus compliqué encore que ce que la rousse imaginait, mais dans tous les cas, ça ne sentait pas bon. Plus pour lui que pour elle, mais quand même.

Quand son regard gris sérieux se fixa dans le sien, Meena avait les sourcils froncés et lui offrait son entière attention. C'était déjà des sacrées informations qu'il avait fait tomber là, qu'est-ce qu'il lui réservait encore ?

« ... »

Okay. Là, il allait lui falloir un peu plus de temps pour analyser ses phrases. D'ailleurs, ça se voyait dans son regard vert, si clair qu'il en était presque jaune, qu'elle ne comprenait pas grand chose. La fatigue n'aidait pas, fallait dire. Ni la douleur (même si elle s'était calmée maintenant que la balle avait été extraite et la blessure bandée). Elle le fixait sans un mot, sans même s'en rendre compte, parce qu'avec tout ça, une question basique -et pourtant ô combien importante- lui venait à l'esprit. Et ce fut ce qu'elle lui dit en premier.

« Mais... parce que, tu as quel âge, maintenant ? »

Il fallait dire qu'il n'avait pas l'air beaucoup plus vieux que « moins de dix ans ». Elle l'avait pensé adolescent un peu plus tôt mais il était clair qu'elle avait fait fausse route. Il avait le visage et la taille d'un gamin, mais parlait comme s'il avait vécu bien plus longtemps que ça. Et puis, il était robotisé. Il pouvait avoir n'importe quel âge, non ? Rah, elle n'en savait rien, ces histoires de technologie, c'était trop compliqué pour elle. Surtout dans cet état.

Ce n'était pas le plus important. La rousse le voyait dans ses yeux. Cette peur... il avait peur de ce qu'elle pourrait dire ou faire, maintenant qu'il lui avait révélé son secret (ou une partie de celui-ci). Finalement, il avait beau avoir des fusils dans les doigts, il était aussi vulnérable que tous les autres. Peut-être même plus qu'elle, à cet instant précis. Son regard de félin s'adoucit, et elle lui sourit quelques secondes d'abord, pour le rassurer.

« Je peux t'aider. »

C'était ce qui lui avait semblé le plus important, ce qui pourrait évacuer sa peur le plus rapidement possible. Meena se rendait compte qu'elle ne voulait pas évoquer la peur pour ce garçon. Au fond, elle l'appréciait déjà. Bien qu'elle n'en dirait rien pour le moment, c'était encore trop dangereux. Et puis, son visage se referma, alors qu'elle prenait le temps de formuler ce qu'elle voulait lui dire ensuite. C'était bien beau, d'annoncer qu'elle pouvait lui apporter son aide. Encore fallait-il le prouver.

« Je fais partie d'une organisation que le Gouvernement n'apprécie pas. Disons plutôt qu'il nous déteste, parce qu'on a tendance à marcher sur leurs plates-bandes. A leur... voler, certaines choses, ou à se les approprier avant eux. Personnellement, je fais ça pour empêcher quiconque de se servir d'objets magiques qui pourraient donner lieu à des accidents malheureux... entre autres. »

La femme-chat fit une pause, les souvenirs douloureux semblant sortir de leur boîte faute à la fatigue. Elle ferma un instant les yeux, se forçant d'évincer les images qui se rappelaient vicieusement à elle. Ensuite, elle reprit la parole.

« Tu as entendu parler du Corpo Celestial ? »

Après tout, il avait vécu toute sa vie sur la Lune. Elle ne savait pas vraiment à quel point Epic Jail pouvait rester informé de ce qu'il se passait sur Terre. Et quand bien même les soldats en faction devaient savoir exactement de quoi il en retournait, Meena avait cru comprendre que Sieben ne se trouvait pas du bon côté de la chaîne. Mais, elle en avait déjà dit beaucoup. Elle avait décidé de lui faire confiance et de lui parler de ceux avec qui elle œuvrait. Pas encore de sa... spécialité. Plus tard, peut-être.
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Sam 19 Sep - 14:52

Ah... Elle avait cru qu'il n'était qu'un gamin. Ça ne faisait pas longtemps qu'il était arrivé sur Terre, mais à chaque fois qu'il était entré en contact avec un autochtone, on s'était comporté avec lui comme si il n'avait même pas le vingtième de son âge actuel. Semblerait qu'il allait falloir qu'il s'y habitue... Il avait quitté la Terre en tant que gosse, et il y retournait tout pareil. C'était ironique. Sieben éprouva un sentiment d'amusement en gris teinté : il se mêlait à de l'amertume et de la tristesse. Les traits de son visage eurent un peu de mal à s'adapter à ce ressenti complexe - n'oublions pas qu'il avait manqué d'être cassé au delà de toute possibilité de réparation. Il avait encore de nombreux circuits dysfonctionnels voire carrément désactivés. Certains d'entre eux faisaient partie du package d'infiltration dont il avait eu la chance d'être doté. Résultat, il pouvait aléatoirement galérer avec certains mouvements, certains tons, certaines expressions.

Ses poumons mécaniques eurent quand même l'obligeance de lâcher un éclat discret qui traduisait relativement bien ses pensées. Il sentit les circuits réflexes avoir un peu de mal à vieillir son regard ainsi qu'à lui faire avoir le sourire pâle associé. Les muscles au coin de ses lèvres avaient notamment tremblé deux fois avant de réussir à s'étirer. Il passa la console de contrôle en pilote automatique : être conscient du moindre des gestes qu'il pouvait faire volontairement ou non était un peu troublant. Utile quand il devait vraiment faire attention à paraître humain en toute circonstance et qu'il devait compenser les manques de ses systèmes abîmés, mais perturbant. Vu tout ce qu'il avait déjà dit à la fille, ça n'était pas très grave si jamais elle le voyait faire des trucs de robot.

"Ah... Évidemment. J'aurais dû m'y attendre. Les mœurs terriennes m'échappent un peu depuis le temps... J'ai.. !"

Il s'arrêta, circonspect. Voilà qu'il ne retrouvait pas l'information. Il l'avait effacée de sa mémoire à long terme un jour qu'il ne supportait plus d'avoir conscience des années qui passaient, et depuis il zappait fréquemment. Il faudrait ptetre qu'il songe à réécrire ça quelque part en dur... quoique. C'était pas plus mal, d'être capable d'oublier à chaque fois. Il porta une main contre sa tempe, au niveau de laquelle un bouton sous-cutané lui permettait de modifier les données d'affichage.

"Attend deux secondes, j'ai encore oublié. Ah ! C'est en train de s'initialiser...Là. Manque les décimales et les unités encore. C'est sept... que.. Hein ?"

