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 Pour Tout l'Or du Monde [foot/Yaoi]

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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Pour Tout l'Or du Monde [foot/Yaoi]   Sam 19 Juin - 20:28

Ouais j'ai osé 8D

Rappel des noms et numéros :

17 Hasebe Makoto
18 Honda Keisuke

8 Matsui Daisuke
4 Tanaka Marcus Tulio
9 Okazaki Shinji
16 Okubo Yoshito
20 Inamoto Junichi


Pour tout l’Or du Monde

‘Putain de merde !!!’

Son cri résonnait dans les vestiaires, malgré le son tonitruant des douches coulant en cascade sur le reste de l’équipe. Keisuke donna un coup dans le mur, quitte à se faire mal au poing : après tout, il n’avait pas besoin de ses doigts pour marquer, non ? Mais cet après-midi, il ne l’avait pas fait. Il n’avait pas été à la hauteur, incapable d’être là pour ses coéquipiers, incapable de transformer leurs centres en buts. Il était… inutile. Peu importe le nombre de petites tapes amicales qu’il se prenait dans le dos, il se promettait de ne pas refaire ça jeudi prochain. Il se promettait d’être à la hauteur, digne du maillot qu’il portait.

‘Calme-toi… Ce qui est fait est fait. Et quoi que t’en penses, t’as bien joué crois-moi.’
‘Te fous pas de moi ! Si j’avais bien joué on aurait trois points de plus ! Devoir compter sur un match nul des deux autres équipes… ça me fout la rage… !’

Makoto sourit et s’éloigna, lançant seulement cette petite réflexion : ‘That’s the spirit !’

Puis, ce fut le silence dans les vestiaires. Peu importait désormais leur victoire au premier match, cette défaite les mettait dans une position indélicate. Tous ici pensaient être capables d’aller très loin dans cette Coupe du Monde, mais hélas, rien n’était encore joué. Leur troisième match de poule, il allait falloir le gagner, absolument. Déterminés, c’est le visage fermé et grave qu’ils reprirent l’avion pour rejoindre leur hôtel.

Le repas se déroula dans une ambiance vraiment très moyenne. Là où d’habitude Daisuke et Tulio redoublaient d’efforts d’imagination pour dire blagues et conneries, il n’y avait qu’un silence pesant, surtout dû à la fatigue. Makoto avait été surpris de voir Keisuke s’installer avec Yoshito et Junichi, plutôt qu’avec lui et Shinji. Mais il fallait dire qu’après son discours de tout à l’heure, Kei avait peut-être envie de ne pas le voir. Ce n’était pas dans le genre du décoloré d’aimer ce genre de phrases condescendantes, à peine bonnes pour réconforter un gamin de dix ans. Makoto esquissa un sourire un peu triste, qui ne laissa pas Shinji dupe :

‘Il t’évite ou quoi ?’ lui demanda-t-il d’une voix douce.
‘J’en sais rien. Peut-être…’
‘Ca va être dur quand même, Hasebe-taichou.’

Jolie façon de rappeler à Makoto qu’il restait le capitaine de l’équipe nippone, et que ça allait être dur pour Keisuke de faire l’impasse sur lui. Mais le numéro dix-huit de la formation était encore un jeune gars un peu têtu… Ca allait lui passer. Une bonne nuit de sommeil et tout irait mieux.

C’était évidemment oublier le match de ce soir. Le deuxième match de la deuxième journée du groupe E, qui opposait les deux autres équipes. Tout ce que pouvaient espérer les Japonais, c’était un match nul. Un superbe match nul, qui les qualifierait quasiment, à condition de ne pas perdre le troisième match. C’était encore franchement jouable, et Okada-san ne se priverait pas pour le dire demain matin. En attendant, Keisuke fut le premier à quitter la table.

‘J’vais m’pieuter.’

Personne n’osa lui demander s’il regarderait le match ce soir.




‘Hé, Keisuke…’
‘Quoi !?’
‘Hmpf… nan rien.’

Makoto se détourna et se dirigea vers sa chambre. Ce n’était sûrement pas le bon soir… Tellement différent du Keisuke qu’il avait eu l’occasion de voir mardi soir ! Cela dit, l’expression étrange sur le visage du décoloré changea. Il soupira, comme résigné, et annonça d’une voix basse, quasiment comme un murmure :

‘Tu peux venir mater le match dans ma chambre si tu veux.’

Makoto ne put répondre que par un sourire, un de ces sourires dont il avait le secret, radieux et sincère. Keisuke détestait ce sourire… il était bien trop désarmant et avait quelque chose d’irrésistible. Ce sourire était son plus grand point faible.

C’était ce sourire précisément qui expliquait la soirée de mardi dernier. Une soirée faite d’un peu trop de joie, suite à la victoire historique des Samurai Blue. Ce n’était qu’une courte victoire d’un but à zéro, mais il était indéniable qu’ils avaient mérité ces trois points, parce qu’ils avaient été vraiment meilleurs que ceux en face. Ils étaient rentrés à l’hôtel assez tôt, dans une atmosphère de liesse, et après un repas qui s’était passé dans une ambiance bien joyeuse, tous les joueurs étaient partis se coucher, chacun dans sa chambre.

En réalité, pas vraiment. Keisuke était parti s’isoler près de la piscine, comme s’il avait besoin de méditer sur l’exploit réalisé plus tôt dans la journée. Il ne semblait pas réaliser totalement l’ampleur de son geste. En fait, il se disait que même si c’était son nom qui resterait gravé dans l’histoire du football, il devait beaucoup à l’équipe derrière lui et à Matsui, surtout. Sans Matsui-san… comment aurait-il pu marquer ? Cela le laissait un peu perplexe.

