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 Retour au bercail. [PV Sieben]

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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Lun 21 Sep - 20:45

Ça devait être dur à cerner pour une personne qui avait toujours vécu une existence organique, simple et... "monolithique", en quelque sorte. Sieben ne considérait pas entièrement ce corps comme étant lui... C'était un outil qui lui permettait d'interagir avec le monde et de le percevoir un minimum, certes. Au delà de ça, il était avant tout une conscience qui faisait bouger ce tas de ferraille en utilisant ses systèmes comme une espèce de "tableau de bord". Il n'avait donc aucun mal à parler de sa carcasse comme ce qu'elle était : une machine. Puis bon, fallait aussi dire qu'ils avaient l'habitude de s'ouvrir dans tous les sens pour se mettre à jour, se reconfigurer ou se réparer là-haut... des mœurs relativement rares chez les êtres humains pour qui l'étape de fermeture était un peu plus délicate.

Il n'insista pas cela dit : pour qu'elle comprenne, mieux valait lui raconter son histoire. Quelques minutes plus tard, Sieben se sentait dérangé d'avoir raconté tout ça, mais en même temps soulagé. Ils se comprenaient un peu mieux et -même si il ne connaissait pas grand chose de son interlocutrice quant à lui si ce n'est son appartenance au Corpo Celestial - il n'avait plus rien à cacher. C'était étrangement agréable.

Il crut bien qu'il avait été trop bavard lorsqu'elle fit mine de vouloir l'enfermer avec le reste des artefacts, mais elle lui annonça rapidement qu'il ne s'agissait que d'une plaisanterie. Mieux : elle lui annonça qu'elle appuyait sa candidature au Corpo Celestial et, même si il se doutait que ça ne serait pas si simple, qu'elle ne déciderait pas toute seule, l'idée était devenue possible. C'était suffisant pour le rendre euphorique. Trop enthousiaste en fait vu l'état de santé de sa carcasse trop rouillée. Il dégringola dans un bruit monstrueux, bientôt suivi par le rire perlé de son interlocutrice. Une grimace plate déforma encore son visage lorsqu'elle se moqua de lui, à raison. Enfin... Même si il ne considérait pas avoir spécialement manqué de prudence. Qui aurait pu deviner qu'un muscle déciderait de le lâcher pile au moment où il essaierait de se mettre debout ?

"Oui j'ai cru remarquer que je venais de complètement détruire notre bonus de discrétion... Heureusement que c'est arrivé maintenant et pas avant. Mais il va quand même falloir partir..."

On était jamais trop prudent. Selon l'importance qu'ils accordaient à la capture de Meena, les soldats pouvaient être restés dans le coin. C'était peu probable, mais c'était possible. L'homoncule détestait quand une chose mauvaise était possible, aussi peu probable fut-elle : par le passé, le peu probable désagréable lui était tout de même souvent tombé sur la gueule.

Prudemment, il s'appuya sur un genou... puis l'autre. Un bras... Puis l'autre. Enfin il étendit ses deux mains l'une après l'autre, posa les pieds au sol et se redressa prudemment. Il avait l'air de tenir en équilibre. Tout était redevenu normal. Sérieusement... Il était plutôt content que la rouquine ait l'air de savoir qui contacter, parce que si ces bugs devenaient récurrents, en situation critique ils pourraient causer de sacrés problèmes. C'était un coup à tuer ses éventuels compagnons (puisque lui.. eh bien. Il était difficilement tuable sous cette forme).

"Ça c'est une bonne nouvelle ! Puis je dirais pas non contre deux ou trois améliorations aussi... la technologie a évolué depuis que j'ai été transféré. Cette machine va pas tarder à devenir une antiquité préhistorique."