Il observait le cadran en haut à droite de son champ visuel, perplexe. Le troisième chiffre - celui des unités donc - était en train de faire des trucs bizarres. Il clignotait, il tournait, il changeait, il affichait des smileys des chiffres et des ponctuations dans tous les alphabets possibles et imaginables...

"... Encore un truc de pété. J'y crois pas."

Blasé, il soupira et se tapa sur la tête, dans l'espoir de remettre en place un quelconque fil court-circuité... Mais non. Rien à faire. Pis c'était pas un circuit auquel on accédait facilement en plus... Ses potes d'Epic Jail allaient quand même un peu lui manquer : plus de réparations mutuelles comme les singes se grattouillaient les poux. Pourrait-il envisager de les faire libérer de force par l'avenir ?

"... Bon. Tant pis. 750 années et des poussières : j'arrive pas à afficher le dernier chiffre."

Ça risquait de lui faire tout bizarre, à l'humaine... Mais elle avait demandé et lui, il ça lui permettait aussi de voir comment elle réagissait à ses annonces successives ! Il fut plutôt heureux (et soulagé) d'apprendre qu'elle pouvait l'aider, en attendant. Bon. Elle pouvait mentir, mais il préférait ignorer cette inquiétante éventualité, de laquelle il pensait s'être majoritairement prémuni lors du précédent interrogatoire.

Son tour d'écouter. Sieben posa sagement les mains entre ses genoux écartés : une pause passablement enfantine encore une fois. Il n'avait jamais eu l'occasion d'apprendre les habitudes des adultes, donc il était plutôt freestyle en son genre, comme beaucoup d'homoncules qu'on trouvait sur la lune. Oooooh une organisation rebelle désapprouvée par le gouvernement. Ça, ça lui plaisait beaucoup ! Il aurait pu taper dans ses mains, mais il se contenta d'un sourire banane presque trop large pour être humain. Une organisation qui récupérait des objets magiques dangereux afin qu'elles ne tombent pas entre les mauvaises mains... Voilà qui lui parlait, et pas qu'un peu ! Pour une fois, il avait peut-être bien eu de la chance en fin de compte. Il fallait qu'il réfléchisse, qu'il ait plus d'infos, mais il y avait quelque chose à creuser : des objets magiques dangereux... comme ceux qui l'avaient transformé. Éviter que le gouvernement mette la main sur des trucs de ce genre... c'était BIEN. Mais alors vraiment BIEN. Puis tous ces trucs chouette magiques... Il ne voyait pas encore bien pourquoi, mais quelque chose dans l'idée de cette espèce de caverne d'Ali Baba de contrebande l'excitait. Le Corpo Celestial... Voilà des mots qui sonnaient mélodieusement même à ses oreilles plastifiées.

"Nan. Les soldats ont pas vraiment pour habitude de parler au matériel... Je suis pas au courant de grand chose. J'ai vaguement suivi les changements de régime successifs parce que les procédures changeaient aussi là haut à chaque fois, tu vois mais... C'est tout."

Les questions se bousculaient dans sa tête. Il ne savait plus par quoi commencer. Il était tellement perdu qu'il succomba à la tentation de lancer manuellement une fonction de tirage aléatoire pour choisir à sa place :

"Bonjour ! Qu'est-ce que ça sera pour vous ?"

.......... Oh. Ce. Fail. Sieben grimaça : ça faisait longtemps qu'il n'avait pas utilisé ce programme, dont il se servait auparavant pour automatiser son service en tant qu'homoncule d'agrément, parce que c'était beaucoup trop chiant d'être vendeur. Il avait oublié de retirer la réponse de la liste.

"... Pardon ! J'ai bugué. Littéralement. Je voulais dire : Tu peux m'en dire plus ? Ça fonctionne comment ? Ça a l'air drôlement bien ! Si on avait eu ça à mon époque, peut-être que je me serais pas retrouvé dans ce tas de ferraille... Ça veut dire quoi Stiale ?"

Il se demandait si ce "Corps Peau Sel et Stiale" accepterait éventuellement la candidature d'une machine pensante de son acabit. Oui, il allait vite en besogne, mais en même temps c'était sa première piste valable depuis qu'il était arrivé ici.
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Sam 19 Sep - 17:04

Meena fronça les sourcils, légèrement vexée quand elle entendit le rire de son camarade à sa question. Ben quoi ? Vu son apparence, c'était légitime qu'elle lui demande son âge, non ? Enfin, c'était surtout la différence entre l'âge qu'on avait envie de lui donner quand on le voyait et celui qui nous venait à l'esprit quand il parlait. Son comportement général n'était pas celui d'un enfant, même s'il avait parfois des attitudes qui faisaient penser qu'il avait l'âge qu'il faisait... ou qu'il faisait l'âge qu'il avait ? ...Toutes ces réflexions étaient bien trop compliquées pour elle, autant attendre qu'il finisse de lui répondre.

« ... »

C'était quand même très étrange de l'entendre parler de « mœurs terriennes ». La rouquine avait bien saisi, depuis tout à l'heure, qu'ayant vécu quasiment toute sa vie sur la Lune, qu'il n'était pas habitué à la vie sur Terre, mais entendre ce genre d'expression était assez... perturbant. Remarquez, l'inverse devait être vrai. Sieben était sûrement perturbé par tout ce qu'il voyait, au fond. Est-ce que c'était pour ça qu'il mettait tant de temps à se souvenir de son âge ? Meena le regarda pose sa main contre sa temps, et sourit, vaguement amusée de le voir posséder des réflexes aussi... aussi humains, au fond. Si elle savait qu'il cherchait un bouton, elle aurait peut-être révisé son opinion... Mais en attendant, pour un supposé robot -au vu de l'arsenal qu'il avait déployé devant elle, elle ne pouvait pas le nier- il avait des tics sacrément humains...

« Sept... »

Sieben était en train de râler contre son propre système -apparemment défectueux- et les yeux clairs de la rousse étaient déjà en train de s'agrandir. Il avait bien dit « sept », et qu'il lui manquait les dizaines et les unités ? Donc, ça voulait dire qu'il avait au moins... au moins... Elle était en train de réfléchir à ce que cela voulait dire -elle semblait avoir du mal à appréhender la chose- quand elle vit le jeune garçon (...mais pouvait-elle encore dire ça ?!) se taper la tête du plat de la main.

« Qu'est-ce que... ? »

La femme-chat avait tendu une main vers son compagnon d'infortune, comme pour l'empêcher de se faire du mal, mais ce dernier lâcha alors son information comme une bombe. La main de la rouquine retomba sur ses jambes allongées devant elle dans un bruit mat. Sa tête était tournée vers l'homoncule, les yeux légèrement agrandis et la bouche ouverte de stupéfaction. Elle s'entendit répéter d'une voix blanche, un peu plus aiguë qu'à l'accoutumée.