‘Tu penses à quoi ?’
‘Ah, Makoto-san. Je t’avais pas vu… A rien…’
‘Mens pas. Avec ce qu’il s’est passé cet après-midi, ça m’étonnerait que tu ne penses à rien.’

Keisuke haussa les épaules, et détourna le regard. Ainsi, il laissait à Makoto tout le loisir de l’approcher, et de poser une main sur son épaule.

‘Héhé, fais un tour sur Facebook, je parie que tes fans ont doublé.’
‘Je m’en tape de ce genre de trucs… J’veux juste savoir si j’ai été vraiment bon.’
‘Kays’kay’ Oui, il le disait comme ça, presqu’avec un faux accent anglais : ‘Kays’kay t’es vraiment un très bon joueur.’
Keisuke secoua la tête en souriant mais Makoto le força à le regarder dans les yeux :
‘T’es génial.’

Leurs visages s’approchèrent, mais pas suffisamment encore au goût de Makoto. Ce dernier se rendit alors compte que c’était Keisuke qui le retenait, et qui désormais faisait un pas en arrière.

‘Pas ici.’

Ca n’était pas un non. C’est ça surtout qui étonna Makoto, qui le temps d’un instant, resta immobile, interdit, abasourdi. Keisuke s’aperçut de l’origine de cet arrêt sur images, et détourna le regard, ne pouvant empêcher ses joues de rosir. Bon sang mais… ce qu’il était mignon…

Makoto n’avait pas pu résister. Pas plus que Keisuke lui-même. Comme si leurs corps n’en avaient pas eu assez avec ce match éprouvant, ils avaient fait l’amour une bonne partie de la nuit, retenant leurs cris dans des baisers passionnés, pour ne pas éveiller les soupçons de leurs coéquipiers qui dormaient à côté. Evidemment, Makoto avait du partir avant le lever du soleil, rejoignant sa chambre avant que les autres ne se réveillent. Keisuke était resté là, à regarder la place vide, y passant parfois une main en soupirant. Il ne comprenait pas ce qui lui avait pris la veille, et il ne savait pas pourquoi sa poitrine lui faisait mal, mais il se disait que cette première Coupe du Monde de Football serait pour lui vraiment, mais vraiment extraordinaire.

Et là, quelques jours plus tard, il n’arrivait pas à résister à Makoto, qui insistait grossièrement pour rester avec lui. Peut-être pas par des mots, mais au moins par son regard. Comment Keisuke pouvait-il lui dire non !? Alors, il le laissa entrer dans sa chambre, chose qu’il n’avait pas faite depuis leur premier match. Comme désintéressé, le décoloré alla s’affaler dans le lit, laissant à Makoto le soin d’allumer la télé. Toujours 0 – 0 hein ?

‘ Si on avait gagné cet après-midi, on serait pas en train de prier pour un match nul.’
‘Arrête de t’en prendre comme ça à toi-même… On était moins bons, c’est tout.’
‘C’est pas une putain de raison.’
Keisuke semblait vraiment furieux.
‘J’ai loupé une super occasion… Un match nul ça nous aurait au moins fait gagner un point mais nan même pas…’
‘Hé…’
Makoto posa une main sur l’épaule de Keisuke, mais visiblement ce n’était pas assez. Le dix-huit japonais était au bord des larmes, ce que ne comprenait pas son coéquipier. Rapidement, il vint s’asseoir à califourchon sur lui, caressant de son autre main sa joue :
‘Regarde-moi.’
La voix d’Hasebe-senpai était toujours aussi douce, mais cette fois, beaucoup plus ferme. Keisuke ne put faire qu’une chose : lui obéir.
‘C’est un sport collectif. T’es pas tout seul. On était là avec toi sur le terrain, t’as pas à porter la défaite sur tes seules épaules… On est tous responsables. Compris ?’
Keisuke hocha la tête, les yeux mouillés.
‘Et si tu veux tout savoir, je t’admire.’
‘Hein ?’
‘Ouais. Pour cette rage de vaincre qui te fait pleurer. T’es un exemple pour le reste de l’équipe alors arrête de faire cette tête !’

Keisuke n’en croyait pas ses oreilles. Ce sermon avait de drôles d’allures de déclaration, c’en était vraiment déroutant. Mais malheureusement, Kei ne put s’empêcher de désobéir à son aîné, cette fois. Il versa quelques larmes, s’accrochant à Makoto, avant de l’embrasser avec passion, presqu’avec désespoir.

‘Merde. Un match nul nous aurait plutôt arrangé…’
‘Ouais… Hé, Hasebe-senpai…’
‘Quoi ?’
‘Arrête de parler de foot.’
‘… ?’
‘J’ai envie de toi, prends-moi.’
Makoto avait beau être étonné, il ne resta pas immobile bien longtemps… Cette nuit-là aussi fut courte pour eux.
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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Pour Tout l'Or du Monde [foot/Yaoi]   Lun 21 Juin - 20:12

Le réveil avait été difficile. Il fallait aussi dire que la nuit avait été courte pour eux. Makoto ouvrit des yeux encore embrumés, et se leva d’un coup en voyant l’heure qu’affichait son portable. A côté de lui, Keisuke dormait encore, tendant une main pour retenir son Capitaine, qui manifestement n’avait pas envie de rester.

‘Lâche-moi !!! Il est bientôt six heures, si on me voit sortir de ta chambre on va être dans la merde !’
‘…Reste…’

Bon sang, ce qu’il était mignon quand il était comme ça… mais Makoto ne pouvait décidément pas céder, et abandonna Keisuke après avoir rapidement remit son caleçon. Heureux hasard, sa chambre était juste en face de celle du décoloré. Du 17 au 18 il n’y avait qu’un pas…

Ils se retrouvèrent pourtant moins d’une demi-heure plus tard, pour le petit-déjeuner. Et Keisuke faisait vraiment la tronche. Il ne pouvait pas comprendre les conséquences que ça pouvait avoir, si les autres découvraient leurs coucheries ? Non, au lieu de ça, il préférait bouder égoïstement, sans se douter que devoir changer de chambre à la dernière minute énervait autant Makoto que lui-même. Ils ne mangèrent pas ensemble, encore une fois, et cette fois, c’est Yoshito qui s’en mêla, demandant à Makoto ce qu’il se passait.