Elle proposa alors de sortir et d'aller chez elle. Sieben aurait voulu continuer à charger encore un peu avant leur départ mais... Eh bien ils n'avaient plus le choix maintenant qu'il avait gaffé. Il s'approcha de la prise murale, mais pris tout de même le temps de jeter un "œil" à Meena. La clarté de son champ visuel périphérique n'avait rien de commun avec celle d'un terrien. Il n'avait pas eu à tourner les yeux pour observer sa blessure en détail - il avait même fait un zoom dessus pour vérifier. Encore de mauvaises habitudes dont il faudrait qu'il se départisse un de ces jours...

"Ça va aller ? Ça douille pas trop ?"

Hopla, son câble était débranché. Il fit en sorte de détacher l'adaptateur, de le mettre dans sa poche, puis il enroula le câble pour le ranger là où il ne gênerait plus personne : il se cassait déjà la gueule sans. Inutile de tenter le diable.
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Mar 22 Sep - 13:52

Cette distinction entre son corps physique et son « âme », en quelque sorte, Meena pourrait certainement l'appréhender plus facilement que d'autres, avec un peu de temps. Après tout, ne partageait-elle pas elle-même sa conscience entre deux corps ? C'était un peu différent, mais s'ils en discutaient plus profondément la rouquine serait certainement capable de comprendre le point de vue de l'homoncule. Mais pour ça, il faudrait qu'elle lui parle de son secret à elle... Et ce n'était pas encore exactement le moment. Elle n'allait pas échanger ses révélations contre les siennes, comme ça, dans une histoire de surenchère stupide.

...Sieben gagnerait haut-la-main, de toute façon.

Il lui expliquait en détails ce qu'il était, et ce qui l'avait amené ici. Suite à ses questions, Meena commença à lui parler en détails du Corpo Celestial, où elle pensait déjà qu'il avait sa place. Il eut une réaction assez étrange quand elle le lui annonça, et une fois de plus elle ne résista pas à l'envie de rire, se moquant gentiment. C'était bizarre, mais cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas autant « lachée » devant quelqu'un qui n'était pas un membre de sa famille. Et pourtant, ce qu'elle partageait avec lui n'avait rien à voir avec ce qu'elle pouvait se permettre avec ses parents et son frère. C'était étrange, différent. Ça faisait du bien.

Ses yeux brillaient encore d'amusement quand Sieben lui répondit avec une grimace qu'il avait bien conscience d'avoir gâché leur avantage de discrétion, mais elle retrouva son sérieux quand il lui dit qu'il allait falloir partir. Même si Meena n'était pas vraiment inquiète, ce n'était pas une raison pour ne pas être prudent. Elle n'était pas inquiète non plus à l'idée d'aller à ce rendez-vous à la base, et vu comment cela avait fini pour son informateur...

Elle était en train de se relever doucement quand le jeune garçon lui demanda si elle connaissait un bon mécano. Elle réfléchit un peu avant de lui répondre. Ce qui était clair, c'était qu'elle ne pourrait rien pour lui ! Ce n'était pas une grande friande de mécanique, même si elle se débrouillait assez bien sur les divers systèmes de sécurité et de surveillance vidéo. Mais son truc, à elle, c'était plutôt le sabotage, et vu les bugs dont elle avait été témoin il était clair que Sieben n'avait pas besoin de son aide ! Un nouvel éclat de rire manqua de passer la barrière de ses lèvres, mais elle parvint -cette fois- à se contenir. Mieux valait lui dire qu'ils tenteraient de trouver quelqu'un. Cette nouvelle le ravit, apparemment, même si pas autant que son annonce précédente. Maintenant debout sur ses deux jambes, encore un peu tremblante (mais comme elle était contre le mur, ça allait), la rousse lui sourit.

« Hey, n'exagère pas, tu n'es pas si vieux que ça ! »

En fait, il était facile à taquiner. C'était peut-être pour ça qu'elle éprouvait cette envie de le faire. Il fallait dire qu'elle côtoyait des gens qui prenaient rapidement la mouche... A côté de ça, les grimaces vexées et les moues boudeuses de Sieben étaient rafraîchissantes.