« Sept cent cinquante ?! »

C'était... BEAUCOUP ! Ça voulait dire qu'il était né avant le Gouvernement actuel ! C'était... c'était fou, comme truc ! Elle n'en revenait pas ! Et pourtant, elle s'attendait à ce que la carcasse de Sieben soit plus vieille que l'apparence qu'elle en donnait mais... mais pas qu'il ait des SIÈCLES d'existence derrière lui ! Une fois le choc initial passé, cependant, elle eut un sourire amusé.

« Ça explique pas mal de choses... Je ne m'attendais pas à un nombre aussi élevé, j'avoue. »

Mais ce n'était pas le plus important. Sieben avait posé des questions qui pesaient énormément, et s'était dévoilé, en plus de demander son aide. Il aurait été cruel de sa part de ne pas répondre, maintenant qu'ils avaient arrêté de jouer aux devinettes. Elle commença par le rassurer, lui annonçant -et c'était vrai- qu'elle pensait pouvoir l'aider. Puis ce fut à son tour de se dévoiler. Elle tenta d'expliquer de son mieux les principes du Corpo Celestial, et ce en quoi elle croyait, de façon plus personnelle. A la tête que faisait Sieben, la rousse devinait facilement que le concept lui plaisait. C'était peut-être son instinct qui lui faisait dire une chose pareille, mais elle avait même l'impression que cette cause lui parlait de la même façon qu'à elle. Qu'il avait... une expérience, qui faisait qu'il avait envie de s'impliquer dans cette cause.

...Mais c'était certainement mettre la charrue avant les bœufs. Après tout, il n'avait peut-être aucune idée de ce dont elle lui parlait, plus encore s'il vivait sur la Lune depuis plus de sept siècles... (Son cerveau bugua encore un instant sur cette pensée : il allait vraiment lui falloir un moment pour que l'information cesse de lui paraître aussi ahurissante.)

Du coup, elle avait choisi de demander à Sieben si il avait déjà entendu parler d'eux. Enfin, du Corpo Celestial en général. Sachant qu'à Epic Jail, on évitait certainement de parler des factions dissidentes encore plus que des pauvres civils, elle se doutait qu'il n'avait pas dû avoir beaucoup d'informations... Ce qu'il lui confirma presque aussitôt. Dans sa réponse, cependant, quelque chose hérissa le poil de la minette. « matériel »... On les considérait comme du matériel. Elle n'arrivait pas à s'expliquer exactement pourquoi, mais cette expression lui donnait envie de griffer quiconque avait pu lui mettre ces idées en tête. C'était bizarre, elle n'était généralement pas aussi impulsive, si ? ...Oh.

Retrouvant son calme, Meena hocha simplement (et doucement, parce que sinon ça fait mal) la tête, pour dire qu'elle comprenait ce que Sieben essayait de lui dire. Elle n'avait rien à ajouter, ceci dit, et attendait qu'il lui pose d'autres questions. Elle aurait pu lui demander des détails sur ce qui faisait qu'il était arrivé à Modula, dans ce quartier mal famé, mais ç'aurait été comme changer de sujet, et...

« … Hein ?! »

La question de l'homoncule la coupa net dans ses pensées. « Qu'est-ce que ce sera » ? Mais de QUOI parlait-il ?! Cette fois, les yeux clairs de la rousse donnaient l'impression de vouloir sortir de leurs orbites. Sa bouche s'était bien refermée, par contre, mais cela ne voulait pas dire qu'elle comprenait mieux qu'un peu plus tôt ce qui était en train de se passer. C'était... surréaliste. Vraiment.

La tête penchée sur le côté, faisant tomber des mèches de cheveux roux devant son visage, Meena écoutait les explications de Sieben avec toujours un peu d'incompréhension, mais au moins son regard avait retrouvé sa taille habituelle. Et puis, il enchaîna avec tout un tas de questions, avant même qu'elle ait le temps de se remettre de l'idée que la personne à qui elle parlait pouvait avoir des « bugs ». ...C'était vraiment n'importe quoi.

Les lèvres pincées, Meena tentait de retenir les tremblements de ses épaules : c'est que ça faisait mal, en plus ! Mais bientôt, elle n'arriva plus à rien et un rire nerveux lui échappa. Rire qui devint rapidement incontrôlable. On sentait pourtant qu'elle aurait préféré s'en empêcher, mais c'était plus fort qu'elle : cette soirée était en train de se transformer en forum de l'irréalisme.

« ...Je... C'est tellement... »

Avouons-le : cette histoire de bug l'avait tuée. Enfin, pas au sens littéral du terme, mais c'était vraiment n'importe quoi. Après quelques secondes, la jeune femme parvint à se calmer, mais ses yeux vert-jaune pétillaient. Aurait-elle eu des moustaches en ce moment précis qu'elles auraient frétillé d'amusement.

« Pardon. C'est juste... Ça t'arrive souvent, de 'buguer' comme ça ? »

Rien que de l'évoquer, on sentait qu'elle était à nouveau à deux doigts du fou rire. Elle se calma rapidement, et son visage retrouva son sérieux alors qu'elle réfléchissait aux réponses que Sieben lui demandait de fournir. Ce n'était pas le moment de s'extasier sur des phrases insolites lancés à des moments peu opportuns.

« ...Céléstial. Un seul mot. C'est liée à l'idée de ciel. Et de magie aussi, un peu... »

A nouveau, un sourire amusé se dessinait sur ses lèvres. Amusé, et quelque peu tendre également. Il avait beau avoir plus de sept cent cinquante ans, il continuait d'avoir des réactions (et des formulations) enfantines qui déclenchaient chez elle cette douceur qu'elle n'avait réservé qu'à ses frères durant leur enfance (et plus rarement aujourd'hui). Alors qu'elle continuait ses explications, elle haussa une épaule (ne voulant pas forcer sur la seconde).

« On fonctionne de façon assez indépendante, mais on répond tous aux mêmes principes. En fait... »

Et ainsi Meena se lança dans l'Historique du Corpo Celestial. Son instinct de bavarde devait reprendre le dessus, parce qu'elle ne lésina pas sur les détails, répondant aux questions de Sieben s'il l'interrompait, expliquant certaines notions qu'il avait peut-être plus de mal à analyser, au vu de son histoire personnelle. Enfin, elle sembla arriver à la fin des explications, et le visage qui s'était éclairé au fur et à mesure de ses paroles (il fallait dire que l'idéaliste convaincue qu'elle était adorait parler de l'organisation, avec ce sentiment d’œuvrer pour ce qui était bien) devint provisoirement plus sombre.