‘Rien.’ Répondit-il, non sans lancer un regard blessé à Keisuke.


L’entraînement était bientôt fini, et franchement, Makoto n’attendait que ça. Bien sûr, c’était toujours un plaisir pour lui de jouer avec ses coéquipiers, mais il avait une sérieuse baisse de forme en ce moment, surtout due à ses hanches qui le faisaient souffrir. Alors, quand l’entraîneur annonça un mini-match en guise de conclusion, il demanda à Makoto de rester sur le banc.

‘Je peux jouer…’
Makoto se leva mais fut alors poussé de nouveau sur le banc :
‘Toi, tu restes là.’
Cette remarque dure, lancée d’une voix glaciale, c’était bien Keisuke qui l’avait dite. Et franchement, il n’y avait pas que ses paroles qui étaient froides : son regard l’était aussi, alors qu’il se posait sur Makoto. Un regard hautain, presque méprisant. Le numéro 17 ne put protester davantage, et il eut de nouveau ces yeux de bête blessée, alors qu’il assistait au match d’entraînement des autres joueurs.

Dans le bus du retour, Makoto et Keisuke étaient séparés par une bonne dizaine de rangées de sièges, animées et parfois même rieuses. Mais eux arboraient un visage fermé, seuls face à la fenêtre, comme… se boudant l’un l’autre. Les vingt-et-un autres feignaient de ne rien voir, mais c’était pourtant visible. Quelque chose n’allait plus entre le 17 et 18.



‘Qu’est-ce qui t’arrives, Keisuke ?’
‘A toi de me le dire !’

Makoto plaqua son collègue contre le mur extérieur de l’hôtel. Dans la pénombre et le froid sud-africain, on ne devinait du visage de Keisuke que deux prunelles brillantes, fières et hautaines.

‘Te fous pas de moi !’

Face à lui, et bien que sensiblement plus petit, Makoto le maintenait fermement contre le mur, le tenant par les épaules. Keisuke avait beau être plus élancé, Makoto était plus trapu, plus massif. S’ils se battaient, ce serait serré, mais c’était sûrement le brun qui gagnerait. Evidemment, ils n’en étaient pas encore là. Il était même hors de question pour eux d’en arriver aux mains. Mais il ne fallait pas être devin pour voir que quelque chose s’était brisé entre eux.

‘Pourquoi tu me regardes comme ça !’ recommença Makoto.
‘Comment ?’
‘Comme ça !!! Tu te fous de moi ou quoi ?’

Keisuke tourna la tête, comme si la vision du visage courroucé mais surtout blessé de Makoto lui était insupportable.

‘Mais… C’est parce que tu… tu veux pas de moi…’
‘Quoi !? Attends, j’hallucine… tu boudes !?’ Makoto était atterré. Lui qui pensait avoir sérieusement fait quelque chose de mal…
‘Et alors ? J’ai pas le droit de bouder !?’
C’en était tellement ridicule que Makoto se mit à sourire, puis à rire. Il lâcha également sa prise sur Keisuke, s’éloignant un peu de lui, baissant la tête avant de regarder ailleurs, toujours en se marrant.
‘T’es vraiment qu’un gamin…’
Makoto commençait à s’éloigner, tournant le dos à Keisuke. Il était déjà lassé de ce genre de cinéma, et n’avait pas envie d’insister. Si faire preuve de raison était suffisant pour que Kei boude, autant arrêter tout de suite ! Mais le jeune décoloré n’en avait pas encore terminé avec ce qu’il considérait déjà comme son amant. Il rattrapa rapidement son senpai, et posa une main sur son épaule, le retenant :

‘Oi ! Attends…’
‘Attendre quoi !? Que tu grandisses ? Tu me saoules !’
‘Hé…’
‘Lâche-moi !!!’

Makoto fit un geste de la main, donnant involontairement un coup à Keisuke, qui, abasourdi, n’eut pas le temps de l’éviter. Ce dernier sentit la moutarde lui monter au nez, et avant de s’en rendre compte, il était déjà en train de frapper Hasebe, après l’avoir tiré par le col. Ce dernier émit un cri en tombant lourdement sur le sol, venant cogner ses hanches meurtries sur une terre dure. Evidemment, il était difficile pour Makoto de ne pas répliquer, et pendant quelques minutes, les coups s’enchaînèrent entre les deux footballeurs allongés sur le sol. Ils s’enchaînèrent jusqu’à ce que Makoto prenne le dessus, et se laisse aller à embrasser Keisuke.

Ce baiser leur sembla éternel, se faisant de plus en plus passionné et même insouciant… jusqu’à ce qu’enfin, Makoto sembla retrouver ses esprits.

‘J’ose même pas imaginer la merde dans laquelle on sera si on nous surprend.’
‘Je m’en fous…’
Makoto soupira, se releva avant de relever Keisuke.
‘Non, tu t’en fous pas. On est des internationaux, on nous le pardonnera pas.’
‘Les fangirls si.’
‘C’est pas les fangirls qui te font jouer, Kei.’ Makoto marqua un temps de pause : ‘C’est quoi ces histoires de fangirls d’ailleurs !?’