Alors qu'elle venait de lui proposer d'aller chez elle -ils ne pouvaient plus rester ici avec le boucan qu'il avait involontairement fait, autant en profiter pour aller dans un endroit avec un minimum de confort- l'homoncule s'inquiéta de son épaule. Meena tourna son regard vers lui, un sourcil légèrement haussé. C'était ridicule, mais elle ne s'attendait pas à entendre ce genre de phrase. Peut-être parce qu'elle avait trop l'habitude de s'occuper d'elle-même seule, ou d'être celle qui s'inquiétait pour les autres, mais voir l'homoncule lui poser cette question était un peu déroutant. Mais pas dans le mauvais sens du terme. Un sourire calme revint sur ses lèvres.

« Merci. Ça ira... Bon, bien sûr, ça irait plus vite si je ronronnais dans un coin, mais on va attendre d'être rentrés pour ça. »

En plus, il faudrait qu'elle nettoie la plaie. Elle fit une grimace à cette idée : elle allait douiller, en fait. Mais si elle se transformait une fois la blessure correctement fermée, elle pourrait récupérer plus facilement. Elle attendait d'ailleurs avec un amusement contenu la réaction de Sieben à sa phrase. Okay, elle l'avouait, elle le faisait exprès. Mais ce n'était pas seulement parce que toute la situation la faisait rire, mais aussi parce qu'elle prenait ainsi la température : elle avait beau décider de faire de confiance à l'homoncule, elle n'avait jamais parlé à quiconque de son pouvoir. Normal qu'elle y aille avec des pincettes.

Elle fit quelques pas prudents, pour se rendre compte qu'elle parvenait à marcher sans trop de problème. Pas besoin d'être devin pour savoir que, pour la course, ça allait être autre chose. Elle grimaça en continuant à avancer.

« On va espérer qu'ils soient plus dans le coin, hein... Enfin, ce n'est pas très loin. » Arrivée face à la porte, Meena se tourna vers son camarade. « A toi de jouer, l'ami ! »
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Dim 18 Oct - 16:11

La réponse de Meena à la pique qu'il s'était lui-même lancée fit rire Sieben. C'était d'ailleurs étrange, même pour lui, de sentir son envie de s'esclaffer être traduite presque automatiquement par ses circuits MAGTEK. Il se serait presque senti humain dans ce genre de moments, même si il restait spectateur interactif plus qu'acteur de son existence. La différence n'était pas loin d'être celle qu'on pouvait faire entre vivre une situation et l'expérimenter par le biais d'une manette de jeu vidéo. Okay : une manette de jeu vidéo associée à un casque de réalité virtuelle d'une qualité plus qu'excellente. Mais quand même. Enfin ... Il n'était pas perdu dans de tristes pensées. Plutôt en train de se souvenir de la dernière fois qu'il s'était marré aussi spontanément, en fait... C'était il y avait plus de quatre siècles de cela. Les autres homoncules et lui, habituellement plus moroses qu'autre chose, s'étaient mis à blaguer entre eux d'une façon qui leur avait fait beaucoup de bien, tant et si bien qu'ils avaient continué jusqu'à ce que ça prenne des proportions absurdes. Sieben se souvenait d'ailleurs que la blague sur le robot préhistorique venait de là : il était l'un des homoncules en fonctionnement les plus anciens. Les jeunes et leurs fonctionnalités flambant neuves s'étaient foutus de la gueule des ancêtres qui comme Sieben étaient plus limités, notamment du point de vue des perceptions pseudo-humaines. Mieux valait en rire que d'en pleurer... lorsqu'on y arrivait.

"Tu paries ? Ecoute moi ça !"