« ...Mais en ce moment, on tourne un peu en rond. Enfin, j'étais sensée obtenir des infos ce soir mais... »

Le ton de la rouquine était amer, et son poing se serra, signe qu'elle ne prenait pas cette escapade aussi bien qu'elle l'aurait pu. Cependant, si les Gouvernementaux étaient sur son dos, cela voulait aussi dire qu'elle était sur une bonne piste, non ?
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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Sam 19 Sep - 20:26

Ça n'avait pas manqué ! Heureusement qu'ils étaient assis, sinon son interlocutrice serait sans doute tombée sur le cul. Amusé et assez fier de son effet, il hocha la tête en signe d'approbation. Fallait bien s'amuser avec ce qu'on pouvait hein... Il y avait suffisamment d'inconvénient à la vie d'homoncule pour qu'il se sente permis de profiter à fond des quelques rares avantages qui allaient avec le statut. Être le témoin visuel d'une expression faciale qui aurait mérité d'être encadrée à un mur des faits épiques de l'année, par exemple.

Cela dit, descendu de son nuage euphorique, il jugea utile d'arrêter les excès de vanité et d'apporter quelques précisions à la jeune femme. Elle n'était pas non plus en face du Grand Sage Machin Bidule Il Ne Savait Pas Trop Quoi : à Epic Jail, la vie était arrêtée. Il avait gagné des connaissances en mécanique, en programmation (forcément...), et il avait aussi appris certaines choses et concepts que seuls les adultes connaissaient, le langage, et le cynisme. Mais à part ça... il aurait pu n'avoir passé que trois mois sur la lune que ça aurait été pareil. Son visage s'adoucit (sans bugs, cette fois).

"Ca ne veut pas forcément dire grand chose... J'ai à peu de chose près l'impression d'avoir répété le même jour à l'infini depuis que je suis arrivé là-bas... et jusqu'à ce que je me retrouve ici."

Suite à une présentation succincte des Corpo Celestial, Sieben avait encore plus de questions. La méthode qu'il choisit pour trouver laquelle poser lui valut un instant d'embarras mémorable. Enfin...  Il aurait pu être archivé et oublié plus facilement, disons, si la rouquine n'avait pas appuyé là où ça faisait mal en éclatant de rire en souvenir de sa bévue. Son visage réagit en simulant une grimace gênée, puis une moue aussi boudeuse qu'il se sentait l'humeur d'être. Hey ! C'était pas drôle... Elle verrait elle, si elle avait passé un temps considérable à rouiller au fond de l'océan ! Bon ok : ce bug là ne venait pas des dysfonctionnements matériels qu'il rencontrait depuis son réveil, mais d'une erreur de procédure dont il était le seul responsable. Mais quand même !

"...Comme je t'expliquais, j'ai barboté dans l'eau de mer suffisamment longtemps pour que ça me court-circuite des trucs... Pis c'est pas comme toi qui peut arrêter de parler quand tu veux ! Si je lance une procédure automatique sans faire gaffe, c'est trop tard pour l'arrêter même si je me suis planté quelque part... Faut vraiment que j'arrêter d'utiliser les procédures automatiques."

Il était sur Terre, maintenant. Il allait pouvoir être, ou devenir humain dans la limite de ce que les technologies et magies actuelles lui permettraient. Il fallait qu'il arrête d'agir comme une machine lorsque ça l'arrangeait. Devenir humain... Il osait à peine frôler cette pensée. Et si la caverne d'Ali Baba de contrebande renfermait un trésor suffisamment puissant pour réaliser son rêve ? Ah.. ! C'était cette pensée non formulée qui avait dû lui piquer l'esprit tout à l'heure. Les Corps Peau Sel et Stiale... Si il travaillait avec eux, si il intégrait leurs rangs, il pourrait faire d'une pierre deux coups : empêcher les usages abusifs de la magie, et potentiellement annuler les effets de celui dont il avait été la victime. C'était le destin. C'était ce qu'il devait faire. Il ne pouvait en être autrement.

Sagement, il écoutait les explications de la jeune femme. Plus elle avançait dans son récit et plus Sieben était certain de savoir ce qu'il devait faire... D'avoir trouvé sa vocation. C'était un sentiment agréable et rassurant, par rapport à l'incertitude avec laquelle il avait dû faire jusqu'à présent. Restait à voir si on le laisserait rentrer si facilement... Il était motivé à l'idée de faire ses preuves, en tous les cas. Il avait donc bon espoir. La rouquine se tut au moment où elle abordait les évènements qui les avaient menés dans ce bâtiment. Sieben baissa les yeux, pensif. Il aurait pu poser des questions sur la mission qu'elle était venue mener à bien, ça aurait semblé aller dans la suite logique de la discussion. Seulement ça les aurait éloignés du principal et surtout, ils pourraient y revenir plus tard. Surtout si il rejoignait la partie : il fallait déjà faire en sorte ce que problème... devienne son problème. Et pour ça, il lui fallait dévoiler ses dernières cartes. Vu ce qu'étaient les Corpo Celestial... Il n'aurait pas été juste ni judicieux qu'il cache ce qu'il était lui. Dévoiler l'information était une première forme de coopération. Les homoncules étaient considérés comme une forme d'artefacts. Il l'avait déjà entendu, mais jusqu'à présent il n'avait jamais su ce que ça voulait dire.

"... Tu vas en obtenir d'autres. Je sais pas ce que tu cherchais, l'importance que c'était censé avoir... Mais je suis à peu près certain que ce que j'ai à raconter te laissera pas indifférente. Enfin... Même si t'as déjà dû comprendre deux trois trucs..."

Mortellement sérieux il se figea durant plusieurs secondes où il mémorisa son plan de récit. Littéralement.

"Je suis un homoncule. Tu ne sais pas ce que c'est, c'est normal : le secret de notre existence fait partie des priorités absolues du gouvernement. Ils nous ont gardé parce qu'on était bien pratique, mais on est issu des pratiques d'un régime politique qui était potentiellement encore plus sanglant que l'actuel. Attend... tu vas comprendre."

Les gestes valaient mieux que la parole pour que l'esprit puisse, parfois, cerner ce dont il était témoin. Il décida de ne pas lésiner sur la mise en scène : il aurait pu faire tout ça sans parler, mais il voulait tout de même la prévenir un minimum de ce qu'elle allait voir. Il opta donc pour les commandes vocales :

"Procédure : Maintenance des circuits faciaux. Maintenance des circuits cérébraux. Option monitorée, coupe sagittale. Procéder."

Le visage du l'homoncule se détendit jusqu'à paraître totalement atone. Ses yeux perdirent leur lueur de vie. On entendit comme un chuintement d'air comprimé puis le masque de son visage s'avança littéralement sur plusieurs centimètres avant d'être soulevé, coulissé vers le haut par deux leviers. On put alors voir l'intérieur de son crâne : un mic mac monstrueux de micro-circuits, de câbles, de petites pinces mécaniques qui s'activaient toutes seules dans tous les sens pour pianoter dans les circuits. Quelques secondes plus tard, il jugea que c'était suffisant. Sa voix sortit directement de la cavité de sa "gorge" dénudée.