Keisuke éclata de rire, mais ne répondit pas. Il préféra reprendre le chemin de sa chambre, suivit par un Makoto boudeur. Les rôles semblaient avoir été échangés. Une fois dans le couloir qui séparait leurs deux portes, Keisuke reprit la parole :

‘Tu devrais aller sur le net de temps en temps.’
‘Hein !?’
Keisuke ne put s’empêcher de rire à nouveau :
‘Laisse tomber.’
‘Non mais vas-y dit… va au bout de ta pensée…’
Kei s’appuya contre un mur, laissant Makoto faire de même sur l’autre.
‘Disons que l’imagination des yaoistes va parfois loin…’
‘Nan, me dis pas que…’
‘Si. Apparemment, on est pas assez discrets pour elles.’
‘Et toi tu lis ça !?’
‘Ouais c’est drôle. Et ça me donne des idées…’
Makoto fit la moue : ‘Tu parles d’idées… tu m’as fait la gueule toute la journée comme un pauvre gamin attardé…’
‘Ouais bon ça va… J’étais dégoûté pour ce matin… T’es parti comme un voleur.’
‘Et toi tu penses pas assez aux conséquences ! Si on nous découvre nos carrières sont foutues ! Et même sans ça, combien de temps tu pourras supporter les blagues vaseuses de vestiaire, hein ? Arrête de faire l’enfant gâté ! Je t’aime mais y’a des limites !’

Un long temps de pause.

Ecarquillant les yeux, Makoto balaya le couloir d’un regard : heureusement il n’y avait personne, et il avait gardé une voix basse. Quant à Keisuke, il souriait malicieusement. Le brun soupira, secoua la tête et s’en prit de nouveau à lui :

‘Tu vois ce que tu me fais dire !? T’es vraiment trop con !’

Makoto ne pensait pas du tout ce qu’il venait de dire, et Kei le savait. Il ouvrit la porte de sa chambre d’une main, et entraîna Hasebe de l’autre : une fois à l’intérieur, il le plaqua contre un mur et l’embrassa. Il n’en pouvait plus, il ne tenait plus… il avait l’impression qu’il allait exploser là, maintenant tout de suite.
‘Keisuke…’
Ce n’était qu’un murmure, alors que le décoloré glissait le long du corps de son Capitaine, le déshabillant pour laisser sa langue toucher sa peau.
‘Je peux te prendre… ?’
Makoto fut surpris, mais ce n’était pas comme si c’était la première fois…
‘Si tu veux…’
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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Pour Tout l'Or du Monde [foot/Yaoi]   Mar 22 Juin - 21:23


‘Dis… c’était pas ta première fois tout à l’heure…’
‘Non.’
‘Je peux… ?’
‘Tu veux savoir hein ?’

Makoto sourit de façon un peu gênée, mais se rapprocha quand même de Keisuke qui continuait à lui caresser les cheveux.

‘C’était au lycée. Avec un mec de l’équipe de foot du lycée d’ailleurs… Mais j’savais bien qu’il y avait quelque chose qui tournait pas rond avec moi depuis… depuis le collège sûrement. Nan mais c’est vrai, être là, dans les douches, et se demander pourquoi on matait avec tant d’intensité un autre mec, y’a de quoi en devenir fou… Et c’était sans oublier évidemment les autres mecs en question, qui n’allaient pas laisser un truc pareil passer, ils m’ont remarqué hein, et j’peux dire que j’ai été pas mal dans la merde à ce moment là alors crois-moi quand je te dis que tu veux pas que ça se sache, c’est pas parce qu’on est des internationaux qu’on va nous le pardonner au contraire, dans les vestiaires, que tu sois joueur lycéen, universitaire, d’un club ou de sélection nationale, c’est le même combat, si y’en a un qui sait que tu préfères les hommes aux femmes c’est l’exil assuré, plus une parole, plus une touche de balle, le mépris dans leurs yeux… Ca je l’ai vu, je l’ai vécu, et j’en aurais crevé si j’avais pas eu une amie pour couverture, ouais j’ai fait semblant d’être hétéro pour être tranquille et pouvoir être transféré enfin – enfin ! – en Europe, j’pensais que ce serait différent mais en fait tu vois, les Européens aussi c’est des homophobes, ça fait la Gay Pride et tout ce que tu veux, mais au final un vestiaire de foot que ce soit ici ou là-bas c’est la même chose, tu dois savoir ça t’as été à Venlo nan, tu dois savoir que les blagues vaseuses sur les pédés ça se fait autant chez eux que chez nous, c’est p’tet même pire en fait parce qu’eux n’hésitent pas à se moquer, à railler et à rapidement isoler un membre du groupe, on évolue dans un monde de requins, tu devrais le savoir, et au moindre faux pas notre carrière vole en éclats, tu devrais le savoir non, que faire son coming out c’est plus qu’un faux pas c’est un bond dans le vide un suicide social et pire encore, c’est exposer sa vie privée au monde entier chose que je me refuse à faire même si j’étais hétéro marié deux gosses j’voudrais pas voir ma vie étalée dans les journaux, j’voudrais protéger ma femme comme je protège mes petits-amis j’veux que rien de tout ceci ne filtre quitte à me payer la honte dans les interviews quand ça commence à être trop intime alors penses-tu dire que je me fais des mecs imagine leurs têtes, nan j’veux pas de ça j’veux que ma vie amoureuse reste secrète surtout quand j’vois à quoi elle ressemble c’est un véritable chaos et j’dis pas ça pour toi hein c’est juste qu’avec tout ça j’ai du mal à être stable pourtant j’voudrais bien moi, rester avec la même personne juste être bien, être heureux mais on dirait que le sort s’acharne, enfin juste pour ça hein j’vais pas dire que ma vie est dure j’suis super heureux d’être là ici aujourd’hui, et avec toi en plus fin voilà c’est la cerise sur le gâteau mais desfois j’me dis que j’devrais peut-être chercher un peu plus sérieusement à me caser, à être bien avec quelqu’un, être tranquille mais j’suppose qu’avec le ‘métier’ que j’ai ça va être difficile, on n’est jamais à l’abri d’un transfert ou autre voilà aujourd’hui j’suis en sélection nationale et mon club est en Allemagne, j’fais quoi moi si j’me case avec un Allemand avant de finir transféré en Espagne ou en Angleterre… ou même si je reviens au Japon, j’veux bien faire des aller-retours mais on peut rien construire de cette manière et moi c’est pas ce que je veux je veux quelque chose de plus concret de plus… vrai, quoi c’est tout… Mon premier mec je l’ai perdu bêtement sur un pauvre transfert universitaire alors que j’aurais pu faire l’effort d’aller le voir mais non j’étais trop pris par le foot et le reste et j’ai laissé ça dépérir et je l’ai fait encore et encore avec d’autres et ça je veux plus le refaire et je sais pas pourquoi mais…’