Il fit un pied de nez à la rouquine tandis qu'un hurlement suraigu parfaitement inopportun quittait la boîte sonore qui lui servait de cordes vocales, mais pouvait aussi passer des sons enregistrés dans sa mémoire à l'occasion. C'était un extrait d'un très vieux film : Jurassic Park. Le gouvernement avait réussi à garder des archives improbables des millénaires précédents. Il avait extrait le cri du T-rex du réseau - auquel il avait encore accès à ce moment là - et s'en était servi pour se la jouer homoncule préhistorique avec ses "collègues de travail" qui l'avaient rapidement imité (diplodocus, vélociraptor, archéoptéryx... tout y était passé). AH vraiment... il s'étaient bien amusé ce jour là. Par contre leur boulot n'avait pas été bien efficace, ce que les humains censés les surveillés avaient remarqué. Afin que ça ne se reproduise pas, le régime avait fait en sorte de les terroriser : il avait arbitrairement déclaré une partie d'entre eux comme devenus inaptes à fonctionner et les avaient désactivés, stockés là où personne n'irait plus jamais les chercher. Sieben et les autres n'avaient plus jamais essayé d'organiser ce genre de fêtes, même dans leurs temps libres théoriques. A l'occasion, quand personne ne les surveillait, il leur arrivait de faire des blagues ponctuelles... On entendait de manière régulière des hurlements de dinosaures parvenir des couloir du bloc 2. Mais de véritables fêtes ? Trop risqué.

Suite aux plaisanteries échangées, Sieben pensa à s'inquiéter de l'état de la jeune femme. Il n'avait plus l'habitude  d'être humain certes, mais il avait dû soigner lui-même cette blessure par balle si bien qu'il pensa à demander à l'intéressée si la plaie avait évolué dans un sens ou un autre. La réponse qu'il obtint fut des plus déroutantes. Sieben cessa brièvement ce qu'il était en train de faire (soit de ranger ses câbles pour qu'ils puissent partir vite fait bien fait) pour regarder son interlocutrice, la bouche entrouverte. Euh... Était-elle sérieuse ?

"... Les humains ronronnent ? Pourquoi est-ce que je m'en souviens pas ? J'ai jamais ronronné moi ! C'est un truc d'adultes ?"

Il tapa sur sa tête avec la paume d'une main distraite, tandis qu'il cherchait les informations dans sa base de données... Mais non. Rien là dessus, et comme il n'avait plus accès au réseau gouvernemental depuis qu'il avait échoué sur Terre, il n'accéderait pas à ces données. Peu importe que Meena décide ou non de le faire tourner en bourrique, Sieben s'approcha de la porte qu'il avait lui-même verrouillée. Il fallait qu'il retire les soudures si il voulait qu'ils puissent sortir. Il serra les dents.

"Par contre ça sera pas super discret mais je vais devoir la laisser dans cet état cette fois... Si j'utilise le laser pour souder la serrure une fois qu'on est sorti, je sais pas si j'aurai suffisamment d'énergie pour marcher jusque chez toi. Et je pense que t'as bien entendu tout à l'heure que tu risquais d'avoir du mal à me porter..."

Ce fut l'histoire d'une dizaine de secondes. Ils furent rapidement à l'air libre et Sieben se tourna vers sa complice qui avait l'air d'être en train de galérer. Avec un sourire innocent, il lui tendit une main faussement chaude et palpitante. Même les fausses veines y étaient, légèrement bleues sous sa peau diaphane. Les homoncules d'infiltration, c'était pas n'importe quoi !

"Hésite pas à m'utiliser comme canne... Personne se doutera de rien. Au pire ils penseront que t'as la polio si jamais t'es pas suffisamment discrète."