"Procédure : Annulation des maintenances. Procéder."

Et tout redevint comme avant, à cela près que ce qui avait été vu ne pouvait plus être oublié. Après s'être assuré que Meena n'avait pas tourné de l'œil, le robot expliqua :

"Ils savaient faire des capsules magiques... Je ne sais pas si ça avait un nom. Maintenant ils ne savent plus. Ils la faisaient avaler à des gens, leur faisaient toucher un objet métallique, et ils  les tuaient. Grâce à la capsule, la conscience de la victime était transférée vers l'objet. C'est comme ça qu'ils ont créé les seules véritables intelligences artificielles qui ont jamais existé. En piégeant des gens dans des robots d'élite."

Devait-il parler de lui plus particulièrement ? Sans doute... Si il voulait qu'on accepte sa candidature. Qu'on lui fasse confiance, malgré sa constitution synthétique. Ses circuits réflexes lui firent détourner les yeux. Son âme saignait.

"J'ai été élevé dans un orphelinat où tous les enfants étaient voués à servir de cobayes : sans famille, personne ne s'inquiétait de nos disparitions. On nous faisait croire qu'une famille d'accueil nous avait choisi, mais qu'il fallait passer un examen médical préventif avant de sortir. Ils en profitaient pour nous faire gober la capsule en nous faisant croire que c'était un médicament. Je te laisse deviner ce qui arrivait ensuite..."

Quelques secondes passèrent... Il se rendit compte qu'il n'avait jamais raconté cette histoire. Là-haut, tous les homoncules la connaissaient pour l'avoir vécue, ou en avoir vécue une similaire. Et les humains ne s'intéressaient pas à eux.

"... Ça va te paraître rapide, mais je pense que tu peux cerner pourquoi maintenant : je voudrais pouvoir vous aider. Est-ce que c'est possible ? Techniquement, tu ne peux pas me laisser partir si facilement, non ?"

Il se pointa du doigt, l'air faussement roublard : la machine parvenait parfaitement à simuler l'air bravache qu'il avait voulu se donner tout en n'étant pas capable de tels exploits si facilement. C'était trop tôt après son récit.

"Il paraît que les homoncules sont une forme d'artefacts. Les scientifiques, ils disaient plein de trucs incompréhensibles, et ils disaient aussi ça. Ca tombe bien non ?"

Espérons tout de même qu'elle n'essaierait pas de l'enfermer dans la Caverne avec les autres jouets confisqués.
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Dim 20 Sep - 20:59

C'est qu'il se moquait d'elle, le saligot !

Malgré son état d'ahurissement, Meena était encore capable de réaliser que le sept fois (et demi!) centenaire était en train de se payer sa tête. Hey ! Fallait quand même avouer que c'était pas commun de croiser des gens qui faisaient 70 fois moins que leur âge ! Mais bon, dans la robotique, c'était peut-être un lieu commun, qu'est-ce qu'elle en savait, elle...

Elle fit une remarque et Sieben lui répondit, peut-être dans le but de la désillusionner un peu. Ah oui, effectivement, ses propos pouvaient laisser penser qu'elle le mettait sur un piédestal de la Grande Connaissance... Elle le détrompa rapidement, d'un sourire.

« C'est pas ce que je voulais dire... Simplement, ça explique les écarts entre ton apparence et ton comportement. J'ai rarement vu un enfant provoquer les chacals du Gouvernement comme ça, et pourtant j'ai grandi dans un quartier qu'on dit mal famé... »

Et puis, ils commencèrent à parler du Corpo Celestial, et Sieben posa une question complètement hors contexte. Il n'en fallut pas plus à la rousse pour se mettre à rire. Ah ha, et qui se moquait de qui, maintenant ?! Apparemment, l'homoncule semblait apprécier cela autant qu'elle. Meena n'était pas certaine de savoir pourquoi, mais elle trouvait cela encore plus amusant. La moue boudeuse que le garçon lui servait en ce moment même lui donnait presque envie d'en rajouter. Il était mignon quand il boudait !

« Bah, il m'arrive de parler sans réfléchir et de me rendre compte trop tard que je n'ai pas dit ce qu'il fallait... Mais je crois que tu me bats ! »

Elle lui fit un clin d'oeil amusé, et résista à la dernière minute à l'envie de lui tirer la langue. Allons, il fallait qu'elle se tienne un minimum, quand même ! Elle devenait l'Ambassadrice de l'organisation aux yeux de Sieben, si elle se comportait comme une gamine, elle n'allait pas vraiment permettre au robot de les prendre, elle et les autres membres, au sérieux. Il était donc grand temps qu'elle se calme, et qu'elle rentre dans des détails plus techniques.

Une (longue) explication de ce qu'était le Corpo Celestial plus tard, la discussion vira rapidement sur la raison de sa présence dans le coin. Encore vexée de s'être fait piéger, Meena retenait l'envie qui la prenait de sortir de cette pièce et de retrouver ce qu'il rester des soldats qui les avaient poursuivis pour lui montrer de quel bois elle se chauffait. Mais ce n'était pas la bonne solution, et elle le savait. Elle devrait réguler sa colère et faire en sorte que son mauvais caractère soit un peu plus conciliant... ce qui n'était pas une mince affaire. Cependant, les paroles de Sieben lui firent tourner la tête dans sa direction, tout agacement envolé au profit de son éternelle curiosité, et -il fallait l'avouer- d'un amusement certain.

« Parce que tu as encore des annonces extraordinaires à me faire ? »

Elle plaisantait à moitié, mais la rouquine était loin de se douter de ce qui allait lui tomber dessus dans les prochaines minutes. Retrouvant peu à peu son sérieux, elle écouta les explication du rob...non, de l'homoncule. Ses sourcils se froncèrent : qu'est-ce que c'était encore que ce truc ?! Un régime pire que l'actuel ? C'était quand même difficile à croire, et pourtant, Meena était prête à le faire : la cupidité des hommes n'avait pas de limites, malheureusement.

De froncés, ses sourcils se haussèrent quand Sieben lui annonça qu'il allait comprendre, avant de parler de procédures et de maintenances. Il cherchait peut-être à être clair, mais elle, elle ne comprenait absolument RIEN. Et puis, son visage se décolla -littéralement- du reste de sa tête.