‘Hé. J’suis là.’
‘Moscou… c’est loin.’
‘Crééééétin. J’viendrais te voir moi.’

Keisuke rit doucement, avant d’embrasser Makoto, et de plonger dans le sommeil, effondré de fatigue. Un murmure monta lentement dans la chambre :

‘Ca devrait être interdit d’être aussi mignon…’
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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Pour Tout l'Or du Monde [foot/Yaoi]   Ven 25 Juin - 10:01

Rappel des noms et prénoms :

17 Hasebe Makoto
18 Honda Keisuke

7 Endo Yasuhito
9 Okazaki Shinji
16 Okubo Yoshito



‘J’suis vraiment désolé…’
‘Hein !? Pourquoi tu dis ça !? T’es con ou quoi !?’
‘Nan mais… J’ai vraiment pas assuré et… Sérieux, Shinji, Yasuhito… Keisuke… Vous avez sauvé le match.’

Keisuke n’en put plus et mit un coup à Makoto.

‘Ta gueule ! On a gagné !!! On est en huitième !!! C’est historique ça mon pote, tu vas quand même pas déprimer pour des conneries ! T’as pas eu de carton non… ? On n’était franchement plus à un but près là ! ’

Les paroles, plus ou moins sages de Keisuke n’eurent que peu d’effet sur Makoto, qui soupira et se remit à sourire, un peu à contrecœur. Il s’en voulait quand même, au moins pour la forme, d’avoir été si mauvais dans ce match. Oh, les Samurai avaient gagné, mais pas grâce à lui, non. Alors, même si l’ambiance dans les douches était franchement joyeuse, voire même limite parfois, il restait un peu en retrait, félicitant seulement parfois les autres joueurs, en tant que Capitaine.

En vérité, il y avait aussi la fatigue qui venait s’immiscer. Makoto était complètement cuit. C’est le premier match qu’il avait joué entièrement, et ses jambes le lui rappelaient douloureusement. Tout comme ses hanches d’ailleurs, qui lui lançaient un peu. Dire qu’à cause d’elles, il aurait pu ne pas participer à cette superbe Coupe du Monde ! Rien que d’y penser, ça le faisait sourire : il aurait préféré mourir que de louper ça ! Même s’il n’y était pour rien, cette victoire était historique, Keisuke avait raison ! Voir les sourires de ses coéquipiers, entendre leurs cris de joie et les conneries qu’ils disaient dans l’ivresse de la victoire, ça n’avait pas de prix. Sans s’en rendre compte, Makoto s’était lui aussi mis à sourire, non sans soupirer en pensant à la grosse nuit de sommeil qui l’attendait.

Non loin de lui, Keisuke était en train de sérieusement péter un plomb. Il rigolait pour rien, balançait des blagues débiles, le tout d’une humeur de gamin surexcité. C’allait vraiment être le bordel dans les vestiaires si ça continuait, surtout que Yoshito s’y mettait aussi ! Ah… quel doux parfum que celui de la victoire, n’est-ce pas ? Keisuke était d’ailleurs plutôt fier de son coup franc, décisif, premier coup de sabre sur la nuque de leurs adversaires. C’avait été tellement beau, tellement magique mais aussi tellement rapide qu’il ne s’était pas rendu totalement compte de ce qu’il avait fait. Ce n’est que quand le coup de sifflet de l’arbitre avait retenti, et que les cris des supporters japonais étaient montés dans le stade qu’il avait enfin pleinement réalisé : il avait marqué sur un coup franc. La classe internationale. Evidemment, il y avait aussi Yasuhito, qui l’avait imité quelques minutes plus tard, mais les entraînements avaient payé. Ils avaient bien fait de réviser les coups de pied arrêtés dis donc !

Leur retour au camp de base attendrait demain. Il était trop tard et ils étaient trop fatigués pour repartir directement prendre leur avion. Ca n’avait rien d’une improvisation évidemment : avant le match, ils avaient laissé quelques affaires dans un hôtel de la ville, hôtel dans lequel ils étaient revenus en bus dans une atmosphère de liesse comme on en voit rarement. Allaient-ils vraiment dormir cette nuit ? On pouvait en douter quand on les voyait s’amuser ainsi. Makoto, toujours le sourire aux lèvres, semblait vraiment fatigué. Il avait appuyé sa tête contre la fenêtre, et gardait les yeux ouverts, mais au prix de quel effort !? Vivement qu’il puisse s’effondrer dans un lit pour y ronfler tiens !

Ce qu’on avait oublié de lui dire, par contre, c’est que cette fois, les chambres étaient doubles. Et réparties par numéro de joueur. Le 1 avec le 2… le 17 avec le 18. Keisuke se marra comme un con, évidemment, alors que Makoto commençait vraiment à avoir peur pour ses fesses. Pas qu’il n’aimait pas ça, mais là il se sentait vraiment trop épuiser pour se lancer dans ce genre de sport… N’en avaient-ils déjà pas assez fait comme ça ? Keisuke avait déjà tiré son but, pas la peine d’en remettre un sur ce pauvre Makoto… !