Et de lui tirer une langue malicieuse. Avec la gueule d'ange qu'il se payait, qui pourrait jamais le soupçonner d'avoir tué plusieurs soldats dans la matinée, vraiment ? Il faisait un alibi parfait. Enfin... Sauf si ceux qui l'avaient vu tirer avaient passé son signalement aux autres, évidemment.
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Meena May

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Lun 17 Avr - 3:58

La rousse eut un sourire vaguement attendri en entendant Sieben rire. Même avec sept cent cinquante ans de vie, l'homoncule gardait des réactions qui rendaient justice à son âme enfantine, et c'était tout à fait adorable. Même si un peu étrange quand on songeait à tout ce qu'ils venaient de se raconter. Cela n'empêcha pas Meena d'apprécier le moment, et de rire de la tête que Sieben lui tirait avant de sursauter en entendant le hurlement qui se mit à lui sortir de la gorge. N'aurait-elle pas déjà été contre le mur, elle s'y serait ssans doute propulsée, feulant de tout son long. Là, elle se contenta de faire des yeux de poisson, gros et ronds tandis qu'elle était à deux doigts de se décrocher la mâchoire.

"...C'était QUOI, ça ?! Tu en as beaucoup des comme ça ?"

Se reprenant rapidement, la femme-chat lui tira la langue avec amusement. Elle avait évidemment reconnu le cri d'un dinosaure, dont on leur parlait encore dans leurs cours d'histoire, mais aurait été bien incapable de savoir qu'il s'agissait d'un film, et encore moins d'en donner le titre.

Ils continuèrent à plaisanter un moment avant que l'homoncule ne s'inquiète de son état et qu'elle lui confirme qu'elle serait capable de faire le chemin, non sans glisser un autre indice sur sa nature afin de voir comment il réagirait. Pas manqué, Sieben cessa toute activité pour tourner son regard vers elle, clairement intrigué. Elle lui sourit calmement, accueillant ses questions avec des étincelles d'amusement dans ses yeux jaunes. Il avait été honnête avec elle, il était temps qu'elle lui rende la pareille.

"Non, tous les humains ne ronronnent pas. Les adultes pas plus que les autres. Disons que c'est ma particularité à moi... Je feule, je ronronne, et je fais autre chose aussi. Je te montrerai quand on sera chez moi, si tu veux."

Initier une transformation maintenant serait une mauvaise idée, d'autant qu'elle serait capable d'oublier ce qu'elle devait faire, soit guider Sieben jusque chez elle. Si c'était pour qu'il se retrouve à nouveau fasse à des soldats du Gouvernement, ce serait ennuyeux.

S'étant relevée un peu plus tôt, et donc assurée qu'elle pouvait marcher (même si elle espérait très fort qu'ils n'auraient pas à courir, sinon elle risquait fortement de s'évanouir), Meena s'approcha de la porte et par là-même de l'homoncule, qui avait l'air contrarié. Elle hocha la tête et entreprit de faire le tour de la pièce du regard.

"Ils ne devraient plus être dans le coin... et je crois qu'on n'a rien oublié, donc on peut laisser ouvert sas regret. On a perdu notre capital discrétion il y a un moment, de toute manière."

Quelques secondes plus tard, ils étaient dehors. Meena tâtonnait plus qu'elle ne marchait, ce qui était particulièrement désagréable. Elle avait pourtant le pas léger, mais la moindre secousse lui donner envie d'hurler de douleur. Dents serrées, elle ne disait rien, mais cela devait se lire sur son visage ou dans son attitude car bientôt son camarade lui tendit la main, auquel elle jeta un regard hésitant. Non pas parce qu'elle n'avait pas confiance en lui, mais parce que la rousse était une solitaire qui détestait dépendre des autres, et Sieben lui avait déjà suffisamment sauvé la mise pour cette soirée.

Ce fut la réplique de l'homoncule, assorti à cette façon qu'il eut de lui tirer la langue, qui la décida. Meena eut un soupir, non sans un sourire amusé signifiant qu'elle se rendait, et prit la main qu'on lui tendait. Elle était chaude et agréable, comme celle de n'importe quel enfant. Pour la rousse, c'était donc difficile de le considérer autrement, dans ce genre de cas. Si elle avait su que la pression de sa propre main ne correspondait qu'à une suite de chiffres dans le cerveau plein de circuits de l'homoncule, elle se serait sans doute sentie un peu triste pour lui...