« AAAAAH ! Mais qu'est-ce que... ?! »

D'instinct, la jeune femme eut un mouvement de recul. Déjà, voir ces deux billes grises devenir totalement vides d'émotion était désagréable, mais là, ça atteignait des proportions jamais vues ! Remise de sa surprise, la rousse tourna un regard vers le reste de la tête de Sieben, et frissonna. Brrr, tous ces câbles, et ces pincettes qui lui faisaient elle ne savait quoi dans la tête, c'était extrêmement dérangeant. Rien que d'imaginer ce qu'on pourrait ressentir si... brr ! Avant de pouvoir s'en empêcher, elle laissa échapper un long feulement, incapable de trouver une réaction correcte à avoir dans ce genre de situation. Son instinct animal prenait le dessus, et ce dernier lui criait d'avertir la menace qu'elle n'était pas une proie si facile.

Heureusement pour sa sainteté d'esprit, l'homoncule annonça la fin des maintenances (quelles qu'elles soient). Ce n'était pas plus mal, même si entendre la voix de Sieben venir d'un trou sensé lui servir de gorge était sûrement tout aussi dérangeant que le reste. Elle ne savait toujours pas quoi penser de tout cela -et à la façon dont ses yeux vert-jaune fixaient le visage de son vis-à-vis sans sourciller, on pouvait s'en rendre compte- quand le jeune garçon -d'apparence, du moins- reprit ses explications. Alors, les yeux de la femme-chat retrouvèrent un mouvement, et une expression. Ils étaient sombres, lourds d'une colère qu'elle tentait de retenir de son mieux. Dès qu'elle avait entendu les mots « capsules magiques », une explication s'était formée dans son esprit, que l'homoncule confirma bien assez tôt. Une manipulation technico-magique. Encore une. Qui ruinait des vies et transformait de pauvres innocents en robots... Peut-être avait-il raison, finalement, quand il affirmait que le gouvernement de son époque était pire encore que celui-ci.

La colère dans les yeux de Meena laissa place à la tristesse quand elle entendit Sieben lui raconter son histoire. Elle sentait quelque chose se tisser entre eux, et elle eut soudainement envie de le prendre dans ses bras pour lui faire un gros câlin. Cependant, elle se retint. Il ne servait à rien de se laisser aller aux bons sentiments pour le moment. Et puis, l'homoncule n'avait pas besoin de ça, pensait-elle. Néanmoins, elle fit quand même un mouvement, posant une main rassurante sur le genou à sa portée en signe de soutien.

Quand elle l'entendit lui demander si elle pouvait les aider, Meena sourit, amusée. Pour une fois, elle voyait clair dans le jeu du garçon, et se doutait bien qu'il n'était pas aussi sûr de lui qu'il en donnait l'air. Elle aurait presque envie d'en jouer, mais il lui coupa l'herbe sous le pied. A nouveau, ses yeux clairs s'agrandirent, avant de briller d'une lueur de compréhension. Elle porta la main de son bras valide à sa joue, qu'elle gratta d'un geste distrait, comme pour l'aider à réfléchir.

« ...C'est possible. Ces capsules dont tu parles seraient définitivement considérées comme artefacts basiques, alors un... homoncule complet, ça paraîtrait logique. »

...Et puis mince. Elle avait envie de jouer. Les yeux rieurs, elle lui lança sur un ton néanmoins très sérieux.

« Je devrais peut-être te kidnapper et te mettre avec les autres ? »

Il ne fallut que quelques secondes pour que la petite rousse n'éclate de rire, avant de poser sa tête sur l'épaule de l'homoncule à ses côtés.

« Non, je plaisante... Malin comme tu es, tu trouverais le moyen de t'échapper, de toute façons. »

Meena resta un moment dans cette position, silencieuse. On aurait presque dit que la fatigue avait repris le dessus et qu'elle allait s'endormir, là, comme ça, en pleine discussion. Mais sa voix retentit à nouveau dans l'entrepôt presque vide.

« Je pense que tu nous serais d'une grande aide, Sieben. Après tout, tu me l'as déjà prouvé. »

Il lui avait sauvé la vie. Et il lui avait prodigué les premiers soins. Il était lui-même plus que concerné par toutes ces histoires d'artefacts, il en était l'incarnation. Lui refuser le droit de prétendre appartenir au Corpo Celestial serait ridicule, et particulièrement malvenu. Elle ne pouvait prendre la décision elle-même, mais elle savait déjà qu'elle soutiendrait sa candidature.
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Lun 21 Sep - 8:20

Elle ne pensait pas si bien dire. Des annonces "extraordinaires", il n'avait à peu près que ça en stock. Enfin ça et quelques bibliothèques de manuels de mécanique, d'électronique, ainsi que les plans d'intervention des zones d'Epic Jail dont il était responsable, certes. Mais si il commençait à lui parler de ça, il allait la tuer d'ennui. A défaut, il la tua autrement, c'est à dire en lui permettant de voir l'intérieur de sa tête. A la différence des cyborgs, Sieben n'avait plus une seule partie de son corps qui était organique. Notamment, il avait des câbles et des circuits à la place du cerveau, ce qui lui semblait suffisamment parlant : les intelligences artificielles dotées de conscience n'étaient pas censées pouvoir exister. C'était un lieu commun. Elle devait donc commencer à se demander par quelle magie une chose pareille avait été rendue possible. Lorsqu'il referma sa tête et récupéra ses capacités visuelles, il put voir que Meena avait réagi d'une façon... Ah. Inattendue. Son expression corporelle gardait une trace de surprise dégoûtée. Il l'avait bien entendue s'exclamer et pousser un bruit bizarre - dont il n'était pas certain qu'il soit entièrement humain d'ailleurs - mais il n'avait pas réussi à comprendre ce que ça pouvait signifier. Étonné, il cligna des yeux.

"... oh. Pardon. Mais c'est rien hein ! Pas pire que de soulever le capot d'une bagnole."

... Ça se disait comme ça ? Il n'en savait rien. Il n'avait jamais vu personne faire ça avant il y avait quelques jours, où ça lui avait paru logique : tout ce qui était mécanique pouvait casser et/ou avoir besoin d'une maintenance. C'était un truc qui était commun à la Terre et à Epic Jail.

" Tu vois où je veux en venir ? Mon corps est 100% artificiel. Par contre je t'assure que je suis 100% conscient. De toute façon ça existe pas les intelligences artificielles capables de prendre en compte un contexte, alors si ça avait pas été le cas on aurait eu du mal à discuter."