La chambre était spacieuse et les lits séparés par une table de chevet. Alleluia ! Keisuke n’était pourtant pas assez crevé pour ne pas voir le sourire de soulagement en voyant la disposition de la chambre :

‘Tu veux plus de moi ou quoi ?’
‘Nan, j’suis juste trop crevé. J’vais m’coucher !’

Le temps de mettre un pyjama dont nous n’évoquerons pas les motifs de peur de voir tous les fans d’Hasebe Makoto partir en courant, et le n°17 de la formation nippone se jeta dans le lit, sous les yeux blasés d’Honda Keisuke. Ce dernier finit quand même par rire, et vint câliner son amant, une fois en boxer.

‘Lâche-moi… pas ce soir…’
‘T’es sûr que c’est parce que t’es crevé ? C’est pas plutôt parce que t’as fait une faute qui nous a coûté un but hein !?’
‘Ta gueule…’
‘Tu t’en veux hein ! Tu regrettes !!!’
‘Ta gueule je te dis… !’
‘Moi, j’en ai marqué un de but.’
‘Enfoiré !’

Keisuke explosa de rire, et Makoto savait très bien qu’il blaguait. Ce n’était pas dans le caractère de Kei de se vanter de ce genre de choses, tout le monde le savait dans l’équipe. Pour le faire taire donc, Makoto se vit dans l’obligation d’user des grands moyens : il céda et l’embrassa :

‘Si tu veux me violer, laisse-moi au moins aller pisser.’

Keisuke rit de nouveau, et laissa Makoto partir pour la salle de bains. Le peu de temps qu’il s’était allongé là avait suffit à laisser l’odeur de ses cheveux sur l’oreiller. Sans trop se rendre compte de son geste, Kei y plongea son nez, avant de câliner le coussin, l’enserrant comme il l’aurait fait avec Makoto lui-même.

Quand il revint, ce dernier trouva un Keisuke épuisé, déjà endormi.

‘C’est mon lit, crétin.’ Murmura-t-il en s’installant dans l’autre. ‘Bonne nuit…’ dit-il alors d’une voix quasi-inaudible, avant de s’endormir lui aussi.
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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Pour Tout l'Or du Monde [foot/Yaoi]   Mar 29 Juin - 22:36

Rappel des noms - supplémentaires :

21 Kawashima Eiji (Gardien)




Pointe fine et tranchante
Lame précise des Samurais
Coupe les Etoiles.

Destin sans pitié
Sous la pleine Lune met à Mort
Jusqu’au moindre Espoir.


C’avait été… comme un coup de massue. Le couperet était tombé. Trop tôt. Trop fort. Impitoyable. La chance… pure, alors qu’ils s’étaient battus jusqu’au bout, de toutes leurs forces. Pendant deux heures, incapable de les départager, le destin a finalement pris une décision : pour Makoto, Keisuke, et les autres, la prochaine destination, c’était le Japon.

Ce n’était pas juste, mais c’était le jeu. Makoto le savait, et le prenait comme tel : en un sens, c’était déjà extraordinaire pour eux d’être arrivés jusque là. Il fallait aussi préciser qu’ils n’avaient pas été jetés hors de la compétition par une cuisante défaite. Ca s’était joué quasiment au pile ou face : il avait fallu un vainqueur, dans une bataille où il n’y en avait pas. Alors, Makoto n’en était pas spécialement atteint. Du moins, pas autant qu’on aurait pu le croire. Il était ‘juste’ déçu de ne pas pouvoir continuer à jouer en Afrique du Sud. De continuer à jouer avec Keisuke et les autres…

A côté de lui, dans le bus, au milieu de conversations étonnamment animées, Keisuke était au bord des larmes. Il avait semblé à Makoto qu’il n’avait pu se retenir tout à l’heure sur le terrain… ça pouvait se comprendre. Devait-il ou non poser une main douce sur sa cuisse, en signe de soutien ? Il y renonça. Ce serait trop dangereux, ici dans le bus. Makoto préféra la poser sur l’épaule de Keisuke, lui disant à voix basse :

‘Ce n’était pas une défaite. Prend ça comme un match nul.’
‘Mouais…’

Kei n’avait pas la force de répliquer plus en détails. Il voulait juste rentrer et oublier ça, passer à autre chose, retourner sur le terrain taper dans un ballon parce qu’au moins, quand il faisait ça, il ne pensait à rien d’autre. Face à une telle réaction, Makoto préféra le repli stratégique.

‘Enfin, au moins, tout le monde aura pu constater que tu étais passé chez le coiffeur…’
‘Hein ? Pourquoi tu me parles de ça !?’

Makoto sourit : Keisuke s’était tourné vers lui cette fois, et avait aligné plus de deux mots dans une phrase, ce qui était un exploit. Evidemment, c’était exactement ce qu’attendait Makoto, qui ne répondit pas vraiment à la question :

‘Oh, je disais ça comme ça. C’est vrai que tu commençais à avoir des racines.’
‘…’

Qu’est-ce que Keisuke pouvait répondre à ça ? Ils venaient de se faire jarreter de la Coupe du Monde par une horrible séance de tirs au but, et lui ne pensait qu’à parler de cheveux !? Il se foutait de lui ou quoi ? Mais le sourire de Makoto ne montrait aucune malice ni aucun mépris. A vrai dire, le dix-sept était simplement soulagé de voir que les larmes avaient cessé de grimper derrière les yeux de Keisuke.