En attendant, elle se contenta de répondre à sa langue tirée par la sienne, et de commencer doucement mais sûrement à avancer.

"Sale gosse."

Pour quoi passaient-ils, de loin ? Un enfant et sa mère, deux frère et sœur ? L'idée, bien qu'amusante, tapait dangereusement près d'une boîte de Pandore qu'elle était bien décidée à ne pas ouvrir... Se concentrer sur la route à suivre et sur la meilleure façon de limiter la douleur de son épaule aidait.
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Sieben Zece

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MessageSujet: Re: Retour au bercail. [PV Sieben]   Sam 20 Mai - 13:53

La blague du cri de T-rex n'avait pas manqué de faire son effet. Sieben était ravi de la tête qu'il avait réussi à tirer à Meena. Euphorique comme il l'avait rarement été au cours de son existence, il laissa ses circuits réflexes perdre son corps métallique dans une nouvelle salve de rires faussement incontrôlés. Il reprit les rennes dès que le programme eut achevé de le faire s'esclaffer bruyamment. C'était relativement agréable lorsqu'il parvenait à être suffisamment d'accord avec ses codes internes pour ne presque plus sentir la différence entre leur exécution et sa volonté.

"Le cri d'un dinosaure dans un film datant de... Attend je cherche. 1993. Si visionner des antiquités d'une autre époque t'intéresse et si tu as un écran, je pourrais te montrer tout un tas de trucs. C'est fou les archives qu'ils ont cru bon de me bourrer dans les disques durs."

Ils auraient probablement besoin d'un câble adaptateur pour faire le lien entre sa zone de stockage et le moniteur mais, bah, c'était jamais bien compliqué. Si elle lui filait la matière première nécessaire, il lui fabriquait ça quand elle voulait.

Au bout d'un moment, Meena finit par revaloir la pareille à l'homoncule pour les nombreuses fois où durant les minutes précédentes, il l'avait déstabilisée en lui révélant à moitié les perceptions inhabituelles qui allaient de paire avec sa condition. Il crut tout d'abord qu'il avait oublié une information cruciale sur les humains, ou bien qu'on ne la lui avait jamais révélé, parce qu'il avait été trop petit à l'époque pour s'en soucier, ou tout simplement pour en avoir entendu parler. Meena le sortit bien vite de l'erreur en lui expliquant que non, les adultes ne ronronnaient pas.

Voilà qui le rassurait un peu. Si l'inverse avait été vrai, il aurait commencé à se dire qu'il ne comprenait décidément rien à la vie terrestre, et qu'il allait avoir énormément de mal à s'y habituer.

Il se sentait curieux, et peut-être vaguement étonné. Ses yeux en avaient donc profité pour devenir ronds comme des billes suivant les procédures automatiques habituelles. La rousse paraissait avoir des cartes dans son jeu qu'elle ne lui avait pas encore montré, mais qu'elle était prête à partager dès qu'ils seraient en sécurité. Il hocha la tête avec véhémence, impatient d'en apprendre plus. Elle paraissait partager une certaine quantité de comportements avec les chats, autant que Sieben en avait en commun avec les machines. Était-elle capable de se faire pousser des oreilles ? De miauler comme un vrai matou ? Chic alors ! On ne s'amusait jamais comme ça sur Epic Jail. Toute cette nouveauté, ces promesses de découvertes et d'expériences enivrantes, le mettaient dans une humeur débordante d'optimisme. Il fallait qu'il fasse gaffe, c'était peut-être un peu trop. Son enthousiasme enfantin poussait son corps à utiliser une énergie qu'il n'avait plus, en respirant trop amplement, en faisant briller ses yeux, en faisant rosir ses joues...