Il enchaîna sur les capsules magiques et la notion d'homoncule. Et hop, en quelques secondes, la rousse était au courant d'un secret gouvernemental si délicat qu'elle aurait pu se faire tuer pour ça. Mais bon, Sieben ne culpabilisait pas trop : étant données les circonstances de leur rencontre, elle n'avait pas l'air d'avoir besoin de lui pour s'attirer les foudres - et les balles - du gouvernement. Ce qui s'expliquait aisément par son implication dans le groupe des Corpo Celestial qu'elle venait de lui présenter. Comme il résumait grossièrement son enfance et la façon dont on la lui avait arrachée,il se rendit compte que ce n'était pas très agréable. Il avait mal à ce corps fantôme qu'on lui avait pris. Il aurait sans doute eu la gorge serrée si une telle chose avait été possible. Meena posa une main sur son genou. Le geste attira sa curiosité. Il avait oublié ce que c'était, la compassion humaine... Ces gestes qu'ils avaient entre eux. Les homoncules ne gardaient ces réflexes qu'au tout début de leur vie. Ensuite, comme le toucher ne leur procurait de toute façon aucun réconfort puisqu'ils n'étaient pas capables de "sentir" au sens que les humains comprenaient, ils perdaient ces réflexes. Enfin.. Peut-être que les modèles d'homoncules les plus récents avaient été dotés de sens perceptifs plus élaborés, mais Sieben n'avait pas cette chance : il avait été conçu au débuts de la technologie des homoncules, lorsqu'elle avait commencé à être maîtrisée. Sa tête tourna, ses yeux fixèrent la main, emprunts d'une forme de culpabilité étrange : il regrettait de ne pas pouvoir apprécier ce genre de choses à leur juste mesure. Toutes ces années à vouloir qu'on le traite comme un humain... Et maintenant que quelqu'un était suffisamment sympa avec lui pour le faire, il n'était pas capable d'avoir les réactions adéquates. Il se concentra pour essayer de se souvenir : parfois, la magie de la capsule lui permettait d'avoir des perceptions fantômes, comme des réminiscences magiques de son ancienne existence. Il se souvenait d'avoir beaucoup apprécié les étreintes. De ce qu'on lui avait raconté, sa mère lui avait sauvé la vie au détriment de la sienne en le réchauffant dans ses bras lorsqu'il était si petit qu'il ne se rappelait de rien. ..... 45896 points touchés sur trois zones. Ménisque gauche, de X=120.324 Y=564.526 à........ Rien à faire.

"..."

Il décida de ne rien dire : il avait déjà lâché suffisamment de bombes en peu de temps et même si généralement il était d'un naturel cynique, direct, sans beaucoup de tact ni de gentillesse, Meena était un peu différente. Il commençait à bien l'aimer. Déjà, elle le traitait comme une personne malgré ce qu'il lui avait appris et en plus, elle avait les mêmes préoccupations que lui. Et puis elle était d'accord pour l'aider. C'était une gentille humaine, comme il n'avait pas été certain qu'il en existe vraiment. Ses expériences passées ne lui avaient pas vraiment permis d'en rencontrer. Tous ceux qu'il avait cru gentils avaient fini par le trahir. D'ailleurs peut-être qu'il aurait dû se méfier un peu plus... Mais c'était difficile. Il lui faisait confiance. Sa naïveté était et resterait ce qui le perdrait à chaque fois. Il espérait que cette fois, son radar à personnes véritablement gentilles aurait un peu mieux fonctionné que d'habitude.

... Et il eut un bref doute lorsque suite à ses annonces successives, elle émit l'idée de l'enfermer avec les autres artefacts, comme il l'avait légèrement craint en lui rapportant les paroles des scientifiques. Incapable de cacher son angoisse, il grimaça et ricana. sa voix paraissait faussement amusée. Ses systèmes simulaient parfaitement le doute et la tension qu'il ressentait. Pourquoi fallait-il qu'ils se remettent à fonctionner à la perfection pile lorsqu'il aurait préféré cacher ses doutes ? Il aurait pu baisser son niveau d'expressivité, mais il ne voulait pas user de cette solution de facilité : après tout, son objectif à long terme était de se rapprocher le plus possible de l'être de chair qu'il aurait dû rester.

"... C'est toujours mieux que de se faire choper par le Gouvernement et de retourner sur Epic Jail... Mais j'avoue que j'en ai un peu marre d'être enfermé. On peut faire autrement ?"

Elle lui avoua ensuite que c'était une blague, et il se sentit très bête. Il fallait dire qu'il avait l'habitude qu'on le traite de la sorte et que c'était la première fois que quelqu'un disait ce genre de trucs sur lui sans être sérieux. Un sentiment euphorique le traversa : d'une, elle n'avait pas l'intention de le mettre en boîte plus qu'il ne l'était déjà au naturel, de deux, elle donnait son aval pour sa candidature. Fini le temps où il tournait en rond sans savoir par quoi commencer ! Il avait un objectif !

"Super ! Je... AaaAaaAH !"

Sa voix venait de déconner bien comme il faut : les variations électroniques qu'elle avait subies tandis qu'il criait étaient les conséquences d'un parasite parfaitement involontaire. Et ce n'était pas le seul truc qui avait décidé de se remettre à buguer d'un coup : sa jambe l'avait lâché tandis qu'il était en train d'essayer de se remettre debout... Et ses systèmes de rééquilibrage ne répondaient plus. Merde ! Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas déconné à ce point. Il se vautra par terre lourdement. Ses centaines de kilos n'étant pas très discrètes, la chute provoqua un énorme "BONG" métallique suivi d'une onde de choc qui fit vibrer tout le bâtiment. Si il restait encore quelqu'un dehors à surveiller les alentours, il aurait forcément entendu ça. Il écarquilla les yeux, conscients de la gaffe dont il n'était pourtant pas exactement responsable... Plaignez vous à l'eau de mer qui avait rongé ses circuits.

"... Dis, tant que le sujet est chaud là... Y aurait pas un bon mécano dans l'organisation ? Parce que je crois que j'ai besoin de réparations sévères à des endroits que je peux pas atteindre..."

Un coup d'œil à sa batterie lui indiqua qu'elle n'avait chargé que de quelques pauvres pour cents. Il allait devoir faire avec. Il poussa un soupir blasé.
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Lun 21 Sep - 10:24

Pas différent que de soulever le capot d'une voiture ?! A l'expression qu'arborait Meena pour toute réponse, yeux toujours grand ouverts et grimace dégoûtée, il était clair qu'elle en doutait sincèrement. Pour elle, l'idée de se soulever le visage était quand même sacrément dérangeante. Mais il fallait dire qu'elle avait déjà pris le parti de considérer Sieben comme un être de chair et de sang, quand lui ne se voyait que comme une machine. Il leur faudrait trouver un entre-deux, ce qui prendrait certainement un peu de temps. En attendant, ils allaient essayer de fonctionner avec leurs différences, hein… Même si ça paraissait compliqué à première vue.