‘C’était quoi cette histoire de coiffeur tout à l’heure !?’
‘Je voulais juste qu’on parle d’autre chose…’
‘Ouais… bien sûr ! Tu me boudes parce que j’y suis allé avec Eiji et pas avec toi !’
‘Hein !? Mais n’importe quoi, tu fais ce que tu veux avec qui tu veux…’ Makoto fit une drôle de moue.
‘Alors tu t’en fous de moi ? Je te pensais plus jaloux !?’
‘Faut choisir ! Soit tu râles parce que j’suis jaloux, ou parce que je le suis pas ! Tu veux quoi à la fin ? Te dire que ce qu’il s’est passé tout à l’heure n’était pas vrai ? Que finalement, on va pas rentrer tout de suite à la maison !? Tu m’fais chier avec tes humeurs à la con, Kei ! J’vais me coucher !’

Comme à chaque match – et désormais ce serait le dernier – Makoto et Keisuke se retrouvaient dans la même chambre d’hôtel. Et cette nuit, ça promettait d’être plutôt animé dans la leur. Mais pas vraiment comme on pouvait le penser. Rageur, le brun remit son pyjama pas très sexy, et se jeta dans son lit, bien décidé à y dormir. Kei le saoulait trop pour qu’il continue à discuter avec lui. La meilleure chose à faire, c’était pioncer.

Le décoloré resta planté là, en regardant Makoto aller se coucher. Peut-être avait-il été trop loin… ? Il lança un regard à son reflet, dans le miroir, et se toucha distraitement les cheveux. Est-ce qu’il… avait mal agi ? Peut-être qu’il avait eu tort de vouloir faire le beau, si c’était pour ne pas gagner… Et Eiji devait sûrement se dire la même chose…

‘Ca te va bien, cette coupe, en fait.’

Makoto s’était tourné, et avait rouvert les yeux pour observer Keisuke. La remarque lui avait échappé, les mots s’étaient élevés naturellement dans la pièce, mais maintenant qu’il y pensait, il souriait doucement, avec bienveillance. Cet espèce de grand gamin avait un sale caractère et d’autres défauts, mais au final, Makoto finissait toujours par le trouver désespérément mignon. Quant au blond, surpris, il se tourna vers le brun en rougissant légèrement. Croisant son regard, il baissa légèrement la tête, et murmura :

‘Je veux pas repartir…’
‘Moi non plus.’

Makoto tendit une main vers Keisuke, qui la prit et vint s’agenouiller près du lit pour poser sa tête sur le matelas. De nouveau, les larmes montaient, mais pas forcément pour les mêmes raisons.

‘Je veux pas rentrer… Je veux rester ici, avec vous. Avec toi.’
‘Keisuke…’

Mais déjà, le blond était en larmes. Inconsolable.
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Mugen Shôryû
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MessageSujet: Re: Pour Tout l'Or du Monde [foot/Yaoi]   Lun 12 Juil - 12:37


La saison russe recommençait affreusement tôt. En y repensant, Makoto se dit que Kei n’aurait pas beaucoup de vacances cette année. C’était prévisible… Si seulement il aurait pu en avoir moins encore, pour cause de finale… Mais non, la sélection japonaise était rentrée au bercail, accueillie chaleureusement par ses supporters. Ce qu’ils avaient réussi là était déjà historique, et c’était suffisant pour que leurs compatriotes les acclament. Même s’il y avait un étrange et amer arrière-goût dans cette Coupe du Monde.

Mais pour Keisuke et Makoto, elle n’était pas tout à fait finie. Chacun de son côté, ils avaient pris un avion pour l’Europe, rejoignant leurs clubs. Ou pas. Ce n’était là qu’une diversion, de la poudre aux yeux : Kei enchaîna avec un autre avion, et Makoto en voiture. Celui-ci arriva en premier à Paris, et pris possession de la chambre qu’ils avaient réservé avant leur départ d’Afrique du Sud.

Elle était spacieuse et décorée avec goût, comme le reste de l’hôtel : elle comportait un petit salon séparé du reste de la chambre, ainsi qu’une grande salle de bains. Ils n’y resteraient que quelques nuits, mais déjà, Makoto sentait qu’elle leur laisserait un souvenir impérissable. Seul, il posa sa valise sur le sol et embrassa du regard le paysage qui s’offrait à lui derrière la vitre de la chambre, jetant négligemment sa veste sur le lit.

La nuit étendait déjà les plumes noires de ses ailes sur la ville, qui semblait résister à grands renforts de néons. Entre deux bâtiments aux allures typiquement françaises, Makoto devinait la silhouette de la Demoiselle de Fer, lui rappelant telle une hallucination la Tour de Tokyo qu’il avait un temps contemplé. L’absence de nuages permettait à la Lune d’apporter son éclairage étrange sur cette scène, mais celui de la ville empêchait les étoiles de briller.

Makoto ouvrit la bouche, et bailla. Ce long voyage l’avait fatigué plus que de raison, et de regarder ainsi le crépuscule se changer en nuit lui donnait encore plus sommeil. Il jeta un œil à sa montre : Keisuke aurait du être là depuis au moins une heure…

Le brun s’était endormi. Après deux heures d’attente, il avait abandonné, et s’était étendu, encore habillé, dans le lit, trop exténué pour continuer à rester éveillé. Keisuke était toujours introuvable, et Makoto espérait seulement qu’il ne lui était rien arrivé. L’idée que Kei ait pu lui poser un lapin lui effleura bien l’esprit quelques secondes, mais ça ne ressemblait vraiment pas au décoloré de faire ça. Dépité, Makoto s’était endormi, aussi triste que le chant des étoiles invisibles de ce ciel citadin.
Lentement, un œil s’ouvrit, puis un deuxième. Dehors, à travers la fenêtre que Makoto avait oublié d’obstruer de son rideau, la nuit s’étendait toujours, encore plus noire qu’à son endormissement. Il se retourna alors, pour constater qu’une couverture avait été déposée sur son corps, toujours vêtu de cette chemise blanche qu’il avait porté lors de son voyage jusqu’à Paris. Malgré la fatigue et l’engourdissement de son corps, Makoto s’extirpa du lit, et marcha jusqu’au salon.