"Tu fais tout comme les chats alors ? Il n'y avait pas de chat sur Epic Jail. J'aime bien les chats. J'en ai vu un tout à l'heure, il était mignon et il avait l'air doux. Mais fallait dézinguer ces abrutis avant que tu te fasses trouer le bide, j'ai pas eu le temps de bien voir du coup."

Sieben dans toute sa splendeur : candide et terriblement puéril au début de sa phrase, qu'il parvenait tout de même à terminer en citant vulgairement, et sans la moindre trace de sentiment, les cadavres gouvernementaux qu'il avait fait tandis qu'il essayait de sauver la jeune saltimbanque de ses poursuivants sur les toits.

Il prévint qu'il n'allait pas pouvoir ressouder la serrure. Elle lui expliqua en détail pourquoi ce n'était pas si grave que cela, et il ne put faire autrement que de dodeliner de la tête avec une moue vaguement approbatrice. Ils avaient fini ce qu'ils avaient à faire ici et comme il avait fait trembler tout le bâtiment en tombant à plat ventre comme un gros tas de ferraille décérébré, ils avaient tout intérêt à partir d'ici avant qu'on vienne les y chercher. Et tant pis pour les (autres) preuves qu'ils laissaient.

Quelques minutes plus tard, ils étaient donc dehors. Meena donnait l'air d'avoir du mal à marcher. Du coin de l’œil, Sieben l'observait faire, sans penser à cacher la fascination qu'il éprouvait face aux gestes difficiles, et aux légers glapissements de douleur qu'elle échappait. Ce n'était pas du sadisme mais encore une fois l'expression de sa curiosité face à ces sensations qu'il avait depuis longtemps perdues, et qu'il brûlait de pouvoir éprouver à  nouveau. Pinocchio, voulant redevenir un vrai petit garçon (ou fille, qu'est-ce qu'on en savait), ne se rendait pas compte que son indiscrétion pouvait paraître malsaine à l'organique terrienne qu'il dévisageait intensément.

Il finit quand même par lui proposer sa main (et par extension son corps) comme béquille. Elle parut avoir du mal à accepter, mais il ne releva pas, car l'hésitation fut de courte durée, et qu'il n'avait pas assez d'énergie en stock pour s'encombrer de détails.

Meena l'imita en tirant la langue et lui adressa pour seule réponse deux mots qui l'amusèrent et lui firent très plaisir, ce dont il s'étonna tout seul. Elle savait tout de lui, maintenant, mais elle persistait à se comporter avec lui comme si il avait été entièrement humain. Elle le traitait encore comme un enfant alors qu'elle savait qu'il avait plus de 750 ans. Ça aurait pu l'agacer, mais non. C'était au contraire libérateur, car une partie de lui, peut-être celle qui restait la plus humaine, ressentait cet appel comme une reconnaissance de son être véritable.

En phase avec ses circuits, il émit un rire amusé et étira un grand sourire de gratitude à l'égard de sa nouvelle partenaire.

"Dis moi plutôt : par où on tourne ?"

La bonne nouvelle, c'était qu'il n'y avait aucun soldat dans aucune partie de son champ de vision, que l'on savait très large et détaillé. Ils arrivaient à un carrefour, et il allait falloir prendre une décision. Sieben leva la tête, la bouche déformée par un "o" de surprise. Une nuée d'innombrables minuscules oiseaux passait dans le ciel au dessus de leur tête. Il avait beau avoir connaissance de ces choses à force d'accès base de donnée qui le transformait en encyclopédie sur pattes, c'était tout différent d'en être le spectateur direct.

"... J'espère que c'est pas des drones gouvernementaux en mission d'espionnage."

Malheureusement, il avait vécu trop de choses difficiles pour être capable d'apprécier l'instant à sa juste valeur. La paranoïa qui lui était devenue naturelle revenait au galop au moindre doute éprouvé.
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