« ...Ouais, si tu le dis. »

Ou comment annoncer de façon à peu près politiquement correcte que l'on n'était absolument pas convaincue. Mais bon, ce n'était pas comme si elle pouvait se mettre à la place l'espace d'un instant pour imaginer ce qu'il vivait… C'était un peu comme si elle lui demandait de réagir comme un chat. Il en serait incapable. Tiens, d'ailleurs, ça pourrait être une bonne blague à lui faire, si jamais elle trouvait l'occasion de lui parler de sa magie à elle…

En général, la rouquine ne parlait pas de cette capacité de changer de forme. Elle avait rapidement compris que moins il y avait de personnes au courant, mieux c'était. Mais Sieben était différent. D'abord, il voulait travailler avec elle. Et ensuite, il était en train de lui expliquer quelque chose d'aussi insolite qu'ultra-secret. Elle hochait la tête, alors que son cerveau tentait de concilier ce qu'elle avait vu et les informations qu'on était en train de lui fournir. Son compagnon d'infortune était foutu comme un robot, avait des fusils au bout des doigts et une carcasse en métal, mais il n'était pas un robot. Il était plus que ça. Il était un humain qu'on avait enfermé dans une boîte.

Alors qu'il lui expliquait le principe des homoncules, Meena sentit la colère la transpercer. Sa haine pour le Gouvernement et ses scientifiques assoiffés de pouvoir ne faisait qu'accroître au fut et à mesure des notions que Sieben lui présentait. Elle ne comprenait pas ce qu'il pouvait passer par la tête des malades qui avaient eu l'idée de telles expériences. Autant de cruauté lui était difficilement imaginable, et pourtant elle n'hésitait pas à planter ses poignards dans d'autres êtres humains. Mais elle ne faisait pas ça par plaisir, ou par pur intérêt scientifique : elle essayait de sauver sa peau.

Et puis, l'homoncule lui raconta sa propre histoire. C'était encore pire que le reste. Meena avait beau savoir que les pauvres et les innocents étaient les premiers à souffrir dans ce genre de situation -ils étaient de ceux que l'on ne chercherait pas, qui ne « manqueraient à personne », quelque chose dans le récit de Sieben la rendait infiniment triste. Son cœur se serrait. Elle n'était pourtant pas des plus tendres : elle détestait les autres en général, les enfants en particulier, et possédait un recul sur la vie depuis la mort de Maël qui avait érigé un mur de cynisme et d'ironie autour de ses bons sentiments. Elle évitait d'en avoir, sachant que c'était par là qu'on finissait par se jouer des gens et qu'on avait le plus mal. Il lui arrivait d'en jouer elle-même, quand elle devait parvenir à ses fins et qu'il s'agissait du moyen le plus efficace. Mais là, impossible d'ignorer ce sentiment, cette douleur. Peut-être parce que, inconsciemment, elle faisait un parallèle nébuleux entre la personne à l'apparence de jeune garçon qui lui faisait face, et l'adolescent à l'apparence trop enfantine qu'elle aurait voulu être capable de sauver il y a des années de cela maintenant. Mais elle ne voulait pas réfléchir aux raisons qui l'avaient poussée à poser sa main sur le genou de Sieben. Elle l'avait fait, un point c'est tout. Elle ne voulait pas penser plus loin. C'était trop douloureux.

La conversation dériva, l'empêchant de se plonger dans ses propres souvenirs -et c'était tant mieux. L'homoncule lui expliqua qu'il était sûrement un des éléments que le Corpo Celestial recherchait, et après réflexion, cela paraissait logique. En temps normal, la réponse adéquate aurait été de le désactiver (ou plutôt d'attendre que sa batterie se décharge complètement) et de le mettre à l'abri avec les autres artefacts qu'ils avaient déjà réussi à compiler. Meena n'avait même pas laissé le temps à cette hypothèse de se former dans son esprit. Sieben voulait les aider, et pour elle, il était déjà un compagnon de haut rang. Il lui avait sauvé la vie, au détriment de ce qu'elle comprenait maintenant être le secret de sa propre survie, car si le Gouvernement apprenait qu'il était sur Terre en état de fonctionnement, il lui ferait la chasse jusqu'au bout. Et bien, elle était prête à donner au Panthéon d'autres raisons de lui courir après.

Elle ne résista cependant pas à lui faire une petite plaisanterie, en insinuant qu'elle pourrait effectivement l'enfermer dans un coin. Elle entendit son rire forcé, et fit clairement qu'il n'était pas aussi à l'aise qu'il voulait le faire croire. Un sourire amusé éclaira son visage juste avant qu'elle n'éclate de rire pour lui annoncer qu'elle plaisantait. Évidemment, qu'ils pouvaient faire autrement. Si ça n'avait tenu qu'à Meena, elle l'aurait déjà adopté comme un membre de l'organisation à part entière.

La rousse avait redressé la tête quand Sieben avait recommencé à parler, et grand bien lui en prit : elle eut le droit à la vision d'une dégringolade spectaculaire en place VIP. Passé l'étonnement de la secousse qui lui fit -encore- ouvrir de grands yeux (il est vrai qu'à le voir comme ça, on ne s'attend pas à ce qu'il soit aussi lourd, mais forcément, avec toutes ses armes et ses câbles…), elle eut un nouveau rire amusé, qui dura un bon moment. Jusqu'à ce que l'homoncule prenne à nouveau la parole, en fait. Et même là, elle était toujours un peu amusée. Voire beaucoup. Et ça s'entendait dans son ton joueur en plus de se voir dans ses yeux qui pétillaient.

« ...quand je pense que tu voulais qu'on fasse profil bas… J'espère qu'ils sont partis ! »

La menace sous-jacente n'était pas des plus drôles, mais la rouquine n'était pas effrayée. S'il y avait encore des soldats dans le coin, ils ne faisaient certainement que patrouiller. Ils avaient dû se dire qu'ils avaient perdu leur trace, depuis le temps qu'ils s'étaient cachés ici. Doucement, pour être sûre que la perte de sang due à sa blessure n'allait pas lui faire tourner le l’œil aussitôt qu'elle se serait mise sur ses deux jambes, Meena se leva, prenant appui sur le mur dans son dos.

« Ça doit pouvoir se trouver. Personnellement, la mécanique, c'est pas mon truc, mais on devrait pouvoir contacter quelqu'un. »

Dans le pire des cas, elle avait bien quelques contacts de confiance externes à l'organisation qui pourraient s'en charger, mais l'appartenance de Sieben aux homoncules était une information tellement sensible qu'elle préférerait qu'ils s'en chargent en interne. Et d'ailleurs, elle était certaine qu'au vu de la formulation de la demande, son nouveau collègue pensait la même chose.

« Rentrons chez moi. Tu pourras continuer de charger et ce sera plus simple. »

Bon, son appartement était quasiment vide, depuis qu'elle avait déménagé à Sérégon, mais il restait l'essentiel. Et puis, elle avait faim. Se prendre des balles dans l'épaule et rencontrer un artefact vivant pouvait avoir ce genre d'effets, apparemment.
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