‘Espèce d’idiot…’

Un sourire s’afficha sur le visage de Makoto, qui s’approchait de la tête blonde que l’on devinait enfouie sous une couverture, endormie sur le canapé. Le brun s’agenouilla devant cette bouille qu’il trouvait décidément trop mignonne, et attendit un moment, souriant un peu niaisement devant la scène. Keisuke avait l’air profondément endormi, et regarder son corps se soulever à chaque respiration avait quelque chose d’apaisant pour Makoto.

Puis, comme s’il avait senti la présence de l’autre, Kei ouvrit les yeux.

‘J’voulais pas te réveiller…’ murmura-t-il en guise d’excuse. Cela fit sourire encore plus Makoto, qui posa ses lèvres sur celles de Keisuke. Et avant même qu’ils ne s’en rendent compte, ils s’embrassaient passionnément, comme si la fin du monde était programmée dans quelques minutes seulement. Ah, ce contact leur avait tellement manqué… Et le matin arriva, étrangement, un peu trop tôt.

Finalement, ils avaient passé ces quelques jours et nuits sans sortir de l’hôtel. Aucun d’entre eux ne développait un réel intérêt pour Paris, et même si c’était le cas, aucun des deux ne voulait quitter la chambre. Comme si sortir se résumait à se séparer. Alors, ni Kei, ni Makoto ne voulaient quitter le lit.

‘Tu viendras me voir ?’
‘Quand je pourrais. Et toi aussi viens…’ Kei ne voyait pas pourquoi ce serait lui qui devrait faire tous les efforts.
‘Tu reprends quand ?’
‘Lundi. J’arrive à Moscou le dimanche…’
On était déjà vendredi…
‘Putain, elle reprend tôt la ligue russe…’

Keisuke haussa les épaules. A vrai dire, il préférait ne pas y penser. Ca ne servait à rien de remuer le couteau dans la plaie. Et puis, ce n’était pas comme s’ils n’allaient plus jamais se revoir, hein ! Le décoloré soupira, et lança sur un ton de défi :

‘Wolfsburg a intérêt de s’élever un peu au niveau européen. Qu’on puisse jouer ensemble.’
‘On sera adversaires. T’as pas peur ?’
‘Pourquoi j’aurais peur de toi !?’ Keisuke rit de bon cœur, ébouriffant les cheveux de Makoto. Ce dernier se mit à rire également, mais intérieurement, il se faisait la promesse de tout faire pour qu’il y ait cette saison, une affiche Wolfsburg / CSKA Moscou.


Une autre nuit passa, lentement, au rythme de la musique des corps des deux amants. Et quand le soleil se leva, ils savaient qu’il serait désormais temps de refaire leur valise. Ils s’y mirent, sans volonté, sans un mot, à contrecœur. Makoto était le plus lent, sachant de toute façon qu’il valait mieux qu’on les voit pas sortir de la même chambre – et du même hôtel aussi – ensemble. Et comme Kei avait un avion à prendre, il le laissa partir devant, de façon implicite et sous-entendue.

‘Tu vas me manquer.’

Le blond avait été si franc et direct, avec cette simple phrase qu’on a tellement l’habitude d’entendre, que Makoto faillit en pleurer. On sentait tous les sentiments et toute la tristesse de Keisuke dans sa voix, comme s’il n’avait pas ce filtre que tous les autres ont posé entre leurs émotions et leur façon de les exprimer. Makoto avait la sensation d’avoir pris toute la pureté et l’innocence de l’amour de Kei à la figure. Sans attendre, il embrassa son décoloré avec passion, avant de le pousser dehors, lui et ses valises.

‘Va t’en !’
‘Makoto…’

Makoto détestait les au-revoir. Il maintenait la porte fermée avec son dos, d’abord debout, puis s’affaissant jusqu’à s’asseoir par terre. De l’autre côté de la barrière désormais bien tangible qui se dressait entre eux, Kei baissa la tête, jusqu’à la poser sur le panneau de bois, juste à côté de sa main.

‘Dégage ! Tu vas louper ton avion !’

Sa voix… elle tremblait. Sentant qu’il allait craquer lui aussi, Keisuke posa ses lèvres sur la porte avant de lui dire doucement :

‘Je t’aime.’

Makoto ne put lui répondre que par des sanglots, qui étaient tout à fait audibles, malgré le fait qu’il veuille les dissimuler. Et lentement, il entendit les pas de Keisuke qui s’éloignait.

‘Je t’aime aussi, crétin…’

FIN


Epilogue :

L’appartement était spacieux, peut-être un peu trop. Même baigné de lumière, il n’y trouvait plus rien d’accueillant ou de chaleureux. Il y avait déjà vécu six mois, et l’occuperait encore une paire de mois, voire d’années, et pourtant, il avait encore du mal à s’y sentir vraiment chez lui. Encore plus maintenant, à vrai dire.

Il posa ses valises, se disant qu’il les déballerait plus tard. Il n’avait pas la tête à ça, en ce moment. Il alla juste se poser dans le canapé, soupirant, la tête rejetée en arrière, et les yeux perdus sur le plafond.

Il ne s’en rendait compte que maintenant. Qu’il n’était plus là. Qu’il n’allait pas le voir avant plusieurs mois…

Et Keisuke pleura.
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Pour Tout l'Or du Monde [foot/Yaoi]

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